Week-end noir....La fin....

Livre de poche.....format bigouden !
En tout premier lieu un grand merci à notre charmante hôtesse Isabelle pour sa gentillesse et son accueil. Cette dame est la mémoire vivante de Saint Guénolé, l'écouter raconter la vie de ce petit port a été pour moi un moment très instructif ! Les tartines de pain beurre (demi-sel) ont également contribué à la magie de ce petit déjeuner où j'ai été rejoint par Michel Papet, auteur qui résidait dans le même gîte que mon épouse et moi.
Un autre grand merci à toutes et tous les bénévoles qui donnent un charme particulier à ce festival.
Écrire un roman au chalumeau, le soir...non pas au fond des bois... mais sur le quai de Kerity (Penmarc'h, ne pas confondre avec l'autre, celui de Paimpol, surtout célèbre pour m'avoir vu naître) ! Des preuves en voilà au moins une : 
Écrire, le soir, au coin du feu.
Le maitre d'oeuvre est Marc Morvan, sculpteur quimpérois, dont quelques œuvres escortées par lui-même, des bigoudennes en échasses et mon ami Jean Kergrist, sont parties à l’assaut de l'Élysée!!!! Des statues géantes pour un nain....J'avais bien aimé cette photo devant la porte du Palais Présidentiel !
Laurence Fontaine, la gagnante du grand prix de l'année passé, était de retour en Bretagne avec son nouveau roman « Larmes rouges sur Belfast » qui se passe, je vous laisse deviner où.
J'ai retrouvé quelques compères du célèbre « Gang des barbus » Christian Blanchard, Yvon Coquil et Michel Dréan. Nous avons aussi revu avec grand plaisir Jean Failler toujours très entouré....
J'ai croisé pour la première fois Patrick Raynal, qui était président du festival, j'ai rencontré aussi Max Obione, dont le recueil de nouvelles porte le nom évocateur de « L'ironie du short », clin d'oeil à Blondin ?. La photo de la couverture est très jolie.... Je vais aussi découvrir les livres de Michel Papet dont le roman« Les liens du sang » a été porté sur grand écran. Une autre rencontre et une future redécouverte José Carlos Somoza dont j'ai lu il y a quelques années « Clara et la pénombre », très bon roman !
Voilà j'espère n'avoir oublié personne, mais je suis sûr du contraire......donc l'année prochaine je serai peut-être un peu moins bien accueilli par ceux que j'ai oubliés....
La mer..... 
TRINKA / L'étonnante histoire de Rennes.
900 eme !
TRINKA .
L'étonnante histoire de Rennes...*
Note : 4 / 5.
Si Rennes m'était contée.....**
Trinka continue de nous faire découvrir la Bretagne par des ouvrages mêlant histoires, anecdotes et illustrations. Après le Finistère dont j'ai déjà parlé ici (Brest même ), le Morbihan, voici Rennes, les rues , les personnages , parfois les deux, par exemple Rallier du Batty qui a donné son nom à une rue du centre ville ?
Les illustrateurs, car vu leur nombre ils sont plus fort que moi : Bélom, Bordier, Gégé, Patrick Gromy, Lefeuvre, Nono et Nouveau. Voilà je n'ai oublié personne !
Les incendies meurtriers, les épidémies de peste, les guerres et les invasions, l'histoire est souvent, mais c'est partout pareil, violente et sanglante, alors ne nous attardons pas sur ces épisodes macabres. Les seigneurs des gentilshommes ? Les ecclésiastiques des saints hommes ? Les parlementaires uniquement là pour servir ou déjà pour se servir ? Il semble que les temps ne changent guère.
Quand l'histoire rappelle le présent... de qui Marie-Thérèse Cloitre parle-elle dans ces lignes ? :
Il s'agit d'une visite de propagande pour montrer l'intérêt que*** porte aux Bretons, illustrer les progrès apportés par le régime : la stabilité, l'ordre et des innovations....
Des sites marquants de la ville, le Parlement brulé et reconstruit, le musée des Beaux-Arts, la piscine Saint- Georges construite en 1925 dont la mosaïque signée Isidore Odorico fait 96 mètres de long !
Il ne faut pas oublier le jardin du Thabor, où doit avoir lieu depuis plusieurs années un pique-nique de blogueurs, mais le célèbre crachin breton fait que c'est toujours reporté aux calanques armoricaines.... Des balades à Cesson, ne cessons pas nos balades, Rennes est réputé pour être une des villes les plus agréables à vivre. Dommage et là aussi, la tradition est tenace que certains jeudi la rue Saint Michel mérite son célèbre surnom de « Rue de la Soif »
L'équipe de football du Stade Rennais est la représentante sportive la plus connue de la ville, et dont terrain se trouve ...route de Lorient.
De nombreuses manifestations culturelles se déroulent tout au long de l'année, les Trans Musicales, Travelling Avant pour le cinéma etc...
Un dernier petit mot, sur un tube qui m'a beaucoup amusé il y a quelques années maintenant:
Mangez-Moi (à ne pas prendre au pied de la lettre ») de Billy ze Kick ou la tentative de séduction d'un champignon le soir au fond d'un bois !
Les personnages célèbres sont très nombreux dans cet ouvrage, trop nombreux pour les citer tous ! Honneur aux dames, la plus célèbre d'entre elles Anne de Bretagne duchesse de Bretagne puis reine de France, son mariage ne fut pas retransmis en mondovision ! Pourquoi ? Allez savoir ! Stéphane Bern n'était peut-être pas disponible ce jour là ! Marie-Victoire de Lambilly est peut-on dire la première femme avocate de France. Par une remarquable plaidoirie en 1799, elle obtient l'acquittement de l'homme qu'elle défendait...son époux. Simone Morand, grande dame de la culture bretonne gastronome, musicienne, enseignante et femme de radio.
Geoffroy, duc de Bretagne à l'âge de 11 ans...La couronne n'attend pas le nombre des années.
Au rayon littéraire, un auteur que je ne connais pas, Noël du Fail qui est qualifié de « rabelaisien » ,né en 1520, ( je ne savais pas lire à l'époque, donc je suis tout excusé.) Paul Féval lui, est né à Rennes également en 1816; j'avais à ce moment là appris à lire, donc lui, je le connais, en particulier son roman « Les libérateurs de l'Irlande » mais son ouvrage le plus connu est « Le Bossu ». Il avait la dent dure pour sa ville natale :
- C'est une bonne ménagère, toujours en déshabillé, qui ne veut point s'embellir par la parure.....
Rennes est nue...où du moins court vêtue.
Alfred Jarry père du célèbre « Ubu roi » a enseigné à Rennes.
Parlons gastronomie, juste un peu. La célèbre « Galette-Saucisse » mais aussi le beurre et le cidre et quelques spécialités moins connues. Le « Coucou » de Rennes est une poule (pas de luxe, bien au contraire, elle est réputée pour se contenter de peu) et elle ne coucoute pas, elle caquette comme les autres. Le petit gris, est un melon dont la particularité initiale était d'être cultivé sous du fumier à bas de crottin de cheval..Ce n'est pas le melon de Cavaillon mais le melon du Cavalier ! Henni soit qui mal y panse !
