Blogo

L'instinct d'Inez.
Carlos FUENTES.
Note : 2,5 / 5.
La symphonie inachevée.
Écrivain mexicain né en 1928. Je découvre cet auteur qui est à l'honneur dans le Blogoclub pour les mois de mars-avril. A part un recueil de nouvelles lu pour le salon du livre de Paris, c'est je pense, une de mes rares incursions dans la littérature de ce pays.
Le chef d'orchestre français, Altan-Ferrara, est en retraite à Salzbourg, ville de grand renom musical s'il en ait. Ce soir en son honneur « La damnation de Faust » d'Hector Berloiz est jouée, alors des jours anciens reviennent...
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Symphonie londonienne", 1940, le Blitz, avec comme musique de fond les cuivres et les bombes. La ville à feu et à sang, les répétitions de « La damnation de Faust » se poursuivent l'Angleterre est inébranlable. Au milieu de ce chaos, un homme rencontre une femme, ils partent en weed-end dans une station balnéaire, au loin comme une apparition, les côtes françaises où la guerre fait rage. Une photo va semer le trouble, Gabriel Atlan-Farrara est en compagnie d'un jeune éphèbe blond. Inès sera fascinée par cet homme, le charme est rompu!
La « Symphonie préhistorique » qui suit m'a plus intéressé, mais sans me passionner, ceux qui allaient devenir le genre humain se posaient-ils toutes ces questions existentielles?
« A-nel » et « Ne-il » découvrent le monde et l'amour, une fille naîtra de cette union, à qui on donnera un sceau de cristal, qui sert de fil conducteur à ce roman.
Vient ensuite « La Symphonie du Nouveau Monde », l'action se situant à Mexico en 1949. Vont-ils enfin jouer « La mélodie du Bonheur »? Non, beaucoup trop simple, il s'en suit de longues dissertations sur la musique, puis sur le pouvoir dans le couple! Ce n'est plus « La damnation de Faust », mais de la petite musique de chambre!
La vie s'écoule, la musique adoucit les moeurs, dit le proverbe, dans ce cas précis, elle endort le lecteur.
Inès avant, Inez ensuite, représente la femme en général, de l'âge de pierre (et même avant) à maintenant!Gabriel Atlan-Ferrara, chef d'orchestre, sorte de figure du passé, refusant pèle-mêle enregistrements, émissions radio, interviews, bref comme il le dit lui même, l'anti-Karajan par excellence!
Je n'ai rien ressenti pour ces deux personnages, à part un silence qui n'avait rien de musical!
La question qui se pose maintenant est pourquoi je n'ai pas apprécié ce livre à sa juste valeur, semble t-il ? Saturation de lecture, le fait d'être loin de mes lectures classiques (pourtant j'ai fait des expériences littéraires plus étranges), le fait d'avoir lu juste avant un livre magnifique dont je parlerais bientôt? La vue désespérante de ma bibliothèque croulant sous le poids les ouvrages non-lus? Trop d'engagements de lecture pour ces mois d'avril et de mai : « Avril ne te découvre pas d'un livre, Mai lis ce qu'il te plaît! ». Vous aurez compris, j'ai peu apprécié ce livre, j'ai cherché à la médiathèque un recueil de nouvelles de l'auteur (qui est ma manière habituelle d'appréhender un auteur), mais aucun n'était disponible. Suis-je trop terre à terre pour ce genre d'histoire? Je ne trouve pas de réponse qui me satisfasse! Seul point positif, l'écriture est agréable.
De ce livre, je dirai musicalement que cela commence pianissimo, puis devient tristament, se termine ritardando, et moi je suis sul tasto*.
Pas un livre pour moi, désolé.
Extraits :
- Baudelaire évoque une maison vide remplie d' instants déjà morts.
- En se rasant tous les matins, ils se regardaient dans la glace et ne voyait plus l'homme qu'il avait été.
- Voilà ce qui avait été. Son miroir, aujourd'hui le reniait.
- Il était notoirement l'anti-Karajan, qu'il considérait comme un clown auquel les dieux n'avaient accordé d'autre don celui de la fascination de la vanité.
- La limite, c'était le public. L'artiste était à la merci de l'auditoire.
- La musique image du monde sans corps.
- La musique ne peut les reproduire parce que la musique ne copie pas le monde.
- Une femme qui entre dans ma vie, pareille à ma vie, à l'image de ma façon de vivre...
- N'y a-t-il pas de destin sans instinct ?
- La mer lui faisait peur. Se souvenir lui faisait peur.
- Et pourtant, peut-être vit-elle en Gabriel ce que lui-même avait vu en elle : un chemin vers l'inconnu.
- Le Mexique : les mains vides de pain, mais la tête pleine de rêves.
- Au Mexique, même les athées sont catholiques, don Gabriel.
- La passion première ne se répète jamais. Le regret, en revanche nous quitte pas. La nostalgie. Celle-ci devient mélancolie et nous habite comme un fantôme frustré.
Éditions : Gallimard (2003)
Titre originale: Instinto de Inez (2000)
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