Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
Publicité
Derniers commentaires
Archives
2 mars 2007

O'BRIEN Edna / Les païens d'Irlande

000209159
Les païens d'Irlande.
Edna O'BRIEN.

Note :3 /5.
Fuir le péché.
Il y avait longtemps que je ne m'étais pas plongé dans l'oeuvre d'Edna O'Brien, et comme je n'ai plus souvenir de ce livre, c'est l'occasion. Ce roman a été écrit en 1970 et traduit en 1973.
L'enfance d'une petite fille dans l'Irlande profonde (une enfance qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de l'auteur). Une vie dans une Irlande bigote pour certaines choses, mais souvent païenne dans son comportement. (C'est la guerre sujette aux restrictions). Entre une mère adorée et un père ivrogne, soi-disant éleveur de chevaux, mais qui me réussit jamais rien de bon.
La vie s'écoule au rythme des saisons, des petits riens aux drames de l'existence, le suicide de l'institutrice, la tuberculose de certains enfants, l'accident d'un cheval. Entre les coups du père, et les débuts de l'adolescence de la jeune fille, l'avenir ne semble pas tout rose, vivre ailleurs serait peut-être une solution?
On retrouve comme dans tous les romans d'Edna O'Brien, des personnages souvent pathétiques pour ne pas dire mentalement arriérés. Tous ont des secrets plus ou moins avouables. Les hommes sont particulièrement stupides, ivrognes et obsédés sexuels. Comme cet oncle qui voulait mourir comme un héros, pourchassé par les "Blacks & Tans", mais qui mourut en sautant avec sa propre bombe en pêchant dans une rivière! Le curé et ses lévriers aux prénoms féminins. Ambie, qui est le spécialiste pour égorger les cochons, mais qui met enceinte la bonne du médecin, enfin un petit village, comme les autres! Toujours pour l'auteur, l'amour et la haine qui la relie à son pays natal, elle ne veut plus y vivre, mais quasiment tous ses livres s'y déroulent.
J'ai été un peu surpris par la manière qu'Edna O'Brien a choisi pour écrire ce livre. Une "voix off" en quelque sort qui raconte à une personne son enfance. Une écriture à la deuxième personne "Tu", naïve et infantile, qui devient fatiguante. Dommage, car il y avait là sujet pour un bon roman.
Extraits :
- Il y eut une surprise à l'école. Jewel te dit que la maîtresse allait partir chez les fous.
- Ta mère était franche et elle commit un jour un terrible péché : elle assista à un office protestant.
- Elle dit que vous aviez été prendre le thé dans une certaine maison, et que vous vous étiez conduit comme des amoureux. Elle dit qu'on s'était rendu compte que vous vous aviez échangé des regards à plus d'une reprise.
- C'était comme si tu étais en deuil.
- Tu te gargarisais avec de l'eau salée. Tu utilisais de l'eau tiède parce qu'elle avait un goût infecte.
- Tu renonças aux menus plaisirs. Tu t'assignas des tâches, tu t'imposas des pénitences.
Éditions : Fayard (1973)
Titre original:A Pagan Place.(1970)
Autres chroniques de cet auteur :
Lanterne magique
Nuit.
Tu ne tueras point.

 

Publicité
Commentaires
E
"Dans la forêt" (2)<br /> Bonjour, <br /> Pour "Dans la forêt", le problème est que si ce livre ne te plaît pas, il se pourrait que tu ne lises plus de livres d'Edna O'Brien! Je me rappelle (enfin mes notes ne rappellent) que j'avais préféré ce titre à Décembre fou".<br /> Yvon
Répondre
E
Bonjour Sandrine,<br /> Je me rappelle très souvent ces phrases de John McGahern : <br /> "La vraie histoire des années trente, quarante et cinquante dans ce pays n'a pas encore été écrite.<br /> Lorsqu'elle le sera, je pense que l'on s'apercevra que c'était une période extrêmement sombre dans laquelle une église insulaire, complice d'un état<br /> mal assuré, contribua à instaurer une société souvent bigote, lâche, philistine et spirituellement infirme. <br /> Ou de Nuala Ni Dhomhnaill :<br /> "L'Irlande où nous nous installâmes dans les années 1950 était une sorte d'Albanie de l'esprit, un état sclérosé très pauvre, dirigé par une gérontocratie exclusivement préoccupée de cérémonies nationales dont le président De Valera, aveugle et inflexible, constituait le meilleur représentant".<br /> Yvon
Répondre
B
Bonjour Yvon,<br /> Je viens de relire le résumé de "dans la forêt" sur le net et effectivement le livre doit être dur. L'auteure s'est inspiré d'un fait divers. Il est chez 10/18 et cette collection ne m'a jamais déçue jusqu'à présent. Je verrais bien...<br /> <br /> Il y a aussi "décembres fous" qui m'a l'air pas mal.
Répondre
S
Bonjour, <br /> <br /> je n'ai encore rien lu d'Edna O'Brien, justement pour l'ambiance qui semble regner dans ses livres et cette Irlande si miserable (intellectuellement, socialement, economiquement...) et si bigote qu'elle decrit. L'elite dirigeante prenait a peine conscience de la necessite de changement a cette epoque (ou l'immigration menacait serieusement le pays de depopulation!) mais la modernite a mis du temps a s'installer... Un joli pays ou il ne faisait pas bon vivre en ce temps-la. Heureusement cela a bien change!<br /> <br /> En tous cas j'ai bien envie de lire ce livre apres cette presentation, ce sera peut-etre avec celui-la que je m'attaquerai a cet auteur.
Répondre
E
Bonjour,<br /> Ce roman est très différent de "La maison du splendide isolement" et m'a, à l'époque, laissé une impression mitigée.<br /> Certains passages sont très durs et peuvent mettre mal à l'aise.<br /> Yvon
Répondre
Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
Publicité
Newsletter
Publicité
Publicité