16 mars 2011

LE DOUGET Annick / Femmes criminelles en Bretagne au XIXe siècle.

 Femmes

Femmes criminelles en Bretagne au XIXe siècle*.
Annick LE DOUGET .
Note : 5  /5.
Quand la vérité dépasse la fiction !
Pourquoi j'ai lu ce livre et comment? Pourquoi ? Par moments, je pense qu'un crime pour un lecteur n'est qu'une intrigue dans un récit bon ou mauvais, un passage obligé de tous romans policiers, mais dans la vie.....J'aime aussi les livres qui sont des documents sur des époques et des sujets précis, les crimes par exemple.
Comment ? Avec beaucoup d'attention, car le sujet n'est pas des plus faciles, ici rien n'est romancé. C'est également très technique et parfois un peu fastidieux, mais nécessaire. On trouvera en italique, dans les extraits, les dernières phrases de la préface, dans leurs sécheresses et leurs lourdes vérités.
Douze affaires situées entre 1813 et 1894 avec les progrès matériels de la justice, mais pour le côté humain, c'est un autre débat.
Plusieurs problèmes sont évoqués dans l'introduction de ce livre : celui de la lutte des classes, les prévenus étant souvent des pauvres, les jurés souvent des notables. Les jurés sont également toujours des hommes et dans le cas de ce livre, les accusées toujours des femmes. Autre problème grave et très spécifique ici, la langue : les prévenus ne parlant pratiquement que le breton, ce qui n'était pas toujours le cas des jurés. Imaginons la difficulté pour une accusée de plaider sa cause en breton, la traduction est faite par un traducteur homme et le jury est composé de notables de sexe masculin ! Peut-on réellement parler de droit de défense ? Douze portraits de femmes criminelles, quatre chapitres traitant de différents thèmes et une préface de Marylise Lebranchu, députée finistèrienne et ancien ministre de la justice.
Les deux premières affaires dont parle ce livre eurent un verdict diamétralement opposé en partie à cause du traitement et de l'opinion émise par le public.
Marie Le Cam fut acquittée pour l'empoisonnement de son époux. Les circonstances atténuantes n'existant pas, la déclarer coupable aurait été la condamner à être guillotinée !
Barbe Ropars fut condamnée à mort et exécutée pour l'assassinat de sa fille. Elle avait l'opinion publique contre elle et le jury ne pouvait faire autrement que de la condamner à la peine capitale. Cette dernière affaire est traitée par Anne Guillou dans son livre «  Noce maudite **» . En regard des faits, la seconde fut-elle beaucoup plus coupable que la première ?
Toutes ces criminelles sont des femmes, qui, de victimes parfois, devinrent bourreaux ! Que penser par exemple de la triste vie de Barbe Ropars ! Ou de celle de Marie-Françoise Bougaran, schizophrène et plusieurs fois meurtrière, à peine âgée de quinze ans !
L'empoisonnement est une manière de donner la mort typiquement féminine si l'on en croit les statistiques. Souvent la médecine, un peu impuissante, parle de maladie ou d’épidémie....
Dans le sillage de la Jégado, et de Marie-Françoise Bougaran, venons-en à Marie-Joseph Rouat. Tentative d’empoisonnement avec de la "mort au rat" sur la personne de son mari après cinq semaines de mariage ! Elle fut mariée pour un modeste lopin de terre et l'année 1847 fut une année de misère profonde, alors....la faim, le déchirement de devoir quitter sa famille, l'espoir d'une vie meilleure à 19 ans ! Un mariage qui ne satisfait aucun des deux époux....
