Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

« On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer ». Xavier Grall.

19 juin 2008

COOK Kenneth / A coups redoublés

A coups redoublés.
Kenneth COOK
Note : 5 / 5
Une soirée calme à l'hôtel Calpe.
Troisième roman de cet auteur australien que je lis. Encore un livre décoiffant montrant une Australie loin des clichés habituels.
Ce roman commence dans un tribunal, trois voix interviendront tout au cours de l'histoire, le procureur, l'avocat de la défense et le juge. La question est quelqu'un est mort, cela est acquis, mais volontairement ou pas? Accident et malchance? Témoignages plus qu'alcoolisés brouillant les pistes! Le tribunal vous rappelle les faits pour un jugement en votre âme et conscience!
Le décor du drame est un hôtel australien, qui sert de lieu de détente ou plutôt de défoulement à une jeunesse qui vient pour boire et se trouver un ou une partenaire pour une soirée. John Verdon est chargé d'estourbir les boeufs à l'abattoir , et il a travaillé ce samedi matin. Et pas trop bien, il a eu des problèmes avec deux des animaux, ce qui ne l'a pas mis dans de bonnes dispositions, et son temps de boisson en est donc réduit d'autant. Il est accompagné de son ami Bob Harris, l'égorgeur de service aux abattoirs, il rencontre d'autre bouchers, la bière coule!!!!!Peter Watts est seul, il est toujours seul, ne s'intégrant dans aucune bande, perpétuellement rejeté malgré toutes ses tentatives. Il cherche une fille pour la soirée, une jeune brune à l'opulente poitrine l'inspire, il s'en approche doucement, ce qui entraîne des remarques désagréables de la part de John. Car en plus de sa consommation d'alcool, John a son quota de sexe à remplir(?) deux le samedi, un le dimanche. Et ce samedi à sa question rituelle « Tu veux baiser », la fille répond «  5 dollars ». La moitié de sa récolte est faite mais il est un peu vexé! Car ses statistiques le prouvent, à force de demander en nombre suffisant, il y a toujours une réponse positive ou même plusieurs! Surtout que le jeune « Pédé » fait du charme à la brunette qui a refusé ses avances! Buvons un coup, cela fera passer la pilule! Surtout que les problèmes arrivent à grand pas, après le sexe, la bagarre!
John Verdon a vingt ans, être frustre, il aime son métier, tuer un animal l'enchante, l'amenant presque à la jouissance. Sa vie est bien réglée, boulot, goulot et dodo. Le week-end, s'il trouve quelques filles saoules et consentantes, c'est bien mieux. Mais attention, faut pas le chercher l'abatteur, surtout quant il n'a plus toutes ses facultés, enfin s'il n'en a jamais eues d'ailleurs.
Peter Watts, lui, a dix-sept ans, ses longs cheveux blonds et la chemise qu'il porte ce soir là le font cataloguer de « pédé » aux yeux des nombreux hommes de l'assistance . Et puis n'a-t'on pas idée d'être bien habillé, mais pieds nus sur une piste de danse, et en plus faire du gringue à une fille qui est convoitée par un autre, ce n'est pas forcément une très bonne idée! Même si la fille semble consentante ou même dans un état second!.
Mick Buchanan, le gérant de l'hôtel, connaît toutes les ficelles du métier, même celles qui frisent l'illégalité . Mais comme tout bon citoyen, il participe aux bonnes oeuvres de la police, enfin aux bonnes oeuvres du représentant de l'ordre des environs. Il se débarrasse du personnel à sa guise, donc la loi du silence règne en cas de coup dur. L'auteur le dépeint comme un être hideux. Son seul point faible, son chat Mol, qui lui aussi est un monstre.
Bob Harris, lui c'est le bon copain, tour à tour tentant de raisonner John, et peu après lui obéissant servilement.
A la lecture de ce livre, on se demande si les week-ends de notre douce France ne sont pas des kermesses paroissiales! C'est alcool et sexe à volonté, et violence avec ce côté affaire entendue, c'est comme cela, pourquoi changer les mauvaises habitudes! Il y a dans cette oeuvre un côté glauque et désespéré et également désespérant! Inéluctablement on sent la catastrophe venir. Une chute finale en forme de feu d'artifice, pour clore ce roman inclassable avec encore une fois des personnages plus pitoyables les uns que les autres!
E
xtraits :
- J'irais plus loin : ils vous ont donné un aperçu de l'enfer, un enfer qui s'est tissé dans la fibre même de la vie civilisée, de notre quotidien.
- D'ailleurs, vu de dos quand ils trottinaient dans l'hôtel, côte à côte, ils ressemblaient à un éléphant et son éléphanteau.
- « Tu refuseras de servir un homme seulement s'il menace de tout casser ».
- Le juge :
J'attire votre attention sur une question légale : personne ne peut être reconnu coupable de meurtre si la malchance est seule responsable.
- Il aurait été aussi contraire à son code d'étique d'escroquer son propriétaire que de ne pas escroquer sa clientèle.
- Mais cela ne le dérangeait pas, la bagarre faisait partie des activités du week-end, au même titre que la fornication.
- Le juge:
Je vous prie de garder à l'esprit que vous êtes ici pour juger les faits, et non la morale.
- Il buvait de la bière depuis midi, sans interruption, et le peu de cervelle qui lui restait flottait dans l'alcool.
- Son corps se soumit alors à l'instinct du vingtième siècle qui offre à un homme incapable de tenir debout la faculté de conduire une voiture.
- Une matière violacée que l'étiquette garantissait sans viande de kangourou.
Éditions : Autrement.
Titre original:
Bloodhouse (1974)
La chronique de Cathe : et celle de Michel.
Mes chroniques pour « 5 matins de trop » et « Par dessus bord »

