BOUVIER Isabelle / Le cimetière des éléphants.
Le cimetière des éléphants.
Isabelle BOUVIER.
Note : 4 / 5.
Roulez vieillesse!
Recueil de nouvelles de cet auteur qui figure déjà dans ce blog pour "Punaises". Ici un autre recueil de vingt nouvelles, certaines iodées avec vue sur la mer, concernant très souvent des personnes âgées.
"Point de retraite", une belle histoire, une grande leçon de vie...l'espoir fait vivre...et la vue sur la baie de Paimpol aide !
"Monsieur Moustache", il est poilant lui, mais je ne vous en dirais pas plus....il ne faut pas raconter les chutes des nouvelles, m'a dit l'auteur ! Alors chut !Paul et Polo, fugue à quatre personnages....c'est dur le cap de la cinquantaine! Maris et femmes, la lutte continue !
"Le bonheur portable", il parait, enfin les publicistes nous l'ont assez seriné, que cet état de fait auquel tout humain aspire est simple comme un coup de fil ! Publicité mensongère ?
"Amour filial" ( Petit conte familial). Travaillez, prenez de la peine, c'est le fond qui manque le moins ! Avant c'était comme cela, mais maintenant, c'est soyez malin....et armé ! Très immoral ce conte !
"Marguerite" est veuve, alors elle effeuille dans sa solitude ses souvenirs...son mari Albert, sa gentillesse, leur bonheur sans nuages...mais le malheur aussi peut être simple comme un coup de fil.
'Immortelle", désolé Catherine vous n'êtes pas immortelle, même si vous essayez de donner le change. Toutes les épouses savent que les maris sont des goujats, capables de trouver leurs épouses magnifiques "pour leur âge". Oh temps suspend ton vol ! Mais l'âge parfois ne fait rien à l'affaire !
"Le cimetière des éléphants", la nouvelle qui donne son titre à ce livre, se passe dans une maison de retraite, où Violette, version ancienne et moderne de Spartacus, mène la révolte des pensionnaires ! Tremblez jeunesse !
"Mémé a du poil aux pattes". Une adolescente se prend pour Miss Marple (en plus jeune malgré tout) . Mais est-bien prudent de fouiller le passé et dans les secrets de famille ?
"La troisième main" flirte ouvertement avec le fantastique et aussi avec la famille Adams ! Méfiez-vous, braves gens des mains baladeuses !
"La tête de mon père". Pas facile pour un jeune garçon moche et pas bien dans sa peau de ne pas connaître son père. Mais une fois qu'il a vu sa tête, il préfère l'oublier !
Une multitude de personnages très ordinaires que rien, au premier abord, ne distingue de personnes que l'on pourrait rencontrer dans la rue. Un vieil homme bien malade qui doit être opéré, le médecin est plein de compassion pour lui, mais cela ne dure pas ! Pétunia boude, se dit sa sœur Sophie, et pourtant elle fait tout pour elle ! Maria est radin, mais à un point extrême, toujours à l'affut pour grappiller à droite ou à gauche, et avec elle tout objet acheté, même si c'est une très bonne affaire, doit servir ! Pour autrui ou pour elle ? Un écrivain c'est solitaire, une feuille blanche, et il frappe sur quoi ? L’inspiration vient à manquer, alors il cherche l'aide de la dive bouteille, mais les mots ne tombent plus sur l'écran. Une dénommée Iris qui a ses voisins à l’œil, faut voir, dit-elle ! Surtout quand cela ne nous regarde pas ! Que reste-t-il à Rose, vieille fille desséchée à part ses épines et un rêve fou, se marier avant que pour elle sonne le glas ! Entretenons le mystère ! Un journaliste qui va interviewer un peintre mystérieux doit s'attendre à en voir de toutes les couleurs, mais pas forcément devoir accepter de devenir le nouveau modèle de celui-ci !
C'est bref, noir, dense et précis, donc tout ce que j'adore.
Extraits :
- Le temps file et déjà, ils sont loin, à faire eux aussi des gamins.
- J'avais choisi une petite ville au bord de la mer sur la côte du Goëllo, un port de pêche avec des paysages changeants au rythme des marées.
- Les gosses ont quitté la maison, ma femme pas encore, dommage !
- Les filles dans la rue sont cool. Et moi pas ! Je suis une stressée à temps complet.
- "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé". Cette phrase lui trottait sans cesse à l'esprit.
- Elle aurait pu utiliser des champignons vénéneux, qui sont souvent cause de décès, mais à son grand regret ce n'était pas la saison.
- A quarante-six ans, la coquetterie de Catherine était devenue une activité à plein temps.
- N'étaient-ils pas là pour mourir, en silence à l'abri des regards ?
- Seulement ce soir-là, j'ai réalisé que cette enquête était une véritable histoire, celle de ma grand-mère.
- Rassurez-moi vos parents ne sont plus de ce monde?
- Ma mère est très belle, et je ne lui ressembles pas. Je suis brun, grand et très maigre, mes yeux sont légèrement globuleux, mon nez busqué.
Éditions : Iboux éditions (2013)
Autre chronique d'Isabelle Bouvier:
Punaises.
Une initiative intéressante et amusante :
Adopter un auteur: site ici .
Donc j'ai "adopté" Isabelle Bouvier....c'était le seul écrivain de la liste que j'avais lu. Le fait qu'elle réside à côté de Paimpol n'est pas rentré en ligne de compte.
