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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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4 juillet 2022

POLLÉS Henri / Sophie de Tréguier.

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Sophie de Tréguier.
Henri POLLÉS
Note : 4, 5 / 5.
La Bretagne d’antan !
Ce roman, ainsi que beaucoup d’autres, fait partie des ouvrages (Ainsi que « Sur le fleuve de sang vient parfois un beau navire », du même auteur) que j’ai rapporté de mon déménagement quand nous avons, mon épouse et moi quitté la Bretagne.
Tréguier peut être considéré comme un personnage omniprésent de ce roman. Ville natale de deux des figures principales de la Bretagne, Saint Yves et son opposé Ernest Renan. Une place avec la statue de l’un, Renan, et à côté une magnifique cathédrale dédiée au premier.
Bien entendu, dans ce roman, le curé a des mots très durs pour Ernest Renan :
- … l’apostolat Renan, ce poison, ce sauvage, cette saleté rouge, un enfant du pays qui a écrit de mauvais livres contre le Bon Dieu, la Vierge, et les saints et trouvé du monde corrompu pour le lire à Paris.
Et il se réjouit ouvertement de son décès.
Sophie est une jeune fille tout ce qu’il y a d’ordinaire, sa mère tient une épicerie-bazar à l’enseigne de « Kerguénou-Dagorne », le père Emile est parfois menuisier, mais surtout pilier de bistrot ! La vie n’est pas facile pour la mère et la fille.
Sophie est amoureuse d’Yves Le Mével, capitaine au long cours, qui a fait l’école de Paimpol. Marin, comme la plupart des hommes, il court les mers et Sophie se languit durant ce temps-là. Ils ne se sont rien promis, mais pour elle, c’est lui et pas un autre.
Plusieurs prétendants lui font une cour assidue, jeunes gens qu’elle éconduit avec un maximum de tact.
Mais le temps passe, Yves revient, Sophie est tout à son bonheur, mais pour Yves, il faut repartir pour de long mois.
La situation de Sophie, vieille fille à son âge fait jaser. Les mauvaises langues, et elles sont nombreuse,s se déchaînent, on se moque, les commérages vont bon train, et surtout on la décrit comme une jeune fille de santé fragile.
Ce qui malheureusement est vrai…
Sophie est le personnage principal de ce roman, jeune fille innocente, dans une ville où règne l’hypocrisie. Elle est couvée par l’amour étouffant de sa mère qui n’a plus qu’elle sur terre, à part une sœur avec qui elle ne s’entend pas.
Les habitants de Tréguier, surtout les femmes, ne sont pas décrits sous un jour particulièrement bienveillant. C’était, je pense, pareil pour d’autres villages, en Bretagne et ailleurs.
Henri Pollès favorise dans les dialogues la manière bretonne de s’exprimer dont voici quelques exemples :
- Merci à vous ? Rosec, une demi-barre j’ai encore à sécher sur ma planche.
- Holà ! Son piano Melle Sophie est à jouer.
- Et bien, Rose, quand donc une balance neuve vous aurez ? Demande Émilie Morelec avec un sourire humiliant en regardant son café se poser sur le vieil appareil démodé.

Il arrive aussi très souvent, qu’un C soit rajouté aux prénoms : Rosec, Sophiec, Améliec.
À propos de la langue de tous les jours, il est dit ceci :
-Et cela est dit, soit en breton, soit dans ce Trégorrois qui abîme également le français et le breton, qui ne chante pas moins que ce dernier, et son chant peut être dur et il sait fort bien insinuer des choses méchantes.
Pour moi l’écriture qui est de qualité pour un roman qui se veut populaire, n’a pas vieilli,
Extraits :
- Sur la porte on peut lire : Kerguénou-Dagorne, car en Bretagne, le nom de jeune fille demeure le plus fréquemment accolé à celui de la femme mariée.
- La nuit devient moins sombre sous le ciel noir : c’est un nouveau jour Trégorrois qui s’éveille.
- La rumeur publique qui connaît souvent les choix des cœurs avant eux-mêmes n’a jamais encore avancé une telle hypothèse.
-À ces éducatrices ursulines elle doit beaucoup. Non certes aux arithméticiennes de l’ordre ni à ses grammairiennes qui lui ont laissé bien des bretonnismes…
- Car Tréguier n’a aucune grande poésie : ni la montagne, c’est une colline, des coteaux, il y a la mer, elle est là-bas, là-bas ; pour l’apercevoir il faut monter sur les épaules de Dieu qui lui a refusé la vue directe de son immensité…
- Le plus clair de l’histoire des Trégorrois est l’ensemble des cancans que les uns font courir sur les autres.
- Mais l’amour d’Yves lui fera connaître les capitales les plus lointaines.
- Elle chante en breton, la langue de ses joies.
La jeunesse à la beauté ;
La vieille a de l’argent.
(bien entendu c’est elle la jeune).
- Elle n’aime pas moins les glas qui sonnent réellement aux églises solidement enfoncées dans la terre du Trégor.
- C’est la première fois depuis son baptême que les cloches sonnent pour Sophie ; elles n’ont pas sonné pour ses noces, ni pour le baptême d’un enfant de sa chair. Elle sonne comme s’ils étaient en retard avec elle.
Éditions : Julliard / L’âge de l’homme. (1983).
Il est précisé que ceci est une nouvelle édition entièrement refondue. L'éditions originale datant en effet du mois de mai 1932.
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