RANKIN Ian / Causes mortelles

Causes mortelles.
Ian RANKIN.
Note : 4 / 5.
Pack de six.
J'ai lu il y a quelques temps plusieurs romans de cet auteur écossais avec des fortunes diverses. J'avais beaucoup aimé "Le Jardin du pendu". D'autres dont je n'ai plus les titres en tête m'ont moins plu.
Edimbourg, c'est l'été, le festival de théâtre met la ville en effervescence. La police est sur les dents, et en supplément au programme, un jeune homme est retrouvé assassiné! La méthode rappelle celle employée par l'I.R.A pour abattre les traîtres à la cause. Une inscription "Nemo" est tracée sur le sol, et la victime porte un tatouage "SaS". L'enquête peut commencer. Et comme les alertes à la bombe se multiplient, la police est débordée. Il s'avère que la victime était un sympathisant de la cause loyaliste et semblait proche des paramilitaires protestants. Rebus apprend également qu'il était le fils naturel d'un truand notoire actuellement en prison. Rebus et un des ses collègues partent pour Belfast, ce qui rappelle de mauvais souvenirs à l'inspecteur, qui avait servi (et parfois sévi)dans cette ville. Il évoque les problèmes de connivences entre la police et les paramilitaires protestants, dont l'un d'entre eux est justement parti en Écosse où la police l'a perdu de vue. A leur retour, ils apprennent l'assassinat du frère d'un de leurs collègues qui enquêtait sur une affaire de trafic de drogue. Certains indices laissent à penser que les deux affaires sont liées?
Une promenade pas touristique du tout dans une ville qui reflète une misère profonde dans les quartiers défavorisés. D'émeutes en agressions, une partie de la ville est loin du clinquant du festival. Et certains Orangistes veulent organiser des défilés, une provocation de plus. Comme en Irlande du Nord, les problèmes communautaires existent aussi en Écosse, quartiers catholiques ou protestants, équipe de football de l'une ou l'autre confession.
L'inspecteur, John Rebus, flic à la mode, blasé, avec un léger penchant pour les boissons alcoolisées, et de nombreux problèmes avec sa hiérarchie. Ce livre date de 1994, et certaines choses ont évolué en Irlande du Nord, même si tout n'est pas encore réglé. Du polar solide, mais sans réelle surprise, l'auteur nous offre plusieurs solutions, avec les problèmes irlandais en toile de fond avec, et c'est plutôt rare, une plongée dans les milieux paramilitaires protestants. Un bon roman, même si je n'accroche pas trop avec l'inspecteur John Rebus! J'ai trouvé l'écriture un peu trop "léchée"! Un gros reproche au sujet d'une note en bas de page qui dit ceci :
"A Derry, les protestants assiégèrent les troupes de Jacques II". La vérité historique est que les troupes de Jacques II, roi catholique, assiégèrent les troupes protestantes retranchées dans Derry.
Extraits :
- En général, l'I.R.A. utilise des mots codés, juste pour que nous sachions qu'ils sont sérieux.
- Mais le summum, c'est le "pack de six" : les deux coudes, les deux genoux, les deux chevilles.
- Une face d'ivrogne. Rebus en avait trop vu dans son existence- y compris la sienne, certains soirs dans le miroir de la salle de bains.
- Est-ce que cela voudrait dire que vous faites un lien entre ce trafic, le meurtre de Mary King's Close et les organisations paramilitaires.
- L'Ecosse avait assez de problèmes comme ça, sans se mêler de ceux de l'Irlande.
- C'est pour cela qu'on le surnomme l'Orangiste Mécanique.
- Les forces paramilitaires loyalistes ont descendu plus de civils que l'I.R.A. l'année dernière.
- Mêmes les pires cités H.L.M. étaient contrôlées par des bandes de paramilitaires, dont les châtiments très dissuasifs allaient bien au-delà de l'incarcération.
- La collusion entre les forces de sécurité et les loyalistes est-elle toujours aussi forte?
Éditions: Folio policier.
Titre original : Mortal Causes. (1994)
LEONARD Elmore / Quand les femmes sortent pour danser.

Elmore LEONARD.
Quand les dames sortent pour danser.
Note : 4,5 / 5.
Les maris trinquent!
Elmore Leonard est né le 11 octobre 1925 à la Nouvelle-Orleans.