Les moyens de transport au fil de la Vilaine puis au fil du temps.. ..de la diligence qui malgré la diligence du postillon qui parfois postillonnait ( à noter que ce brave homme n'avait pas le droit de quitter sa place de tout le voyage!). Du simple train, 16 heures pour rallier Rennes à Paris au TGV, de la calèche au métro. La construction du souterrain et les affaissements de terrain que je découvrais le matin en allant travailler....la construction ne fut pas un long fleuve tranquille, ni celle du magnifique bâtiment « Les champs libres » haut lieu culturel de la ville de Rennes.
Une anecdote personnelle, j'ai appris grâce à ce livre, que le bâtiment habitant le théâtre de la Parcheminerie était une ancienne tannerie....pendant 10 ans j'ai fabriqué des chaussures à environ 30 mètres de ce lieu. Et dans cette même rue à la fin de la guerre furent tondues certaines femmes livrées à la vindicte populaire.
Le titre du dernier chapitre : Une ville où il fait bon vivre. Presque le ...paradis.
Pas d'extrait mais un dessin signé Nono et Trinka.
Éditions : La Ligne Pourpre (2011).
*des origines à nos jours.
** Désolé je n'ai pas trouvé mieux.
*** l'Empereur (Napoléon III) ou le Président actuel qui comme chacun le sait est un grand ami de la Bretagne ! Malgré son discours très électoraliste de Port-Louis ! Rayez la mention inutile. La question est posée mais le discours est troublant. 
MÉVEL Jo / Granitia.

Granitia.
Jo MÉVEL.
Note : 4 / 5.
De guerre lasse !
Écrivain avec qui j'ai certains points communs , nous sommes nés tous les deux dans les Côtes d'Armor et nous habitons pas très loin l'un de l'autre dans la région de Lorient.
La première partie du récit se déroule à Locquémau, près de Lannion et la seconde à Hennebont, ville des Forges dans le Morbihan.
Des pressions visant la presse et la mort de Y.G journaliste au « Torchon Brulant » font la une des journaux locaux et nationaux ! Comment en est-on arrivé à cette extrémité ?
La découverte d'un noyé quelques jours plus tôt est-elle uniquement une coïncidence ? Un suicide de plus pense la population, c'est relativement banal, or il s'avère rapidement que c'est un crime.
Pour connaître les tenants et aboutissants de ces faits-divers , il faut remonter à l'automne 1942, dans un port de la Côte de Granite Rose, où nous faisons la connaissance de Yvonnick Gonidec, jeune garçon de 17 ans dont le père est décédé, lui laissant un bateau qui intéresse la résistance ; le chef du réseau le contacte. Une famille et des aviateurs britanniques doivent passer en Angleterre. Mais la tentative échoue, il est le seul survivant et il semble qu'ils aient été trahis ?
Hennebont, printemps 1998, un cadavre est repêché le long du canal; un lieu très fréquenté, une plaie à la tête font penser à un meurtre, une barbe fournie masque une partie de son visage, et bien sûr, il n'a pas de papiers sur lui, un mystère inhabituel pour la ville...
Une vieille dame à la retraite, en résidence dans ce qui est baptisé avec beaucoup de justesse « La Maison des Sages » écrit avec un certain talent ce qu'elle nomme des romans vérité ; en ce moment elle écrit et décrit la vie d'un couple en perdition; l'homme brisé physiquement par un travail très dur, boit ; cherche t-il aussi à exorciser son passé ?. Une haine tenace règne entre eux.. Alors quand le mari disparaît, personne n'est pas plus ému que cela, seuls ses copains de bistrot pense qu'il est malade..Le nom de son dernier récit « Roman de vie » est signé Rose Guillou.
Le monde continue de ne pas tourner rond....
Un clochard est arrivé un jour, avec sa chienne est s'est vite fondu dans la grisaille qui est le quotidien de beaucoup. Qui est-il ? Pourquoi ici ?, et autre singularité, il a de l'argent et ne fait pas la manche ! Un autre phénomène est dernièrement apparu autour des terrains de football amateur de la région : des hordes de hooligans qui semblent être manipulés en sous main par un parti politique « Patrie et Nation ». Pour Y.G c'est un sujet à creuser mais bientôt son travail dérange... des pneus de son véhicule sont crevés puis des menaces écrites lui sont adressées et dernière étape de l’intimidation, il est agressé physiquement et le directeur de son journal est aussi prié de lui demander de cesser ses enquêtes.
Beaucoup de personnages, car il se situe sur deux époques différentes avec ses propres protagonistes mais bien sûr certains sont communs.
Y.G, le journaliste d'investigation, il gène c'est évident, mais qui et surtout pourquoi ? Son enquête sur le mort du canal ? Ou alors ces papiers sur certains supporters du club de football qui semblent trop organisés et virulents pour être de simples spectateurs éméchés et un peu bagarreurs !
Yasmina est une autre journaliste, plus jeune ; Y.G et elle étaient amoureux mais la vie et leur jeune âge en ont décidé autrement. Mais il suffirait de peu de chose pour que l’idylle renaisse.
Les charmantes dames de « La maison des Sages » sont comme toutes les anciennes personnes pleines de bienveillance mais aussi très fines observatrices et pleines de perspicacité.
C'est bien écrit avec un vocabulaire riche mais précis. Les situations semblent avoir été vécues, aussi bien l'embarquement clandestin pour l'Angleterre, (qui m'a rappelé que le 6 octobre 1941, c'était mon père qui avait quitté la Bretagne dans ces mêmes circonstances) que la vie du clochard !
Une histoire singulière mais avec un certain classicisme dans l'écriture.
A noter un peu d'humour dans les noms des journaux :
Le Torchon brûlant, La Ligne de l'Ouest, Le Point-Virgule, L’Éclairage, Le Granitier de l'Ouest, Libertad et L'indépendant du Blavet.
Extraits :
- Il le savait, la mer ne pardonne pas. Elle ne fait jamais de sentiments.
- Au pays, dès qu'un jeune finit son apprentissage, son statut change et c'est son patronyme qui est utilisé. Une reconnaissance de l'homme, un rituel issu des anciens.
- La vie manquait parfois de délicatesse.
- Le monde était devenu fou, les adultes aussi.
- Il avait envie de vivre. La mort lui faisait peur.
- La ville, blottie derrière de vieux et fiers remparts, respirait l'histoire de ses hommes.
- Maintenant, ils ne se supportaient et ils ne se supporteraient plus.
- Silences de couple !
- La pauvreté n'efface pas les pulsions. La misère enchaîne, et parfois déchaîne les esprits torturés.
- Oh, juste une intimidation dans un premier temps ! Deux pneus crevés, une signature pour mettre la pression.
- Et de mémoire d'habitant, toutes les morts n'étaient pas des suicides. Comment savoir !
- Le roman était maître du jeu, la romancière, son exécutant.
- Il avait bien compris le message. Il cherchait à l'intimider. Il se toucha l'arcade. Elle est encore sensible. Il tremblait d'émotion.
Éditions : Hermine Noire / Le chemin faisant. (2011).
EMERY Alain / Gibiers de potence. Meurtres sur le Tro Breizh.
Gibiers de potence /Meurtres sur le Tro Breizh.
Alain EMERY .
Note : 5 /5.
La potence n'attend pas le nombre des années...