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05 juin 2008

COOK Kenneth / Par-dessus bord

Par-dessus bord.
Kenneth COOK .
Note : 4 / 5.
Santa Maria, priez pour lui.
Roman écrit en 1967, il a mis quarante ans à être traduit! C'est loin l'Australie, surtout en bateau de pêche!Ce livre est basé sur des faits réels. Ma seconde expérience avec cet auteur après l'excellent « 5 matins de trop ».
Nous sommes à Bernardine, petit port de pêche de Nouvelle-Galles du Sud. La population est divisée en trois catégories, les blancs, les aborigènes et les métèques. Ces derniers sont des pêcheurs italiens qui ne sont guère appréciés par les deux autres couches de la population. Alors, lorsque l'un d'eux se noie, malgré l'aide de Jack et que ses frères décident de vendre le bateau, les clients ne se bousculent pas.Seul Jack semble intéressé, mais il lui faut réunir l'argent. Et là ce n'est pas de tout repos et on ne peut plus risquer. Il mise tout sur ce bateau, le Santa Maria, l'achète sans être sûr de son crédit, son épouse lui crie casse-coup, mais Jack s'entête. Hélas ce navire n'est pas en très bon état, l'administration lui refuse l'autorisation de pêcher. Jack prend la mer malgré tout avec Bill avec qui il travaille depuis longtemps et deux marins qu'il a sauvé de la noyade. La pêche commence bien mais le banc disparaît, le montant de la vente ne suffit pas.... Le thon se fait attendre, l'eau est trop froide, elle n'atteint pas les 16 degrés nécessaires pour ce poisson . Le temps passe, la prise de quelques espèces de moindre qualité ne couvre même pas les frais, alors quant à finir de verser l'argent promis....Au bout du rouleau Jack tentera le tout pour le tout......
Jack Foster vivote, il supporte mal, comme tous les autres hommes du village que les pêcheurs italiens gagnent mieux leur vie que lui, alors quand il rachète un de leurs bateaux, il pense qu'enfin la vie va lui sourire. Il est courageux, aussi bien à terre quand il prend la défense d'un pêcheur italien, qu'en mer en participant à un sauvetage ou en essayant de sauver un enfant malade. Mais l'obsession qu'il porte à l'achat de ce bateau ne le laissera pas intact. Un homme pris dans un engrenage qu'il ne maîtrise plus. C'est une version moderne de « La bourse ou la vie ».Son épouse et son copain Bill ne lui sont plus d'aucun secours, il refuse tous les conseils, allant même dans une dernière tentative avant le naufrage, à entrer dans l'illégalité.
Si « Cinq matins de trop » avait la couleur du bush australien, ce roman a la couleur de l'océan. Mais une mer qui virerait au rouge, couleur du thon, couleur du sang de ce poisson, couleur du sang des hommes également.
Mais bizarrement ce livre me semble plus « apaisé », la sauvagerie gratuite est quasiment absente à part une bagarre dans un pub, l'alcool n'est pas consommée en grande quantité. La pêche au thon n'est pas comparable au massacre des kangourous. Mis à part leur mépris des « métèques », ce sont des gens bien avec les qualités et les défauts des marins, mais d'une grande ignorance culturelle. Je n'ai pas ressenti ce choc que m'avait procuré « Cinq matins de trop », mais c'est un bon livre, pas un chef d'oeuvre.
Extraits:
- Mais où ces salopards trouvaient-ils tant de fric?
- La plupart était d'anciens pêcheurs et les nouvelles de la mer ne manquaient jamais de les fasciner.
- Il savait que les métèques venaient du nord de la Méditerranée. Au sud les habitants s'appelaient des « bougnouls ».
- On ne change jamais le nom d'un bateau, cela porte malheur.
- Bon Jack, tu as ton bateau, je te souhaite une bonne saison.
- ...on buvait toujours de la bière quand on sortait à Bernadine, même en hiver quand elle était si froide qu'elle faisait mal à la gorge.
- Il voulait ce bateau avec une passion qui s'apparentait à un désir charnel.
- Entre eux, les pêcheurs de Nouvelle-Galles du Sud était d'une honnêteté irréprochable, mais, à leurs yeux, les Japonais étaient encore plus éloignés de la race humaine que les Italiens.
- Foster comprit ce qu'il voulait dire...C'était une allusion gênée au fait qu'il leur avait sauvé la vie.
- Ah, il n'a pas de bol, ce pauvre bougre! observa Yates.
Et oui, renvoya Denton. Enfin, ainsi va la vie.
Éditions : Autrement Roman.
Titre original : Tuna (Australie) 1967
La chronique de Cathe .

