Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

« On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer ». Xavier Grall.

30 juillet 2009

NIELSEN John-Erich / L'étrange sourire de Pamela Dove.

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L'étrange sourire de Pamela Dove.
John-Erich NIELSEN.
N
ote : 3,5 /5.
Souriez, on vous assassine!
D'abord je dois m'excuser auprès de l'auteur, j'avais acheté l'été dernier ce livre pendant le festival interceltique de Lorient, et complètement oublié de le lire! J'essaye de me rattraper, maintenant c'est chose faite.
Cet auteur a fait paraître son sixième roman cette année. Le héros récurrent de cette série est Archie Sweeney de la police criminelle d'Edimbourg.
Pamela Dove et son fiancé se sont suicidés il y a un an! Mais cette double mort est-elle aussi simple qu'il y parait? Archie Sweeney est tout retourné, le sourire de Pamela Dove le hante, comment peut-on mourir d'une balle dans la tête en souriant? Même si d'après l'enquête, c'est son fiancé qui l'a tué avant de se suicider? Enfin, c'est ce qu'a conclu, un peu vite sûrement, la police locale. Mais sa mère Betty, voisine de Midge, la tante d'Archie, n'en est pas convaincue . Après une tasse de thé avec ces deux charmantes écossaises et un regard appuyé à la photo de Pamela, notre vaillant inspecteur promet de jeter un oeil sur le dossier de police et ce qu'il découvre l'incite à aller regarder cela de plus près. Des détails le chiffonnent (lui, pas sa tenue vestimentaire qui l'est déjà). L'argent et tous les moyens de paiement ont disparu. Les clés de la voiture également! Alors Archie, tel un fin limier, s'élance sur les traces de Pamela, la morte au sourire envoûtant.
Mais que cache ce sourire, et pourquoi ces deux morts, au pied d'un phare illuminant la côte, près d'un hôtel isolé? Petit à petit, certains éléments paraissant troublants, ces disparitions ont permis des promotions rapides dans l'agence publicitaire où travaillaient les deux victimes. Crime d'intérêt ou d'ambitions personnelles? Et puis pourquoi ne pas avoir dit à Archie que Pamela avait été mariée, et que son mari s'était lui aussi suicidé au même endroit, après qu'elle lui ait avoué avoir une relation amoureuse avec Olivier! Des remords tardifs ont-ils poussé Pamela à cette extrémité? Car, bizarrement, c'est avec son propre revolver qu'ils ont été tués. Bref les lumières de l'inspecteur et celle du phare ne seront pas de trop pour éclairer cette ténébreuse affaire.....
L'inspecteur Sweeney est dans le roman policier actuel une sorte d'anachronisme!
Il n'est pas grand, fort, beau et baraqué! Il n'est pas alcoolique, ne se drogue pas, il est gentil avec sa vieille tante, son compagnon se nomme Berthie, son fidèle teckel! Pour faire plus « British », l'auteur l'a affublé d'une énorme barbe rousse. Mais ce jeune homme est un fin limier.
Tata Midge est une charmante vieille écossaise, style carte postale, son amie Betty est son digne pendant, cachant certaines vérités par peur du scandale et du quand dira-t-on! Pamela et son fiancé Olivier avaient-ils des ennemis au point de vouloir leur mort! Ils semblaient pourtant nager dans le bonheur. La possible nouvelle promotion d'Olivier est-elle un motif suffisant ?
Ajoutez un vieil écossais bougon, propriétaire d'un hôtel, d'un setter, se consolant de la mort de son épouse avec son accorte servante, des collègues de travail qui ont eu un peu de chagrin, mais une promotion. Plane l'ombre d'un mari qui s'est suicidé en se jetant d'un avion sans parachute, et vous aurez une idée des personnages de ce roman. On croise aussi une jeune fille originaire des Balkans, portants des mini-jupes remarquables et bien sûr remarquées!
Une ambiance très « Old England » berce ce roman très reposant. Entre une tasse de thé et quelques biscuits au gingembre, nous menons l'enquête avec Sweeney sur les bords de la mer d'Irlande, à Edimbourg, Glasgow et même Sarajevo. Un bon livre qui sans être génial me donne malgré tout envie de continuer à suivre les aventures d'Archie Sweeney, de sa barbe rousse et de son porte bonheur, un club de golf! Un excentrique, ce jeune homme, qui en plus se sert d'un dictaphone pour que rien ne lui échappe pendant les interrogatoires.
À noter une certaine originalité dans l'écriture, les pensées d'Archie et de quelques autres personnages sont écrites en italique, je trouve que c'est une très bonne idée.
Extraits :
- Si, ne soyez pas modeste. Vous être notre nouveau Sherlock Holmes, le flatta Mrs Dove.
.... l'inspecteur Thurso s'affichait en parfait fossoyeur de l'esprit contestataire de sa génération.
- Le vent soufflait en rafales depuis l'ouest chargé des embruns d'un Kintyre irlandais soudain plus proche.
- Une idée saugrenue lui traversa l'esprit : Et si.... Et si, tout simplement... Et si c'était le sourire de Pamela Dove ?
- À travers son regard, l'homme semblait lui transmettre l'âpreté de son pays.
- Ce jour là, c'était comme si l'océan hurlait de douleur...
- Eh bien voilà!...Deux interrogatoires perdus. Wilkinson avait raison : les militaires, ça ne sert à rien.
- Serre les dents, mon vieux Archie ! Un Écossais ne se rend pas devant l'Anglais !
Éditions : Head over Hills (2006)

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25 juin 2009

STEVEN Kenneth / A l'ouest du monde.