Un petit recueil de nouvelles noires, basé sur une vieille croyance bretonne qui dit ceci : tout breton doit de son vivant faire le Tro Breizh ! Un pèlerinage à pied, autrement c'est trop facile, allant de Saint Malo à Vannes avec plusieurs escales pour honorer les saints fondateurs. Sinon, il faut le faire après son décès, mais pas très vite, la longueur d'un cercueil tous les sept ans....Je ne suis pas rendu ! Car bien que très breton, je ne suis guère croyant.
Vingt sept étapes, (plus que le tour de France) vingt sept chemins de croix, vingt sept calvaires, vingt sept villes, vingt sept nouvelles, en avant et à chacun son tour.
Une affaire Callas à Dol de Bretagne, mais que fait Voltaire, ou alors la police d'ailleurs ? « Cocagne » prenez deux frères (Pas trop bien finis) producteurs de cidre fortement escrocs, une jeune femme canon (je dirais plutôt bolée mais ça ne correspond pas du tout à son physique) qui aimerait bien devenir la « Reine des pommes » ! Amour filial ou amour physique ? C'est noir et alambiqué.
« Fortunes de mer » pour certains bien sûr c'est plutôt l'infortune! Le bonheur des uns fait le malheur des autres, c'est bien connu. Et puis entre collègues de travail.....« Bonne espérance », le tout c'est de passer le cap et non pas de trépasser. Copain et Neveu sont sur un bateau...Une belle et triste histoire que seule la mort d'un des deux permettra de connaître, avec un final inattendu et renversant ! Un très grande nouvelle comme je les aime. « Trio gagnant » moins on en sait mieux cela vaut . Pas toujours et même parfois c'est l'inverse ! « Le banquet » c'est une soirée pas comme les autres ! Il faut se méfier des fausses notes quand on reçoit un cadeau de la part du pianiste ! Un sacré dilemme, l'oreille ou le petit doigt ? N'est pas Van Gogh qui veut ! Abandonné par une femme pour un maitre nageur, c'est une affaire qui peut-être vite torchée, mais qui ne fera pas forcément long feu. Quand un inconnu vous suit dans la rue, ce n'est pas forcément que votre déodorant lui fait un effet magique ! Quelle sombre histoire cache ce noceur pitoyable à Quimper, quel secret l'alcool l'aide t-il à oublier ? « Jouer avec la foudre » vous le révèlera. Une des nouvelles les plus réussies de ce recueil. Détour par Lorient avec « Maison mère » qui nous montre, si besoin est, que l'argent est le nerf de la guerre et que la vie d'un homme n'est pas négociable.... et pourtant ! Elle est belle la vie à Belle Île, sûrement..Un jour un poète inspiré chantera peut-être : J'aime Belle Île et sa falaise....Le bonheur c'est simple comme un coup de fil, mais bon c'était une publicité mensongère ! « Minot » pourrait se résumer de manière cinématographique par « Trois gredins et un gamin », enfin quarante ans le gamin !
Les personnages, comme les feuilles mortes, se ramassent à la pelle et se plantent très souvent !
Expert en coaching sentimental, c'est pas tuant comme boulot alors il faut bien que quelqu'un d'autre s'en charge ! Un homme qui attend son heure de gloire, il n'y a pas d'âge pour cela, et tous les moyens peuvent être bons. C'est dure la vie, on rêve d'être pompier, dompteur et on finit détective privé spécialiste en filature de maris coureurs de jupons, un « Vaurien », une sorcière et une boîte en fer blanc, il y croyait dur comme fer au trésor, le jeune garçon ! Un homme discret qui n’empoisonne pas la vie des autres dans « Notre Dame de la Haine », un homme muet comme une tombe c'est naturellement taiseux, un homme d'affaires nommé Edouard, toute ressemblance etc....une galerie de perdants pas toujours, pour ne pas dire jamais, magnifiques.
Des nouvelles comme je les aime, noires avec des chutes précises et surprenantes. En plus un tour de Bretagne littéraire ne se refuse pas. D'Erquy à Lorient en passant entre autres par Lannion, Pont l'Abbé, Quimper, Brest, la pointe de la Torche, bref des lieux où il fait bon mourir, enfin quand ce sont les autres qui y passent!
Et quelques souvenirs de mes deux rencontres avec Alain, sur le port du Dahoüet pour l'apéritif... et aux Sables d'Or l'année dernière pour le salon du roman policier organisé par les éditions Astoure.
Et cette phrase qui me rappelle ma jeunesse :
- Ils se jetaient dessus comme la vérole sur le bas clergé ! Ma mère ajoutait, après bas clergé « breton » ! Éduqué de la sorte, le Tro Breizh n'était pas à l'ordre du jour familial.
Extraits :
- Une prénommée Marie-Louise. Bien en chair, par-dessus le marché. Jolie comme un cœur et balancée pour la gaudriole. Opulente et prometteuse. Des yeux de braise enchâssée dans de la peau de pêche. Des hanches taillées pour le clin d’œil.
- ...mais le meurtre a ceci de commun avec l'amour au fond, c'est le premier pas qui compte. Le reste coule souvent de source.
- Si tu lui demandais de te citer trois philosophes, il te balançait Luger, Beretta et Kalachnikov.
- La mort est une amarre comme une autre.
- C'est le moment de te présenter Maryline. Ma batte de base-ball. Je suis de la vieille école. Un tactile.
- A table, ils parleront fort. Comme de jeunes vieillards redevenus, l'espace d'un soir, de furieux chenapans.
- Regarder la mer ronger son os m'a mis les nerfs en pelote.
- La mort est une idée courte. Mais tout ce qui suit traîne la plupart du temps en longueur.
- En un mois j'étais passé du statut de branleur à celui d'amoureux transi.
- C'est un brave type. Ce qu'il sait des humains, il l'a appris sur les bateaux et derrière son zinc.
- On fait n'importe quoi par amour mais j'ai toujours eu une préférence pour les conneries.
Éditions : Astoure (2011).
Autres chroniques de cet auteur sur ce blog :
Canaille et compagnie.
Divines antilopes.
JOSSE Jacques / Les buveurs de bière.

Les buveurs de bière.
Jacques JOSSE .
Note : 4 / 5.
Brèves de houblon.
Un auteur qui site cette phrase de Flann O'Brien au début de son livre « Une pinte de bière c'est ta meilleure amie » a d'emblée droit à toute ma sympathie. Qu'il soit un connaisseur de Jack Kerouac et que nous soyons nés à quelques kilomètres de distance (pas la même année, heureusement pour lui) en rajoute encore. Un détail, je bois très peu de bière sauf de la Guinness, bien sûr et encore deux ou trois fois par an !.
La présentation des textes qui composent ce recueil se nomme (dans les débris) où l'auteur nous explique qu'il « exhume » des notes prises çà et là.
Le bistrot chez Bellec, à Bréhec que j'irai visiter, Bréhec et peut-être le bistrot. Souvenirs d'un marin décédé loin en Mauritanie, qui sans doute baptisé à l'eau de mer souffrait d'une très grande soif. Beaucoup de morts d'ailleurs dans ces textes, Popeye, chauffeur-livreur et consommateur de bière qui un jour a loupé une manœuvre. Son copain Jeff vient arroser sa tombe, et boire une bière brune avec lui. Paul le croque-mort compte...les mises en bière mais il en boit lui aussi. Théo le buraliste et son chien vieillissant, un aveugle, une ode à l'ami qui s'est pendu, là-bas chez lui dans le Nord... Georges l'habitué des lieux avec qui l'auteur trinque.
