18 mai 2020
FAULKNER William / Treize histoires.
Treize histoires.
William FAULKNER.
Note : 3,5 / 5.
Treize à la douzaine !
Je pense avoir lu Faulkner dans ma jeunesse, ayant encore quelques livres de poche de cet auteur, mais honnêtement je n’en ai aucun souvenir. Mon ami, Alain Emery, parlant de cet auteur avec enthousiasme, je n'ai pu résister. Comme à mon habitude, je commence par un recueil de nouvelles.
Ouvrage en trois parties :
Première partie : Victoire, Ad astra, Tous les pilotes morts, Crevasse.
Deuxième partie : Feuilles rouges, Une rose pour Emily, Un juste, Chevelure, Soleil couchant, Septembre ardent.
Troisième partie : Mistral, Divorce à Naples, Carcassonne.
La première partie se déroule en Europe pendant la guerre, la seconde dans le Mississippi dans le comté fictif de Yoknapatawpha, la troisième en Italie et dans un endroit qui pourrait se situer n’importe où dans le monde.
« Victoire » qui commence ce recueil nous raconte dans un ordre chronologique pas toujours évident la vie d’un jeune écossais, fils d’une famille de constructeurs de bateau. Jeune sous les drapeaux, ses promotions, puis sa vie et sa déchéance. Un très beau texte. Excellente entrée en matière.
« Ad astra », c’est le récit d’une soirée bien arrosée dans un pub anglais pendant la guerre, des Américains, des Anglais ; des Français, des Irlandais, un hindou et un prisonnier de guerre allemand ! Sacrée soirée ! Ni vainqueurs, ni vaincus !
Les deux textes suivants se déroulent pendant la guerre, rivalité amoureuse entre aviateurs et le parcours d’un soldat blessé en route pour l’hôpital. Ces deux récits sont plutôt conventionnels.
La seconde partie décrit plus l’univers de Faulkner et les us et coutumes du Sud profond.
« Feuilles rouges » et « Un juste » ont plusieurs personnages en commun. Des Indiens et des esclaves noirs. Une chasse à l’homme après un esclave, une histoire terrifiante, les indiens ne sont pas meilleurs que les esclavagistes blancs.
« Une Rose pour Emily », celle-ci, personnage incontournable de la ville, vient de mourir. On ne la voyait pratiquement plus, un vieux serviteur noir faisait ses courses. Femme de caractère, dernière descendante d’une vieille famille, elle ne payait pas d’impôts au nom d’une loi promulguée par un ancien maire. Les gens se souviennent d’un problème d’odeur venant de sa maison, qui avait fini par passer ! Elle refusait d’avoir un numéro sur sa boîte aux lettres. On la considérait comme fiancée, mais celui-ci a disparu, il y a des années. Les voisins entrent dans sa demeure pour un dernier hommage, et là… Un très bon texte et très lisible.
Dans « Chevelure » et « Septembre ardent », un lieu, le salon de coiffure et un personnage, le coiffeur Hawkshaw, figurent dans les deux. Une petite fille vient chez le coiffeur, nous la voyons grandir et hélas se perdre dans la facilité. Hawkshaw, lui aussi, observe tout cela. Le second texte parle d’un fait divers ordinaire du sud des Etats-Unis, un noir est accusé d’avoir violé une blanche… justice expéditive !
La dernière partie la plus courte, « Mistral » se déroule en Italie, où les fiancés successifs d’une jeune fille disparaissent. Alors son mariage est reporté d’année en année ! L’Italie aussi pour « Les divorcés de Naples », histoire de marins américains, de femmes et de boissons !
« Carcassonne » qui clôt cet ouvrage est un court texte très étrange, la vie, la mort ?
Beaucoup de personnages, des américains et des Européens dans les premières nouvelles. Puis des Indiens, des noirs et des petits blancs ensuite dans le Mississipi. Une dernière remarque venant de la préface au sujet de la lecture de nouvelles avant d’aborder les romans de Faulkner :
- Quant à l’initiation proprement dite, c’est en lui-même que l’auteur devra la chercher.
Alors j’ai cherché ! Pas certain de l’avoir trouvé !
Lecture très ardue, je ne suis pas un adepte des chutes mystérieuses qui, à mon goût, laissent le lecteur sur sa faim et dans l’expectative. Une première expérience mitigée ! Je recommencerai bientôt ; d'autres titres m’attendent !
Extraits :
- Le soldat Gray arrive sans hâte, s'avance d'un air ahuri devant le bataillon, son kilt sombre et mouillé pesant comme une couverture trempée.
- J'suis un gueux d'Irlandais », reprit Monaghan. «V'la c'que j'suis. Mon père était un gueux d'Irlandais, nom de Dieu.
- C'est peut-être pour cela que ce qui chez une autre aurait été de l'embonpoint, était chez elle de l'obésité. Elle avait l'air enflé, comme un cadavre qui serait resté trop longtemps dans une eau stagnante, elle en avait même la teinte blafarde.
- Le geôlier coupa la robe et ranima Nancy, puis il la battit, la fouetta. Elle s'était pendue avec sa robe.
- Vous feriez mieux de retourner dans le Nord d'où vous venez. Le Sud n'a pas besoin de type de votre espèce.
- Car les saints sont exposés au mal tout comme vous et moi, Signori : eux aussi sont impuissants contre le péché, sans l'aide de Dieu.
- Tu sais, les filles, d'abord elles ne sont rien, et puis elles sont tout. On les voit devenir tout devant ses yeux. Non, pas devant ses yeux. Dans l'obscurité c'est la même chose.
Éditions : Gallimard ( 1939).
Titre original : These Thirtenn (1931)
William FAULKNER.