A l'ouest du monde.

Kenneth STEVEN.
Note : 4 /5.
Saint-Kilda priez pour eux.
Première oeuvre de cet auteur écossais né à Glasgow en 1968 que je lis. Ce court roman nous raconte l'histoire de Roddy Gillies habitant Hirta, la plus grande des îles de l'archipel de Hiort (gaélique écossais) ou Hébrides Extérieures. Elle fut évacuée en 1930 à la demande de ses habitants, une centaine environ.
Un enfant, jaloux de son petit frère, tente de le jeter du haut d'une falaise de l'île d'Hirta, l'intervention du père évite le drame. De nombreuses années plus tard, à New-York, un homme se meure dans un hôpital. Un raccourci saisissant de la vie d'un homme, son corps est usé, mais sa mémoire intacte. Il pense qu'il est le dernier survivant des habitants d'Hirta. Alors il écrit ses mémoires. La vie n'est pas simple dans ces îles inhospitalières sans cesse battues par des vents violents. Si vivre est dur, la mort par contre est familière, Roddy assiste un jour, complètement tétanisé et incapable d'agir, à la mort d'un agneau qui vient de naître, puis une vieille femme du village, et Ewen, un jeune garçon qui, lui, tombe de la falaise ! Les premiers touristes visitent les îles, Roddy sent leur mépris pour ces enfants en haillons. Le prêtre semble accomplir une mission, éduquer des sauvages, faute de l'Inde ou de lointaines colonies, il lui faudra vaincre les croyances anciennes. Mais le temps fait son oeuvre, le père décline, son orgueil lui joue des mauvais tours, la mort est là.
Mais une autre mort plus insidieuse approche, l'exil volontaire demandé par les habitants!
Roddy vit avec Ian et Morag, la mère meurt comme beaucoup des ces gens déracinés. Morag se marie, Roddy fuit le mariage et part pour Glasgow. Là-bas la vie est terrible, la solitude malgré quelques foyers de « gaélisants ». La minuscule chambre, le travail harassant, les humiliations quotidiennes. Il retourne voir sa famille, sa soeur a un enfant, Colum, et est très heureuse. Mais son frère Ian l'accueille très mal! Alors l'unique solution, l'exil lointain et définitif.
Les Gillies sont une famille très austère marquée par un protestantisme rigoureux! Travailleur et dur au mal, le père ne supportera pas la déchéance physique due à l'âge. La mère, personnage discret, élèvera ses enfants malgré la précarité des habitants de l'île.
Roddy semble avoir été un être solitaire toute sa vie. Un jeune garçon, Kevin, vient le voir à l'hôpital, seule visite qu'il semble avoir.
Sa soeur Morag a réussi sa vie, elle s'est mariée à un homme simple et honnête. Quand Roddy part en Amérique, elle a un enfant. Mais elle a de gros problèmes avec son frère Ian.
Celui-ci, victime d'un accident du travail qui l'a laissé diminué, laisse apparaître la violence de sa vraie nature!
Un monde et une partie de la civilisation gaélique a disparue avec l'évacuation de ces îles. Ces hommes et femmes, subissant une sorte d'exils multiples ; îliens, ils doivent devenir terriens, écossais, ils le sont mais ne parlent pas la langue de leur pays. Ils seront dispersés, comme s'il fallait qu'ils disparaissent. Beaucoup mourront très rapidement, d'autres commenceront à boire, certains continueront leur route, l'Amérique dans le cas de Roddy . Des allers et retours incessants entre l'enfance, la jeunesse et la vieillesse d'un homme.
Un livre qui, bien qu'il soit un roman, est dans la lignée des écrits de Peig Sayers et de Tomás O'Criomhthain, écrivains des îles irlandaises des Blaskets qui furent elles aussi évacuées par les autorités. Un bon roman très agréable à lire, pas très long. Ces hommes et ces femmes ont perdu leurs âmes et leurs racines en perdant leur île. Il est bien que des témoignages et des romans leur rendent l'hommage qu'ils méritent.
Extraits :
- Les femmes péroraient et jacassaient, on aurait dit une troupe de poules bien en chair.....
- Notre île était en train de mourir, et nous, ses enfants, pleurions sa mort.
- Nous avons dû ressembler, ce jour-là, à des gens qui surgissent du milieu du siècle passé.
- Mais maintenant, nous étions éparpillés ; le petit rameau de survivants avait été dispersé aux quatre coins du pays. Rien ne nous réunirait plus, pas même la toute puissance de la mort.
- ... avions-nous pris la bonne décision en choisissant de quitter notre île?
- Un mal qui ronge l'âme.
- Son gaélique était étrange, je devais me concentrer pour capter les mots.
- « C'est trop tard Roddy. Elle est partie maintenant. Partie ! »
- J'avais l'impression que plus personne ne se souciait vraiment de moi ; en quelque sorte j'avais tout perdu. Jamais je ne m'étais senti aussi seul.
- Ce jour même, au coin d'une rue, je tombais sur deux vieilles femmes qui bavardaient en gaélique. Je fus si surpris que je m'arrêtais net, perplexe et heureux.....
- Quelques milles marins nous avaient séparé ; en termes d'identité : un gouffre immense.
Éditions : Autrement Littérature.
Titre original : West of the World. A Highland Trilogy 3
SAYERS Peig. Peig
O'CRIOMHTHAIN Tomás. L'homme des îles.

