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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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7 septembre 2022

AILHAUD Violette / L'homme semence.

COUV-L-HOMME-SEMENCE-11-Sept20

L’homme semence.
Violette AILHAUD.
Note : 5 / 5.
Soyez le bienvenu !
J’ai découvert ce texte après avoir vu le spectacle tiré de ce court roman aux jeudis du Parvis de Maussane les Alpilles grace au 
beau spectacle orchestré par « Kimsar ».
Dans une très intéressante préface, nous découvrons l’origine et la destination de ces lignes. Nous ne sommes pas, comme je l’ai cru un moment, dans un récit de science-fiction, mais durant l’hiver 1852 dans le hameau « Le Saule Mort » dans les Alpes de Hautes-Provence. Pour la seconde fois en 70 ans, le village a perdu tous ses hommes ! Le 
provençal (le patois disent les cracheurs) est sa langue natale, mais elle, la narratrice, écrira en français, en 1919. Après son décès, le notaire trouvera une enveloppe qui ne pourra pas être ouverte avant l’été 1952 et remise à l’aînée des descendantes de Violette entre 15 et 30 ans. Une dénommée Yvelyne, âgée de 24 ans, a donc pris possession de ces pages.   
Au loin, très loin pour l’instant, un homme avance vers ce hameau perdu. Les derniers hommes ont été raflés (C’est le terme employé par l’autrice) par les gendarmes en 1852. Louis Napoléon a besoin de chair à canon.
Martin, le promis de la narratrice, a été tué.
Ces femmes ont eu le temps de tout prévoir pour la venue de cet homme, le premier depuis des années.
Elle est la première qu’il touche, elle sera donc la première à accueillir sa semence tout en sachant qu’elle devra ensuite le partager, le hameau 
a besoin d’enfants.
La vie s’organise ainsi, l’homme se prénomme Jean et son nom de famille est également Jean et il vient du Var, et parle peu de lui. Il a quelques livres avec lui et est un bon travailleur.
Il s’acqui
tte pour le mieux de ses nombreuses tâches…
Les principaux personnages de cette histoire sont les femmes de ce village retiré de Provence, en particulier la narratrice.
L’homme est uniquement là pour sa fonction de fournisseur de semence…

On trouve au fil de ces pages quelques mots et expressions venant,
je pense, de la langue 
provençale comme « Grémoulons », groseilles sauvages, ou « Lampège », signes d’orages lointains.
Ce petit livre est un grand moment de lecture, une pépite littéraire, une œuvre pleine de pudeur et de sensibilité, une très belle écriture.
Une postface de l’historien Jean-Marie Guillou de l’université de Provence, nous explique la situation politique de la Provence à cette époque.
Une découverte que je conseille vivement.
Extraits :
- Nos corps vides de femmes sans mari se sont mis à raisonner d’une façon qui ne trompe pas.
- Ces gendarmes étaient ceux du tout nouvel empire de Louis Napoléon Bonaparte, parricide de la Deuxième République dont il avait été le président.
- Je le regarde et dès cet instant je sais que j’appartiens à cet homme. Je sais, dans le même temps, je vais devoir le partager.
- Mais nous étions d’accord : un homme viendrait -s’il en restait- et nous devrions le partager, pour la vie de nos ventres.
- Depuis deux ans, je crie ma révolte de jeune femme saccagée par l’enlèvement de son promis, au moment où il allait la faire en femme et mère.
- Pour moi, un homme qui lit ne peut être qu’un homme bon.
- De temps en temps, l’attention du Jean se porte sur mes compagnes qui se languissent que les hostilités commencent pour avoir leur dû.

Éditions Paroles. (2013).
Site de Kimsar Musique :
https://www.kimsarmusic.com/



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