Les personnages qui pour certains hantent ces pages sont en général des joyeux drilles, enfin ils s'en donnent l’apparence et la faconde mais on sent chez pratiquement tous une grande solitude. Pierrot Le Loup (de mer!) sur sa mobylette pétaradante arrivant de Plouezec au petit matin pour une virée en mer.
Seule femme, la pulpeuse Céline, au décolleté généreux, la fille de Raymond, décédé lui aussi à l’hôpital de Paimpol, rêve érotique de plusieurs clients, de pratiquement tous d'ailleurs. Sauf de Jimmy, lui c'est un chasseur alors les femmes ne semblent guère l’intéresser.
Beaucoup de références littéraires, et pas beaucoup de buveurs d'eau, surtout Bukowski ou Dylan Thomas, un dénommé Larry Brown, que je ne connais pas (mais je vais me soigner) il cite aussi Jean Genet et Manuel Vasquez Montalban et un poète pour qui il a beaucoup d'admiration et que je ne connais pas, Yves Martin. Parmi les amis on retrouve Alain Jegou, poète et écrivain de Ploemeur près de Lorient avec qui il a écrit la préface de « Kerouac City Blues » .
Il est aussi très surprenant de trouver mention de Freddy Martens double champion du monde de cyclisme et des équipes de football de l'Ajax d'Amsterdam et du Feynoord d'Endhoven. La Belgique et les Pays-Bas sont aussi des pays de fortes traditions en matière de bière. Une Gueuze Mort Subite par exemple !
Plein de petites scènes de la vie de tous les jours dans un bistrot du Goëlo, entre Plouha et Plouezec, donc chez moi ! Je suis un peu chauvin sur ce coup là ! Le proverbe dit que l'on n'est jamais si bien servi que par soi même !
Un bon moment de lecture dans ces petits récits intimistes et plein de retenue et de pudeur. Un peu de mélancolie et de nostalgie mais pas de tristesse. Une ode à la bière et surtout à l'amitié masculine, qui aide à combattre un vide sentimental et familial. Un livre qui se déguste lentement par petites gorgées.
J'aime bien ce genre de textes et comme en plus cela se passe dans des endroits qui me sont familiers, Paimpol, Plouezec, Bréhec, c'est encore mieux.
J'ai commencé par une phrase de Flann O'Brien, je vais terminer par une citation de Jacques Brel.
Ça sent la bière de Londres à Berlin
Ça sent la bière, Dieu qu'on est bien.
Extraits :
- Je laisse longuement macérer l'illisible.
- Je rentre à la nuit noire. Quitte le sentier des douaniers. Contourne un hameau devenu désert.
- Bréhec semble une étendue d'eau salée entrée par mégarde dans la terre.
- La nuit ronge son frein. A l'Est les pans de brouillard se détachent.
- Les noms de leurs pères (et des pères de leurs pères) perdurent, inscrits depuis des lustres sur des pierres au cimetière.
- Lui, Céline, ses seins blancs, ses formes arrondies, ses fesses bien séparées et moulées sous les jeans, il s'en branle...
- Des lignes grises s'étirent. Peu à peu l'aube, livide, dévoile falaises, port encastré, balises et amers.
- Le lieu sombre vite dans un ralenti qui dévie entre paresse et usure. La mélancolie déplie ses ailes. Elle met quelques minutes à nous atteindre.
- C'est la mémoire, cette écorchée lente, qui s'évertue à en dessiner les méandres.
- Et de répéter que la bière, à l'inverse du vin, n'avait pas besoin de soleil pour mûrir : la lune lui suffisait amplement....
- D'ici, je vois la lumière orangée tremblotante qui délimite les contours du port de Paimpol. J'aperçois, près de la pointe de Minard, des phares de voitures lancées dans les lacets.
- Personne ne sait s'il ment ou pas. Et de toute évidence, tout le monde s'en fout.....
Éditions : La digitale (2005)
DRÉAN Michel / Au coeur du Léthé.

Au cœur du Léthé.
Michel DRÉAN .
Note : 4,5 / 5.
C'est Léthé lointain, dans le temps et l'espace !*....
Il y a maintenant plusieurs années que Michel et moi nous connaissons, et la découverte d'un de ses nouveaux romans est toujours très agréable, alors en route... Et de la route dans ce roman, il va falloir en en faire (et parfois en enfer et même dans des îles paradisiaques, qui sont un peu pavées de mauvaises intentions!).
Nous sommes en 2019, l'état du monde ne s'est pas arrangé, les attentats terroristes ont rendu nos sociétés de plus en plus politisées. Le prix du pétrole flambe, les drogues synthétiques se répandent à une allure folle. En France où Brice Hortefeux a été élu président devançant Manuel Vals, la situation financière est catastrophique, des coupes drastiques dans le budget laissent des quartiers entiers à l'abandon ; alors les gangs s'installent et la loi de la jungle règne. Les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches survivants de la période « Bling-bling » sont de plus en plus riches, futiles et arrogants.
Dès lors la télévision va remplacer les antiques jeux du cirques et devenir l'opium du peuple....mais dans cette lutte à l'audimat, à la notoriété, à l'argent et à la puissance, la lutte est sans pitié.
Le titre de la première partie du livre est : L'impossibilité d'une île !
Car pour rester dans le ciné ou la télé réalité, pour que le téléspectateur (ou la téléspectatrice d'ailleurs) ait sa dose d'émotions fortes, il faut que le casting et le spectacle soient à la hauteur, même si cela semble voler au ras des pâquerettes.... Medhi est un de ces concurrents, un comme les autres.....Pour réussir ce tour de force (hauteur et pâquerettes réunies) rassemblée dans un endroit cerné par les eaux, une brochette d'hommes et de femmes venus là par nécessité ou par prétention et les faite vivre (sans vivres!) à la dure et sous le regard d'un bataillon de caméras.....Tous les ingrédients d'un grand spectacle sont réunis, mais petit à petit les participants ne sont pas ceux que l'on croyait... et les dés sont dès le départ pipés...Et quand en plus la nature s'en mêle, déréglant tout le scénario prévu, la catastrophe est proche. Mais quel était le vrai scénario ?
Dans la seconde partie du roman : le projet Léthé, nous retrouvons Medhi, rescapé d'un long voyage, aux prises avec une réalité toute différente, mais tout aussi apocalyptique. Et encore une fois il devra combattre pour sauver sa peau. Le champ de bataille a changé, la nature luxuriante est remplacée par la grisaille du béton des quartiers des alentours de Paris.
La troisième partie de ce roman est appelée « Sous la protection de l'ange ». Est-elle bien nommée ? Le monde s’apaisera-t-il ? Au bout du chemin, enfin les révélations.....Le meilleur ou le pire des mondes ...et si les deux étaient les mêmes... ?
Medhi Chariff est le héros de ce roman. Mais qui est véritablement cet homme, dont l'esprit est traversé de pensées fulgurantes ? Qui sont ces femmes ou enfants qui hantent ses rêves ? Pourquoi est-il devenu l'objet de cette chasse à l'homme ?
Parmi les nombreux personnages secondaires, j'ai beaucoup d'estime pour Novak Blasevitch et Lucie Buru, gens ordinaires mais très attachants, ils sont voisins de palier, il la protège et l'aide..Un soir de beuverie, ils ont fait l'amour, lui aimerait recommencer, elle non....mais il aidera Medhi à savoir la vérité. Les riches sont comme on le devine les résidus de ceux qui ont fait florès aux environs des années 2005 et qui sévissent encore......