Scénariste pour le cinéma, celui que l'on surnomme "Dutch" est un auteur de série noire, mais également un auteur de livres pour la jeunesse. C'est ma première lecture de cet auteur, et comme souvent je commence par un recueil de nouvelles, neuf pour être précis. Ce livre date de 2003.
Commençons par "Étincelles" dans laquelle un ancien policier, devenu enquêteur pour une compagnie d'assurances. Il tente de savoir si la jeune veuve dont la somptueuse villa a brûlé est impliquée dans cet incendie. La dite veuve est belle, avoue plusieurs aventures et est prête à tous les sacrifices. L'inspecteur n'y verra-t-il que du feu ou alors trente-six chandelles?
Une leçon d'optimisme dans " Traîner au Buena Vista" où un homme et une femme, condamnés par la médecine, boivent de la vodka ensemble, flirtent, parlent d'avenir et d'amour. Un petit bijou sur quatre pages!Dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, quand vous vous prénommez Lourdes et que vous êtes colombienne et mariée par correspondance, ce n'est pas facile à vivre. Si en plus votre mari est retrouvé mort, coulé dans le béton et les mains liées dans le dos, vous ne passez pas forcément pour une sainte.
Dans "Mineurs", deux anciennes connaissances s'affrontent. L'un Boyd Crowder est un repris de justice, ancien du Vietnam et commandant d'un groupe de néo nazis de l'Est du Kentucky. Le second Raylan Givens est marshal adjoint, les années ont passé, mais leurs routes convergent l'une vers l'autre. Mettez une femme au milieu et on obtient une histoire hallucinante. Avec quelques morts qui ne sont pas trop nombreux dans ce livre.
Question de racisme dans "Vive le capitaine Early"; de femme tatouée dans "La femme tonto" ; de rodéo et de mort dans "Tenkillers". Mais surtout Leonard nous parle des paumés de l'Amérique.
De la veuve usant de son charme au pseudo ancienne gloire du base-ball qui joue un travail sur quatre lancers contre son peut-être futur employeur, des personnages étranges sont les héros involontaires de certaines nouvelles. Une femme accepte l'aide d'une autre pour se débarrasser de son mari, puis se retrouve encore plus embarrassée qu'avant. Il n'est pas toujours évident de cacher son travail à son amant, quand vous travaillez dans la police, et quand l'amant en question n'est pas très net.
Comme pour toutes bonnes nouvelles, une écriture incisive, allant droit au but. Toutes ces histoires ont leurs charmes, pourtant j'ai un faible pour "Chickasaw Charlie" et aussi "Mineurs". Mais pour l'espoir, j'adore "Traîner au Buena Vista".
A la fin de ce livre, je me dis que j'aime bien les recueils de nouvelles quand ils sont de qualité.
Extraits :
- Il lui dit que si, en fait, c'était la première et la seule fois où il était allé voir ailleurs.
- Certaines ne sont pas mal, mais elles ont toutes des gros derrières. Vous avez remarqué?
- J'ai l'impression que Ronald Reagan leur manque.
- Quels talents? Tes talents de baratineurs?
- Une femme qui n'entretenait pas sa maison, on la marquait, on lui griffait les bras et les jambes avec des dents de serpents séchés.
- J'ai vu ça dans un film avec Steve McQueen.
- Pour cette femme, cela va de soi : les Colombiens, tous des dealers.
- Le balourd cédant la place à la brute.
- Le pire, bon sang, c'étaient les pets bièreux des lendemains de cuite.
- Je n'ai jamais tué personne pour prendre une vie, seulement pour sauver la mienne.
Éditions : Rivages/ Écrits noirs. (2003).
Titre original: When the Women come out to Dance
BENOTMAN Abdel-Hafed / Les forcenés.

Abdel-Hafed BENOTMAN.
Les forcenés.
Note : 4 / 5.
Horreur, ô désespoir!
Quand l'avant-propos d'un livre est de Robin Cook et sa préface de Jean-Hughes Oppel, il y a peu de chance que ce livre fasse partie de la bibliothèque rose. Ici la couleur dominante, c'est le noir, absolu, glauque et profond. Écrivain algérien, né à Paris en 1960, il passa une partie de sa vie en prison.