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23 avril 2008

COOK Kenneth / Cinq matins de trop

Cinq matins de trop.
Kenneth COOK
Note : 5.
Voyage au bout de l'enfer.
Ayant lu de bonnes critiques sur ce livre, je me lance dans l'aventure. Il est à signaler que ce roman a été écrit en 1961! Kenneth Cook, né en 1939 et décédé en 1987, est très populaire dans son pays d'origine. Ce roman fut adapté au cinéma sous le titre « Outback ». Très peu de ses romans furent traduits en français.
John Grant enseigne à de charmants bambins dans une charmante bourgade de « l' Outback » au fin fond du désert australien. Un peu d'espèces et le chèque de son salaire en poche, l'année scolaire est finie. Homme de la côte, il désire partir en vacances au bord de la mer le plus tôt possible. Pour ce faire, après 6 heures de train, il arrive dans la charmante grande ville des environs, Bundanyabba ( les familiers disent Yabba) qui possède un aéroport avec des vols pour Sydney. Yabba est pour le chauffeur de taxi « La meilleure ville d'Australie » que tout le monde aime. Le représentant de la police qui répond au doux prénom de « Jock » prétend que c'est la ville sûrement la ville la plus honnête d'Australie. Un peu de chauvinisme local et d'exagération, mais pourquoi ne pas croire des gens si aimables et puis il n'est là que pour une nuit.
Après avoir bu quelques bières avec le représentant des forces de l'ordre, avoir mangé un repas indigne et indigeste, il se laisse tenter par quelques parties de pile ou face, car il a une douzaine d'heures à tuer!Suite à une période de chance il se retrouve avec un pécule de 300 dollars ; il décide de rentrer à l'hôtel pour réellement voir de près cet argent. Il le regarde, puis une idée lui vient, il se rhabille et repart dans la nuit...
Au matin nous le retrouvons ayant tout perdu au jeu, même son chèque de salaire, il n'a plus les moyens d'aller à Sidney, ni même de payer sa chambre d'hôtel. Est-il possible de survivre six semaines dans cette ville, certes charmante avec des habitants si aimables et familiers?
Grant, instituteur, est un homme normal. Enfin il le pensait et il l'était sûrement. Jusqu'à cette nuit où il a tout perdu au jeu, son argent et tout son sens de la vie civilisée. Mais il va connaître l'alcool à très forte dose, une femme croqueuse d'hommes , et camionneur méprisant, la drogue et la sauvagerie de la chasse au kangourou de nuit avec voiture et projecteur. Il sombrera dans la déchéance morale et physique, vivant d'expédients ou aux crochets de gens qui l'invitent.Il va connaître des matins blafards, des gueules de bois carabinées, la bière au réveil en guise de petit déjeuner pour tenter d' atténuer la douleur de l'alcool, mais aussi pour repartir pour une autre monstrueuse cuite. Un jour réunissant le peu de raison qu'il lui reste, il partira encore, en camion, cette fois pour le voyage de la dernière chance.
