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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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31 mai 2026

PÉCHEROT Patrick / Les brouillards de la Butte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Les brouillards de la Butte.
Patrick PÉCHEROT.
Note : 4 / 5.
Qui a buté le comte ?
Ce qui a d’amusant quand je range (ce qui arrive rarement) ma bibliothèque, c’est que je découvre des livres dont je n’ai plus aucun souvenir. Dont pas mal de Série Noire, lecture qui, en ce moment, me convient très bien !
Dans un avant-propos ou alors un préambule à moins que ce ne soit un préambule servant d’avant- propos, l’auteur nous apprend que ce livre inspiré par l’œuvre de Léo Mallet, est aussi un hommage à cet écrivain. Les personnages rencontrés ici ont été pour certains bien réels ! Par exemple, Auguste Le Breton, Louis Lecoin ou Roland Dorgelès entre autres. On croise aussi « La Goulue » bien décatie et fortement alcoolisée, des boxeurs et Maurice Chevalier, on évoque également Fréhel. Le Paris d’après-guerre.
Nous sommes à Paris, dans les années mil neuf cent vingt. La population s’étourdit de fêtes pour oublier les années de disette causées par la guerre.
Pipette, poète et fumeur de pipe, vient de participer au vol d’un coffre-fort chez le comte de Klercq, la surprise est qu’au moment de l’ouverture, il contenait un cadavre ! Lui et sa bande de Pieds-Nickelés, Leboeuf, fort comme un bœuf, Cottet et Raymond, les autres membres de la bande sont mis devant le fait accompli, ils sont face à un homme assassiné ! Un dénommé Rouleau qui s’avère être un « fouille merde » travaille pour un journal à scandales « Le cri de Paris » dirigé par un dénommé Meunier qui est prêt à toutes les bassesses pour se faire du blé.
Le monde est en pleine ébullition, les anarchistes illégalistes manifestent contre la condamnation à la peine de mort de Sacco et Vanzetti, la bande à Bonnot fait parler d’elle et la poudre, ainsi va le monde.
Pipette lui vient de son Midi natal, il vivote, le soir dans certains cabarets de second ordre, le jour il fait plusieurs petits boulots, laveur de bouteilles par exemple. Il se retrouve par la force des choses à enquêter sur ce mystérieux assassinat. Avec ses acolytes, il arrive vite à la conclusion que le mort faisait chanter le vivant (il est évidemment beaucoup plus difficile pour un mort de faire chanter un vivant !) en l’occurrence le comte !
Pipette est pris pour cible, en visitant l’appartement de Rouleau où il est assommé par un outil contendant qui n’est pas forcément un rouleau à pâtisserie. Divaguant il fera la connaissance d’André Breton.
Mais il continue ses recherches, Meunier est aussi tué, Pipette sur sa lancée fait la connaissance de Pauline qui est au service du comte mais qui se met à son service pour la nuit. Comme le propriétaire doit rentrer, au matin, il quitte les lieux.
Le comte ne rentrera pas, on trouve son cadavre une balle dans la tête, accident en nettoyant son arme ! Le monde est cruel.
Mais Raymond qui ne manque pas d’aplomb a une solution de rechange, comme il n’est pas évident de faire chanter le défunt, rabattons-nous sur sa veuve qui est en plus l’héritière d’une grande marque de parfum !
Aussitôt pensé aussitôt fait…Mais c’est à ce moment-là que les gros ennuis commencent.
Des personnages d’un autre temps très sympathiques bien qu’un peu hors de la morale de l’époque.
Une écriture peine d’humour, de jeux de mots parfois un peu osés, très imagée, mais sans aucune vulgarité. L’ambiance de l’époque est je pense très bien décrite, j’aime la gouaille des personnes d’ouvriers parisiens même s’ils ne le sont pas tous et à plein temps.
J’adore le vocabulaire adopté par l’auteur ! L’argot parisien dans toute sa splendeur et sa verdeur, langage que j’ai beaucoup pratiqué dans mes jeunes années. Souvenirs…souvenirs !
J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture.
Extraits :

- Un maccab pareil, ça peut valoir gros. Tant que ce type est là, je serais surpris que le propriétaire du coffre appelle la police. Ça nous laisse le temps de nous rencarder.
- Pauvre Rouleau. Cette fois, il avait déniché une affaire d'enfer. Elle l'y avait mené tout droit.
- Sur le bristol, un nom : André Breton. Je l'enfouis dans ma poche j'ai sombré dans le sommeil.
- Ça devait être contagieux. Cette fois, c'était moi qui venais de jurer. Sur le journal, la condamnation à mort de Sacco et Vanzetti s'étalait, sinistre.
- Les deux filles observaient la scène, vaguement intéressées. Un ange est passé. Ça ne devait pas être si fréquent. Le barman s'est détendu.
- Tu sais bien, « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels ».
- Elle ne m'a pas répondu. Elle venait de s'évanouir. Pauline s'est précipitée. J'ai ouvert la fenêtre. J'avais toujours admiré la faculté qu'avaient les femmes des feuilletons à s'éclipser d'un embarras en tournant de l'œil.

Éditions : Série Noire / Gallimard (2001) Folio noir pour la version poche.

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