13 mars 2016
ABO Juhani / Copeaux.
Juhani ABO.
Note : 4 / 5.
Anciennes nouvelles.
Court recueil de sept nouvelles, d'à peine cents pages de cet auteur finnois que je découvre à cette occasion. Une soudaine envie de lire des nouvelles et de me plonger dans l'inconnu, alors pourquoi pas ce livre ? Mes connaissances en littérature de Finlande sont plus que légères, pour ne pas dire complètement absentes. À part peut-être un roman policier il y a très longtemps.
La première édition de ce recueil date, si j'ai tout compris, de 1929.
"Le sentier de la forêt" qui débute ce recueil nous emmène dans la campagne, un simple sentier, une simple forêt, le plaisir de la marche. Un beau texte qui augure bien de la suite. Un chemin, personnage principal d'un texte, idée originale.
"Au temps où père acheta la lampe". La modernité entre dans la maison et dans la vie de la famille. La lampe à alcool remplace l'éclairage aux résineux. Le père représente la modernité, la mère un certain conservatisme.
"Pour les autres" nous raconte l'histoire de Matti, toute sa vie il a travaillé pour les autres. Pour lui et pour lui seul, il a fait cette petite maison de ses propres mains et enfin il va l'habiter. Il a travaillé pour lui.
"La triste histoire d'un levraut*", la dure et courte vie de ce petit animal qui en plus de ses prédateurs naturels doit en combattre un beaucoup plus subtil, le froid.
"Un défricheur" ou plutôt un couple de défricheurs. Texte en hommage aux premiers qui par leur courage ont transformé des terres incultes en champs de bon rapport. Même si dans cette histoire la tâche sera trop difficile et la mort au bout du labeur.
Quelques très belles lignes tirées de cette nouvelle :
- À l'époque où le seigle se balance sur ses tiges et où les épis d'orge couvrent nos champs, donnons un souvenir à ses premières victimes du défrichement de notre pays. Nous ne pouvons leur élever de monuments, car ils se comptent par milliers et leurs noms nous sont inconnus.
"La cloche" qui sonne Jussi se demande si c'est annoncer sa dernière heure. Alors bien sûr il a peur et se souvient de toutes ses mauvaises actions... et elles furent nombreuses.
"Sasou le roux" semble ne pas être un homme intéressant pour le narrateur, mais qui change d'avis en le connaissant mieux.
Des personnages très ordinaires, une famille qui découvre la lumière à travers le regard d'un enfant. Pekke, le grand père, est bien sûr le plus rétif.
Matti l'ancien est heureux ; il a construit sa propre maison, Matti le jeune est fier. Il a, grâce à son travail et à son sens de l'économie, acheté "La montre" qu'il voulait. Alors il peut parader sur l'Esplanade. Mais à trop plastronner !
"Le chapeau de Wilhelmina". Mina Väisänene est une jeune femme qui part sans armes, mais avec bagages pour un long voyage. Un homme est dans le même compartiment et l'observe, vingt-quatre heures de train, cela laisse le temps. Retour dans la campagne natale. Pourquoi ?
En fin de cet ouvrage, bibliographie et biographie de Juhani Abo nous permettent de mieux connaître son œuvre. il est un des auteurs les plus connus de Finlande.
Le monde d'avant, la campagne, les plaisirs de tous les jours, la ruralité dans ses bons côtés.
C'est simple, parfois triste, beau aussi... que dire ? C'est la vie d’antan qui ressemblait par certains côtés à la vie de maintenant.
Une découverte, des nouvelles courtes, précises, un exercice d'école. Ces textes n'ont pas à mon goût pris une ride.
Extraits :
- Ce n'est pas en effet un chemin comme les autres, qui s'ignore soi-même, mais bien d'un être vivant qui sait où il va et ce qu'il montre.
- C'est lui qui a imaginé le proverbe : « mieux vaut une lieue de détour qu'un pouce de danger. »
- Jusqu'au crépuscule, nous fîmes des glissades avec nos luges le long de la pente et, chaque fois qu'on remontait sur la hauteur, on parlait de la lampe aux enfants du village.
- Toute sa vie, il avait gardé les troupeaux des autres, conduit les chevaux des autres, labourer les champs des autres avec la charrue des autres. Par le fer et par le feu il avait défriché la terre des autres.
- À présent, il s'agissait de chauffer la maison, d'allumer le feu dans le poêle : le premier feu qu'il allumerait de sa vie dans un foyer qui fut à lui.
- Ils n'en avaient probablement pas... Ils n'étaient pas nombreux, ceux qui possédaient une montre !
- C'est une calme nuit d'hiver. La neige tombe d'un ciel bas et, à travers les flocons, la Lune apparaît au milieu d'un halo.
- Si c'était la cloche qui sonne sa dernière heure ? Si elle venait pour l'amener ? Et Jussi ne peut s'empêcher de se demander où elle l'amènerait.
- Il est le type accompli de cette race supérieure et comme l'as des champions du bain.
Éditions : L'Élan (1991)
Titre original : Lastuja (1929)
Titre original : Lastuja (1929)
*J'ai gardé l'orthographe du livre.
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