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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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27 mai 2009

BOURVEN Yann / Mon héroïne.

Mon Héroïne.
Yann BOURVEN.
Note : 3,5/5.
Un auteur en quête de personnage.
Premier roman de cet écrivain rennais, né en 1978, que je lis. La découverte la plus totale. Précision : « Héroïne » est ici tout simplement le féminin de héros, et n'a rien à voir avec une poudre blanche prohibée.
Notre narrateur, Yann, qui vient de perdre son travail, alors que quelque temps plus tôt, sa petite amie l'avait quitté, se retrouve avec une denrée rare : du temps. Alors pourquoi ne réaliserait-il pas son rêve, écrire! Mais pour écrire, il faut un personnage principal! Nous partons donc à la recherche mi-réelle, mi-imaginaire de cette femme mystérieuse, « L 'héroïne ». Il la rencontre dans un bar une nuit. Maintenant il faut lui donner une enfance, une vie d'aujourd'hui, des amies, voire des amants. L'auteur dérive un peu dans des nuits alcoolisées, croise une faune nocturne, parle avec une prostituée, femme aux milles visages, qu'il rencontrera à nouveau. Les journées se traînent, les tentatives d'écrire ne sont pas toujours couronnées de succès.
Il éprouve un sentiment de rejet de la part des commerçants de son quartier, son propriétaire lui réclame de l'argent, la vie devient une épreuve, seul le rêve lui donne un semblant d'énergie!
Lisa lui révèle des choses douloureuses de son passé, l'inceste qu'elle a dû subir, puis sa vengeance! Est-ce réel, est-ce imaginaire? Sa mère qui lui téléphone tous les jours, ses sorties avec ses amies, et un soir sa réaction devant un homme qui pourtant lui plaisait. A son insu, une femme brune la suit parfois, dans quel but? Son boulot pour payer ses études et l'agression dont elle fût victime. Ses nuits avec son créateur, elle, le personnage, l' « Héroïne ». Les bars fréquentés au cours de ses tribulations nocturnes, les alcools consommés suivis de petits matins blêmes, rien d'une vie remarquable en fait! La visite un jour de sa mère complique encore un peu la situation. Elle vient la supplier de ne pas porter plainte contre son père? Mais l'oubli et le pardon sont-ils encore de mise? Le narrateur, plein d'espoir au début du livre, savoure enfin la liberté, la possibilité d'écrire, le rêve enfin réalisé. Mais il faut maintenant concrétiser face à une feuille blanche. Il sombre dans la déprime.  Lisa, rêve éveillé de Yann, vision funeste de la vie? Pour lui représente-elle l'espoir d'une vie meilleure, le début d'une carrière de grand écrivain ou au contraire le signe avant coureur de la déchéance? Une prostituée, qui, elle aussi, porte toute la misère du monde, les coups des clients, le vol de sa recette et pour finir les coups du souteneur. La mère de Lisa semble ne pas avoir aidé sa fille dans les moments où celle-ci en avait besoin, mais soudain elle éprouve le besoin de protéger son mari.
Que dire de ce livre? J'aime bien le style percutant et « éclaté» (pour employer un vocabulaire actuel), des phrases courtes, donnant un rythme soutenu, un vocabulaire très cru par moments. Et pourtant, j'ai un sentiment mitigé avec ce roman auquel je n'ai pas de gros reproches à faire. L'atmosphère est glauque, cela ne me gêne pas, je pense que l'impression de « No Futur », ce sentiment de désespoir m'a mis mal à l'aise. Un court instant de bonheur est-il encore possible? Mais je comprendrais parfaitement que d'autres lecteurs apprécient ce livre à sa juste valeur. Un roman dont il m'est difficile de parler, n'étant pas sûr d'avoir su l' appréhender, car si l'idée en soit est originale, par contre ce n'était peut-être pas le moment pour moi, mais j'essayerais d'autres romans de cet auteur.
Extraits :
- Oh non, si j'étais un dictateur culturel, genre Silvio Bourvenici.
- Elle fut pour moi un gri-gri, une meuf essentielle qui alimentait mon énergie créatrice.
- Elle doit juste faire du chiffre...Comme une employée normale, une secrétaire du trottoir....
-
Sur un trottoir, Breton imitait la mésange pendant que Desnos tapait des mains en pleurant...Sur le trottoir opposé, Céline boitait un peu, on attend du coin de l'oeil.... bref que du beau monde dans cette rue morte!
- Fabrique-moi du bonheur !
Je ne peux pas encore...Je ne suis pas bien....
CHANGE MOI!
- Je suis une muse, un truc comme ça ? M'a demandé Lisa.
Je n'en sais rien... tu m'en poses de ces questions !
Alors la marionnette t'emmerde !
- À cet instant, Lisa se trouve dans un repos mental proche du chou-fleur, mais du chou-fleur compréhensif.
- Lui, c'est clair, il ne cherche que le sexe, et rien de plus...
- Mon écrivain ! Oui ! Je retournerai le voir ! Je ne manquerai plus jamais un rendez-vous !
- C'est ça, écrire? Vivre en écrivant ? Pour moi, c'est se refléter douloureusement dans un miroir de mots....
Éditions : Diabase. (2003)
Le site de l'auteur, ici.

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