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Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs
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16 janvier 2026

THOMPSON Jim / La mort viendra, petite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

La mort viendra, petite.
Jim THOMPSON.

Note : 4,5 / 5.
Ne sois pas si impatiente !
Jim Thompson fait, lui aussi, partie des écrivains
envers qui j'ai une dette, m'avoir éduqué pour la littérature noire américaine, son roman « 1275 âmes » et encore plus « Rage noire » sont des lectures des temps immémoriaux.
Un homme marche tentant de faire du stop sans beaucoup de résultats tangibles. Blond et beau garçon, il se nomme William Collins, et a derrière lui un lourd passif.
Il a fait de la prison pour avoir tué, et certains pensent assassiner, son adversaire lors d'un combat de boxe. Il vient de s'enfuir d'un asile d’aliénés. Mais ce n'est pas foncièrement un homme mauvais, en dehors de certains moments de sa vie. Il paraît manquer d'intelligence mais n'aime pas que l'on lui fasse remarquer. Mais manque d'intelligence ne veut pas forcément dire extrême stupidité, loin de là.
Dans un bar il rencontre Faye, belle femme très portée sur la dive bouteille, mais vraiment très portée, et donc un peu lunatique, passant d'un charme cajoleur à une cruauté verbale poussée très loin. William, en ancien boxeur, encaisse, mais point trop n’en faut. Il y a l'oncle Bud, aussi ex-flic plutôt trouble, donc les relations avec Faye sont pour le moins troubles mais loin d'être familiales. William part, rencontre le docteur Goldman qui l'héberge quelques jours et se renseigne sur lui.
Mais hélas pour lui William retourne chez Faye, avec en offrande un magnum de vin rouge... qu'il casse en arrivant ! Malgré tout l’accueil est très chaleureux. Mais aussi très intéressé ! William semble être le pigeon parfait qu'attendait oncle Bud pour mettre un point final à son projet pour devenir riche. Kidnapper le fils d'une famille fortunée.
Mais d'entrée de jeu on se doute que pas mal de choses ne sont pas très nettes entre tout ce beau monde pas réellement franc du collier, surtout qu'un dénommé Bert semble avoir une dent contre oncle Bud. Celui-ci pourtant en tant qu'ancien policier se fait fort de connaître les mouvements de ses ex-collègues et d'avoir un plan infaillible pour la remise de la rançon.
Le jour J, William se trompe d'enfant mais rectifie le tir dans la foulée... mais rien ne se passe évidemment comme prévu…et la mort viendra !
Un trio plus qu'improbable en route pour le pire des crimes surtout aux États-Unis, traumatisé par l'affaire du fils de Charles Lindberg, le kidnapping d'un enfant.
William "Kid" Collins, personnage principal et narrateur, semble perdu dans une affaire qui paraît le dépasser… mais l'est-il vraiment ? Un personnage plein de contradictions, il n’adhère pas à l'idée de tuer l'enfant, et va même jusqu'à le soigner, mais pour les adultes ? Fay Anderson, veuve attirante, alcoolique et à l'humeur changeante, cachant sa peur maladive dans la boisson, espère-t-elle aussi berner tout le monde ? Oncle Bud, ex-flic, doit récupérer la rançon mais après, il semble avoir des dettes vis à vis de Bert, alors la fuite seul avec
l'argent ? Le docteur Goldman tente d'assumer humainement son rôle malgré tout.
Le sujet paraît très simple et pourtant c'est je crois le livre le plus compliqué de Jim Thompson que j'ai lu. Les personnages ne sont jamais ce que l'auteur nous amène à penser. Rien n'est blanc, rien n'est noir, seul le petit garçon kidnappé est un rayon d'humanité ! Pour le reste, ce sont de sacrés spécimens, même dans la faune des romans de Thompson.
Une phrase résume les relations du trio :

- Fay n'a pas confiance en moi. Je n'ai pas confiance en elle. Et on n'a pas confiance en toi.
Extraits :
- Je levais mon verre et finis ma bière d'une seule goulée. J'aurais voulu pouvoir partir. J'aurai voulu qu'il me laisse en paix.
- Je suis loin d'être stupide, Mme Anderson. J'en ai peut-être l'air, je suis loin de l'être.
- Il faut un pigeon, Collie. Un abruti garanti inusable. Quelqu'un qui ait du courage à revendre et un déficit total niveau gamberge. Est-ce que cette description te rappelle quelqu'un de ta connaissance ?
- Je me suis levé et je suis allé dans la salle de bains. J'y suis resté enfermé que ce que je sois sûr de pouvoir me contrôler.
- En fait je n'avais pas l'intention de revenir, mais je crois bien que je ne pouvais pas faire autrement.
- Je voulais croire que tout s'arrangerait, c'est pour ça que je suis revenu. Et en moins d'une heure je suis de nouveau gonflé à bloc.
- En gros c'était ça. Ce que je lui ai dit, c’est que j'avais raccroché les gants après avoir esquinté un type à vie. On m'avait interdit le ring et après ça, et que de toute façon le cœur n'y était plus.
- Parfois les choses sont tellement ahurissantes qu’on n’y fait même pas attention.
- Je ne pouvais pas leur mettre des coups sans en encaisser moi-même.
- Je vous aime bien, monsieur. Je vous aime beaucoup.
Éditions : Rivages (1988).

Titre original : After Dark, My Sweet (1955).
Autres chroniques de cet auteur sur ce blog :
Sang mêlé.
Écrits perdus (1ère partie)
Écrits perdus (2ème partie)
Nothing Man.
Après nous le grabuge (1ère partie)
Après nous le grabuge (2ème partie)  
Un nid de crotales.
La cabane du métayer.
Deuil dans le coton.
Un meurtre et rien d’autre.
Le criminel.
Une combine en or.
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Un chouette petit lot.
A deux pas du ciel.
Cent mètres de silence.
Avant l’orage.
Une jolie poupée.
1275 âmes.
Rage noire.
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Les arnaqueurs.
Le lien conjugal.
Monsieur Zéro.
L’assassin qui est en moi.
Le démon dans ma peau.
Nuit de fureur.
Hallali.
L’homme de fer.
Vaurien (1ère partie) Bad Boy
Vaurien (2ème partie) Roughneck.
Des cliques et des cloaques.
Une femme d’enfer.
Le Texas par la queue.
Sur Jim Thompson :
Michael Mc Cauley :

Jim Thompson. Coucher avec le diable.

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