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28 avril 2009

MINA Denise / La mauvaise heure.

La mauvaise heure.
Denise MINA.
Note : 4 / 5.
L'heure du trépas.
Roman qui figure dans la sélection finale du Prix du roman policier SNCF . Je ne connais pas encore cet auteur née à Glasgow en 1966. C'est son troisième roman traduit en français.
Glasgow, 1984, un soir d'hiver Paddy Meehan, journaliste, suit les fréquences de la police, en quête du scoop qui lui permettrait de devenir reporter criminel au « Scottish Daily News ». Aujourd'hui, c'est ce qui semble être une banale affaire de violences conjugales dans un quartier chic de la ville. Paddy remarque une femme le visage en sang, mais un homme bien de sa personne, arrogant et sûr de son charme , lui glisse 50 £ dans la main. Pour la police, l'affaire est classée et Meehan garde le billet ensanglanté. Pour elle cela représente une grosse somme d'argent qui sera la bienvenue. Mais le prix du silence pèse sur sa conscience, surtout que le lendemain le cadavre de cette femme, Vhari Burnett, est découvert atrocement mutilé! Ses dents ont été arrachées une à une!
Alors commence pour Paddy, qui est la seule et la dernière à avoir vu cette femme vivante, une enquête que l'auteur nous présente en forme de puzzle. L'homme qui a donné de l'argent à Paddy a disparu, et semble inconnu des services de police. Il semblerait que les policiers ont également accepté de l'argent, et sont partis sans chercher plus loin. En plus de Paddy, nous suivrons également Kate qui semble cacher beaucoup de choses. Ce qui lui vaut d'avoir une équipe de tueurs aux trousses. Les morts s'accumulent, noyés ou tués à coups de talon aiguille dans l'oeil, c'est ce que l'on appelle voir venir sa mort!
Paddy, entre flics corrompus, tueurs à ses trousses et son travail de journaliste a une vie mouvementée, pour notre plus grand plaisir.
Une histoire bien menée, car plus on avance dans le récit, plus on découvre des personnages qui ont pour une raison ou une autre un fort sentiment de culpabilité, comme Bernie, garagiste et ami d'enfance de Vhari et de Kate.
Paddy Meehan, journaliste (et catholique) est très humaine et attachante. Mais elle n'est pas spécialement gâté par la vie : un travail dur, de nuit, traquant les faits divers, côtoyant la mort très souvent. Toujours prise entre la police qui la tolère et son journal avide de sensationnel. Sa famille ne l'aide pas beaucoup, une soeur, femme battue, une autre à la limite du mysticisme, et des frères accros à la télé et aux jeux vidéo. En plus, elle a quelques soucis avec son poids, mais comme elle est un peu boulimique, cela n'arrange rien. Une passade d'un soir va encore envenimer sa situation, qui était déjà compliquée.
Kate, dont nous suivrons les déplacements et la déchéance, droguée, sa beauté, son arme principale, s'effiloche. Au cours de sa fuite, avec une forte quantité de cocaïne, elle tuera un homme. Elle se sent un peu responsable de la mort de Vhari, et pense qu'elle aurait pu être à sa place!
Vhari Burnett, la victime, quelle cause peut justifier ce massacre? La piste professionnelle, elle était avocate? La piste passionnelle, elle semblait avoir beaucoup de succès auprès des hommes? Ou autre chose? Son appartenance à Amnesty International? Ses relations avec Mark, amour de jeunesse, qui était lui aussi adhérent de cette organisation?
Mark pense être, d'une manière ou d'une autre, responsable de sa mort. Promis à un brillant avenir, sa vie et son mariage sont autant d' échecs. Lâche, un soir il trouve un certain courage!
Beaucoup de personnage secondaires, des membres de la police aux journalistes qui vivent eux aussi des moments difficiles au nom de la rentabilité. Et Paddy a une famille, non exempte de problèmes, en plus d' un ex-petit ami irresponsable. La Clyde n'est pas un long fleuve tranquille, surtout qu'elle n'a que l'appellation rivière! A ce sujet, j'ai appris que la société de bienfaisance de Glasgow a des employés qui patrouillent tous les matins pour retirer les noyés de cette rivière! Glasgow, ville d'eau!
J'ai aimé le côté social de ce livre, la politique de Margaret Thatcher commence par démanteler une grande partie de l'économie, la classe ouvrière est sacrifiée, la précarité s'installe, les restructurations commencent. Des quartiers entiers sombrent dans la misère ; la drogue et la prostitution apparaissent en pleine lumière. Un portrait saisissant du sous-prolétariat de Glasgow.
En Écosse aussi, à cette époque, le problème irlandais est présent dans les quartiers catholiques, la violence est moins visible, mais le communautarisme et la religion sont malgré tout très présents!
Un bon livre dépassant le simple cadre du roman policier classique, avec une Paddy Meehan très attachante.
Extraits :
- C'était la première fois qu'on m'achetait. Cinquante livres. De quoi régler un certain nombre de problèmes urgents.
- Thatcher a l'air d'être un agent du diable, ce n'est pas une preuve. Les choses plausibles ne sont pas forcément vraies.
- Le bleu du logo était assorti à son tailleur Chanel en laine, ses boucles d'oreilles, à sa montre.
- Une femme couverte de sang et trois témoins qui vidaient tranquillement les lieux.
- En général, quand un Écossais faisait allusion à l'origine irlandaise de son patronyme, c'était pour lui signifier qu'elle et ses semblables n'avaient qu'à retourner dans leur île.....
- Autour, les gamins avaient recouvert les pignons des maisons et des garages de graffitis sauvages en faveur des factions dissidentes de l'IRA.
- Comment sais-tu que c'est un connard ?
Parce qu'il vient de Londres.
- New the World était au Scottish Daily News ce que l'ordure est à l'or : un torchon, un tabloïd de la presse à scandale n'ayant que mépris pour l'information objective.
- Les arrestations arbitraires, les suspects torturés dans les geôles d'Irlande du Nord conféraient à tous les catholiques d'Écosse une aura de minorité opprimée.
- Tu t'es tapée un flic ! Et dans sa voiture en plus ! Faut vraiment être conne.
- ... et l'odeur qui imprégnait l'étage du bus n'arrangeait pas les choses : ça puait l'amygdale recuite dans la nicotine.
Éditions : Les éditions du Masque (2009)
Titre original : The Dead Hour (2009)