Note : 3,5 / 5.
Treize à la douzaine !
Je pense avoir lu Faulkner dans ma jeunesse, ayant encore quelques livres de poche de cet auteur, mais honnêtement je n’en ai aucun souvenir. Mon ami, Alain Emery, parlant de cet auteur avec enthousiasme, je n'ai pu résister. Comme à mon habitude, je commence par un recueil de nouvelles.
Ouvrage en trois parties :
Première partie : Victoire, Ad astra, Tous les pilotes morts, Crevasse.
Deuxième partie : Feuilles rouges, Une rose pour Emily, Un juste, Chevelure, Soleil couchant, Septembre ardent.
Troisième partie : Mistral, Divorce à Naples, Carcassonne.
La première partie se déroule en Europe pendant la guerre, la seconde dans le Mississippi dans le comté fictif de Yoknapatawpha, la troisième en Italie et dans un endroit qui pourrait se situer n’importe où dans le monde.
« Victoire » qui commence ce recueil nous raconte dans un ordre chronologique pas toujours évident la vie d’un jeune écossais, fils d’une famille de constructeurs de bateau. Jeune sous les drapeaux, ses promotions, puis sa vie et sa déchéance. Un très beau texte. Excellente entrée en matière.
« Ad astra », c’est le récit d’une soirée bien arrosée dans un pub anglais pendant la guerre, des Américains, des Anglais ; des Français, des Irlandais, un hindou et un prisonnier de guerre allemand ! Sacrée soirée ! Ni vainqueurs, ni vaincus !
Les deux textes suivants se déroulent pendant la guerre, rivalité amoureuse entre aviateurs et le parcours d’un soldat blessé en route pour l’hôpital. Ces deux récits sont plutôt conventionnels.
La seconde partie décrit plus l’univers de Faulkner et les us et coutumes du Sud profond.
« Feuilles rouges » et « Un juste » ont plusieurs personnages en commun. Des Indiens et des esclaves noirs. Une chasse à l’homme après un esclave, une histoire terrifiante, les indiens ne sont pas meilleurs que les esclavagistes blancs.
« Une Rose pour Emily », celle-ci, personnage incontournable de la ville, vient de mourir. On ne la voyait pratiquement plus, un vieux serviteur noir faisait ses courses. Femme de caractère, dernière descendante d’une vieille famille, elle ne payait pas d’impôts au nom d’une loi promulguée par un ancien maire. Les gens se souviennent d’un problème d’odeur venant de sa maison, qui avait fini par passer ! Elle refusait d’avoir un numéro sur sa boîte aux lettres. On la considérait comme fiancée, mais celui-ci a disparu, il y a des années. Les voisins entrent dans sa demeure pour un dernier hommage, et là… Un très bon texte et très lisible.
Dans « Chevelure » et « Septembre ardent », un lieu, le salon de coiffure et un personnage, le coiffeur Hawkshaw, figurent dans les deux. Une petite fille vient chez le coiffeur, nous la voyons grandir et hélas se perdre dans la facilité. Hawkshaw, lui aussi, observe tout cela. Le second texte parle d’un fait divers ordinaire du sud des Etats-Unis, un noir est accusé d’avoir violé une blanche… justice expéditive !
La dernière partie la plus courte, « Mistral » se déroule en Italie, où les fiancés successifs d’une jeune fille disparaissent. Alors son mariage est reporté d’année en année ! L’Italie aussi pour « Les divorcés de Naples », histoire de marins américains, de femmes et de boissons !
« Carcassonne » qui clôt cet ouvrage est un court texte très étrange, la vie, la mort ?
Beaucoup de personnages, des américains et des Européens dans les premières nouvelles. Puis des Indiens, des noirs et des petits blancs ensuite dans le Mississipi. Une dernière remarque venant de la préface au sujet de la lecture de nouvelles avant d’aborder les romans de Faulkner :
- Quant à l’initiation proprement dite, c’est en lui-même que l’auteur devra la chercher.
Alors j’ai cherché ! Pas certain de l’avoir trouvé !
Lecture très ardue, je ne suis pas un adepte des chutes mystérieuses qui, à mon goût, laissent le lecteur sur sa faim et dans l’expectative. Une première expérience mitigée ! Je recommencerai bientôt ; d'autres titres m’attendent !
Extraits :
- Le soldat Gray arrive sans hâte, s'avance d'un air ahuri devant le bataillon, son kilt sombre et mouillé pesant comme une couverture trempée.
- J'suis un gueux d'Irlandais », reprit Monaghan. «V'la c'que j'suis. Mon père était un gueux d'Irlandais, nom de Dieu.
- C'est peut-être pour cela que ce qui chez une autre aurait été de l'embonpoint, était chez elle de l'obésité. Elle avait l'air enflé, comme un cadavre qui serait resté trop longtemps dans une eau stagnante, elle en avait même la teinte blafarde.
- Le geôlier coupa la robe et ranima Nancy, puis il la battit, la fouetta. Elle s'était pendue avec sa robe.
- Vous feriez mieux de retourner dans le Nord d'où vous venez. Le Sud n'a pas besoin de type de votre espèce.
- Car les saints sont exposés au mal tout comme vous et moi, Signori : eux aussi sont impuissants contre le péché, sans l'aide de Dieu.
- Tu sais, les filles, d'abord elles ne sont rien, et puis elles sont tout. On les voit devenir tout devant ses yeux. Non, pas devant ses yeux. Dans l'obscurité c'est la même chose.
Éditions : Gallimard ( 1939).
Titre original : These Thirtenn (1931)
Traduit de l’anglais par R.N Raimbault et Ch.P.Vorce avec la collaboration de M.E.Coindreau. Préface de R.N.Raimbault.
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