JAQUET Corinne / Le pendu de la Treille
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Le pendu de la Treille.
Corinne JAQUET.
Note : 4 /5.
Promenade sans fin.
Seconde incursion dans la littérature policière suisse à la suite de Durrenmatt. Après la région de Zurich, nous prenons la direction de Genève.
Nous sommes le 16 novembre 1989, Georges Bertin, et son parti l’"Alliance Genevoise" viennent de gagner les élections. Bertin n’en profitera pas : on le trouvera pendu à un arbre le lendemain, et détail horrible, il a également un couteau planté dans l’entrejambe. Qui pouvait en vouloir à ce point à cet homme à femmes ? Ses ennemis ne manquent pas, femmes trahies ; avocat, il s’était fait de solides ennemis, en politique également ou alors faut-il rechercher une affaire remontant à sa jeunesse ? Le commissaire Simon cherche dans la vie de cet homme, sa mère n’était pas mariée à sa naissance, une enfance pauvre et une volonté de gravir les échelons même en écrasant tout sur son passage. Comme Marie-Claire Drouet qui lui a cédé sa place sur la liste électorale, le tout sans un remerciement ! Et qui disparaît mystérieusement cette nuit là ! Ou Olga, sa femme de ménage le jour et sa maîtresse la nuit, clandestine elle était obligée de se prêter à ses perversions sexuelles ! Alix Désirée Beauchamps est journaliste, un homme la contacte, un dénommé Paul. " Bertin, dit-il, était comme un frère pour moi ". Certaines de ses révélations lui en apprendront beaucoup sur leur jeunesse. Elle en fait un article à sensation qui met le commissaire Simon en rage. Petit à petit, l’enquête progresse, mais qui était réellement Bertin ? Son parcours politique est des plus flous. Sa mère, grabataire, se souvint d’un pantalon de flanelle taché de sang. Commence alors la lente lecture des archives des journaux. La confrontation entre Alix, jeune et jolie journaliste, qui poussée par son employeur cherche le scoop et le commissaire Simon, vieux célibataire vivant avec sa sœur, est savoureuse.
Très bien écrit, je pense que pour quelqu’un qui connaît la Vieille-Ville à Genève, cela ajoute à l’histoire. Une intrigue de qualité, une description à la fois du monde politique suisse et du métier de journaliste d’investigation. Les démêlées de ces derniers avec la police, tout concourt à faire de ce roman à l’ancienne, un très agréable moment de lecture.
Extraits :
- Dans ce parc, un soir d’hiver comme celui-ci, il y avait presque trente ans, il s’était juré de devenir un grand.
- Côté "impair" comme on disait le nez légèrement retroussé : le côte des écuries……
- C’est là aussi qu’il connut Sammy et que sa vie marqua le pas un soir de 1957. Maudite soirée.
- Le mort n’avait certes pas bonne mine, mais le plus affreux, c’était le couteau planté dans l’entrejambe.
- Genève n’est pas Chicago, on n’élimine pas les gens ainsi.
- D’une manière générale, George Bertin ressortait plus sali que glorifié de cette revue de presse.
- Nos destins ont toujours été liés. On s’était même dit que l’on mourrait en même temps pour découvrir.
Editions : Noir Pastel.
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