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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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19 avril 2011

VINCLAIR Pierre / Ce monde en train.

 ce_monde

Ce monde en train.
Pierre VINCLAIR .

Note : 3,5 / 5.
Autant en emporte le train......
J'ai aimé le train à une époque, enfin c'est facile de le dire et même de l'écrire maintenant que la routine, ou le train-train, est finie. Et qu'à part un voyage à Rennes pour un salon littéraire, ce que je connais de la gare, c'est de la traverser pour aller à la médiathèque ou pour porter les valises des membres féminins (qui sont les seules) de la famille ! Plusieurs fois, l'idée d'écrire les menues péripéties de mes nombreux voyages m'a effleuré, mais à chaque fois abandonné. Lisons donc ce qu'écrivent les autres.
Les lettres magiques : T.G.V.

Très Grand Vitesse, Très Grand Voyage, Très Gonflant Voisinage, Très Gracieuse Voisine, Très Grisant Verbiage, Très Grande Vulgarité, Très Grande Vanité,Très Galante Voyageuse, Trop Grosse Valise, Très Grande Vadrouille, Très Goujat Vaniteux,Très Goinfre Vorace, Très Grassouillet Virulent, Très Gratin Vagissant, Très Gamins Vociférants, etc....
L'année scolaire d'un professeur rythmé (non pas par les vacances), mais par les voyages en train....Septembre, le prologue... la rentrée ferroviaire en somme...
Quand l'aventure d'un voyage en train devient le quotidien, une chose m'a toujours surpris, c'est la joie des gens qui retrouvent des proches, les embrassades, alors que nous les habitués blasés, pratiquement jamais personne ne nous attend, ni ne vient d'ailleurs nous accompagner le matin ! Bon, j'arrête de me plaindre. Les voyages se suivent, mais ne se ressemblent pas heureusement....
L'auteur, en plus de situer ses chapitres dans le temps, leur donne des noms qui nous précisent son propos :
Partir, Fumer, Le crime de l'occident express, Générations, La vie est un songe, Transports amoureux, Bouffon (ce dernier titre pour être plus au goût du jour, peut-être!)
Revenons quelques années en arrière, le chapitre « Fumer » : la voiture 5 pas parfumée avec ce numéro venant de chez Chanel, ni avec en fond sonore la fameuse symphonie de Beethoven. La rame de tous les dangers, le smog anglais puissance 10, le passage en apnée pour rejoindre le bar qui curieusement était cerné par les espaces fumeurs en première et en seconde, c'était ce que la SNCF appelait la double peine, payer un prix exorbitant un café infecte et sentir le tabac en rentrant chez soi. C'est un spectacle ahurissant de voir ce nuage sortir du train dès que les portes s'ouvrent....maintenant ce sont les fumeurs qui jaillissent à tous les arrêts.
On sent dans « Générations » un ressentiment certain de l'auteur contre la jeunesse nantaise...qu'il traite (du moins les spécimens dont il est question ici), de petits cons qu'il méprise....et qui sont méprisables...
« Le questionnaire » inventaire à la SNCF, que personne ne doit lire, ou alors à l'envers, car ils n'ont jamais changé les choses. Leur seule utilité, donner du travail à de braves gens pendant quelques jours.
Solo, duo ou carré, dénominations pompeuses pour désigner des places dessinées par un grand couturier. Ne cherchez pas, l’homo sapiens un peu (beaucoup diront certains) plus développé (enveloppé diront les mêmes que tout à l'heure) que la moyenne sera de toute façon mal installé....Désolé, mais j'aimais les vieilles voitures avec des compartiments qui permettaient une certaine convivialité et favorisaient certaines rencontres amicales et plus si affinités, et les apéros du vendredi soir.
Septembre...Épilogue...Le voyage touche à sa fin. Terminus, tout le monde descend...
Les voyageurs sous l’œil du berger, étoile du matin, mais aussi du soir. On part mais on revient. Une enfant de deux ans, et la faune hétéroclite des passagers avec parfois d'heureuses surprises, mais plus rare que l'inverse hélas, et le fait d'être bloqué à une place, entouré de bavards racontant leur vie (dont on se fout) dans leurs portables bien évidement dernier cri (!). Et les autres Walkman à fond remuant la tête en cadence, bref l'incivilité est sur de bonnes rails.
Un petit (par la taille) recueil de nouvelles agréable, bien écrit en récits très courts, qui ne parle pas ou peu des choses qui fâchent, les retards importants qui surviennent parfois. Je trouve que l'auteur est très fin observateur et cherche plus la description d'un personnage ou de l'ambiance. Il écrit, il me semble qu'il ne se passe pas grand chose de dramatique ou même de notable dans un train, alors les gens oublient tous ces voyages, alors couchons-les sur le papier pour laisser une trace.
Comme tous les ouvrages des éditions de « La part Commune », un très beau livre.
Extraits :
- Ainsi sont les départs.
- Je dis « comme », car quant à moi je reviens demain.
- Dehors, alors que le train continue sa marche rapide à travers la campagne, des éoliennes tournent paisiblement.
- Nous en sortions heureux, laissant derrière nous une gigantesque sculpture grisâtre, flottant à mi-hauteur.
- À 7 h35, je décide que je n'écrirai pas. Pas aujourd'hui.
- Malheureusement les drames, ici, ne sont qu'infimes et les scénarii ficelés à la hâte (ce train ne parcourt que des paysages réels) : je ne le saurai jamais.
- Il est monté à Laval ; je croyais qu'il habitait à Paris.
- Il est descendu à Rennes ; je croyais qu'il travaillait à Paris.
- On ne sait jamais pourquoi, le Destin-formaticien laisse vide les autres, et nous attribue toujours les places orientées dans la direction opposée à la marche.
- D'abord je ne vois rien. Une bande confuse et fuyante, uniformément verte.
- Encore un type qui prend la loterie informatique pour un commandement divin, ou quoi ?
Éditions : La Part Commune (2009).

 

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Commentaires
E
Salut Gwenaëlle.<br /> D'abord 3,5 sur 5 est malgré tout une bonne note.<br /> Je deviens difficile vis à vis de la littérature « ferroviaire » ayant vu tellement de choses bizarres en presque 10 ans de voyages 5 jours sur 7 ! Mais par contre j'apprécie la démarche de l'auteur, qui, il me semble, n'a gardé que des faits relativement anodins à mon goût. Appréciation qui n'engage que moi.<br /> Bises et à bientôt.<br /> Yvon
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G
C'est à cause du manque d'action que tu ne mets que 3,5 à ce recueil?
Répondre
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