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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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7 juillet 2007

SHE Lao / Gens de Pékin.

Gens de Pékin.
Lao SHE.
Après Dublin, Pékin.
Note : 4,5 / 5.
Auteur chinois dont je n'ai encore rien lu. Et comme à mon habitude, je commence par un recueil de nouvelles. Né en 1899, auteur d'un livre très connu "Pousse-pousse", il meurt dans des conditions pour le moins étranges en 1966. Les autorités s'empressent de parler de suicide et de faire incinérer le corps. Cette édition comporte une préface, des remerciements, des repères biographiques, un petit glossaire et une bibliographie. Tout cela sur un format de poche. Neuf nouvelles sur le Pékin de la fin de l'Empire et des premières années de la République. Une société en mutation vivant dans la crainte de la nouveauté et de l'avenir.
Dans "Une vieille maison", un commis d'un magasin spécialisé dans le commerce de la soie ne voit pas le changement d'un bon oeil. Il nie la modernité, mais la boutique de son employeur périclite et est achetée par une maison concurrente.
"L'histoire de ma vie" est la nouvelle la plus longue, plus de 100 pages. Un homme se raconte, un apprentissage qui ressemble à un bagne toléré, entre coups et privations. Trois ans d'enfer pour apprendre un métier sur le déclin, les superstitions populaires et la vénération des morts n'étant plus d'époque. Un changement s'impose, après avoir goutté à l'opium et à l'alcool, avoir renoncé à tout cela pour rentrer dans une secte. Le mariage non plus ne sera pas une réussite. Devenir policier est-elle la seule solution qui lui reste? "Le nouvelle inspecteur" a la particularité d'être la seule nouvelle ne se déroulant pas à Pékin. Deux vénérables anciens, maîtres dans leurs armes, parlent de leurs arts, l'un refuse de transmettre son savoir à l'autre. Un magasinier sans ambition, pauvre ombre misérable, s'accrochant à un monde finissant."Les voisins" est une histoire de mépris de haine et de jalousie. La prétention de Madame Ming, femme illettrée, lui fait détester les Yang, professeurs, et son arrogance n'arrangera rien. Un pauvre type admire les gens "cultivés" et les imite, mais malgré tout ses efforts il restera stupide. Le portrait d'un être naïf qui rêve de gloire dans "L'amateur d'opéra" mais qui ne trouvera que l'opium et la mort au bout de la route.
Un beau et triste récit pour finir ce recueil "Le croissant de lune".
Une galerie de gens ordinaires, de Pékin, ces hommes et femmes à cheval sur deux époques, l'une tente de survivre, l'autre d'imposer une vision et des idées nouvelles. Mais les plus faibles restent au bord de la route, réduits à des rôles de figurants muets et angoissés. De nombreuses (mais nécessaires) notes en bas de pages rendent la lecture un peu ardue. Mais il y tellement de références aux vieilles coutumes chinoises que, sans celles-ci, souvent l'histoire perdrait toute sa saveur. Un témoignage incisif, mais ne manquant pas d'humour. Malgré tout on sent l'auteur désabusé dans certaines réflexions :
"La vie d'un homme est une chose limitée, mais le malheur, lui est une chose héréditaire".
Une belle écriture pour des morceaux de vie fort bien racontés.
Extraits :
- L'heure était aux chemins de fer, aux fusils, aux ports ouverts et à la terreur. On projetait même paraît-il de couper la tête à l'Empereur.
- En effet, deux jours à peine après son arrivée, le gérant Zhou avait presque transformé le magasin en un chapiteau de cirque.
- Xin Dezhi comprit que le gérant Qian ne reviendrait plus ; le monde avait changé pour de bon.
- Dans l'année, il suffisait qu'il mourût comme ça une dizaine de gens riches et on avait de quoi vivre.
- Nous étions complètement dépassés par le cours des événements et nous n'y pouvions rien!
- C'était comme le fer, c'est en le battant que l'on obtient la forme que l'on désire.
- Elle détestait les domestiques, parce que ceux-ci la méprisaient.
- Plus on est pauvre plus on a d'enfants : après tout les pauvres ont aussi le droit d'en avoir!
- Je vous le dis, quand une femme en méprise une autre, c'est une lutte sans merci.
- Nous avons tous nos faiblesses et nous n'en sommes pas pour autant détestables.
- La prison est l'endroit idéal pour vous convaincre que l'humanité ne s'améliorera jamais.
Éditions : Folio

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Commentaires
A
J'avais lu La cage entrebaillée du même auteur et ça me donne envie de découvrir le reste de son oeuvre, dont ce livre-ci :)
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N
J'ai eu une période littérature chinoise et c'est comme ça que j'ai découvert cet auteur : j'ai lu "les tambours" et "le pousse pousse" c'est un écrivain absolument remarquable on découvre la chine du peuple, on a vraiment l'impression de se promener dans les rues, de rentrer dans les boutiques, chez les gens. Ton article me donne envie de me replonger dans cet univers, Je vais me procurer ce livre pour le lire pendant mes vacances. A bientôt
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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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