THOMPSON Jim / Ville sans loi.
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Ville sans loi.
Jim THOMPSON.
Note : 4,5 / 5.
Jeux de dupes !
Roman datant de 1957 déjà paru dans une version tronquée sous le titre « Éliminatoires ». Ici, il s’agit d’une nouvelle traduction de la version intégrale.
J’ai donc repris mon ancienne chronique légèrement modifiée, les extraits sont tirés de la nouvelle traduction de Pierre Bondil.
Ragtown, (dont la traduction semble être : ville loqueteuse ou ville de loques) ? charmante bourgade américaine, son hôtel, propriété de Mike Hanlon, vieillard handicapé, il est l’homme le plus riche des environs, donc faisant la loi.
Il commence à avoir des doutes non pas sur la fidélité de son épouse, Joyce, il n’a plus d’illusions depuis longtemps, mais il craint autre chose, un sentiment diffus qu’il n’arrive pas à analyser. Une question de gros sous, un divorce lui coûterait un maximum. Alors il s’interroge ?
Il doit embaucher un détective pour la sécurité de l’hôtel, Doug McKenna dit Bugs, qui semble avoir toutes les incompétences nécessaires !
La situation va vite se compliquer, en effet celui-ci tombe amoureux d’Amy Standish, institutrice et petite amie officielle de Lou Ford, l’inquiétant sheriff adjoint de la ville.
Pourtant Joyce Hanlon lui fait les yeux doux et même plus ! Une employée de l’hôtel, Rosalie, s’offre à lui, pour une soirée uniquement, ce qui ne le dérange pas trop !
Pour rendre la vie de Dingo encore plus angoissante, il est aux premières loges pour assister à la défenestration volontaire ou pas du comptable de l’hôtel, responsable, semble-t-il, d’un trou de 5000 dollars dans la caisse ? L’homme était drogué, sa mort était inévitable, il y avait une tierce personne dans la salle de bain.
Qui essaye de faire chanter Bugs ? Femme ou homme ?
Bugs McKenna est-il l’idiot de passage, bonne pâte, coupable idéal, victime d’une ville qu’il ne connaît pas ? Son passé ne l’aide pas !
Lou Ford, adjoint au sheriff, déjà figure principale et ambiguë de « The Killer Inside Me* ». Qui est-il vraiment ? Un salaud intégral vicieux, sans scrupule et arriviste ? McKenna sera surpris quand Amy lui parlera de lui dans des termes inattendus !
Le personnel de l’hôtel est bien présent, et bien évidemment au courant des petits faits et gestes qui font la vie de tous les jours.
Beaucoup de personnages féminins même si elles n’ont pas le beau rôle ! Intrigantes ou femmes amoureuses ? Joyce Hanlon a tout pour plaire, arriviste, femme fatale ou pragmatique ? Amy Standish, oie blanche prise au piège ?
Un roman qui présente une grande similitude avec « Un chouette petit lot », dont un employé d’un hôtel est le personnage principal, sauf qu’ici Bugs McKenna n’est pas un jeune homme naïf mais un dur à cuir, ayant déjà eu de nombreuses démêlées avec la justice.
Jim Thompson comme dans beaucoup de ses œuvres se sert de sa vie comme trame de ses histoires, il a effectivement travaillé dans un hôtel et son père fut à une époque fortement impliqué dans les forages pétroliers, source principale des revenus financiers de Ragtown.
Un livre qui n’est pas une œuvre majeure dans la biographie de Jim Thompson, mais qui interroge sur le rôle supposé de chacun dans une société figée d’un coin perdu des U.S.A. Une intrigue solide dans un monde crépusculaire, fric et sexe ! Plus un roman policier qu’un roman noir.
Une agréable lecture avec une fin très immorale !
Extraits :
- En un clin d'œil, la ville s'était arrondie telle une femme enceinte de huit mois dans l'attente de triplés.
- On ne peut pas être tout le temps en rogne. On peut s'inquiéter jusqu'à un certain point, mais après il faut arrêter.
- Bizarrement, il était ainsi. Prude.
- Les deux la même mère, ils avaient peut-être le même père, mais rien n'était moins sur. Même elle n'aurait pu l'affirmer.
- Il avait commis un meurtre et cependant il ne l'avait pas fait.
- Amy lui souriait gentiment, son petit menton arrondi posé au creux de sa main.
- Il se demanda pourquoi en dépit de ses bonnes intentions, il se trouvait toujours dans de sales draps.
- L'odeur du pétrole brut imprégnait l'air ; celle, aussi, du gaz naturel qui montait tout droit des réservoirs souterrains à quinze-cents mètres de profondeur ; et celle de la boue de forage, de l'eau salée et des vapeurs sulfureuses.
- Les gens sont assez libres et tolérants pour certaines choses, mais jamais quand il s'agit des femmes.
- Il s'était passé la corde au cou et on avait confié l'autre extrémité au shérif adjoint.
Éditions : Rivages / Noir (2018).
Titre original : Wild Town (1957).
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Bondil.
Autres chroniques de cet auteur sur ce blog :
Sang mêlé.
Écrits perdus (1ère partie)
Écrits perdus (2ème partie)
Nothing Man.
Après nous le grabuge (1ère partie)
Après nous le grabuge (2ème partie)
Un nid de crotales.
La cabane du métayer.
Deuil dans le coton.
Un meurtre et rien d’autre.
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A deux pas du ciel.
Cent mètres de silence.
Avant l’orage.
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1275 âmes.
Rage noire.
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Les arnaqueurs.
Le lien conjugal.
Monsieur Zéro.
L’assassin qui est en moi.
Le démon dans ma peau.
Nuit de fureur.
Hallali.
L’homme de fer.
Vaurien (1ère partie) Bad Boy
Vaurien (2ème partie) Roughneck.
Des cliques et des cloaques.
Une femme d’enfer.
Sur Jim Thompson :
Michael Mc Cauley :
Jim Thompson. Coucher avec le diable.