Les infanticides sont aussi très nombreux comme dans le cas de Marie-Perrine Meudec dont l'auteur dit ceci :
-Ce dossier où l'amour et la mort se conjuguent est sans doute le plus douloureux, le plus émouvant de ceux ici exposés.
Après avoir noyé ses trois enfants, elle se constitue prisonnière ; comment cette femme peut-elle en être arrivée là ? Les causes classiques, l'alcoolisme, la violence, le silence du bourg, tout le monde sait mais se tait, les coups pleuvent, en plus se greffe un sentiment de jalousie dû à un mari séducteur, au bout la folie et le crime.
Autre affaire celle de Marie-Marguerite Bernard, infanticide doublé de déni de grossesse, combien de crimes permis par le silence de l'entourage ? Servante, puis amante.......mais à la longue le voisinage s'indigne ! Les rumeurs vont bon train, mais légalement rien ne se passe.
Certaines criminelles comme Marie-Anne Derrien, la veuve noire de Lennon (village du Finistère) sont parfois très atypiques. Et ici, nous sommes, je pense, encore moins enclins à leur pardonner. Car voilà une femme riche, ayant une vie dévergondée pour l'époque, choisissant amants et maris ; a-t-elle tué son premier époux ? La rumeur publique pense que oui, alors pourquoi tuer de nouveau ? À noter là que c'est la seule accusée qui parle couramment le français. Mauvaise épouse, mauvaise mère et en plus mauvaise fille, buvant plus que de raison. Ce qui en fait la femme la plus antipathique du lot !
Dans certains chapitres, l'auteur nous parle des causes qui débouchent sur toutes ces affaires. L'alcoolisme est une des plus évidentes, avec son lot de bagarres entre hommes, mais aussi de violence vis-à-vis des épouses, ou filles !Les mauvais traitements et la violence rurale sont également très présents. La solitude, pas forcément physique, mais aussi morale, de ces jeunes filles éloignées de leur famille, soit par le travail, soit par le mariage, qui se retrouvent souvent sans aucune aide dans une famille où elles ne sont pas toujours acceptées de plein gré.
Il faut y ajouter également son corollaire, la misère, avec certaines années de disette des femmes emprisonnées pour des vols de pain, avec violence. À signaler aussi une autre forme de violence, celle contre l'État, mais qui est plus souvent une affaire d'hommes. La violence est malgré tout quotidienne et très présente. Le problème de la sexualité dans une société repliée sur elle-même et très catholique est aussi une des causes de troubles et de crimes, combien de relations surtout entre maîtres et servantes furent réellement consenties par la femme ? Marie-Marguerite Bernard semble en être un exemple, car pour chaque grossesse, il faut un géniteur !
En fin d'ouvrage l'auteur fait le constat suivant :
Séparation et divorce : l'antidote du crime ?
Le propos est développé par les cas de trois femmes mariées, mariages catastrophiques. La Veuve Gouvest et sa fille Marie-Anne empoissonneront le mari de celle-ci, il en réchappera ! Après avoir purgé sa peine, elle retournera vivre avec son mari !
Jeannie Paugam castrera son époux après vingt ans de vie commune en déclarant qu'elle n'avait plus l'intention d'être mère ! Lui aussi en réchappera et eux aussi reprendront la vie commune !
Louis Jaffrédou est « confite en dévotion » et son mari a trois défauts, on peut même parler de péchés :
l’irréligion, la prodigalité et l'ivrognerie, alors le châtiment doit être exemplaire, étouffé un soir d'ivresse.
Que Dieu ait son âme !