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14 janvier 2009

O'FARRELL Maggie/ L'étrange disparition d'Esme Lennox

L'étrange disparition d'Esme Lennox.
Maggie O'FARRELL.
Note : 3,5 / 5
Une vie escamotée!
Quatrième roman de cet auteur Nord-irlandaise née à Belfast. J'ai toujours un avis mitigé sur ses romans, et je n'ai pas pu finir « La maîtresse de mon amant ». Mais j'avais bien aimé « La distance entre nous ».
Entre l'Inde et l'Ecosse la non vie d'une femme enfermée pendant soixante ans dans un asile.
Iris a ses habitudes, un petit magasin qui la fait vivre, un chien qu'elle aime et un amant marié, bref une vie tranquille. Des lettres et des appels téléphoniques lui signalent que l'asile Caulstone va fermer ses portes et qu'il faudrait prendre une décision pour une dénommée Esme Lennox, soeur de sa grand-mère! Elle n'avait jamais entendu parler de cette parente, et tombe des nues.
Suite à différentes complications, elle doit héberger cette femme pour le week-end malgré la désapprobation de l'ensemble de la famille et de ses amis. Petit à petit, les deux femmes apprennent à se connaître, mais Iris se pose malgré tout beaucoup de questions. Pourquoi Esme, qui est sa grand-tante, a t-elle été enfermée et quasiment rayée de la mémoire collective de la famille ?
Une enfance aux Indes, un retour en Écosse dans le monde austère de la bourgeoisie et pas très bien vécu, surtout par Esme. Une adolescence et une éducation dont le seul but est de trouver un mari. Un avenir étroit et une vie terne semblent les seules perceptives des deux filles Lennox, mais si Kitty trouve cette situation normale, ce n'est pas l'avis d'Esme. Mais la vie peut être cruelle pour une jeune fille de seize ans dans un monde où les conventions servent de mode de pensées.
Soixante ans plus tard, elle retrouve la maison de son séjour écossais et tous ses souvenirs, et revient sur son admission dans cet asile.
Une multitude de personnages qui sont dus à un changement d'époque et un imbroglio familial!
Esme dont l'existence était un secret enfoui dans l'histoire de la famille. Indépendante et volontiers rebelle, elle était en avance sur l'époque. Elle le paiera au prix fort et deviendra une paria pour son entourage.
Kitty, sa soeur se mariera, elle aura un fils, père d'Iris. Iris Lockhart, petite-fille de Kitty, se trouvera un peu contrainte et forcée de recueillir Esme. Mais une complicité réelle naîtra entre ces deux femmes.
Alex, frère de Kitty par alliance, mais pas par le sang, désapprouve sa sœur. Luke, amant de Iris, avocat et homme marié, n'approuve pas non plus le dévouement de celle-ci.
Les personnages du passé, Hugo, le frère d'Esme et de Kitty, décédé en Inde, James, un voisin des années écossaises, Duncan, le mari fantôme de Kitty, passent aussi dans ce livre. Entre le début de l'histoire,et maintenant, plus de soixante ans se sont passés, la vie d'une famille en Inde n'est pas la même que dans l’Écosse contemporaine. Les mœurs ont heureusement évoluées.
Différentes narratrices et de nombreux retours en arrière ne rendent pas cette lecture aisée, et l'histoire en elle même est à mon goût trop compliquée. Pas le meilleur roman de cet auteur, qui me laisse l'impression que ce genre d'ouvrage n'est pas ma tasse de thé, car j'ai vu de très bonnes chroniques pour ce roman. Pour Maggie O'Farrell, j'ai l'impression d'aimer un livre sur deux, alors vivement le prochain !
Extraits :
- Vous êtes la parente à contacter, affirme tranquillement l'homme.
- « Ça fait soixante ans qu'elle est enfermée? hurle presque Iris. Qu'est-ce qui cloche chez elle? »
- Elle a peine à y croire. L'espace d'un instant, elle a reconnu les traits de son père dans ceux d'Esme.
- Ses doigts crispés referment les bords de son manteau. « C'est pareil, et pas pareil. »
- « État maniaco-dépressif. Réagit aux électrochocs par des convulsions »
- « La mer dit Esme en posant le couteau. J'aimerais que vous m'emmeniez au bord de la mer .»
- Toute sa famille -elle même, Kitty, Hugo, tous les autres bébés et ses parents- se résume à présent à cette fille, la seule qui reste.
- Nous venons au monde en tant qu'anagrammes de nos ancêtres.
- Ils avaient dû se marier en Inde, bien sûr, maman était une jeune fille des colonies, et papa venait de débarquer de la mère patrie.
- Les sorcières étaient étranglées dans certaines régions écossaises, n'est-ce pas? Ou enterrées vivantes.
- Il n'est pas un vrai frère non plus, pas un frère de sang. Une sorte de pièce rapportée.
Éditions : Belfond
Titre original : The Vanishing Act of Esme Lennox.
Voir la chronique de Florinette.

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10 janvier 2009

PENNEY Stef / La tendresse des loups.

Babelio

La tendresse des loups.