Recueil de 13 nouvelles datant de 1994, relativement court (170 pages), mais un concentré de récits cauchemardesques, parfois en demi-teinte.
Le mal de dent, ce n'est pas une sinécure, mais alors en prison, un peu avant une permission, c'est l'angoisse. Des enfants martyrs punis par la Sainte Inquisition ; le tribunal familial du dimanche, père et mère unis dans l'horreur. Le remords et la honte rapprocheront le frère et la soeur.
L'amour entre gens différents sous le regard des "dit-normaux" est une belle leçon de courage, mais peut aussi très mal finir.
Dans "La rechute", Suzanne est une femme désemparée qui cherche son mari partout, mais elle ne trouve au bout de la nuit que le meilleur ami de celui-ci.
Imaginez un soir à Paris, un jeune homme, un peu teigneux, une jeune fille paumée, celle-ci lui demande : "Veux-tu me rendre service? Bien sûr, répond le garçon!" Quelle connerie la vie!
Beaucoup de lucidité dans "Bénéfice" même si tout n'est pas acceptable, une nuit d'amour sans lendemain devient un voyage initiatique.
Une chatte qui tombe d'un toit transforme un homme en tueur sadique. Un prisonnier, des parents bourreaux et des enfants victimes, un dessinateur-sculpteur qui tranche dans le vif du sujet, sont quelques-uns des personnages relativement "infréquentables" de ce livre, mais ils ont toujours un côté humain malgré tout. Cet homme avec un bouquet de fleurs dans un café de Province, il dit "Avoir rendez avec le cimetière". Pleins de prévenance, ce seront les gendarmes qui l'accueilleront, lui et sa valise. Deux truands, des vieux de la vieille, reprennent du services et des années de prison.
Des nouvelles au goût de cendre, des récits âpres qui révulsent.
Un livre très fort, plein de mystères, des fins laissant une part à l'imaginaire, une découverte, mais attention certains passages ne laissent pas indifférents.
Extraits :
- En cinq ans de détention, je venais de perdre ma sixième dent.
- Les dents sont des organes de la nuit et, comme le souvenir des femmes, réclament la morsure de la solitude.
- L'index fouillant l'encrier de son anus, il avait calligraphié le nom : DIEU.
- La cruauté de la mère ajoutait à la violence du père et Dieu gouvernait tout.
- Elle était pour un frère, non pour un mari! Plus d'autres pères!
- Elle s'appelait Nathalie et moi, Francis. Nous voulions vivre.
- Elle était comme un mât inversé qui aurait tenu le sol.
- Il n'y a pas de justice, il n'y a que des lois et j'en suis hors depuis l'âge de 15 ans.
- Mon métier, car c'en est un, c'est l'attaque à main armée.
- Elle m'a condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Et je l'aime encore....
Éditions : Rivages/ Noirs
PRILLEUX Frédéric / Mes chers voisins.

Mes chers voisins
Frédéric PRILLEUX (coordinateur)
Note : 4 / 5.
Voisins de "pas lier".
Même contexte que pour "Billets brûlés". Dix écrivains : Chawki Amari; Pierre Chaffard; Pascal Garnier; Françoise Guérin; Moussa Koaté; Nadine Monfils; Anir Ozikhan; Colin Thilbert; Jean-Christophe Tixier; Emmanuelle Urien. Un sujet, le voisinage et en chef d'orchestre Frédéric Prilleux.
Heurts et malheurs du voisinage, qui n'a pas un jour eu marre de son ou de ses voisins! Pas au point de les tuer (quoique!) pourtant certains franchissent le cap, pour une raison ou pour une autre.