Un mot sur l'auteur (que je félicite) : greffière au tribunal de Grande Instance de Quimper, elle signe ici ce qui me semble être un ouvrage de référence qui a obtenu le Prix du Salon de  du Livre d'Histoire de Pontivy en 2001.
Un livre qui dévoile la vie cachée des campagnes bretonnes de l'époque, avec son lot d'infortunes, de violences et de morts peu naturelles.
Deux cent cinquante pages qui pèsent lourd dans la mémoire collective et qui permettent de mesurer les progrès accomplis, quoique tout ne soit pas parfait dans la condition féminine.
Extraits :
- Un Finistère inaccoutumé que celui où se débattent ces femmes, nos sœurs, nos aïeules, seules contre leur souffrance ou leur mal-être, dépassées par leur violence : souvent victimes, elles sont un jour devenu bourreaux, par haine, par désespoir ou par folie.
- Cette liste de notables au temps du suffrage censitaire reflète une justice bourgeoise, revenu sur le principe révolutionnaire du jury populaire.
- La question a été posée de savoir si ce regard exclusivement masculin sur les femmes criminelles du XIXe siècle avait eu quelques incidences sur leur peine.
- On notera à ce propos que les « gens de campagne », bretons non bilingues en majorité, ne comprennent que les interrogatoires des accusés et les auditions des témoins bretonnants, ainsi que les paroles traduites du président des assises ; mais ils ne peuvent saisir ni les réquisitions du procureur, ni la plaidoirie des avocats.
- Dans le même temps, en France, s'est engagé un débat sur l'influence de la presse sur la criminalité.
- Rien n'a été simple dans ce mariage arrangé à la mode de la campagne, où les intérêts familiaux priment sur l'amour.....
- Le souvenir du crime hantera longtemps les Morlaisiens. L'imprimeur Alexandre Lédan avait écrit en mille huit cent quarante quatre sur feuilles volantes une longue complainte, la « gwerz Barba Roparz », qui ravira l'émotion de la tragédie.
- La patience des aliénistes à son égard contraste avec la méfiance des juges, la virulence de la cour ou la haine du public.
- Mais il est temps maintenant de mieux connaître Marie-Françoise Bougaran et de tenter de comprendre les étapes de sa dérive criminelle.
- Non-dits, demi-mensonges, quart de vérité, voici les peu habiles manœuvres auxquelles se livrent la jeune femme !
- On peut alors deviner l'ampleur du chiffre noir des infanticides, de ceux qui n'ont jamais été révélés à l'autorité et qui sont restés dans le secret partagé de toute une population !
- Le violeur est acquitté, et cet acquittement est regrettable, toujours selon le procureur, car c'est un affront « à une jeune fille, isolée, pauvre, ayant pour tout patrimoine que sa bonne réputation ».
- Néanmoins elle ouvre une brèche édifiante de notre vision du monde de la campagne du XIXe siècle. 
- Les femmes criminelles dont l'histoire est ici relatée n'ont pas, sauf exception, d'instruction. Rien d'étonnant à cela. Alors qu'au milieu du XIXe siècle l'alphabétisation est achevée pour la grande majorité des Français, tel n'est pas le cas dans le Finistère, surtout pour les femmes.
- Promiscuité, misère, alcool, les ingrédients d'une existence noire sont réunis pour entraîner le couple dans une spirale de violence jusqu'au crime.
- Le crime est devenu péché, les auditions servent à soulager une conscience gênée.
Éditions : Le Douget (2003).
*Tourments, violence et châtiments.
**Anne GUILLOU. Noce maudite. Ici.