Stef PENNEY.
Note : 4 /5.
Cavales au Canada.
Premier roman de cette jeune auteur écossaise native d'Édimbourg. Ce livre comporte plusieurs parties qui ont pour nom « Disparition », «Les Champs célestes », « Partenaire en hiver » et « La maladie de la pensée qui dure ».
Nous sommes en 1867, à « Dove River », petit village canadien abritant une communauté de descendants d'Écossais. Un trappeur français, Laurent Jammet, est trouvé mort dans sa cabane. Il a été égorgé, puis scalpé. Qui peut être responsable d'un acte aussi horrible ? Francis qui a mystérieusement disparu ? Ou y a-t-il une raison plus mystérieuse ? La compagnie de la baie de l'Hudson dépêche trois personnes pour mener l'enquête. Mais cette compagnie est-elle vraiment neutre dans cette affaire, car il semblerait que son monopole soit mis à mal et que Jammet faisait partie d'un groupe de trappeurs qui venaient de fonder une compagnie rivale ! D'autres personnages apparaissent cherchant le trappeur défunt. Certains sont connus dans la région comme Thomas Sturrock qui n'a pas laissé une bonne impression à certains habitants du village. Enquêtant sur une affaire de disparition d'enfants, les soeurs Seton, il n'a pu résoudre cette énigme. Mme Ross s'inquiète de la disparition de Francis. Un autre trappeur, un métis du nom de William Parker, est lui aussi à la recherche d'un mystérieux objet que détenait Jammet.
Francis, presque mourant, a été recueilli par une communauté religieuse norvégienne, et, petit à petit, tout le monde va se retrouver dans cet endroit. Mais le mystère reste entier. En effet, Francis avoue à Donald Moody qu'il a vu l'assassin et qu'il s'est lancé à sa poursuite. Mais il l'a perdu dans l'immensité glacée! Mais cet assassin, qui est-il ? Francis ne peut en donner une description précise. Et surtout, quel est le motif réel de cet assassinat?
Il y a beaucoup de personnages dans ce roman. Certains chapitres ont pour narratrice Mme Ross. Ayant eu des problèmes psychiatriques dans sa jeunesse, et ayant perdu une petite fille en bas âge, elle a reporté son affection sur Francis. Pour lui, elle est capable de tout, même de partir avec un homme qu'elle ne connaît pas, affronter la nature hostile. C'est une femme particulièrement attachante. Son mari, Angus, et son fils adoptif, Francis, forment une famille pour le moins étrange. En effet, Angus semble être d'un stoïcisme absolu. Francis, lui par contre, malgré qu'il répugne à tuer un animal quelconque, est capable de colères violentes.
Donald Moody est dépêché par la compagnie de la baie d'Hudson pour enquêter sur ce crime. C'est un nouvel arrivant au Canada dont il ne connait pas toutes les règles de vie. Un problème de coeur lui brouille un peu l'esprit. En effet il n'est pas insensible au charme de la belle Susannah. Il est aidé par Jacob, un Indien qui lui est très attaché, et il en a bien besoin, car leur périple n'est pas de tout repos. Ils ne sont pas seuls sur la piste de Francis. Thomas Sturrock et William Parker, un trappeur métis, sont également à sa recherche. Quelles sont les motivations profondes de tout ce beau monde? Les Knox et leurs deux filles, Maria et Susannah, sont des habitants de ce petit village, qui participent également au déroulement de l'intrigue. Les soeurs Seton, qui ont mystérieusement disparu il y a plusieurs années, faisaient partie de leur famille. Cette disparition n'a toujours pas été élucidée.
Un roman un peu long et touffu, mais qui se lit malgré tout très bien. L'écriture est agréable et facile, les descriptions des paysages canadiens et des conditions de vie sont très réalistes. Une réussite pour un premier roman qui vaut plus pour son cadre que pour son intrigue. Une oeuvre très forte qui je pense plaira à beaucoup de monde.
Extraits :
- Il ne s'agit ni d'un incident ni d'un suicide. On l'a scalpé.
- C'est là une réaction plutôt banale dans un pays aussi vaste et aussi faiblement peuplé.
- Il a 17 ans, maintenant. Son accent irlandais a disparu, mais d'une certaine manière il est toujours aussi étranger qu'autrefois.
- Assez vite, Donald a compris qu'entrer dans la compagnie équivalait à être expédié dans un camp de travaux forcés, la paperasse en plus.
- Dans ma petite chambre, les mots que je n'ai pas prononcés m'oppressent : Francis est parti ; un homme est mort. Bien entendu, il ne peut pas y avoir de lien.
- Les discussions abstraites, l'ennui et les déclarations fleuries, chargées d'émotion, la mettent mal à l'aise.
- Knox sent monter en lui une pointe d'antipathie. Il commence à trouver ce stoïcisme énervant, pour ne pas dire répugnant.
- On ne peut pas apprivoiser un animal sauvage parce qu'il se rappellera toujours d'où il vient et voudra y revenir.
- Le ciel est d'un bleu métallique luisant ; il n'y a pas un souffle de vent, et aucun bruit d'aucune sorte. Le silence est écrasant.
-Bien qu'il fût intelligent et capable de s'exprimer, il était pris entre deux mondes et ne savait pas bien où se situer.
-A présent, le bruit court que d'autres hommes se préparent à partir. À la recherche de ceux qui sont partis à la recherche de Francis.
Éditions : Belfond (2008).
Titre original: The Tenderness of Wolves.
Voir la chronique de Cuné.