Les descriptions des moeurs des habitants de l'ouest australien n'incitent pas à en faire un lieu de vacances privilégié. De mineurs « brutes épaisses » en médecins alcooliques, en passant par des jeunes filles un peu nymphomanes, le voisinage, même s'il est d'une promiscuité relative n'en est pas moins inquiétant. On a l'impression que ce livre aurait pu servir de modèle à Jim Jarmush quand il a écrit le scénario de « Dead Man ». Dans ce roman, les bisons massacrés par les chasseurs en train sont remplacés par des kangourous et le train par un quatre-quatre. Le même long voyage initiatique d'un homme égaré dans un monde de violence qui peu à peu l'amènera à un point de rupture.Un excellent roman noir, très noir mais superbement écrit. Cette région d'Australie se prête très bien à des romans durs, à cause d'une violence due en partie à l'ennui qui y règne, à la distance entre les villes et surtout à l'absorption massive d'alcool divers. Je pense à « L'opale du désert » de Janet Turner-Hospital, « Cul de Sac » de Douglas Kennedy,  « Femme en mer intérieure » de Thomas Kenneally,  « Les noces sauvages » de Nikki Gemmell ou pour finir « Secrets Barbares » de Rodney Hall.
Extraits:
- Ce trimestre au moins, il lui parut raisonnable de présumer qu'aucune des filles n'était enceinte.
- Mais pour l'instituteur, Bundanyabba n'était qu'une variante de Tiboonda, en plus grand. Et Tiboonda était une variante de l'enfer.
- On y était à l'ombre, mais pas au frais.
- La fille de la réception de l'hôtel était une réplique défraîchie des filles de réception d'hôtel du monde entier.
- L'ensemble pensa-t-il, est d'un mauvais goût incontestable, mais c'est extrêmement confortable.
- Il leva les yeux au ciel et fit de gros efforts de réflexion, avec les capacités qui avaient survécu à l'alcool.
- Mais enfin, elle savait bien ce qu'elle faisait, elle, alors pourquoi pas? Il était décidé. L'était-il? Oui il était décidé, pourquoi pas? Oui il était décidé.
- L'eau de Yabba n'est bonne que pour cuisiner, dit l'homme.
- On a tous eu nos petits épisodes avec Janette.
- ...mais c'est tout à fait possible de vivre à Yabba sans argent, à condition de se conformer.
- Si c'était un homme, elle aurait été arrêtée pour viol il y a deux ans.
- On ne laisse jamais un gars fauché payer la bière à Yabba, mon pote, dit-il.
- Faut soigner le mal par le mal, mon pote. Allez, viens.
- Yolanda (la ville, note personnelle) apparut, comme il se doit tel un saupoudrage de lumière sur la plaine.
Éditions : Autrement.
Titre original: Wake in fright (Australie)

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25 février 2008

GEMMELL Nikki / La mariée mise à nu.