Quand dans un immeuble de standing d'Alger (ou d'ailleurs, d'ailleurs!),les voisins meurent les uns après les autres, des étages inférieurs aux étages supérieurs, arrêtons de parler de coïncidences! Faut pas réserver un chien de sa chienne à ses voisins, même si le mari est ignoble et que le chien n'a pas besoin d'un tourne disque "La voix de son maître" pour se faire entendre. La victime ne sera pas celle que l'on pense. C'est le triste constat que dresse Pierre Chaffard dans la grinçante nouvelle "Un de Plus, une de moins". L'humour noir est au rendez-vous.Vous êtes écrivain dans une chambre d'hôtel, tranquillement vous décrivez une scène de crime, mais un de vos voisins exécute, à quelques détails près, le dit-crime, qui en est l'auteur? C'est la question épineuse de "L'un dans l'autre".Paris 1937, deux adolescentes, un étudiant, bien des années après que reste t-il de cette amitié? La solution se trouve dans "Les nattes", un magnifique texte par Francoise Guérin. Un homme, le seul, c'est du moins ce qu'il pense, et des cancrelats, quelle solitude tragique! Cette histoire nous est racontée par Mossa Konaté.Les personnages sont ni plus ni moins bêtes que la moyenne humaine. Dans un cadre bucolique, ils seraient peut-être charmants, doux et agréables, mais la promiscuité les rend méchants. Regardez ce brave homme, il supporte tout, il déménage quand cela devient invivable, il tuera pourtant un de ses voisins. Une femme aussi déménage, mais son amant n'apprécie pas la chose (le déménagement)!Par amour un homme ne pourra se débarrasser de son fils mort. Ou alors, que faire quand vis à vis de votre voisin un peu dragueur, vous vous défendez. Le problème est qu'il en meurt! Votre seule aide possible est la rate (femelle du rat) de votre petite fille que vous avez en pension!Un concierge qui à force de manier des poubelles devient une ordure, mais pour lui l'affaire n'est pas forcément dans le sac!Un garçon fixe tous les jours une porte, elle finit par s'ouvrir, mais cela coûtera la vie à la personne qui a ouvert!
Des écritures et des styles différents, c'est ce qui fait souvent le charme de cette collection. Différence également de lieux et de motifs.Mais que de surprises dans ces nouvelles excellentes (sauf pour certains personnages pour qui les fins ne sont pas joyeuses!).
Pour parodier les Rita-Mitsouko, "Les histoires de voisinage finissent mal en général".En passant à la médiathèque, j'ai vu des affiches pour la semaine du voisinage. Je vais y réfléchir!
Extraits :
- Les trois premiers sont des coïncidences. Le troisième est un meurtre.
- En dernier recours, j'interroge l'oracle des temps modernes. Sa majesté le Net.
- Son long corps de liane dont elle était si fière, enroulée dans un pseudo tapis persan, ne présentait à présent guère plus d'intérêt qu'une crêpe Suzette à la fin d'un repas trop copieux.
- Face à elle, je me sentais empruntée et sans attrait, une pauvre fille sur qui les regards ne se posaient jamais.
- Ici tout le monde se comportait comme tout le monde: c'était la règle, sur laquelle se fondait la cohabitation.
- Elle balaya à nouveau la pièce du regard : non elle avait dû rêver, tout allait bien, c'était l'endroit idéal.
- J'en suis venue à passer un tiers de mon temps dans les transports. Pas ceux de l'amour, les transports en commun.
- La télé la regardait plutôt que l'inverse.
Éditions : Terres de Brume/ Granit noir.
Autre chronique de cet auteur :
Billets brûlés.
COOK Robin / Comment vivent les morts

Comment vivent les morts
Robin COOK.
Note :5 / 5.
Dans la froidure!
Premier livre de cet auteur que j'ai lu il y a très longtemps. J'avais à l'époque été frappé par cette histoire d'amour et de désespoir ainsi que par la noirceur du monde décrit par l'auteur. D'autant que nous sommes dans la campagne anglaise, mais très loin des petits cottages pimpants et des jardins bien entretenus, l'horreur est partout, car pour le profit tous les coups sont permis.
Le narrateur, flic désabusé et indiscipliné, est envoyé afin d'enquêter sur une affaire étrange, la disparition d'une femme très appréciée dans le village où elle vivait. L'autre problème est que seuls des ragots semblent étayer cette affirmation, aucune plainte n'a été déposée, ni du mari, ni des autorités locales. Son arrivée à Thornhill, est et c'est un euphémisme pas très apprécié, la loi du silence semble être la seule loi qui règne dans le voisinage.La seule chose tangible qu'il recueille est que depuis un an, Marianne était souffrante, de quoi? Personne ne peut répondre à la question, son mari était médecin, donc elle était entre de bonnes mains. Le voile qu'elle portait sur le visage dissimulait quelque chose, mais quoi? Si on ne la voit plus faire ses courses, si elle ne donne plus de soirée, c'est qu'elle est fatiguée, pourquoi déplacer un enquêteur de Londres pour si peu? Quel est le rôle exact des notables dans ce lourd silence? Commence alors une enquête aux forceps, mais que faire quand personne ne veut parler?
