QUENEAU Raymond / On est toujours trop bon avec les femmes.
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On est toujours trop bon avec les femmes.
Raymond QUENEAU.
Note : 4,5 / 5.
Les 7 insurgés.
Lors de sa première édition en 1947, ce roman était signé Sally Mary traduit par Michel Presle. En 1950 est édité « le journal intime de Sally Mara » qui reprend entre autres le titre « On est toujours trop bon avec les femmes » ainsi quelques autres textes.
Mais tous ces titres furent publiés en 1962 sous la signature de Raymond Queneau.
Ils étaient sept, comme les mercenaires au cinéma, ils n'étaient pas des nains, mais des républicains irlandais qui avaient pris possession d'un bureau de poste, mais ils avaient leur « Blanche neige ». Ils pensaient en effet être seuls dans la place, mais la présence d’une jeune fille Gertie Girdle, réfugiée dans les toilettes, leur causa quelques troubles !
En effet elle était belle, très à la mode, un peu aguichante, ces petites choses leur firent oublier son principal défaut, elle était Anglaise !
Ils durent lutter contre l'un des sept péchés capitaux : la luxure !
Mourir en héros était une fin annoncée, mais ils désiraient aussi mourir en gentleman, alors la présence de cette belle jeune femme leur posait un problème.
Comment résister à la tentation, Oscar Wilde n'avait pas encore écrit, ou alors ils ne l'avaient pas encore lu la fameuse phrase que j'adore :
« Je sais résister à tout sauf à la tentation ».
Ils s'étaient préparés un long siège, avec une bonne provision de Ouisqui (je reprends l'orthographe du livre), méfiants, ils avaient pour mot de passe « Finnegans wake".
Ce que les rebelles ignorent, c'est que Cartwright qui commande le navire qui les bombarde est le fiancé de Gertie Girdle !
Alors, il sera sans pitié...
Les principaux personnages sont les sept insurgés, une jeune fille, des Anglais chargés de mater la rébellion, et quelques victimes civiles qui n'avaient rien demandé à personne.
Beaucoup d'humour, quelques situations un peu coquines, une lecture très agréable.
Je pense que je lirai bientôt, « Les œuvres complètes de Sally Marra" que j’ai retrouvé dans un coin de ma bibliothèque.
Extraits :
- Aucune pucelle ne lui choquerait plus la vue.
- Dieu sauve le roi ! Déclara le Receveur principal des postes avec la fermeté des héros inconnus.
- Et il y en a parmi eux qui veulent se remettre à parler irlandais. Comme si Sir Durand se remettait à parler français.
- Tout ce qu'ils savent faire les hommes : de la Guinness, et les femmes : de la guipure, de la guipure au point d'Irlande.
- Quoiqu'il en soit, ayant reçu du plomb dans le ventre, elle s'écroula morte et saignante.
- Elle se trouva dangereusement belle.
- À droite, à gauche, des brutes. De vrais Républicains, ceux-là.
- Elle découvrit ainsi des jambes minces, mais substantielles et moulées dans une matière précieuse qui était de la soie.
- Il faut vraiment que j'aime mon Irlande pour me livrer à une activité pareille. Oui, vivement qu'on se bagarre.
- Et pendant ce temps-là, fit remarquer Caffrey, Callinan est bel et bien en train de s'envoyer la petite anglaise.
- Elle est gironde, hein ! La petite là-haut.
- Jolie ville, Dublin : des docks, une usine à gaz, des trains de marchandises, l'eau polluée d'une petite rivière.
Éditions : Gallimard (1971). Folio pour l’édition de poche.
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Exercices de style.