Posté par eireann yvon à 08:00 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
Tags : , ,


30 novembre 2010

SCOUARNEC René / Histoires de Houat.

img149
René SCOUARNEC.

Histoires de Houat.
Note : 4,5 / 5.
Auprès de mon île......
Ce livre a été entièrement conçu  par la petite fille de l'auteur d’après un manuscrit de celui-ci. De la rédaction à l'édition, avec tout ce que cela suppose de recherches (archives personnelles, établir des dates précises de la biographie familiale),  de corrections et aussi de suppressions de notes qui ne présentaient pas un grand intérêt pour le lecteur.
Il nous raconte la vie d'un homme et son parcours tout au long du siècle dernier et sur les mers du monde. Avec une île, Houat, pour point d'ancrage.
René Scouarnec naît au Havre le 7 octobre 1911. Son père était né à Houat et sa mère à Plouharnel dans le Morbihan. Il arrive que des pêcheurs se marient avec des femmes du continent. L'exemple le plus célèbre est bien évidement Peig Sayers, née à Dún Chaoin, (Comté de Kerry) ; elle fut la plus grande ambassadrice de la littérature des îles Blaskett. L'auteur signale que ce n'est, malgré tout, pas très fréquent. La vie d'antan, avec en plus la particularité d'être « îlien », avec ses contraintes, mais également une très grande fierté. En 1924, la famille de René revient s'installer à Houat qu'il avait dû quitter faute de travail (Le Havre est une ville où au moins un membre de beaucoup de familles bretonnes a travaillé), et l'auteur nous décrit le lieu et son quotidien qui, pour nous, est plein de surprises. On apprend ainsi que l'île avait trois ports et
quatre forts pour se prémunir des nombreuses tentatives d'invasions anglaises et hollandaises, ce qui peut paraître surprenant! Cela ne s'invente pas : un de ces forts fut vendu à un monsieur Fortin ! L'eau douce ne manquait pas (du moins à cette époque mais la situation s'est inversée, à partir des années 1960 avec la montée du tourisme) : il y avait en effet 4 fontaines (pour la consommation) et deux puits dont l'eau était plutôt pour les travaux ménagers. Ici, comme souvent en Bretagne, les filles allaient à l'école religieuse et les garçons à l'école publique. Le problème de la solitude des gens du continent est d'ailleurs évoqué en parlant de l'éducation, l'institutrice devient dépressive et un instituteur se pend ! Une autre coutume de l'île était une sorte d'impôt qui ressemble à des travaux d’intérêt commun qui consistaient en trois jours de travail au bénéfice de la commune, qui fut remplacé par une taxe d'habitation, et pas au bénéfice des habitants !
On trouve beaucoup de choses surprenantes dans ce récit, sur la prépondérance de la religion et le pouvoir des recteurs, on s'aperçoit des similitudes entres les îles du monde entier pauvres en arbres, avec l'usage de la bouse de vache séchée comme combustible. On apprend que l'auteur qui travaille en élevant des moutons et des poules est devenu par la force des choses boucher, entre autre, mais la vie des îliens est dure et le travail rare quand la pêche décline. Alors il ne reste, comme pour beaucoup d'autres, que l'engagement dans « La Royale »......
Dans ce que l'on pourrait appeler la seconde partie du livre, nous suivons la vie de l'auteur et ses pérégrinations de marin d'état, et également la marche du siècle. Beaucoup de déplacements étant dictés par l'Histoire du Monde en particulier pendant la Guerre de 1939-1945. Et on rentre alors de plain pied dans ce que l'on pourrait appeler l'époque actuelle et le modernisme. On retrouve donc le parcours relativement habituel de beaucoup de marins bretons, sillonnant les mers lointaines au départ de Lorient, Brest ou Toulon.
Les personnages de ce livre sont la famille au sens large, le « Clann », ce mot gaélique qui signifie la filiation étendue, mais sans le côté sectaire qui est donné à ce terme, les cousins (à la mode de Bretagne) sont très proches et sont souvent élevés ensemble, surtout sur une île.
Ce livre en plus d'un texte à l'écriture simple (c'est ce que j'aime dans ce genre de documents), donc facile d'accès, est très bien documenté. Et aussi abondamment illustré de cartes postales ou de photos de famille, souvent en sépia ou noir et blanc qui font toujours mon admiration !
Extraits :
- Comme chez les marins, la femme s'occupait de toutes les affaires de la famille et des enfants pendant que le mari était en mer.
- À cette époque, le recteur de Houat régnait en maître sur la conscience des Houatais !
- Tous les hommes sur l'île étaient pêcheurs. Il n'y avait pas d'ouvriers.
- Une tante de mon père, la tante Reine, a vécu jusqu'à près de 100 ans sans jamais sortir de l'île.
- Ce pot de baptême, que j'ai reçu de mon père, qui lui-même l'avait reçu de ses parents, a une histoire qui date de la révolution. Nous nous le transmettons depuis, d'aîné en aîné avec son histoire.
- Il fallait les comprendre, elles ne recevaient pas souvent la visite de jeunes gens et nous étions très flattés.
- Dans un pays comme Houat qui vivait en dehors du monde, il fallait savoir tout faire.
- Nous étions bretons tous les quatre, comme les trois quarts de l'équipage.
Éditions : Verdi, site ici.

Posté par eireann yvon à 09:45 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
04 juillet 2010

Le GARS Annaig / Marie Le Bec. Chronique de Menez Banal

Chronique numéro 800.

Le_Gars
Marie Le Bec, Chronique de Menez-Banal
Annaig Le GARS.

