BUKOWSKI Charles / Le ragoût du septuagénaire.
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Le ragoût du septuagénaire.
Charles BUKOWSKI.
Note : 4,5 / 5.
Ragoût littéraire.
Livre mêlant poésie et nouvelles. Je n’ai jamais lu la poésie de Charles Bukowski, poésie qui est tout, sauf classique !
Un ouvrage de près de 450 pages en version de poche.
Quelques titres de poèmes qui n’ont pratiquement jamais de majuscules !
- il est parfois plus facile de tuer quelqu’un d’autre, poème pour chiens perdus, le poivrot sur le tabouret de bar d’à côté, l’ange et le trou du cul, Jusqu’au dernier jour ou la dernière nuit de votre vie ou mon père.
Un mot pour le texte Paris, qui se termine ainsi :
et
Camus
m’a
toujours
fait
chier.
Passons aux nouvelles qui sont en grande majorité excellentes avec des thèmes qui sont généralement peu traités par Bukowski, le sport en particulier.
« Le jockey ». Larry a passé une mauvaise journée aux champs de courses, aucune victoire et une mauvaise chute. De retour à la maison avec son épouse ce n’est gère mieux ! Journée de merde !
« Célébrité ». C’est parfois dangereux d’être célèbre, ça peut mener à la mort. John Marlow, un acteur connu et reconnu, va l’apprendre à ses dépends !
« Pas de chanson d’amour ». Un auteur écrit à son éditeur pour lui raconter sa rencontre à lui, l’écrivain avec une femme…
« Éliminé ». Ce texte se passe dans l’univers du base-ball, évidement la défaite c’est de la faute de l’arbitre !
« 0.191 ». Ce chiffre c’est le pourcentage de réussite d’un joueur de base-ball, trop insuffisant pour le gros salaire qu’il touche, alors la discussion sera âpre et arrosée.
« Une nuit en ville ou qu’est-ce qu’un sociopathe patenté comme vous fait dans un endroit pareil ». Un homme qui sort boire un coup fait une mauvaise rencontre, pour lui ce n’est pas très grave, pour d’autres c’est l’horreur. Une nouvelle très noire.
De très nombreux personnages dans ces nouvelles, prenez Monty, par exemple, c’est un brave homme, il a un boulot pourri mais il faut bien nourrir sa famille ! Deux hommes, poètes avec peu de ventes, un autre qui lui subit un blocage, le syndrome de la page blanche.
Un livre que j’ai beaucoup plus apprécié que « Women » lu dernièrement. Un Bukowski presque apaisé !
Extraits :
- j'étais un bibliophile, encore qu'un
bibliophile
désenchanté
et cela
ainsi que le monde
me façonnait.
- En tant que parasite professionnel, il connaissait la règle élémentaire : ne jamais réclamer.
- Les ivrognes ronflaient plus fort que les autres, et la plupart de ceux qui se trouvaient là étaient des ivrognes.
- S'il y a une chose en faveur de l'homme blanc, c'est qu'il constitue un matériau irremplaçable pour l'écrivain.
- Une brutalité naturelle lui collait au visage comme une seconde peau.
- T'es un drôle de vieux bonhomme. On dirait que tu devrais être mort mais que tu as oublié de mourir.
- La boxe n'est pas toujours un métier agréable, mais finalement il existe bien peu de métiers agréables.
Éditions : Grasset (1997). Le Livre de Poche pour la version de poche.
Titre original : Septuagenarian Stew : Stories & Poems. (1990).
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Michel Lederer.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Sur l’alcool.
Sur l’écriture.
Contes de la folie ordinaire.
Nouveaux contes de la folie ordinaire.
Au sud de nulle part.
Factotum.
Souvenirs d’un pas grand-chose.
Le postier.
Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du navire.
Shakespeare n’a jamais fait ça.
Je t’aime Albert.
Women.
Sur Bukowski :
D’ici à nulle part. (Hommage à Bukowski)
Bukowski, une vie (Neeli CHERKOVSKI)