La mariée mise à nue.
Nikki GEMMELL.
Note : 3,5 / 5.
Leçon de chose.
Troisième titre de cet auteur australien que je lis, ayant bien aimé les deux premiers, et fort du proverbe populaire jamais deux sans trois, il y a de grandes chances que j'apprécie. Malgré un certain doute, vu le sujet.Une femme dont la fille a disparu porte chez un éditeur les écrits de sa fille trouvés sur le disque dur de son ordinateur. Et ce journal intime éclaire d'une lumière nouvelle les relations entre cette jeune femme et son mari.
Nous faisons leur connaissance au cours de leur voyage de noces à Marrakech, la vérité est que c'est "Sea and Sun" le sexe étant souvent escamoté. Mais l'épouse ne le vit pas trop bien, surtout quand elle découvre que son mari, ce grand travailleur, a une relation sexuelle, alors qu'il ne la touche plus depuis déjà quelque temps.
Alors vient le temps des bilans, et ce bilan n'est pas fameux. Des regrets, elle peut en avoir, un mari lointain au propre comme au figuré, manquant de tendresse, absorbé par son boulot, mais trouvant du temps pour une autre.
Alors pourquoi ne pas prendre un amant?
Cole, le mari, n'inspire guère de compassion ; certaines de ses pratiques, sexuelles en particulier, manquent de raffinement.
La femme, une des narratrices, cherche un peu de chaleur humaine même si cela doit passer par l'adultère, mais il n'est guère possible de l'en blâmer.
Une autre voix off prend parfois la suite pour nous décrire les scènes ou les intermèdes entre deux discussions en nommant l'épouse et son environnement "Vous".
Théo, l'amie sexologue, croqueuse d'hommes et de tous les autre plaisirs terrestres.
Gabriel, l'amant ancien, acteur plus souvent à la recherche d'un rôle que sur les planches, a besoin, pardonnez-moi l'expression, d'être sexuellement pris en mains, l'héroïne du livre se fera un plaisir de lui donner des leçons, mais une fois la semaine, il ne faut pas abuser des bonnes choses.
Une oeuvre incontestablement originale, de part sa structure : pas de chapitre, mais des leçons, 138 au total, et de part son histoire. L'écriture est agréable, mais pour moi ce livre est trop long.
Des leçons pour vivre heureuse. Le problème c'est que si l'écriture est nécessaire c'est pour pallier un manque, et l'auteur le dit crûment, ce manque, c'est le sexe! Ou du moins une certaine complicité sur ce point.
Quelques passages plutôt osés saupoudrent ce livre d'un brin d'érotisme, bienvenu à mon goût!
Malgré le nombre élevé de leçons, je prendrais bien des cours du soir de rattrapage, n'ayant pas tout compris!
A noter également le titre de certaines leçons :
- Les jeunes femmes doivent faire de l'exercice presque autant que les lions et les tigres.
- Pour tous, la loi dit : le devoir d'abord, le plaisir ensuite.
- Entre les lignes de toute missive, l'on peut dénicher un Inspecteur des calamités.
- Bonheur et vertu résident tous deux dans l'action.
Nous comprendrons-nous mieux après avoir lu ce livre? J'en doute, mais ne boudons pas notre plaisir (littéraire!)
Extraits:
- A côte de Théo, vous paraissez pâle, comme une feuille trop longtemps laissée dans l'eau, que les couleurs et la vie ont quitté.
- Votre relation fonctionne délicieusement bien, avec docilité, par bien des aspects, mis à part le sexe.
Ce n'est pas pour cela que vous avez épousé Cole.
- Il aime bien diriger votre vie, la guider.
Vous lui laissez croire qu'il le fait.
- C'est un amour qui ne fait pas d'étincelles, il luit plutôt comme une chandelle.
Vous soupçonnez Cole de préférer certaines choses à l'acte sexuel.
- C'est un animal étrange que votre mariage, il est irrationnel mais fonctionne.
- Vous êtes une bonne actrice-vous soupçonnez que beaucoup de femmes le sont.
- Vous possédez un livre que vous a donné votre grand-père, un délicieux catalogue de pensées inconvenantes:
Qu'une femme doit prendre un autre homme si son mari la déçoit au pieu.
Que les mauvais penchants d'une femme sont meilleurs que les bons côtés d'un homme.
- Chérie, dit Cole, je sais que ce journal est nul. C'est pour toi que je l'achète.
- Noël est enduré. Promptement expédié.
- On ouvre un colis. Très joliment empaqueté.
Un vibromasseur.
- Ce sont les femmes qui dictent leur loi aux hommes.
Éditions : Au diable Vauvert.
Titre original: The bride Stripped bare.
Autres chroniques de cet auteur :
Noces sauvages.
Love Song