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08 novembre 2008

Collectif/ Histoires maigres. Nouvelles d'Ecosse

Histoires maigres.
Collectif (Nouvelles d'Ecosse).
Note : 3,5 / 5.
Non, tous les auteurs écossais ne sont pas morts, ils écrivent encore!
Il y a encore des écossais qui écrivent, nous allons en découvrir trois, deux plus exactement et une dame Agnes Owens. Les deux auteurs, Alasdaire Gray et James Kelman, ont eu chacun trois romans publiés chez Métailié.
Ils font partie de « L'école de Glasgow » qu'Alasdair Gray définit ainsi : « ....nous avions comme point commun d'écrire dans un anglais très influencé par les langues gaéliques » et plus loin cette phrase : « L'Anglais reste un envahisseur ». Un recueil de 43 nouvelles, mais certaines sont très courtes.
Les Écossais sont-ils des gens galants? En tout cas honneur à Agnes Owen qui ouvre ce livre avec 9 courtes nouvelles. Des histoires pour le moins sombres, entre une guérisseuse obèse et répugnante de saleté qui vit avec ses 4 «  enfants » (courts sur leurs 4 pattes), ils n'aboient pas quand la caravane passe, car la caravane, ce sont eux, quand Arabella, leur maîtresse, les promène dans leur landau! Un jour, un inspecteur des affaires sanitaires est attendu dans le taudis! Un bus qui passe quand il veut, les gens font la queue et parlent entre eux. Une bagarre éclate entre jeunes. S'ils veulent se battre, l'Irlande n'est pas loin, dit un témoin!
Un dialogue surréaliste entre une mère et la directrice de son fils. Pour cette dernière, George est un fauteur de trouble, pour sa mère, un fils modèle! Cherchez l'erreur!
On passe ensuite à James Kelman, le premier titre est « Crevard d'Ecossais », un homme, une femme, de l'argent, des cartes, 2 pages. Pratiquement toutes les nouvelles de cet auteur semblent concerner le même personnage, un homme qui n'a plus rien, clochard à Londres, vagabond errant dans la campagne écossaise dans « là où j'étais ». Des situations absurdes, deux parieurs parlent, l'un semble vouloir faire croire à l'autre qu'ils se connaissent et veut lui emprunter de l'argent. Un nouveau balayeur est embauché dans ce qui semble une usine, pourquoi? Des voyages sans buts et des retours vers l'Angleterre. Je n'ai pas compris grand chose de la finalité de ces écrits.
Alasdair Gray termine ce livre d'une manière plus classique, avec un étudiant qui raconte son voyage d'études. Le bateau sur lequel il est malade, visite à l'infirmerie et reste du voyage dans l'hôpital du bateau. Puis encore l'hôpital où il a été débarqué. Quelques temps plus tard, il sort enfin de l'hôpital, mais dans sa chambre d'hôtel, la femme de ménage secoue les oreillers et il est allergique aux plumes etc.... Il termine sa lettre par « Ma bourse d'études Bellahouston m'a été bénéfique ». A noter que l'auteur parle de Jack Profumo, ministre de la Guerre Britannique, qui dut démissionner, car il avait eu la mauvaise idée d'avoir pendant un temps, partagé la même call-girl qu'un attaché militaire de l'ambassade d'URSS à Londres!
Un jeune homme amoureux, mais éconduit vient narrer ses mésaventures à un ami, lequel n'est pas enchanté de cette visite.  Il ne comprend en effet rien au raisonnement de l'amoureux transi!
