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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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22 mars 2008

Le BRETON David / Mort sur la route.

Mort sur la route.

David Le BRETON

Note : 4

Une route pavée de mauvaise intentions!

Premier roman de ce professeur de l'université de Strasbourg. Il a écrit de nombreux essais.Ici, nous sommes loin de de l'univers de Kerouac, la route est jonchée de viols, de violences, de drogues et de cadavres.
Max est jeune, il décide de quitter le confort du foyer pour « faire la route ». Il marche sur une route enneigée en compagnie d'Olivier et de Laure. Celle-ci dans la même nuit sera confrontée au magnifique : la rencontre avec un cerf et au sordide, la mort de froid de Max!
L'histoire se déplace à Strasbourg où nous rencontrons Thomas, son esprit est hanté par les cadavres côtoyés en Bosnie, puis au Rwanda. Quelque chose s'est brisé là-bas. Il vit seul, s'étant éloigné de son épouse.Étant un soir passé à tabac, il est hébergé dans un squat dont il découvre les règles de vie non-vie, avec en tête de la hiérarchie, un chef, avec quelques acolytes, qui possède tous les droits, surtout sur les filles nouvellement arrivées qui subissent le bon vouloir de ces caïds.Thomas reprend pied, mais il est confronté à la disparition de Laure, qui pour Olivier est inexplicable. Petit à petit, il découvre que d'autres jeunes filles ont disparu, et il lui semble qu'elles ont été choisies.Une autre affaire se greffe sur l'histoire, un chef de guerre serbe au passé très chargé, brute sanguinaire arrive à Strasbourg , pour affaire. Son fond de commerce, la prostitution, avec un second but à ce voyage, tuer un homme politique dont il veut se venger. Thomas plonge dans un monde inconnu et dangereux . Entre les Mafias Serbe et Russe, un commerce s'est installé, un réseau de prostitution est alimenté par ces filles qui disparaissent sans laisser de traces dans l'indifférence générale. Mais entre temps elles servent pour des tournages de films ignobles.
Des marginaux ou laissez pour comptes de la société moderne, proies faciles pour les trafiquants et proxénètes de toutes catégories. Thomas est lui aussi brisé par ce qu'il a vu et aussi vécu, professeur en année sabbatique, il se trouve mêlé à son corps défendant à cette ignoble affaire, peu à peu il se laisse gagner par la violence, mais que faire d'autre? Un monde souterrain absolument effroyable, des enfants qui de victimes deviennent bourreaux, des garçons et filles qui se mutilent pour purifier leurs corps et oublier ce qu'ils ont vécu, une descente aux enfers. Quelques règlements de comptes personnels et politiques, la drogue et la prostitution viennent encore noircir le tableau. Quel monde nos sociétés ont-elles créé! Quels misères et quels mirages poussent ces jeunes dans cette jungle urbaine! Un monde de détresse où croyant fuir un milieu familial souvent violent et incestueux, ces fugueurs découvrent la face cachée des squats. Celles où quelques individus font la loi, un milieu dont les plus faibles sont les victimes toutes désignées, car sans aucune protection.
Ce roman est très bien écrit et l'histoire est bien menée. Certaines scènes sont très dures et l'ambiance du livre est sordide et glauque. Âmes sensibles s'abstenir. Pour mon goût ce livre est une découverte, l'intrigue me semble originale et je ne boude pas mon plaisir de lecteur, de profiter de ce changement d'horizons en découvrant la ville de Strasbourg, qui j'en suis sûr n'est pas, celle décrite dans ce roman policier très noir.
Extraits :
- Depuis des mois il se tenait au bord du gouffre, cette fois il était tombé dedans.
- L'insularité était propice à l'oubli, à l'absence.
- Une fille seule devenait vite une proie.
- Ces jeunes squatters étaient un vivier pour le crime.
- Pour les miliciens, ces femmes n'étaient plus des femmes, mais des prises de guerre pour humilier leurs maris bosniaques.
- Elle avait appris dans les squats à ne pas se mêler de ce qui ne la regardait pas.
- Il n'y avait plus maintenant que la route et cette longue fuite en avant.
- Le ou les tueurs jouaient sur du velours.
- La seule chose qui me manque c'est la mer. Pas ma mère, la mer.
- Il ne restait que des cendres des librairies ou des bibliothèque croisées en Bosnie.
- Le monde sombrait dans l'autisme. La technologie rendait plus passionnante la discussion avec un absent.
- Il y avait cette contradiction insupportable entre la beauté du monde et l'âpreté des relations entre les hommes.
- Une cour des miracles reléguée dans les limbes d'une société riche et indifférente.
Éditions Métailié noir.
Merci à Goelen pour m'avoir fait découvrir ce livre.

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Commentaires
E
Bonjour à toi Passion&Papiers!<br /> Si tu veux acheter ce livre, achètes-le. Si tes finances suivent le temps, elles ne sont pas prêtes d'être au beau fixe, le vent souffle encore ce matin. Personnellement je trouve tes peintures joyeuses et pleines de vie, la création artistique obéit à des règles qui sont (je pense) personnelles à chaque individu.<br /> Je te souhaite plein de bonheur avec ta fille retrouvée.<br /> Yvon
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L
Merci Yvon, je crois que je vais l'acheter. hin hin, je fais toujours l'inverse de ce qu'on me dit de faire... Il me fauda attendre quelques jours que mes finances reviennent au beau fixe. Je plaisantais hier: on ne peut pas lire que des choses douces ou qui te font rire. Ce que je lis, regarde comme émissions ou écoute comme musiques influe automatiquement sur ce que je vais peindre. Hélas, mes peintures les plus profondes ne peuvent être faites que quand je me trouve dans cet état, proche du vomissement. Et pourtant, je ne fais rien de morbide. En fait, depuis hier, des livres que je t'ai cités, c'est celui-là qui m'obsède. Quand je l'aurai lu, je te dirai mes impressions... Pour ma fille, puisqu'elle est à mes côtés, oui, je l'ai récupérée, démolie intérieurement. Elle commence à entrevoir la vie différemment: le pouvoir de la jeunesse... son blog: http://darkbetty29.skyblog.com/
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E
Bonsoir Gambadou!<br /> Désolé je trouverai pour une prochaine chronique un roman de la bibliothèque rose, rien que pour toi! <br /> Ce livre n'est pas évident à lire, et il y a tellement d'autres choses à lire!<br /> Comme pour Hélène, bises et à bientôt, et avec le sourire!!!!!!!!<br /> Yvon
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E
Bonjour Hélène.<br /> Je pense aussi que cette lecture ne s'impose pas pour Lorange-violette.<br /> Je redonne les cordonnées de son blog :<br /> http://www.lorange-violette.com/<br /> L'adresse est maintenant dans la colonne de droite sous l'intitulé « Aquarelles & écrits »<br /> Bises Hélène et j'espère à bientôt.<br /> Yvon
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G
Beaucoup trop noir pour moi !
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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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