BURROUGHS William / Le métro blanc & autres histoires

Le
métro blanc & autres histoires.
William
BURROUGHS.
Note
: 3 / 5.
Textes
en vrac.
Ce
livre commence par une assez longue introduction signée « Miles »,
texte important pour essayer de comprendre ce recueil de textes
épars, dont beaucoup sont des
« Cut/Ups »
Ce style
d'écriture consiste, si j'ai bien compris les explications, au
découpage d'un texte, puis au réarrangement dans un autre ordre des
mots, avec parfois l'introduction d'autres phrases qui peuvent être
d'un écrivain différent. Beaucoup
de ces expériences furent écrites et publiées dans différents
magazines underground de l'époque. Et en l'état, fautes de frappe
et d'orthographe comprises. Quelques
textes émergent de ce recueil qui commence par « Le bout de
cigarette », sorte de récit de science-fiction pour le moins
étrange. « D'une main lointaine levée » ou note sur la
méthode employée dans ce texte, qui dit-il, se compose de messages
talkie-walkie et changer de poste en poste au cours d'une guerre
interplanétaire ! « Attention danger » commence le 17
septembre 1889 à Fort Charles, où il est question de la mort d'un
soldat.
Dans
« Le commencement est aussi la fin » l'auteur commence par ces mots
:
- Je ne suis pas un intoxiqué. Je suis l' intoxiqué.
Malgré
toutes ces expériences, l'auteur vivra jusqu'à 83 ans, bien au-delà
de ses amis de l'époque, Kerouac en particulier.
Il
écrivit également « Une lettre ouverte à Life magazine »
cut/up qu'il intitula « Beat Generation » qui parut le 5
décembre 1959, dont voici un petit extrait :
-
Orbites fixes sur les conferlinghetti ourlés dédiés au
ginsberg-kerouac & une clarinette mal soufflée miroite sur l'os
lustré.
À
part les citations en hommage à Ginsberg, Kerouac et Ferlinghetti,
ce texte est tout de même un peu hermétique du moins à mon humble
opinion.
« De retour à Saint-Louis» où l'auteur revient
après, ce qu'il nomme lui-même, une parenthèse de quarante ans.
Voyages aller-retour en wagons couchettes de première classe !
Burroughs était natif de cette ville, plus exactement de Berlin
Avenue, bien évidemment rebaptisé Pershing Avenue pendant la
seconde guerre mondiale. « Le
jour où les dossiers ont explosé » est un texte,
pardonnez-moi ce mauvais jeu de mots, assez stupéfiant où l'auteur
défend une certaine conception très libérale de l'usage de
drogues. Il fait un parallèle entre les dégâts provoqués par
l'alcool, et ceux provoqués par le cannabis dans le cas où celui-ci
serait en vente libre. Pourquoi, par exemple, certains médecins
peuvent prescrire de l'héroïne et de la cocaïne et non pas du
cannabis, se demande-t-il? Je pense malgré tout, et avec beaucoup de
recul, que malheureusement la drogue est passée du monde artistique,
où cela semblait presque naturel , comme une invitation à la
création, à la vie de tous les jours, rendant de plus en plus de
gens dépendants. Quelques
articles et lignes plus politisés concernant les années 1966 /1967
et la guerre du Vietnam À travers des écrits et des correspondances
avec Claude Pelieux Washburn. Dans
« L'éternité est un long week-end à Long Island », il est
question de James Dean et de Miss Canadada. Un
des derniers chapitres de ce livre s'appelle « Les journaux de
retraite » qui furent écrits dans les années 1970 et dans un
style beaucoup plus conventionnel.
Nous
voyageons des États-Unis à Tanger, du Mexique à New York, en
passant par Panama, en Europe également, de Londres à Paris avec un
détour par l'Amérique du Sud à la recherche de nouvelles drogues.
À
part Jack Kerouac et Alain Ginsberg cités plus haut, l'auteur nous
parle également de son épouse, Joan, des écrivains Beckett, Paul
Bowles et Ron Hubbard, qui est surtout connu comme fondateur de
« l'Eglise la scientologie ».
J'ai
un sentiment très mitigé à la lecture de l’œuvre de Burroughs,
et en particulier à l'égard de ce livre qui a les avantages et les
inconvénients du genre. Cela permet certes de faire des découvertes,
mais cela fait un peu fourre tout !
Je
crois que ce livre est vraiment pour les fans absolus de cet auteur.
Suis-je un lecteur plus classique que je ne le pensais ? Ou alors mes
goûts ont, je pense, vraiment changé ? Ou tout simplement ce livre
n'était pas pour moi !
J'essayerai,
malgré tout, comme je l'ai dans ma bibliothèque, de lire la
correspondance entre William Burroughs et Alan Ginsberg.
Extraits
:
-
Du doigt il tapota un bout de cigarette. Les cendres retombent sur Ew
York Onolulu Aris Orne Oston.
-
Je n'existe que là où la vie est absente. J'existe là où vous
n'êtes pas.
-
Eddie et Bill accourent du passé – Valise en consigne- Demain ne
sera pas trop tard.
-
Hollywood apprendra jamais ?
-
La Maladie Morale Américaine s'est répandue dans d'autres pays. La
peur du gendarme assombrit la terre.
-
Les mères américaines « hip » distribuaient des fleurs,
les enfants étaient à l'avant du cortège, et les vieux priaient
pour la paix.
-
L'herbe s'évanouit avec les rumeurs de guerre civile ventilée par
les Invisibles...rappelez-vous, JFK, Truman & Ike....
Éditions
: Christian Bourgeois (2010).
Titre
original : The White Subway(1973), The Retreat Diaries(1976), Cobble
Stone Garden(1984).
Autre
chronique de cet auteur :
Queer.