MacDONALD Ross/ Cible mouvante.
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Cible mouvante.
Ross MACDONALD.
Note : 4 / 5.
Arrête de bouger !
Avant de commencer ce livre, je me pose l’éternelle question, est-ce que je l’ai lu il y a très longtemps ? Je pense que non, mais je n’en suis pas certain.
Une aventure du héros récurrent de Ross Macdonald, le détective Lew Archer.
Celui-ci, grâce à certaines recommandations, est embauché par Mrs Elaine Sampson, handicapée par une chute de cheval, épouse de Ralph un riche homme d’affaires. Son mari a disparu dans un aéroport, il était ivre comme d’habitude, semble-t-elle dire. Elle pense qu’il est peut-être parti en goguette avec une pétasse quelconque. Sous l’emprise de l’alcool il est capable de faire n’importe quoi !
Lew interroge Alan Taggert, le pilote de son avion personnel qui est la dernière personne à l’avoir vu. Dans la maison se trouve également Miranda, fille d’un précédent mariage de Mr Sampson.
Archer va voir un de ses amis, Bert Graves, qui est bien introduit dans la famille Sampson et qui a des vues sur Miranda. Mais tout cela ne fait pas avancer l’enquête. Une photo trouvée dans le bungalow qui sert de garçonnière au disparu met Archer sur la piste de Fay Estabrook, une ancienne gloire du
cinéma, adepte de l’astrologie, qui semble survivre de petits rôles. Archer passe la soirée avec elle, la fait boire et la raccompagne chez elle. La maison semble bien luxueuse, avec un énorme garage !
Mais un nouvel élément apparaît, une demande de rançon écrite de la main du disparu ! Elaine demande à Graves de réunir la somme demandée.
On plonge alors en suivant Archer dans les nombreuses zones d’ombres d’Hollywood et de cette famille, car l’ambiance n’est pas au beau fixe entre la seconde épouse et la belle-fille.
Et quel est le rôle exact de Claude, ce gourou grassouillet ? Et celui de Félix, employé de maison ?
Lew Archer, que la quatrième de couverture nous présente comme le neveu sans pitié de Sam Spade et de Philippe Marlow ! Dur héritage mais relevé par Ross Macdonald.
Les descriptions de certains personnages sont pleines d’humour et de vitriole ! Celle du disparu par exemple :
- L'homme de la photo était plutôt gras, pour ne pas dire adipeux. Il avait le cheveu rare et la bouche molle. Le nez, assez volumineux donnait une impression d'obstination plus que de volonté, et le sourire paraissait forcé, artificiel. Le tout me fit penser à un portrait de macchabée dans une morgue.
On se demande d'ailleurs pourquoi, on donnerait une rançon pour récupérer un être pareil.
Beaucoup de monde dans ce roman où les personnages prennent l’avion comme on prend le train ou la voiture.
Un personnage sympathique, une histoire somme toute classique de détective qui ne sait pas où il met les pieds. Le monde des nantis sans foi ni loi, enfin si, des lois mais pour les autres. Un beau panier de crabes !
Un bon roman, une lecture agréable.
Plusieurs choses à noter. Un film « Détective privé » avec Paul Newman a été tiré de ce livre, qui bénéficie d’une nouvelle traduction du texte intégral, ce qui n’était pas le cas de cette version, semble-t-il.
Extraits :
- Mince et musclée, elle était bronzée. Au point de ressembler à une statue de cuivre.
- Vous me trouvez peut-être cruelle, Mr Archer ? En réalité, je suis simplement objective.
- La jeune fille vint nous rejoindre. Elle aussi s'était habillée et portait une robe collante qui la moulait aux endroits qu'il faut. Avec ses cheveux cuivrés et ses grands yeux verts, elle me fit penser à un film en technicolor.
- La standardiste avait tout de la vierge pétrifiée qui rêve d'homme la nuit et qui les hait le jour.
- Et s'il y a une chose que je déteste, c'est de servir d'instrument.
- Je ne vous comprends pas, Lew. Elle est suffisamment vieille pour être votre mère.
- Le genre de fréquentation, en un mot, que Sampson aurait dû éviter comme la peste.
- Il a toujours aimé la compagnie de gens impossibles…
- Avec ses bourrelets de graisse à la taille, il me faisait penser à un eunuque.
- Elle avait des seins tristes.
Éditions : Presses de la Cité (1954) puis J’ai lu en 1987 sous le titre « Il est passé par ici ». 10 / 18. Grands détectives. (1998).
Titre original : The Moving Target. (1949).
Traduit de l’américain par Igor G. Maslowski.