BARRY Tom / Guérilla en Irlande (2)
Guérilla en Irlande (2)
Tom BARRY.
Note: 5 / 5.
L’histoire par ceux qui l’ont faite.
Deuxième séance (celle de rattrapage !) pour ceux qui n’ont pas compris, ni le film, ni le livre (cela existe ! ! ! ! ! !). Les photo sont celles des deux couvertures française.
Tom Barry fut commandant Général de l’I.R.A, il s’engagea dans l’armée britannique à 17 ans, combattit en Iran avant de se rendre compte qu’il s’était trompé de combat. Si le soulèvement de 1916 fut un échec militaire, il réveilla les consciences de beaucoup d’Irlandais. Tom Barry n’en fait pas mystère :
-« Il aura fallu le sacrifice du sang des hommes de 1916 pour qu’un jeune homme de 18 ans s’éveillât à sa nationalité ».
Nous sommes dans le milieu de l’année 1919, Tom Barry rentre dans l’I.R.A. et dans la clandestinité.
Nous suivons la vie de tous les jours, les entraînements, les réunions sous haute surveillance ; la clandestinité n’a rien d’héroïque ni de glorieuse. Les meilleurs plans échouent, des embuscades où l’ennemi ne vient pas, des rencontres imprévues entre les belligérants se terminent par des batailles non rangées. La guérilla mine le moral de l’adversaire jour après jour, les combats sont souvent suivis de représailles dans la nuit contre des villages avoisinants.
La tentative d’exécution d’un juge manque de tourner au drame pour la femme qui a, ce jour-là, mis son nez à la fenêtre, le juge ayant changé de chambre l’après-midi même.
A remarquer que Tom Barry fait une différence dans les troupes qui composent l’armée britannique, les troupes régulières font leur travail dans une relative correction, mais les forces spéciales Blacks & Tans et Auxiliaires, sont plus des pillards sans foi ni loi dont le seul but est de terroriser la population. Ils remplacent les nombreuses démissions dans la Royale Irish Constabulary (beaucoup d’irlandais de souche quittèrent cette unité). Les républicains avaient deux autres combats à mener, l’un contre l’église toute puissante et l’attitude pour le moins ambiguë de la hiérarchie de l’église catholique, pas toujours suivie heureusement par les prêtres sur le terrain. Laquelle hiérarchie, toujours au service du plus riche, qui, ni plus ni moins, menaçait d’excommunions les membres de l’I.R.A.
Puis la propagande britannique, qui est au cœur du conflit, cherche à cacher la vérité. Les victimes des combats sont soit ignorées, soit les réalités sont soigneusement travesties : des soldats morts deviennent des aspirants sauvagement mutilés, la rébellion est en voie de disparition, le couvre-feu est instauré etc….
Puis commence pour les Britanniques la politique de la terre brûlée début de la fin de leur suprématie, mais le combat avait changé d’âme.
Je n’énumérerai pas les nombreux combattants de l’IRA dont l’auteur parle dans ce livre ; à la surprise générale (facile le jeu de mot) je parlerai d’un anglais, le Général Percival, lequel était major à l’époque. Voici la manière dont Tom Barry en parle :
-Cet officier était de loin le plus anti-Irlandais de tous les officiers britanniques en activité.
-Nous ne savions pas alors que le major Percival, qui devait échouer si lamentablement contre l’I.R.A. du West-Cork deviendrait le commandant des troupes qui capitulèrent si tristement à Singapour en 1941.
Pour ce fait, voir dans ce blog la chronique «Sous l’amertume du dourion» de Fergus Linehan.
Il y avait aussi des officiers britanniques de qualité comme le colonel Hudson, qui méprisait les «Blacks& Tans» et refusait de leur livrer les prisonniers républicains. Et que dire de tous ses espions ou traîtres de tous bords qui coûtèrent la vie à de nombreux combattants.
Un livre très intéressant après avoir vu le film de Ken Loach «Le vent se lève». Le recul de l’écriture atténue un peu la violence de cette lutte pour le droit d’un peuple de vivre selon ses propres lois. S’il vous plait, allez voir ce film, il est très dur, mais très beau.
Ce récit est le point de vue d’un républicain pur et dur, à la manière de Michael Collins, c’était un homme de combats. Merci à lui et à tous pour cette grande leçon de courage et de conviction.
La dernière phrase du livre est terrible :
-Après la guerre anglo-irlandaise, il nous restait le plus dur : la guerre civile….
Extraits :
-Le soulèvement de 1916 avait été le défi lancé par une minorité en armes. C’était maintenant un gouvernement légal, élu par une grosse majorité de la population, qui prenait la relève.
-Tous ces défenseurs du pouvoir détenaient la moitié des richesses de la région de Brandon, alors qu’ils ne représentaient qu’à peine dix pour cent de la population.
-La mort de Percival et de ce juge aurait mieux valu, pour notre combat que la mort de cinquante «Black & Tans».
-De toutes les formations les plus impitoyables qui avaient occupé l’Irlande au cours des siècles, ces «Auxiliaires» étaient assurément les pires.
-Ils semblaient haïr particulièrement les prêtres catholiques.
-L’alternative était simple : tuer ou être tué.
-Au fur et à mesure que le combat s’intensifiait, l’aide apportée à l’I.R.A. par la population augmentait considérablement.
-La propagande anglaise visait à faire croire qu’un régime républicain persécuterait afin de faire disparaître d’Irlande, les protestants et le protestantisme.
-Les murs de domaines s’écroulaient et la caste des Anglais d’origine allait à sa destruction.
Titre original : Guerilla days in Ireland.
Presse Universitaires de Bretagne 1971