Des chapitres courts pour un récit très prenant et qui malgré un éclatement géographique (Ile du Pacifique, Amsterdam, New-York, Paris, Nantes, le Québec etc...) reste très cohérent. Dans ce roman, comme dans tous ceux qui traitent du même sujet, l'avenir de notre société, l'injustice sociale et le manque de perspective pour la majorité des gens sont flagrants. Une chose est originale, c'est que le monde décrit ici est plus que plausible pour ne pas dire probable, et qu'il n'est pas très lointain...2019, c'est très proche. Certains personnages et quelques situations font malgré tout partie de notre quotidien....un peu d'humour malgré tout, bien que l'auteur ait dit qu'il avait essayé de ne pas trop faire de jeux de mots et aussi le portrait féroce mais mérité d'un personnage très public que tout le monde reconnaîtra dans la description qui figure dans les extraits.
Un très bon roman mêlant études de sociétés, roman noir et anticipation.
Extraits :
- La lutte pour la survie était partout et jusque dans les cœurs canins.
- Il venait de faire connaissance avec la tradition ancestrale des rérés de Polynésie.
- Le trou du cul du monde avait quand même de sacrées couleurs.
- Un homme de l'ombre. Le grand public ignorait jusqu'à son existence mais son pouvoir était immense.
- Certains appelaient cela un crime d'honneur. Le putain de prétexte ignoble.
- Au fond, la vie était belle même au milieu du chaos. Du pognon, de la bonne herbe, des potes qui se seraient fait tuer pour lui, des meufs qu'il pouvait cueillir autant qu'il en voulait. Que demander de mieux ?
- Il la trouva belle et s'en voulut de cette attirance qu'il n'arrivait pas à combattre et qui rendait les choses si difficiles.
- Adossée à la petite lampe halogène, près d'un vieux bouquin écorné des Kerouac, la photo de Lucie lui souriait.
- Toujours des questions, jamais de réponses.
- Toujours dans l'ombre. Dans le no man's land tortueux et obscur de la raison d'État que la raison réprouve. Au fond, il n'était rien d'autre qu'un barbouze de la science. Et cela lui suffisait.
- Delaplace regarda sa Rolex. Il se souvient vaguement de la vieille histoire d'un connard oublié qui avait bavé à la télé et que celui qui n'en possédait pas une à cinquante ans avait raté sa vie.
- Dire qu'un jour, il avait milité pour ce nabot ridicule qui voulait tout régenter du haut des chaussures à talonnettes. Comme tout cela lui paraissait loin à présent. Et si dérisoire.
Editions : Pourquoi viens-tu si tard ? (2011)
Les titres de chroniques auxquels vous avez échappé :
Télé mon bon plaisir ; Chariff fais moi peur ! ; Léthé de tous les dangers ; Léthé du Bocal ; Souviens-toi Léthé dernier, etc....
Pour ceux qui pensent que l'auteur m'a acheté pour deux apéritifs et le même nombre de photos dans la presse locale, je réponds unanimement, (ce qui n'est pas difficile étant donné que je suis le seul à répondre), « OUI » (Phrase en option!!!).
Photo Sylvie Delanoy (Ouest-France)
Autre chroniques de l'auteur sur ce blog.
DREAN Michel / Genèse et autres........ DREAN Michel / La lune dans le Kenavo. DREAN Michel / Ploemeurtre.
LE GOAZIOU Véronique / La vieille femme et les mouettes
La vieille femme et les mouettes.
Véronique LE GOAZIOU.
Note : 4 / 5.
Les âges de la vie.
Sociologue née à Toulon dont c'est le premier roman et que je découvre à cette occasion. Elle est l'auteur de nombreux autres ouvrages, essais, etc...J'ai trouvé ce livre en déambulant samedi à la médiathèque par le plus grand des hasards! Inspiré par le nom sûrement!
Un jour de pluie une femme, un plan à la main, marche et cherche une adresse, ce n'est pas simple, un automobiliste complaisant lui dit que le quartier a énormément changé et la dépose à l'endroit souhaité, une sorte de maison médicalisée où réside une vieille dame qu'elle veut revoir. Cette femme pense qu'elle aurait voulu arriver dans d'autres circonstances, sous le soleil par exemple, avec douceur pour ne pas effaroucher la vieille femme qui va sûrement être surprise. Elle se souvient de son enfance ici même avec son père et sa famille, les marins buvant au café, les problèmes familiaux, les drames, le quartier détruit par les bombardements. La ville rebâtie un peu plus loin, la reconstruction de la vie elle aussi suit son cours. Cette vieille femme, malgré son handicap, parle d'un tableau, une marine avec au loin une voile blanche, celle d'un bateau qui coule...avec une nuée de mouettes tourbillonnantes dans le ciel.
Les deux femmes se remémorent leurs vies et leurs souvenirs communs, les relations familiales tendues, les veuves nombreuses.... et la mort toujours présentes, en mer ou à la guerre.
La narratrice, jeune femme dont nous saurons peu de chose, est partie un jour après avoir fêté son anniversaire, il y a dix-sept ans déjà. On devine un drame, un de plus...Elle espère une réunion de famille, elle la souhaite même, peut-être bientôt hélas? La vieille dame, Mamina dont la description par l'auteur est très belle et pleine de pudeur, visage mêlant jeunesse, mais aussi la marque des années. Elle est aveugle et un peu délaissée par sa famille et repense à son mari, Adrien, garçon à la santé défaillante qu'elle a connu à Haguenau où il était au sanatorium, qui sera marin, et mourra à la guerre. Elle, Alsacienne mariée à un Breton installée dans le pays de son mari, veuve maintenant, lui Breton marin, puis soldat mort et enterré dans les terres natales de son épouse! Sa tombe dans l'ancien cimetière est vide, comme celle d'un marin péri en mer. Cruel destin. Zelda « la folle », Vincente sa mère, l'oncle Raymond sont les autres membres de la famille, enfin étaient pour certains, Zelda est morte en « maison » peu de temps après son départ...la vie a passé pour tous..également pour les marins, vieux dorénavant, qui font partie du décor et des souvenirs. Et bien sûr les mouettes qui, elles, assurent le fond sonore. Les femmes de salle, ombres de tous les jours....
Un roman étrange dans lequel j'ai eu beaucoup de mal à situer les personnages et qui a nécessité de nombreux retours en arrière. Une belle histoire, mais ce n'est pas une lecture facile car le récit est volontairement (enfin il me semble) très intimiste et dévoilé par très petites touches. J'ai beaucoup aimé l'écriture, en particulier les descriptions aussi bien des personnages que de la nature environnante. La tempête en bord de mer est par exemple très bien rendue. Un moment très touchant est la narration des enfants devenus adultes venant chercher leurs mères pour les fêtes de Noël, c'est très beau, plein de poésie et de douceur.
Un ouvrage sur une famille et ses secrets, ses querelles internes, les on-dit et les problèmes d'argent. Un livre que j'ai aimé même si j'ai l'impression étrange de ne pas en avoir compris toutes les subtilités! Une anecdote, la maison où séjourne la vieille femme se nomme « Lucia » qui était le nom de jeune fille de ma grand-mère maternelle.
