MAGEE Michael / Retour à Belfast.
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Retour à Belfast.
Michael MAGEE.
Note : 4,5 / 5.
Retour sans fanfare !
Premier roman en trois parties de ce jeune auteur né à Belfast.
Il est à noter que la seconde partie commence par un extrait d’une poésie de Ciaran Carson*, poète né à Belfast :
- « Le rebus s'enfonce dans la fange et retourne à la boue. »
Sean Maguire rentre chez lui à Belfast, après avoir fini ses études à Liverpool. Il retrouve ses potes, ses copines et ses excès. Ses nuits blanches, l’alcool et la drogue. Avec Ryan, il squatte un taudis destiné à être démoli. Elle n’est pas terrible sa vie. Seule consolation, il reprend contact avec Mairéad, un ancien amour de jeunesse, et tente de lancer sa carrière d’écrivain.
Mais un soir, sous un prétexte futile, il frappe un homme, le jugement est relativement dur « Deux cents heures de travaux d’intérêt général », travaux peu compatibles avec une vie nocturne agitée.
Un jour il doit retourner vivre chez sa mère, qui lui raconte sa jeunesse de républicaine ayant caché des armes pour l’IRA, le père de Sean était condamné à mort mais a échappé par miracle à la sentence. Où est-il maintenant ?
Sean espère que sa nouvelle sera publiée mais, malgré de bons retours, pour l’instant c’est non.
Mairéad quitte Belfast pour Berlin. Pour beaucoup, quitter cette ville c’est entretenir l’espoir d’une vie meilleure, dans un endroit moins chargé de tragédies.
Beaucoup de personnages dans ce roman mêlant la vie d’un homme, Sean Maguire, et un constat social d’une noirceur certaine.
La mère de Sean, peintre amateur, assume en partie son appartenance au mouvement républicain, Anthony, le frère de Sean, a eu une enfance horrible, abusé par son père.
Mairéad et beaucoup de jeunes forment une série de portraits d’une jeunesse désabusée abusant d’alcool et de drogue.
Il est beaucoup question de musique, Bob Dylan, Kate Bush et les Wolfs Stone, entre autres. Mais encore plus de littérature, Alice Munro, Susan Suntag, Paul Auster et le poète Irlandais Paul Muldoon, et beaucoup plus surprenant Clarice Lispector !
C’est très bien écrit, sans fioritures ni pathos. La vie de Belfast avec les problèmes liés à son histoire, ses morts et sa violence.
Une réussite et une découverte.
Extraits :
- Les Illuminati ont infiltré l’IRA !
- Pas de loyer à payer, c'était le rêve. Mais ce n'était pas Bondi Beach. Ce n'était pas la Gold Coast.
- Elle devait rester là sans bouger et attendre tranquillement que les Brits la fouillent, lui tâtonnant l'entre-jambe et le buste.
- Sa maison était tout au bout de la rue, et sur le mur de pignon, il y avait une fresque de Bobby Sands.
- Tu as beau avoir de l'éducation et tout, parfois t'es vraiment le roi des couillons.
- Les pouvoirs publics auraient encore préféré être pendus plutôt que de voir prospérer l'Association des sports gaéliques, il a dit.
- Elle avait une tante qui avait passé dix ans derrière les barreaux d'Armagh Gaol-elle était membre du Cumann na mBan, la milice républicaine exclusivement féminine.
- En tant que républicaine, je n'avais pas le choix : je devais soutenir la lutte.
- J'ai sorti mon exemplaire des nouvelles de Clarisse Lispector, en prenant soin de le positionner de sorte qu'elle puisse bien voir la couverture.
- Je me suis arrêté devant la plaque de Bobby Sands et j'ai lu les noms des deux hommes aux côtés de qui il avait été enterré : Terrence O'Neill et Joe McDonnell. Il n'y avait pas d'épitaphe.
Éditions : Albin Michel (2024).
Titre original : Close to Home (2023).
Traduit de l’anglais (Irlande) par Paul Matthieu.
* Ciaran Carson :
Le thé au trèfle.