« Le reclus » est la nouvelle la plus intéressante du livre. Jamie est le fils du Révérend John Kirkwood, homme austère et rigoureux. Un matin, après boire, il se réveille dans une chambre qu'il pense être la sienne, mais des vêtements féminins sont étalés sur le lit! Pourtant cette chambre est la copie conforme de la sienne! Une jeune fille entre.... Comme on le devine, il cherchera à la revoir. La morale de cette histoire, on ne peut être heureux au jeu et en amour! Mais par contre on peut être malheureux aux deux!
Une dissertation sur l'Ecosse à travers l'art et la difficulté d'en vivre avec deux textes       « Portrait d'une dramaturge » et « Portrait d'un peintre ».
Trois styles très différents :
Agnes Owens pose un regard lucide sur la société qui l'entoure, il s'en dégage un sentiment de désespoir. Les personnages sont des êtres paumés, victimes de la fin de l'ère industrielle qui a laissé une partie de la population sur le carreau. Des histoires étranges et une lecture pas facile. La nouvelle « Arabella » en particulier laisse un sentiment de malaise. Les personnages de ces nouvelles ne sont pas bien reluisants : d'Arabella, la pseudo guérisseuse, aux personnes faisant la queue pour prendre le bus.
James Kelman a une écriture plus heurtée, la fin de ses histoires m'a souvent laissé dans l'expectative ! Un écrivain déroutant et des nouvelles qui demandent une attention toute particulière. Je pense que j'essayerai un de ses romans pour ne pas rester sur cette impression.
Alasdaire Gray lui parle de personnages plus conformes à la société actuelle, mais ils sont tout de même des perdants dans l'âme et dans leurs comportements.
Comme souvent dans ce genre de recueil, j'ai trouvé la qualité des nouvelles relativement inégale ayant eu par exemple beaucoup de mal avec le style de James Kelman.
Un livre à découvrir pour l'étrangeté de certains de ces textes qui sont loin des canons de la nouvelle habituelle, une expérience pas facile, mais intéressante.
Un très intéressant Post-scriptum nous explique la genèse de ce livre.
Extraits:
- Elle passa un chiffon humide malodorant sur son visage, ce qui n'eut pour effet que de révéler plus nettement les traînées de crasse. Puis elle essaya d'enfoncer un peigne dans la masse broussailleuse de ses cheveux, mais il cassa.
- Arrrh, on ne peut plus se battre pour des prunes de nos jours. Ils feraient mieux d'aller à Belfast comme mon fils.
- La compagnie de ce jeune homme était pire que pas de présence du tout.
- Bon sang, c'est une honte, elle a dit, une honte de ridiculiser nos compatriotes en se donnant en spectacle devant les Anglais.
- Au moins, je suis ailleurs.
- ...parce qu'en effet, cet instant était bel et bien arrivé et il avait disparu à présent, disparu à tout jamais.
- Bien entendu j'ai dû affronter le monde, finalement. Seuls des moyens financiers inépuisables peuvent nous dispenser de le faire, or je venais à bout des miens.
- Si, belle! Je sais qu'elle a un visage tellement personnel qu'il en est presque laid, mais son corps est beau à tous points de vue....
- ...une intransigeance navrante, qui donne à son fils le choix entre trois options : la servilité, l'hypocrisie, ou la rébellion.
- ...nous préférons croire aux vertus suprêmes que sont l'amour, l'amitié, le foyer, l'église, une équipe de football, l'orangisme et (lorsque notre éducation nous y a sensibilisés) l'Art.
Demain je vais changer. Oui, demain. Demain
Éditions : Les éditions passages du Nord/Ouest. (2007)
Titre original : Lean Tales
(Je remercie les éditions Passage du Nord/Ouest pour ce renseignement)

