Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
Publicité
Derniers commentaires
Archives
25 avril 2011

ARMAND Frank / La cérémonie du thé

Th_

La cérémonie du thé *
Franck ARMAND .

Note : 3,5 / 5.
Thé et sérénithé !

Auteur que je ne connais pas et boisson que je goûte parfois, que va donner le mélange des deux ?
Né en 1965 en France, ayant étudié au Japon, il a créé la société Mirokou pour transmettre son savoir.
Les membres d'une PME - vite montée en puissance passant de trois à cents personnes - et certaines tensions se font de plus en plus évidentes, surtout entre Joëlle et Thomas. Alors Claire, une des plus proches collaboratrices de Robert le PDG, de son propre chef, décide d'organiser chez elle une cérémonie du thé où elle invitera plusieurs membres de son équipe en espérant réconcilier ou du moins rapprocher les points de vue des participants. Autour de cette table, nous pénétrons dans deux mondes qui semblent très lointains l'un de l'autre, celui d'une PME française et celui des rites millénaires. Le moderne et l'ancien. Car les relations professionnelles ne sont pas toujours évidentes entre cadres d'une société, et autour de cette table se côtoient les adeptes de cette tradition millénaire et les tenants d'un scepticisme amusé. Petit à petit un combat feutré s'installe entre deux des participants, Joëlle qui se sent marginalisée et Thomas qui a des doutes sur sa carrière professionnelle, et tout, comme d'habitude, les opposent. Une galerie de personnages très intéressants, cadres modernes, mais en proie au doute et usés par une compétition de plus en plus acharnée et qui cherchent un moyen de retrouver une certaine sérénité de vie.
Le maître de thé, fin psychologue, est, comme son nom l'indique, le chef du rituel ; il doit avoir l’œil à tout et tout comprendre d'un simple regard. Maître de cérémonie, apaisant et omniprésent, mais dans la plus grande discrétion. Les invités se divisent en deux catégories, les convaincus : Claire, Christine et Stéphane. Celui-ci, par exemple, homme de la campagne mais contraint de vivre en ville, est convaincu des bienfaits d'un mode de vie et de pensées à l'orientale. Charles, lui, est sceptique et amusé, Joëlle et Thomas eux ont un autre souci en tête, le peu d'estime, pour ne pas dire plus, qu'ils ont l'un pour l'autre !
En marge de cet après-midi et un peu plus tard dans le temps, nous trouverons Robert, le fondateur de cette société, qui reconnaît avoir tout négligé pour faciliter cette ascension, sa famille surtout. Il se rend compte de la vacuité de sa vie et de sa solitude et tente de remettre son existence plus en conformité avec ses aspirations personnelles.
Un livre agréable, sorte de récréation littéraire, qui se savoure lentement et qui m'a permis de découvrir beaucoup de choses sur le cérémonial du thé et de son histoire. Pour un néophyte comme moi, ce petit livre m'a appris énormément sur un monde qui m'était inconnu, le bouddhisme et le taoïsme, et sur cette culture qui semble être pleines de contraintes et d'un cérémonial qui nous dépasse, nous gens toujours pressés ! Le rythme de ce cérémonial est aussi important avec trois phrases : « JO » le début emprunt d'une certaine lenteur, « HA » moment intermédiaire et «KYU » le final plus vif. Le thé dont l'auteur nous parle dans ce livre n'est pas le thé classique que l'on trouve dans nos magasins, mais un thé en poudre dont l'eau doit être battue.....On peut penser qu'il est meilleur pour la santé de faire la paix autour d'une tasse de thé que de fumer le calumet de la paix.
Je suis ici bien loin de mes bases de lectures, mais ce livre, en ces moments tragiques pour le Japon, me permet de comprendre un peu mieux leur manière d'appréhender la vie.
Extraits :
- Devance le temps en chaque chose .
- Claire se remémore ce qui l'a amené à organiser cette rencontre. L'inspiration initiale puis la décision de la mettre en pratique.
- Elle compte par ailleurs sur une accroche favorable : leur intérêt commun pour l'Asie.
- La simplicité, le naturel. N'est-ce pas souvent ce qui est le plus difficile à retrouver ?
- Celui qui apprend à être satisfait en toutes circonstances est le plus riche spirituellement, alors que celui qui ne le peut pas est malheureux, même s'il vit dans l'opulence.
- C'est comme s'il établissait une harmonie à cet instant, par sa présence et sa respiration.
- Le maître de thé attend, assis sur ses talons, dans une présence méditative qui englobe tout ce vécu ; une présence qui n'attend rien, qui n'exclut rien, ne juge rien.
- Le bol est là, posé devant elle. Le liquide vert sombre légèrement mousseux en surface. Le thé qui vient d'être battu est encore bouillant.
- On peut même dire que cette pratique du thé est la synthèse vivante de tous les arts traditionnels du Japon en commençant, bien sûr, par l'art de la table.
- L'art devient vivant. Le bol n'est plus simplement une pièce de musée.
- Si l'on considère qu'une pièce de théâtre suppose des spectateurs, alors une cérémonie du thé est tout le contraire d'une pièce de théâtre. Dans cette expérience, l’hôte n'est pas le seul artiste à l’œuvre.
- Espace vide comme au tout début. Une expérience qui ne laisse aucune trace apparente...
- « Décidément. .. se rincer, se baisser...tout ce processus appelle l'humilité.»
Éditions : Jean-Cyrille Godefroy (2010)
* Un art de la relation.
Site « Mirokou », ici

Publicité
Commentaires
Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
Publicité
Newsletter
Publicité
Publicité