BUKOWSKI Charles / Le postier.

Le postier.
Charles BUKOWSKI.
Note : 4 / 5.
Comme une lettre à la Poste !
Premier roman écrit par Bukowski en 1971. Il nous raconte les années de postier d’Henry Chinaski, son double en littérature.
Texte en six parties se déroulant sur de nombreuses années.
C’est la période de Noël, la Poste manque de bras et Chinaski manque d’argent… pourquoi ne pas concilier ces deux manques ? Chinaski est donc embauché comme facteur.
C’est loin d’être la belle vie, faire la tournée avec une gueule de bois carabinée, ce n’est pas de tout repos. Buvant une partie de la nuit et terminant celle-ci par une partie de jambes en l’air avec Betty sa compagne du moment, pour être au travail à cinq heures du matin, ce n’est pas la meilleure manière de se préparer à distribuer du courrier en cette période de fêtes.
Durant ses premières tournées, il découvre une femme seule… c’est joindre l’utile à l’agréable, mais cela ne dure pas !
Dire qu’il est un employé modèle serait aller un peu vite en
besogne ! Son supérieur l’a un peu dans le nez, mais il le lui rend bien. Le tri est dur, la cadence infernale, un de ses collègues,
Mathew est un facteur parfait, ponctuel, tiré à quatre épingles, la fierté du service ! Sauf qu’il est surpris, non pas la main dans le pot de confiture, mais la main dans les enveloppes pour piquer l’argent destiné à une espèce de gourou !
Betty le quitte, car entre deux voisines, la femme d’un mécanicien et une autre strip-teaseuse, elle trouve que cela fait trop. Grand seigneur, il lui laisse ...le chien, ce qui lui fait dire :
- Je venais juste de perdre trois femmes et un chien.
Ayant quitté la poste, il a une période de chance aux courses, il rencontre Joyce, fille d’un riche texan, accro au sexe, l’épouse… mais cela ne dure pas.
Il croise la vie de différentes femmes, retourne travailler à la Poste… il ne sait pas que c’est pour douze longues années. Betty revient dans son existence et dans son lit.
Il vit avec Faye qui donne naissance à une petite fille, mais c’est encore la rupture, et au travail les mésaventures se suivent et se ressemblent.
La cinquième partie de ce roman est uniquement consacrée à des lettres de la Poste dénonçant un absentéisme érigé en habitude.
Le personnage principal est Henry Chinaski, et ses trois passe-temps favoris (dans l’ordre ou dans le désordre) les femmes, les cuites et les courses de chevaux !
Du Bukowski pur jus de raisin ou de houblon, mais bien alcoolisé ! Un début de carrière fracassant !
À suivre… je pense.
Extraits :
- J'avais une gueule de bois pas possible, mais tout s'est pourtant passé au poil jusqu'à ce que je tombe sur cette poignée de courriers adressés à une église.
- Je suis rentré me coller tout contre la croupe chaude de Betty.
- Pourtant quand je leur amenais leurs factures ils m'engueulaient-comme si c'était moi qui leur avais demandé de faire installer le téléphone ou de se faire livrer une télé à $ 350 sans acompte.
- D'accord. Garde-la, ta moule. Elle n'est pas si bath que ça.
- Je suis passé au bureau et j'ai demandé mon compte. Une nouvelle fois j'étais de retour à la Poste.
- Putain de Dieu, Steve McQueen n'aurait pas pu faire mieux.
- Les rides étaient là. De la chair pendait sous sa gorge. C'était triste. Mais moi aussi j'avais pris un coup de vieux.
- Et puis j'ai entendu, venant du groupe : « enfin, tous les génies sont des ivrognes ! » Comme si ça expliquait quoi que ce soit.
- Et ensuite, j'ai foutu le feu à la Poste.
Éditions : Grasset & Fasquelle (1986) 10/18 (2020) pour la présente édition.
Titre original : Post Office (1971).
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Philippe Garnier.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Sur l’alcool.
Sur l’écriture.
Contes de la folie ordinaire.
Factotum.
Au Sud de nulle part.
En hommage à Bukowski.
D’ici à nulle part.