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30 juillet 2007

RANKIN Ian / Causes mortelles

Causes mortelles.
Ian RANKIN.
Note : 4 / 5.
Pack de six.
J'ai lu il y a quelques temps plusieurs romans de cet auteur écossais avec des fortunes diverses. J'avais beaucoup aimé "Le Jardin du pendu". D'autres dont je n'ai plus les titres en tête m'ont moins plu.
Edimbourg, c'est l'été, le festival de théâtre met la ville en effervescence. La police est sur les dents, et en supplément au programme, un jeune homme est retrouvé assassiné! La méthode rappelle celle employée par l'I.R.A pour abattre les traîtres à la cause. Une inscription "Nemo" est tracée sur le sol, et la victime porte un tatouage "SaS". L'enquête peut commencer. Et comme les alertes à la bombe se multiplient, la police est débordée. Il s'avère que la victime était un sympathisant de la cause loyaliste et semblait proche des paramilitaires protestants. Rebus apprend également qu'il était le fils naturel d'un truand notoire actuellement en prison. Rebus et un des ses collègues partent pour Belfast, ce qui rappelle de mauvais souvenirs à l'inspecteur, qui avait servi (et parfois sévi)dans cette ville. Il évoque les problèmes de connivences entre la police et les paramilitaires protestants, dont l'un d'entre eux est justement parti en Écosse où la police l'a perdu de vue. A leur retour, ils apprennent l'assassinat du frère d'un de leurs collègues qui enquêtait sur une affaire de trafic de drogue. Certains indices laissent à penser que les deux affaires sont liées?
Une promenade pas touristique du tout dans une ville qui reflète une misère profonde dans les quartiers défavorisés. D'émeutes en agressions, une partie de la ville est loin du clinquant du festival. Et certains Orangistes veulent organiser des défilés, une provocation de plus. Comme en Irlande du Nord, les problèmes communautaires existent aussi en Écosse, quartiers catholiques ou protestants, équipe de football de l'une ou l'autre confession.
L'inspecteur, John Rebus, flic à la mode, blasé, avec un léger penchant pour les boissons alcoolisées, et de nombreux problèmes avec sa hiérarchie. Ce livre date de 1994, et certaines choses ont évolué en Irlande du Nord, même si tout n'est pas encore réglé. Du polar solide, mais sans réelle surprise, l'auteur nous offre plusieurs solutions, avec les problèmes irlandais en toile de fond avec, et c'est plutôt rare, une plongée dans les milieux paramilitaires protestants. Un bon roman, même si je n'accroche pas trop avec l'inspecteur John Rebus! J'ai trouvé l'écriture un peu trop "léchée"! Un gros reproche au sujet d'une note en bas de page qui dit ceci :
"A Derry, les protestants assiégèrent les troupes de Jacques II". La vérité historique est que les troupes de Jacques II, roi catholique, assiégèrent les troupes protestantes retranchées dans Derry.
Extraits :
- En général, l'I.R.A. utilise des mots codés, juste pour que nous sachions qu'ils sont sérieux.
- Mais le summum, c'est le "pack de six" : les deux coudes, les deux genoux, les deux chevilles.
- Une face d'ivrogne. Rebus en avait trop vu dans son existence- y compris la sienne, certains soirs dans le miroir de la salle de bains.
- Est-ce que cela voudrait dire que vous faites un lien entre ce trafic, le meurtre de Mary King's Close et les organisations paramilitaires.
- L'Ecosse avait assez de problèmes comme ça, sans se mêler de ceux de l'Irlande.
- C'est pour cela qu'on le surnomme l'Orangiste Mécanique.
- Les forces paramilitaires loyalistes ont descendu plus de civils que l'I.R.A. l'année dernière.
- Mêmes les pires cités H.L.M. étaient contrôlées par des bandes de paramilitaires, dont les châtiments très dissuasifs allaient bien au-delà de l'incarcération.
- La collusion entre les forces de sécurité et les loyalistes est-elle toujours aussi forte?
Éditions: Folio policier.
Titre original : Mortal Causes. (1994)

Posté par eireann yvon à 14:10 - Littérature policière - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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