Extraits :
- Il parlait aussi de la mer.
- Où qu'ils se trouvent, leurs regards portaient toujours vers la mer.
- Au bout de quelques secondes, la vieille femme lui aurait dit d'entrer.
- Un marin qui ne serait jamais parti, qui aurait eu la casquette et les yeux bleus, et la peau comme du miel, et les mains couleur fauve.
- Les marins ne riaient pas, les marins à la peau salée qui avaient connu avant que ce soit le nouveau village.
- Comme un clown triste avec sa bouche et gai avec ses yeux en même temps.
- La ligne du temps passe en plein sur son visage.
- Nul n'était admis dans ce ballet obscur et c'était beau. Depuis leur niche rocheuse des mouettes lançaient de longues plaintes. Leurs sanglots étaient repris par le vent et promenés sur la lande. Leurs cris venaient cogner contre la fenêtre des maisons.
- Je ferme les yeux pour voir les images d'avant. C'est comme ça que je peux te chercher, chercher ton visage, retrouver tes traits.
- Vous aviez la haine en vous.
- Vous allez mourir, n'est ce pas ?
- Ainsi, aurait-elle eu le sentiment de faire une fois partie de la famille.
- Il fallait qu'elle s'habille belle.
Éditions : La table ronde (1996)
LE RUYET André / Du rififi au gagatrorium.
Du rififi au gagatorium.
André Le RUYET .
Note : 4 / 5.
Protégez nous des vieux......
Commençons par la fin...la quatrième de couverture, et là bonne surprise. Un très beau texte de Jacques Thomassaint et non pas le vulgaire coup de brosse à reluire dont on nous gave habituellement.
Je croise André depuis quelques années maintenant dans différentes manifestations littéraires, mais je n'avais pas eu l’occasion de lui parler, ni de le lire, la première chose est faite et je suis en train d'accomplir la seconde.
Nous sommes dans le bourg de Kervraz, dans le Morbihan (pour plus de précisions, ne cherchez pas plus loin, vous perdriez votre temps et aussi peut-être votre argent!).
Donc ce matin-là, Sylvain Mériadec, qui ne se doute de rien, ouvre des yeux ébahis à la lecture de son journal quotidien comme chacun le sait, car la nouvelle qu'il lit le dépasse, elle dépasse même l’entendement (et pour dépasser l'entendement, il faut y mettre du sien). Donc je vous livre ces quelques lignes avec la plus extrême prudence (les âmes sensibles ont encore le temps de changer de blog ):
« Une octogénaire agresse sauvagement un groupe de jeunes skinheads ».
On remarque au passage que les skinheads sont toujours jeunes, ce style de comportement ne doit pas supporter le poids des ans.
Vous aussi, vous en êtes bouche bée...Sylvain veut en avoir le cœur net et va voir Rivoal Kermabon, le plumitif témoin de la scène qui lui narre l'histoire dans le détail (et dans toute sa sauvagerie!). Revenons à notre octogénaire courageuse qui répond (quand on lui demande gentiment) au doux nom de Maryannick Carréric et qui est pensionnaire à Saint-Michel, la maison de retraite, non pas de Russie, mais du bourg, qui est devenue à l’insu de son plein gré l’héroïne du pensionnat.
Mais voilà, ce fait divers qui n'était que local devient national. Par quel mystère ? Une taupe (pas nécessairement sud-africaine, mais forcément sud-morbihannaise), un espion, matricule OSS561 ? Un bavard, buvard buvant bavant, pris et épris de boisson, ayant abusé de chouchen mal alambiqué un soir de fest-noz ?
Et la télévision débarque telle (au choix) :
1) la cavalerie américaine dans un western,
2) un essaim d'abeilles dans la campagne ou
3) une invasion de sauterelles dans le Sahel,
chez ces pauvres indigènes rustiques et parlant à peine le français. Et aux grands maux les grands remèdes, c'est le seul, l’illustrissime, le grand reporter habitué aux missions périlleuses, Edmond-Charles de la Vasière (l'homme qui par manque d'eau boit son pastis pur dans une contrée désertique et aride du monde), lui-même en chair et en os qui arrive sous le regard indifférent des habitants du bourg plus occupés par le pardon de Saint-Cornély, saint patron, comme son nom l'indique, des bêtes à cornes !
Et quand la télé est là, rien ne va...sauf à vaux l'eau (de pluie diront les mauvaises langues, et à veaux en ce jour béni où les maris trompés peuvent sortir la tête haute !) ...c'est l'heure où l'on regrette Léon Zitrone et Guy Lux, c'est l'école des fans version fanée et apocalyptique, bref c'est aussi « Fantasia chez les ploucs » version originale sur le tas. Ou la version moderne et un peu modernisée de « Chef d’œuvre en péril », ou « Cinq colonnes à la une » remake décati, bref la télé grand pourvoyeur d'émotions calibrées, regardez, nous faisons le reste. Scoop, que ne ferais-je point en ton nom (et pour mon compte en banque et ma notoriété, les deux allant de paire) !
Et l'on paye une redevance pour cela....la vie est bien injuste ma bonne dame. Saint-Michel, priez pour nous.
La civilisation est en marche, Kervraz prend garde à toi....car la vie du bourg va être bouleversée et Maryannick menacée et quand on découvre le corps d'une vieille dame noyée dans l'étang....la maréchaussée (de brodequins en cuir de vache?) se met en mouvement...Car il s'avère rapidement que l'étang devient de plus en plus accueillant pour les cadavres !
Un panel (je parle très TV sur ce coup là!) de gens plus improbables les uns que les autres. Au tableau d'honneur des personnages, commençons par Maryannick Carréric, vedette malgré ou à cause d'elle, c'est une battante et le mot n'est pas trop fort. Mais elle est un peu dépassée par les évènements et cela peut se comprendre, la pauvre. Un petit mot pour Martial qui a dû comme moi écouter Gilles Servat et sa chanson « Je dors en Bretagne ce soir» et qui, tel un envoyé spécial d'une télévision soviétique, demande l'asile du sang et du cœur et ne rentre plus à Paris ! Un autre personnage se nomme Yvon, je transcris plus bas la description qu'en donne l'auteur et prévenant qu'André et moi nous ne nous connaissions pas quand ce livre a été écrit. Donc la phrase « toute ressemblance avec des personnes existantes etc... » est nécessaire ! Des Dalton punkissant plus bêtes que les vrais, un brave gendarme, la vie d'un bourg de Bretagne avec ses rires et ses larmes.
Et il y a Funcky.....aussi....
Les chapitres sont précédés d'une phrase en guise de pensées ou de présentations souvent signées de grandes plumes, en voilà quelques exemples :
« C'est beau un bourg en plein jour !» (Richard Borhinger).
« Ça va barder ! « (Peter Cheney).
« Aux armes, mitoyens ! » (Rouget de l'Isle).
« Il existe, nous en avons la preuve, des armes de destructions massives dans les asiles de vieux » (Tony Blair ). « Ouf ! Ça y est on arrive au bout ! » (mes lecteurs chéris) (André Le Ruyet). Pour le dernier chapitre, bien sûr.
Une caricature grinçante des mœurs actuelles, télévisuelles, politiques aussi bien nationales que locales. C'est paillard, jovial, sans aucune prétention, bref un moment et une lecture très jubilatoire. Un roman qui n'engendre pas la mélancolie et c'est primordial en ces moments de grandes morosités.
