VAUTRIN Jean / Á bulletins rouges.
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Á bulletins rouges.
VAUTRIN Jean.
Note : 4 / 5.
Le club des cinq en campagne électorale.
Je redécouvre Jean Vautrin avec ce roman retrouvé dans un coin de ma bibliothèque.
Nous sommes dans une banlieue que je suppose parisienne. Une campagne électorale bat son plein et parfois la bataille est féroce et peu respectueuse du fair-play mais plutôt du faire plaies.
Beuarks, le chef, ses acolytes parfois alcoolisés Silence, Petit Bouton, Hifi et Pomme forment la bande des Beuarks dont la devise est « Boulot, bistrot, moto ». Ils aident un candidat pour cette campagne. Pas par conviction politique, mais pour des questions financières et cela paye bien.
Quelques bastons entre colleurs d’affiches, puis contre des représentantes des MLF et l’enlèvement de l’une d’elles. Bourgeoise, Véronique Charron-Delpierre est la fille d’une candidate mais un peu dévergondée, cela ne la dérange pas trop d’être entre les mains (de travailleurs) de cette bande dont certains bandent pour elle !
Le rodéo ou la corrida (comme vous préférez), les bagarres et autres coups tordus commencent… un feu d’artifice de mauvaises rencontres et de passages à tabac !
Des colleurs d’affiches usant de méthodes musclées, puis kidnappant une membre des MLF, ayant des soucis avec un autre gang motorisé dit de manière péjorative des « Japonais », mais avec qui il se réconcilieront contre un ennemi commun.
Un restaurant saccagé, une rencontre dans une maison close avec un candidat et en pleine action avec la tenancière de la dite maison close.
On croise aussi des forces de l’ordre…
Une fin digne d’OK Coral ou de fort Chabrol !
Beaucoup de personnages dans ce roman plongeant dans les dessous pas très nets des mœurs du monde politique.
C’est très agréable à lire même si cela n’est pas toujours agréable pour tous les personnages qui dégustent souvent des marrons et autres coups et blessures !
Mais beaucoup d’humour dans ces lignes même s’il est souvent très noir.
Extraits :
- Ils nous feront quand même pas prendre des thuyas pour la forêt vosgienne.
- Il l’embrasse. Elle ne se défend pas, mais elle reste insensible.
- C'est qu'elle a des gambettes extasiantes et qu'elle est joliment nichonnée de surcroît.
- Écoute, Véronal, tu as de jolis nénés, des petites fesses expressives, mais reste à ta place, veux-tu ?
- Nous, les Beuarks, on n'en peut plus. Il faut qu'on s'hilare.
- Elle n'est plus qu'une marchande de vent.
- Renée, elle est smart. Elle met des soutien-gorge Lou… à bonnets indépendants et à bretelles réglables… ça tient mieux la route…
- Paname sera pas toujours Paname.
- Et tout le monde acquiesce, parce que quand on est bourrés, on est philosophes.
Éditions : Gallimard (1973). Folio policier pour l’édition de poche.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Billy-ze-Kick.
Le roi des ordures.