Note : 5 / 5 .
Je vous parle d'un temps......
D'abord, l'histoire n'est pas si banale que cela! La traduction Menez-Balan, en Menez-Banal, n'est pas très objective. En effet « Menez » veut dire montagne et « Balan », genêt, où est la banalité dans tout cela?
À l'instar d'une Peig Sayers, Marie Le Bec a commencé à écrire très tard, vers les quatre-vingt ans.
Elle fut une des rares filles de l'époque à obtenir son certificat d'études, et ses parents paysans et propriétaires terriens aisés pour l'époque possédaient une bibliothèque. Annaig La Gars signale qu'elle a seulement corrigé l'orthographe et la ponctuation, mais elle a laissé le phrasé breton.
L'auteur nous raconte brièvement l'histoire de Landeleau (ou Landelo) et du Poher, dont Carhaix est la ville la plus importante. Histoire très agitée avec des révoltes paysannes suivies de répressions sauvages pratiquement une fois par siècle. Nous suivons également les luttes moins meurtrières, mais tout aussi farouches entre certains maires et représentants de l'église. Pour terminer ce prologue, nous faisons connaissance de la famille Le Bec.
Retour au début des années 1900, entre Montagnes Noires et Monts d'Arrée, et pour moi une nouvelle étape dans la vie quotidienne de la Bretagne à travers la littérature. Ce livre est le résultat d'une boutade de son fils! Marie est née le 26 octobre 1901, donc elle nous raconte son enfance au début du siècle. Les années de grands changements en Bretagne, la société paysanne traditionnelle et la cellule  familiale, ne savent pas que des bouleversements arrivent.
Les moissons sont encore une fête, malgré l'arrivée des premières machines, la vie sociale et l'entraide tissent des liens entre les familles des environs et rythment les saisons. Les pardons, jours de grande ferveur, et pas seulement chrétienne, la campagne se déchire sur la séparation de l'église et de l'état ; les inventaires des églises se terminent très souvent par des affrontements entre la population et les forces de l'ordre. Les écoles sont aussi une source de conflits, laïques ou privées, l’éradication de la langue bretonne commence par l'école : le sabot remis à l'élève parlant breton. Les costumes et coiffes qui différencient chaque « Plou », les mariages et les mendiants, bref la vie avant la guerre. La famille Le Bec, le clan Le Bec, qui dans la tradition celtique n'a rien de péjoratif, chose que l'on retrouve dans beaucoup d'ouvrages irlandais, par exemple.
Comme souvent dans ce genre de livre, la spontanéité est préférée à l'écriture académique. Et ici la langue écrite est celle parlée avec en plus la singularité de la langue bretonne et de ces particularités. Beaucoup de tournures de phrases peuvent paraître étranges comme par exemple :
- Le baptême est passé très gai.....
De nombreux lieux ou objets sont nommés en breton avec de nombreux alinéas en bas de page, kig sal (lard salé) soubenn rouz (soupe à l'oignon) teuz (fantôme) chupenn (veste) roz (terrain couvert de bruyère) Lapous  an ankou (oiseau de la mort) etc.....Ce livre se termine par un long postface très documenté avec photos et textes officiels.
Un ouvrage des plus intéressants,  mais un des plus difficiles à lire. J'y ai appris entre autre l’existence de la « Foire aux gages » qui se déroulait tous les ans et qui permettait aux domestiques de trouver un nouvel employeur. Il y avait aussi un commerce de chevaux, les femmes y  arrondissaient les fins de mois souvent très dures, chose qui était inconcevable dans d'autres régions de Bretagne.
Extraits :
- Après quoi, on est allé faire le tour des bistrots qu'il fallait tous visiter pour ne pas faire de jaloux.
- On leur mettait de drôles de coiffes, elles  étaient hautes et légèrement inclinées vers le dos. La bonne me dit que ça s'appelait korveteen et que c'étaient les porteuses de statut qui avaient cette coiffe.
- Oui, partout où il y avait beaucoup d'enfants comme ça, et pas beaucoup d'argent, c'était un enfer.
- On souhaite la bonne année, mais personne n'est dupe, tout le monde sait qu'elle sera mauvaise.(1915)
- Je n'aime pas les compliments. Étant jeune, mon frère François m'a appris à me méfier d'eux, ils sont souvent des flatteries.
- Quant aux jeunes de 18,19, 20,21, ils sont toujours sous les drapeaux.
- La semaine suivante, on va à Carhaix. Chann va vendre sa belle et longue chevelure.
- Les campagnes bretonnes avaient l'horizon de leurs clochers.
Éditions : Keltia Graphic (1997). Le site, ici .
PS. Suite à la lecture de « Le crieur de nuit »  de Nelly Alard, Sylire a écrit un très beau texte  « Je suis une plouc étymologique » que l'on peut lire, ici.
Cette chronique est dédiée à tous les « ploucs », lectrices et lecteurs qui ne renient pas leurs origines.



Posté par eireann yvon à 14:40 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
Tags : ,


  1