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23 juin 2007

TURNER HOSPITAL Janette / Au nord de nulle part

Au nord de nulle part.
Janette TURNER-HOSPITAL.
Note: 1,5 / 5.
Mais au bord du gouffre.
Retour à la littérature australienne avec ce recueil de neuf nouvelles de Janet Turner-Hospital, née en Australie elle vit aujourd'hui aux Etats-Unis.
Des histoires pour le moins étranges, à la limite de la compréhension, la naissance du monde a-t-elle eu lieu dans "L'océan de Brisbane"? Mystère.
Quelles sont les réelles relations entre les protagonistes de l'histoire?
La seconde nouvelle est pour le moins déroutante, le titre "Cap tribulation", déjà cela promet, l'auteur nous parle de chauve-souris, je ne suis pas chauve et cela ne m'a pas fait sourire. Ensuite, elle nous raconte l'histoire du capitaine Cook, j'ai vu le naufrage arriver. Puis le nom de l'Endeavour' est cité. N'étant pas né à l'époque du Capitaine Cook, ce nom me rappelle un engin qui plane, là-haut, moi je ne planais plus, je me sentais en état de sur-apesanteur. Puis le mot fugue apparaît, je mets un CD de Bach et je fuis cette histoire.
La nuit portant conseil, rendez-vous demain!
Le lendemain, je commence par la troisième nouvelle, "L'envolée", débute comme "Les oiseaux" d'Hitchkok, mais sans le talent de ce dernier. Pour moi, c'est "Le chant du cygne" .
D'habitude je parle (ou du moins j'essaye de parler) du contenu d'un livre, là j'abandonne, c'est trop pour moi. Tout le monde peut se tromper, la preuve!
Alors je vais parler du contenant, une couverture dans les tons de vert plutôt foncé, le nom de l'écrivain en jaune très pâle, et le titre en rouge soutenu.
Cette couverture représente un soleil, un peu dans le style d'une tranche de citron dont le milieu aurait absorbé sans le vouloir une dose massive de brou de noix. Le paysage, très épuré, est une suite de couleurs où figurent une colline, un pré, une maison. Bref, même la couverture n'est pas géniale.
Rangé entre le beige pastel de "L'opale du désert" et le bleu foncé de "Dernières recommandations avant la peste", un joli livre ma foi. Surtout quand il n'y a uniquement que la tranche qui soit visible.
En plus ce vocabulaire scientifique me dépasse :
-La disposition aléatoire de certains objets constitue une sorte de champ magnétique.
Ou alors :
-des alignements magiques, à des symétries parfaites, à des applications de la numérologie, à de mystérieuses puissances géométriques.
J'ai eu par moment l'impression de lire l'autre Janet, la néo-zélandaise Janet Frame (étrange que l'orthographe soit différente!) les mêmes récits sur le fil du rasoir, entre enthousiasme et ennui, envie de continuer, puis d'arrêter. Mais si pour Janet Frame j'avais continué sans le regretter, là j'ai arrêté définitivement.
Une énorme déception, car j'avais bien aimé ses ouvrages lus précédemment.
Comme il faut positiver dans la vie, je me dit que j'ai acheté ce livre un euro.
Extraits :
- "Tout est soumis à une foutue distortion spatio-temporelle, c'est comme un 'marécage'....."
- Quand les chauves-souris fondent sur vous, elles émettent un son aigu rappelant celui du courrier électronique. (Ce n'est pas seyant je vous l'accorde, mais dorénavant je porterais un bonnet de bain pour ouvrir mes mails. Un bonnet de bain intégral avec barbe comprise, car la question est posée, les chauves-souris s'attaquent t-elle à la barbe?)
Éditions : Rivages.
Titre original: North of Nowhere, South of loss. (2006)
Autres chroniques de cet auteur :
L'opale du désert.
Dernières recommandations avant la peste.
PS. J'epère qu'avec cette chronique, je ferai faire des économies à mon amie Aria.

