RYAN Donal / Le coeur qui tourne.
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Le cœur qui tourne.
Donal RYAN.
Note : 3,5 / 5.
Fin du miracle.
Jeune auteur irlandais que j’ai découvert avec son recueil de nouvelles « Soleil oblique ».
Nous sommes dans un village perdu dans la campagne irlandaise. Le miracle du « Tigre Celtique » est terminé. Le retour sur terre est pour beaucoup très brutal !
Bobby Mahon est du nombre et il n’est pas le seul !
Comme la plupart des gens qui travaillaient dans le bâtiment pour Pokey Burke, c’est la douche froide. Ils n’ont jamais été déclarés. Donc l’argent de leurs cotisations a été détourné et ils n’ont strictement droit à rien !
De cette communauté, pratiquement exclusivement irlandaise, seul Vasya est un travailleur venant d’un pays de l’Est, qui, semble-t-il, va d’un seul coup perdre tous ses repères.
Chacun tour à tour va prendre la parole et animer un chapitre, hommes et femmes réunis.
Le premier et principal personnage est Bobby Mahon, c’était l’ancien contremaître, quelqu’un de respectable et de respecté. Il déteste son père, jusqu’à parfois, à envisager de le tuer. L’a-t-il tué d’ailleurs ?
Lily a quelques soucis avec le père de son dernier enfant. Vasya ne comprend pas tout de la mentalité irlandaise. Réaltín est quasiment la seule habitante des quarante-quatre maisons d’un lotissement et mère d’un petit garçon Dylan. Elle tente de séduire Bobby en le faisant venir pour de menus bricolages. Son fils Dylan sera kidnappé mais retrouvé sain et sauf !
Vingt et un personnages, tous très ordinaires, que je ne vais pas tous nommer, avec chacun leurs problèmes, leurs rancœurs et leurs secrets.
Un ouvrage original dans sa conception, vingt et un chapitres et vingt et un narrateurs. Tous ces narrateurs étant des gens très simples, l’écriture peut paraître simpliste.
Sorte de puzzle littéraire dont les éléments se mettent en place petit à petit et où on peut avoir l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose.
Un livre intéressant mais sans plus, que j’oublierai, je pense, assez rapidement. J’ai longtemps hésité avant de faire cette chronique.
Il est à noter que Donal Ryan parle dans un de ces chapitres de Johnsey Cunliff, personnage principal de son premier roman traduit en français.
Cinquième ouvrage de cet auteur que je lis, avec, je dois bien l‘avouer, un sentiment assez mitigé.
Extraits :
- Au centre du petit portail de sa maison, il y a un cœur en métal planté sur un pivot. Il est écaillé de partout, le rouge est presque effacé.
- Le vrai nom de Pokey, c’était Seán Pól, ses parents l’avaient baptisé comme ça en hommage au pape.
- Cela dit, je me serais jamais avisé de me prendre pour une tronche-dans ma bande c’était l’équivalent du suicide.
- Dans les autres maisons il n’y a personne, seulement les fantômes des gens qui n’ont jamais existé.
- Les parents pourraient se faire une raison, merde. Je vais quand même pas rejoindre les talibans en Afghanistan !
- La vie n’est pas juste, comme dirait l’autre. Et on ne prétendra pas le contraire.
- Le mec du salon a une assistante qui ferait triquer un macchabée, je crois qu’elle est polonaise, cette nana.
- Heureusement que Réaltín est au courant de ses droits, puisque Georges est le juriste attitré de toutes les ordures du coin.
- Puis elle est partie en riant doucement, et j’ai constaté que je ne m’étais pas trompé, elle avait bien un cul magnifique.
- On va se serrer les coudes, nous sommes une communauté soudée. Nous nous soutiendrons mutuellement. Ah, oui ? Première nouvelle.
Éditions : Albin Michel (Les Grandes Traductions) (2015).
Titre original : The Spinning Heart (2012).
Traduit de l’anglais (Irlande) par Marina Boraso.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Soleil oblique.
Une année dans la vie de Johnsey Cunliffe.
Par une mer basse et tranquille.
Tout ce que nous allons savoir.