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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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30 novembre 2013

Collectif / L'ombre de La Havane.

 Des nouvelles hors-saison.

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L'ombre de La Havane.
Collectif.

Note : 3,5 / 5 .
Cuba Si, Cuba No (La Havane hier).
Cinq écrivains, une femme et quatre hommes, Zoé Valdés, Manuel Granados, Miguel Mejides, Antonio José Ponte, Carlos Victoria. La seule que je connaisse est Zoé Valdés.
" Le glissant " est le titre de la première nouvelle de ce recueil. Un homme étrange, nu, le corps enduit d'une substance visqueuse terrorise la ville. Qui est-il et pourquoi ? Il agit pendant les pannes de courant, ne vole rien, débarque sans crier gare. Ses agissements alimentent les conversations dans les queues interminables devant les magasins, qui ne proposent malheureusement plus grand-chose. Une nouvelle très étrange dont je n'ai pas réellement compris la finalité
"Un cœur de skitalietz", déjà il faut savoir ce qu'est un skitalietz ! Mot russe voulant dire vagabonds déshérités! Où trouve t'on des vagabonds héritiers? Vaste question sans réponse! Une histoire d'amour et de mort aussi étrange que la précédente. Un beau texte plein de mélancolie, sorte de voyage d'initiation entre liberté et emprisonnement.
"Manuelo et la nuit" est un texte désenchanté sur La Havane et les promesses non tenues de la Révolution. Histoire de racisme à Cuba....Blancs et Noirs, même combat, pas sûr.
"Conte havanais à dormir debout" qui clôt ce recueil est l'histoire de "Lacy", le dur, le crack, la terreur! Grand amateur de femmes et tombeur devant l'éternel. Porte-t-il réellement bien son surnom? L'histoire nous le dira.
Une ombre de la nuit à la peau enduite d'une mystérieuse substance, une jeune mère sourde et aveugle, une cartomancienne qui disparaît et un homme nommé Scorpion, et toujours ces coupures d'électricité qui se déplacent de quartier en quartier. Un provincial qui louche embauché comme livreur par un nain, au moins c'est un travail..louche, c'est sûr. Une sorte d'économie souterraine, non une vraie en réalité.
Les pannes ou plutôt coupures de courant semblent être un élément essentiel de la vie de La Havane que l'on retrouve dans quelques-unes des nouvelles.
Des écritures différentes, mais la ville est bien là, sombre ou lumineuse, ou morte d'épuisement, ce n'est pas moi qui le dit, mais un des auteurs de ce recueil! Ou putain trop fardée comme le suggère un autre! Un lieu qui ne laisse pas indifférent.
Textes de la diaspora cubaine, les auteurs résidant pour certains à Paris, Miami ou même à la Havane!
Un sentiment mitigé, des récits un peu trop étranges à mon goût. Une préparation nécessaire pour le recueil "La Havane Noir" aux éditions Asphalte avec qui je continue de parcourir le monde.
J'ai par contre appris une chose : pour ne pas savoir l'haleine sentant le rhum, Lacy le consomme en intraveineuse! Cela ne manque pas de piquant.
Extraits :
- Son sein, dont la pointe disparaît dans la bouche du bébé, gonfle et s'abaisse de manière imperceptible ; sa blancheur contraste avec les cheveux du nouveau-né et l'étoffe sombre de son corsage.
- La flamme du réchaud s'affaiblit ; l'alcool s'évapore très vite, la mèche s'amenuise et se réduit enfin à des filaments de coton calciné.
- Le week-end suivant viendrait et elle ne serait plus là pour lui téléphoner, elle se serait volatilisée après sa lune de miel.
- Cela avait-il un sens de diriger un département d'histoire, alors que l'histoire elle-même était dénuée de sens ?
- Car les épurations à l'université l'avaient marqué pour toujours depuis le matin où, pris de panique, il avait conspué bruyamment une jeune fille qui avouait à la tribune terrorisée qu'elle était catholique. Ce matin-là, honteux, il avait baissé les bras.....
- C'était seulement lorsqu'elle s'abandonnait sur ou sous lui, dans sa plénitude de femme, qu'il sentait que le temps, la vie et son propre corps prenait un sens.
- Observe, me disait-il, La Havane est une femelle, un vagin bourré de bâtisses délabrées.
- Moi, personne ne peut venir me raconter des histoires.... Parce que l'histoire, c'est moi qui la raconte.
- Ainsi a commencé ma vie ennuyeuse de bandit, en réalité ce que l'on disait de ce fameux gang, c'était des contes à dormir debout, ils cassaient pas trois pattes à un canard ; des grandes gueules, oui, mais sorti de là....
- Après tout, son seul péché s'était de baiser et d'écrire comme un malade. Ça causait de tort à personne. Sauf à lui-même.
- Ce fut un concert de larmes. Voilà ce qui restait de la famille cubaine. Une douleur aussi vaste que le pays.
Éditions : Autrement (Roman d'une ville) (1997).

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