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03 mai 2007

KENNEDY Douglas / Cul-de-sac

Cul-de-sac.
Douglas KENNEDY.
Note :3,5 /5.
Wollanup : 53 âmes.
Je n'ai pas encore lu la moindre ligne de cet auteur qui semble avoir le vent en poupe. Je commence donc par ce qui me semble le plus accessible, et comme en plus, c'est son premier roman, je fais d'une pierre deux coups.
Et j'apprends sur le quatrième de couverture qu'il était à l'époque associé à l'Abbey Theatre de Dublin.
Nous sommes dans le bush australien , région aride et inculte (ne voir aucun rapport avec une famille américaine qui semble elle aussi inculte!).
Le narrateur,Nick, américain moyen, très moyen même, qui sur un coup de tête a plaqué son boulot pour partir à l'aventure.En avant pour la traversée de l'Australie, c'est pas dans la poche quand la première rencontre nocturne est un kangourou qui passera de vie à trépas et le camping-car résistera mieux, mais à peine.
Ensuite, dans la faune locale, il rencontre Angie, qui n'a d'ange que le prénom, et un appétit sexuel plutôt démoniaque. Le camping-car résistera encore, même les amortisseurs tiendront le choc. Ayant épuisé les "5 B*", il envisage de la quitter. Quel manque de respect pour une pure jeune fille, vil séducteur!!! L'ange se transforme en démon et notre héros, préalablement drogué se retrouve à Wollanup, village d'Angie et de sa famille et qui plus est, se retrouve marié avec elle, là c'est carrément l'horreur! Imaginez un trou loin, même très loin de tout, pas de lois, pas d'autorités, rien que quatre familles de tarés qui font la pluie (pour les autres) et le beau temps (pour eux).
Argent et passeport confisqués ; époux d'une désosseuse de kangourous dans la boucherie locale, laquelle épouse a en plus la main leste et le coup de poing facile, l'avenir de notre ex-journaliste n'est pas des plus radieux.
Le narrateur, journaliste moyen, vivant dans des villes moyennes, avec un salaire moyen, bref un homme sans histoires, ni grande ambition. Et voilà qu'un jour sa vie bascule en regardant une carte d'Australie, et là il découvre des routes s'étalant sur des milliers de kilomètres. De quoi perdre la tête, tout plaquer et partir à la découverte!
Angie est musclée et virile comme un docker. Venant d'une ville perdue au milieu de nulle part, qu'elle quitte pour aller autre part, dans une ville perdue au milieu d'ailleurs, la voilà partie avec notre américain paumé.
Mais le voyage la ramenera chez elle, avec un mari pas très consentant dans son charmant petit village qui pourrait s'appeler "Crétin-City".
J'ai bien aimé, une écriture qui se lit sans problème, un mélange d'humour et de cruauté pour ce pauvre homme complètement dépassé par son aventure.
Je pense que je continuerai par quelque chose de plus sérieux que ce roman policier très agréable, mais pas très original. Un remake du "Prisonnier" dans le bush australien.
"L'opale du désert" de Janette Turner-Hospital traite un peu du même sujet, de ces villages éloignés de tout où quelques individus font la loi.
Extraits :
- Le sexe, avec elle, ressemblait à une resucée du saccage de la Gaule par Attila : on se retouvait complétement nettoyé en deux temps trois mouvements.
- On a fait ça au pub. C'est Daddy qui nous a marié. Il fait fonction de juge de paix ici. Un mariage su-perbe!
- C'est Ringo, le petit dernier de Gus qui portait les alliances. Il y cinq ans. Tout le monde a trouvé cela trognon, vu son nom......
- Ici prendre des photos, c'est interdit par la loi.
- Transformation à vue. Déjà la virago perçait sous la tendre épouse.
- Ici, il n'y a aucun représentant de l'ordre. On n'a ni flics, ni tribunal, et on n'a pas davantage de juges ou d'avocats.
- Elle n'avait pas l'air à sa place au milieu de ce zoo.
- Qu'est ce que tu penses de Sonny, si c'est un garçon et de Cher si c'est une fille?
- "Qui baise avec une timbrée s'expose à se faire baiser par une timbrée"
- Ce n'était plus un repas. C'était une cène.
Éditions : Gallimard/ Série Noire.
Titre original: The dead heart.
*Bronzette, baignade, bouffe, bibine et baise.