Dans la liste des gens à qui cet ouvrage est dédicacé au bout de la liste :
Et à moi-même parce que c'est moi qui a écrit le bouquin.
Tu as raison André, on n'est jamais si bien servi que par soi-même.
Extraits :
- Et Yvon, le paumé illettré qui gagnait péniblement sa croûte en dépeçant à longueur de journée des volailles à l'usine d'abattage du coin.
- Dallas e Kreiz Breiz démarrait son feuilleton inattendu.
- D'habitude, on repérait tout de suite les parents à leur tronche ravie de passer sur le petit écran, le mec s'était forcément rasé de frais et la nana s'était fendue d'une visite au visagiste champion de France le plus proche.
- …. et aussi Martial, que l'appel des dieux celtes et l'odeur de l'andouille de Guéméné, appelaient fermement à regagner le bercail.
- Le lendemain ils arrivèrent, et ceusse de la presse écrite, les besogneux du scoop à faire vendre du papier.
- Et que l'aire de jeux va résonner d'injures bretonnes bien senties, et qu'on va entendre des gast et malartouilles !
- En plus, le monsieur avait le sourire rassurant de Landru allumant sa cuisinière par un froid matin d'hiver.
- Kervraz, comme tous les bourgs de Bretagne, avait son propre microclimat qui ne se dégradait qu'à l'arrivée des touristes, ce qui prouve que c'était de leur faute.
Éditions : JODEM (2005)
MADÉZO Charles / Bavure dans le béton.

Bavure dans le béton.
Charles MADÉZO .
Note : 4 / 5.
Quand le bâtiment va......
Première incursion dans le roman policier de cet auteur natif de Douarnenezque je croise parfois à la médiathèque de Lorient.
Un homme écoute sa propre confession faite à son avocat suite à la mort de Diane Perle :
Voici, maître, l'enchaînement des faits .
Il avait été contacté par cette femme suite au décès de son fils dont le cadavre avait été retrouvé en mer trois semaines après sa disparition. A l'époque la thèse de l'accident avait été retenue par les policiers et l'état du corps n'avait pas permis de découvrir quoique ce soit qui justifie une enquête plus approfondie.
Patrice connaissait bien Henri ; ils avaient fait une partie de leur carrière professionnelle ensemble dans différents groupes de travaux publics. Diane Perle est convaincue que la mort de son fils cache autre chose qu'un banal accident de voile. Pour cela elle est prête à payer Patrice au prix fort pour qu'il enquête d'une manière discrète auprès de ses ex-collègues de travail ou associés. Ce qu'il va découvrir est encore pire que ce qu'il pensait, lui qui avait quitté le groupe que Perle avait créé avec Loisel et Gabelin, entreprise au démarrage foudroyant, maniant la corruption et le chantage. La légalité il faut toujours la frôler, mais lorsqu'on la dépasse le faire de manière discrète. Les cadeaux d’anniversaire aux épouses, les enveloppes aux hommes politiques sont monnaie courante.
Diane est persuadée que son fils a été assassiné par ses associés, car les malversations ne manquent pas et donc les motifs non plus....En sous main la société finance un club très privé et très prisé de certains clients pour qui une nuit entre les bras d'une très belle femme peut aider à l'obtention d'un marché. La construction d'un hôtel en Corée du Nord, style marché de dupes, un chantier à New-York ou l'architecte qui a conçu le projet est proprement éjecté …Mais le dilemme de Patrice est le suivant, vis à vis de Diane sa cliente ; que veut-elle entendre : la vérité ou sa vérité ?Patrice est l’enquêteur involontaire, il connaissait Henri mais pourquoi l'avoir choisi lui ?
La famille Perle, Diane la mère, Henri le fils décédé. Une mère pour le moins envahissante, un fils anglican strict qui découvre le côté obscur et peu honnête de sa société et de ses plus proches collaborateurs! Parmi ceux-ci, Loisel est le salaud de service profitant de son statut d’associé qui a toujours raison, pour régner sur l'entreprise.
Un personnage hors-normes pour qui j'ai beaucoup de sympathie Gilles Dallon, homme politiquement incorrect, style anarchiste, peu respectueux des règlements, mais expert dans son domaine. Sophie, gloire et décadence au sein d'une entreprise suivant que vous couchiez ou non....Agnès, elle couche, mais c'est son boulot et cela n'empêche pas une certaine méfiance....Un marin un peu trop riche, un architecte évincé, un directeur financier spécialiste du camouflage en tout genre, une amie d'enfance amoureuse déçue, une galerie de personnages pas toujours très recommandables.
De l'univers des boîtes de nuit parisiennes où en fond musical l'auteur pense reconnaître du Henry Purcell..... de l'île de Batz au VIIIe arrondissement de Paris.
Un roman sur un sujet que l'auteur connaît très bien, du fait de sa profession d'ingénieur des Travaux Publics.
Une enquête qui paraît somme toute classique dans un monde où règne la loi de la jungle (urbaine bien entendue) . Une découverte, car la collusion entre le monde du bâtiment et celui de la politique est clairement énoncée ici. Entre petits cadeaux et arrangements avec les règles normalement en vigueur, il semble que corruption et prostitution soient les deux mamelles de la construction ! Une lecture très agréable, mais un constat assez terrifiant :
Payez, nous bâtirons notre fortune !
Très différent de ces autres écrits, mais aussi réussi. Une touche d'humour : un ministre nommé Norbert Roulin.....
Extraits :
- Car pour moi un doute subsistait. Je connaissais trop les magouilles, les conflits d'intérêts qui en découlent et les tensions qu'elles tissent dans le monde du BTP.
- Le terme de conduite forcée peut aussi s'interpréter sur le plan psychologique. Mise en pression du moral. De la morale.
- Du beau monde, issu de la banque et de l'équipement. Aussi quelques élus, députés ou maires de grandes villes.
- Les hommes sont des marionnettes. On les manipule facilement au moyen de deux ou trois ficelles. À savoir les femmes, l'argent et la vanité.
- Une erreur que de recourir aux analyses trop subtiles. Le fric et le sexe. Rien d'autre.
- Dallond était laid, d'une laideur incontestable. Il en souffrait. Un tel lot est souvent pour un homme le ressort d'étranges comportements.
- Dans ce monde, la vérité n'est pas souvent dans les attendus des tribunaux.
- La reconnaissance est, chacun saurait illustrer pour son compte cette triste sentence, un sentiment dont le bienfaiteur n'est jamais assuré.
- La beauté des femmes est une maladie dont les hommes mettent du temps à guérir, sans parler des innombrables rechutes.
- Sans doute la raison, pensais-je ingénument, pour laquelle les pizzas prennent l'avantage sur les crêpes dans l'alimentation des Bretons.
- Prenez garde, vous êtes un naïf parmi des truands.
Éditions : Palémon (2010).
Autres chroniques de cet auteur sur ce blog :
MADEZO Charles / Chroniques du Moulin Vert.
MADEZO Charles / La cale ronde
Le CHEVÈRE Jean-Claude / Le voyage de Mélanie.

Le voyage de Mélanie.
Jean-Claude LE CHEVÈRE.
Note : 5 / 5.
