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3 janvier 2026

THOMPSON Jim / Une femme d'enfer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une femme d’enfer. 
Jim THOMPSON.

Note : 5 / 5.
L’enfer est pavé de mauvaises intentions.
Ce livre est une nouvelle traduction de l’intégrale de « A Hell of the Women », ce qui n’était pas le cas de « Des cliques et des cloaques », relu dernièrement.
Le résumé est dans les grandes lignes le même :
Dolly Dillon, vendeur ambulant pour « Rêves à Crédit », est accueilli un soir dans une maison bien délabrée par une vieille femme. Elle lui achète une ménagère et offre sa jeune nièce en paiement ! Celle-ci, Mona, se dénude devant lui, Dolly refuse, mais laisse l’objet. Pour pouvoir payer son patron, il fait faire une saisie sur le salaire de Peter Hendrickson, qui est licencié sur le champ ! Il rentre chez lui, dans le gourbi qui leur sert de logement à lui et à son épouse, Joyce, parfaite souillon s’il en est. Après une dispute et quelques coups, celle-ci le quitte ! Son employeur, Staples, s’étant rendu compte qu’il y avait des trous assez importants dans son chiffre d’affaires, Dolly est pour la première fois de sa vie emprisonnée !
Une femme rembourse ses dettes à son patron, il est donc libéré, la donatrice n’est pas son épouse mais la jeune Mona, qui lui avoue avoir volé cet argent à sa tante.
Elle pense que celle-ci possède environ cent mille dollars cachés dans une valise à la cave ! Dillon voit la fin d’une vie étriquée, tuer la tante et faire porter le chapeau à Peter Hendrickson. De quoi leur permettre de fuir tous les deux, le plan se passe très bien dans un premier temps. Malgré toutes les précautions prises,
les grains de sables s’accumulent petit à petit !
D’abord le retour surprise de Joyce, son épouse, coquine et câline, chose inhabituelle et qui n’est pas forcément de bonne augure !
Puis des menaces à peine déguisées de Staples qui semble au courant de beaucoup de choses. Et une autre question le tourmente : Joyce ou Mona…Mona ou Joyce, il lui faudra trancher dans le vif !
Il tente de refaire sa vie avec Hélène, femme riche et aux multiples visages…
Le final avec une double narration est original et effrayant.
Frank est un loser pathétique (comme beaucoup dans l’œuvre de Jim Thompson), montant des plans foireux qui vont se retourner contre lui. Pris dans une spirale sans fin, il sombre dans un délire mortel.
Mona Farrell est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ? Si ingénue ? Par contre elle semble avoir la malchance pour compagne de route !
La tante, Mona Farrell, style mère maquerelle prostituant sa nièce, mais qui possède cent mille dollars tout en vivant chichement ! Pourquoi et comment ? Est-elle vraiment sa tante, et est-ce sa véritable identité ? Et comment cette femme peut avoir 100000 dollars chez elle ?
Staples, son employeur, malin et peu scrupuleux, semble savoir beaucoup de choses. Il croit lui aussi avoir tiré le gros lot avec cette grosse somme d’argent, mais pour lui également « Bien mal acquis ne profitera pas ».
Les différences de traduction sont, je pense, nombreuses, déjà le nom de la société où travaille Dolly, était dans l’ancienne version « Bazard à Sans Sous » maintenant « Rêves à Crédit » !
Par deux fois deux écrivains interviennent au cours du récit, même dans ces cas-là les traductions sont différentes :

« Contre vents et marées. Les aventures véridiques d’un homme en proie à la poisse et aux mauvaises femmes » par Knarf Nollid.
Nouvelle traduction :
« Pour le meilleur et pour le pire. La véritable histoire du combat d’un homme contre un sort injuste et des femmes indignes » par Knarf Nollid.

« En avant toutes. Les aventures véridiques d’un homme en proie à la poisse et aux mauvaises femmes » par Derf Senoj.
Devient :
« De plus en plus fort : La véritable histoire du combat d’un homme contre un sort injuste et des femmes indignes » par Derf Senoj.
J’ai l’impression en fin de lecture que cette nouvelle traduction, donc dans l’intégralité du roman, donne un caractère plus dramatique à cette œuvre, qui est à mon avis une des plus noires de Jim Thompson.

Extraits :
- Elle est venue vers moi l'autre jour. Elle m'a enlacé et a posé sa tête contre ma poitrine. Elle est restée comme ça, nue et tremblante. Elle m’a serré de plus en plus fort, j'ai eu l'impression de me fondre en elle.
- Et je crois que rien ne peut obliger un type à retrouver de l'élan si ça ne l'intéresse pas.
- Elle a causé sa perte quand elle a dit ça. Elle l'a cherché.
- Je l'observe avant de partir. Il a la figure plutôt abîmée, mais il semble être mort heureux mort. On dirait qu'il sourit.
- C'est une sacrée femme, cette Joyce. Elle a ce qu'il faut, beau visage, belle stature. On peut facilement oublier pendant un moment qu'elle ne vaut rien et ne vaudra jamais rien.

Éditions: Rivages / Noir (2015)
Titre original: A Hell of the Women (1954).
Autres chroniques de cet auteur sur ce blog :
Sang mêlé.
Écrits perdus (1ère partie)
Écrits perdus (2ème partie)
Nothing Man.
Après nous le grabuge (1ère partie)
Après nous le grabuge (2ème partie)  
Un nid de crotales.
La cabane du métayer.
Deuil dans le coton.
Un meurtre et rien d’autre.
Le criminel.
Une combine en or.
Ici et maintenant.
Un chouette petit lot.
A deux pas du ciel.
Cent mètres de silence.
Avant l’orage.
Une jolie poupée.
1275 âmes.
Rage noire.
Les alcooliques
Les arnaqueurs.
Le lien conjugal.
Monsieur Zéro.
L’assassin qui est en moi.
Le démon dans ma peau.
Nuit de fureur.
Hallali.
L’homme de fer.
Vaurien (1ère partie) Bad Boy
Vaurien (2ème partie) Roughneck.
Des cliques et des cloaques

Sur Jim Thompson :
Michael Mc Cauley :

Jim Thompson. Coucher avec le diable.
 

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