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15 mai 2006

TURNER-HOSPITAL Janette/ Dernières recommandations

Dernières recommandations avant la peste

Janet TURNER-HOSPITAL

Note 5 /

Opération "Peste noire"

Ce livre est terrifiant et ménage un suspense qui ne se dément pas un instant. Un avion quitte Paris pour New-York et il est détourné par des terroristes islamiques. Quelques jours plus tard, après des négociations, les enfants sont libérés et l'avion explose avec les otages à l'intérieur.
Treize ans plus tard, ces enfants rescapés (Le club des Phénix) se souviennent et cherchent la face cachée qui n'est pas apparue dans les médias. Mais certains d'entre eux meurent dans des circonstances mystérieuses. Lowell, un des enfants survivants, reçoit des documents de son le père qui était agent secret. Dès lors sa vie est en danger, son appartement est fouillé de fond en combles. Il prend contact avec Samantha, ils consultent ensemble ces documents. Et une partie de la vérité apparaît.
Samantha Raleigh et Lowell Hawthorne sont les principaux personnages de ce roman, dans lequel leurs vies sont détruites. Elle a perdu son père et lui sa mère dans cette prise d'otages. Leur quête de la vérité, poussée par Samantha, va leur faire toucher le fond de l'horreur. Tous les autres personnages sont soit très humains (les victimes) soit absolument ignobles (les terroristes et les instigateurs de cette opération).
L'intrigue est très bien emmenée, ces enfants que le hasard a mis dans cet avion, vont se pencher sur leur passé et découvrir qu'ils ont tous des secrets de famille les unissant souvent les uns aux autres. Le terrorisme avec ses affaires d'états est montré sous un jour qui est hélas sûrement exact. Les remarques techniques sur les gaz toxiques et les combinaisons de secours donnent le frisson.

-" Nous n’avons plus de contact à Tikrit. Saddam a détruit notre base de la CIA, il y a un an en septembre 86. Avec son unité 999.

Salamandre -" Vous croyez que je ne le sais pas ? Il a fait ça avec le gaz neurotoxique que nous lui avons fourni.

-" Oui, à l’époque on avait besoin de lui pour lutter contre l’Iran. Il était censé utiliser le gaz contre l’Iran.

Autres œuvres de l’auteur dans ma bibliothèque :

Charades

L’opale du désert

Au nord de nulle part.

Posté par eireann yvon à 14:34 - Littérature mondiale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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