Le parfum de l'argent. *
Il y a peu de temps par le plus grand des hasards, j'ai emprunté à la médiathèque « La cour des petits » de cet auteur que je ne connaissais pas. Ayant beaucoup aimé le titre que je viens de nommer, je récidive avec celui-ci. Aussi bon, mais dans un genre complètement différent.
Nous suivons les aventures de Mélanie qui vit à Bourg-la-Colline, qui aurait tout pour être une charmante bourgade, si elle n'avait comme industrie une usine à mochons, et surtout l'odeur qui va avec ! En effet l'air est pestilentiel, les gens sont obligés de porter un masque. Le père de Mélanie restaurateur a dû fermer boutique, faute de clients, l'école n'est plus assurée, car aucun instituteur ne veut s'installer dans le bourg. Les habitations ne valent plus rien sur le marché de l'immobilier, même les chasseurs se plaignent, car il n'y a plus un seul animal comestible dans la campagne ! Il y a une autre industrie qui prospère malgré tout, c'est celle qui fabrique les masques ! Directement du producteur au consommateur, deux qualités de fabrication, pour la direction ou pour les ouvriers, là aussi il y a de la ségrégation, ce n'est pas la peine de se voiler la face. Mélanie, du haut de ses quatorze ans et pas dupe de voir sa mère batifoler avec le directeur de l'usine, décide d'aller voir si l'air est plus pur ailleurs et découvrir enfin le sens de ce mot magique « iode ». Car penchons-nous un peu sur l'existence de cette enfant, vivant en pension, car il n'y a plus d'école dans un rayon de vingt kilomètres, à cause de l'odeur. Elle est comme tous les enfants du bourg reléguée au fond de la classe (avec un périmètre de sécurité de quelques rangs de chaises) chahutée par les autres élèves, accusée de se parfumer au Purina ! Bref on comprend très bien qu'elle ne puisse plus sentir la vie qu'elle est obligée de mener.
Mais le voyage sera dur, le pays est devenu un no-man-land dévasté. La rivière qui jadis fournissait une eau d'une pureté exceptionnelle commercialisée sous le nom poétique de Kristal, est devenue un cloaque immonde où seul un poisson mutant nommé par les quelques rares habitants restant « mange merde » survit encore ! Elle trouvera également sur sa route quelques cadavres, puis elle sera hébergée chez une dénommée Marie, dont le jardin sert de cimetière. Et qui semble connaître son père ! Elle lui donne l'adresse d'une boulangerie dans un village avoisinant, lui conseillant de s'y rendre. Là, elle entendra parler d'une mystérieuse « Chaîne » dont fait partie son père, Marie et le vieil homme qui tient la boulangerie ! Elle poursuit ensuite sa route vers la ville de Saint Martin, à la fois curieuse et anxieuse de ce qu'elle va trouver....Et dans ce monde, la contestation est présente contre les faiseurs d'argent et d'odeur, le clergé ici a choisi son camp, celui des riches...Mais la route qui conduit à la mer est encore longue et semée d'embûches, mais elle trouvera un compagnon de voyage. Jusqu'au jour où un matin, dans une chapelle, elle verra un spectacle insensé, une vieille femme sans masque.
Un roman où les personnages principaux sont des gens qui semblent bien ordinaires, mais pas seulement. Mélanie, un peu par dépit et déçue par l'attitude sa sa mère, décide que quitter sa famille ; son père, sous ses aspects dociles, est en réalité un rebelle, sa mère court après sa jeunesse perdue. Marie sera la première personne rencontrée par la jeune fille sur la route de la découverte du monde extérieur qui lui semble meilleur ! Et malgré tout celle-ci semble avoir un secret ! Le vieil homme tenant la boulangerie que Mélanie surnomme « Cousteau », chez qui elle découvrira un livre quasiment interdit « Le parfum » de Suskind ! Deux autres personnages âgés également, lui offriront le gite et le couvert à Saint Martin. Puis elle rencontrera un barman, puis un retraité de la RATP appelé « Le philosophe » qui lui enseignera la vie et lui apprendra qu'il faut garder espoir, malgré tout !
Sous un aspect parfois comique, ce livre pose en réalité un des grands problèmes de la Bretagne actuelle, et d'autres lieux également . L'élevage intensif, et ses pollutions odorantes ou autres ! Car, ne nous trompons pas, si ce livre est une fable écologique, c'est aussi un terrible constat social, l'argent soit, mais à quel prix ! Celui de la planète, de notre bonne vieille terre ! Le slogan qui était placardé un peu partout en Bretagne il y a quelques années « Vivre au pays » va-t-il être remplacé bientôt par « Crever au pays »? L'argent n'a pas d'odeur, paraît-il ! Vœu pieux ou publicité mensongère ? Le monde court à sa perte, et ce livre nous donne une vision cauchemardesque de l'avenir. Quelle cochonnerie ce mochon ! Car il faut se souvenir que ce mochon est d'ailleurs passé à la postérité dans certains proverbes, phrases populaires ou dictons, comme celles que je vais énumérer maintenant : Mochon qui s'en dédit ! Avoir un caractère de mochon, (désolé de parler encore de moi), ben mon mochon ! Dans le mochon, tout est bon ! Expression que je soupçonne fort d'avoir été créée par un syndicat d'éleveurs !Un temps de mochon (ce qui n'est jamais le cas en Bretagne !) Et une dernière pour la route : puer comme un mochon ! Une chanson un peu grivoise dit même que tous les hommes sont des mochons! Mais attention un mochon peut en cacher un autre beaucoup plus vorace! Ne dit-on pas aussi « Copains comme mochons! ».
Décidément cet auteur gagne a être connu et lu !
Extraits :
- N'empêche que les masques des patrons sont plus efficaces que les autres où ça pue autant dedans que dehors. Ils en ont même un peu parfumé.
- Ancien, parce qu'il n'y a plus ni vrai poisson, ni lapin, ni oiseau sur la commune. À part les corbeaux et les mouettes.
- Tous ont fermé. Toujours à cause de l'odeur. Il y a eu des manifestations. Le gouvernement a proposé des primes aux volontaires. Ça a fait rigoler tout le monde.
- Parisien, ici, c'est le fin du fond, le mot contient tout ce que l'on peut reprocher à quelqu'un, le mépris par tonne. Les Parisiens ont tout vu, tout fait, tout lu, tout entendu.
- Maintenant tout le monde fait des études, même ceux qui ne savent pas lire, et personne ne doit plus coucher dehors. C'est ça le progrès.
- Elle a simplement ajouté, beaucoup plus tard, alors que je m'étais installé devant la bibliothèque : « ici, c'est la mémoire du pays. »
- La campagne empuantie masque l' image d'une toile d'araignée souterraine ; les résistants, les anti-pollueurs, les partisans du parfum.
- Des centaines de bougies brillent dans le chœur et dans toutes les niches de la muraille. Je me suis avancé pour lire les ex-voto. Tout ici est dédié à Saint-Roch.
- Lui aussi est entré dans le monde de la violence. Ils ne pensent tous qu'à s'entre-tuer, comme s'il y avait besoin de mort pour que le pays revive.
Éditions : La folle avoine (200o).
Autre chronique de cet auteur :
La cour des petits, ici.
Titre d'un roman de John Broderick, ici.













