Le narrateur (car nous ne saurons jamais son nom), policier intègre, mais invivable de l'avis de ses collègues, est revenu de tout, la mort, il la côtoie dans son métier, dans sa famille, et même dans son couple. Sa carrière ne l'intéresse pas, mais cette enquête va lui faire franchir un pas de plus dans la noirceur de l'âme humaine.
Les Mardy étaient un couple en vue, elle, Marianne française, vive et très bonne chanteuse. Femme charmante, elle était très estimée des villageois, les soirées musicales qu'elle donnait avec son mari au violon étaient très suivis.
William, médecin radié, est un homme fini, misérable, vivant dans une maison de quatre-vingt pièces transformée en taudis. Ses seules paroles sont pour affirmer que son épouse est partie se faire soigner en France.
Robin Cook dresse un constat social de l'Angleterre assez terrifiant. Ses descriptions du Londres apocalyptique des laissés pour compte de la société britannique font froid dans le dos. Un très grand roman d'amour, un amour démesuré qui fait sombrer un homme dans la déraison la plus absolue.
Extraits :
- Et voilà une des raisons pour lesquelles je ne suis jamais allé loin dans la police....J'admire quelques-uns de ceux que je suis payé pour capturer.
- La vie est faite d'horreurs lentement fabriquées.
- Cependant que les politiciens continuent à pérorer sereinement, comme si la pauvreté, vu qu'ils ne connaissent pas la politique pour y remédier, n'existait pas.
- Bref, voilà ce que j'appelle la Grande-Bretagne rurale de nos jours.
- Elle se repose, dit-il. Elle a été prise d'une fatigue de vivre, c'est tout.
- C'est toujours pareil avec les gens comme ça....Ils vous crachent dessus ou s'aplatissent.
- En attendant, la séance est close. (J'ajoutai après coup:) La maison aussi.
- Peu m'importe les moyens si nous protégeons les innocents.
Éditions :Gallimard
Titre original:How the dead live.
Autre chronique de cet auteur :
Cauchemar dans la rue.
COOK Robin / Cauchemar dans la rue.

Cauchemar dans la rue.
Robin COOK.
Note : 3,5 / 5.
Violence et vengeance.
Une chronique de ma grande amie Cuné, m'a rappelé ce grand écrivain britannique amoureux fou de la France et de sa manière de vivre. Bon, la joie de vivre n'est pas souvent au rendez-vous, mais c'est du roman noir. Celui-ci ne fait pas exception, malgré un côté un peu fantastique, un peu trop prononcé à mon goût. A noter que l'intrigue se déroule à Paris.
Kléber est un croisé, il ne sait pas pourquoi, mais c'est ainsi. Il pense que la mort de son frère et de son amie d'adolescence, Julienne, qui s'est suicidée, sont pour lui des plaies ouvertes. Il a un ami d'enfance Marc, qui est plutôt de l'autre côté de la justice. Donc pour lui, la loi et l'ordre sont les fondements de toute civilisation, mais il refuse de porter une arme. Ayant tabassé un inspecteur qui voulait s'occuper d'une de ses enquêtes, il est révoqué de la police, et cette même nuit voulant protéger Marc, il tue trois truands. Alors commence entre lui et un puissant caïd une guerre impitoyable. Le lendemain, sa voiture explose tuant son épouse Elenya, celle-ci, tel un fantôme, viendra lui témoigner son amour et tentera de le sauver malgré lui, mais peut-être en vain!
Je ne sais pas si la mode des policiers, alcooliques et désabusés, vient de Robin Cooke, mais il était en avance sur son époque. Plus rien du flic super star, grand et fort, là un homme grand fumeur, emmerdeur, bref un être associable, sauf pour son épouse. La mort de cette dernière va le faire sombrer dans le chagrin, puis progressivement dans un état second proche de la folie, puis dans une envie de mourir pour la rejoindre. Tout cela sera exacerbé par une soif de vengeance que l'exécution de son ami, Marc, n'émoussera pas.
Elenya, son épouse, est une ancienne prostituée polonaise qu'il a sauvé du trottoir en tuant son proxénète et de l'alcool par un amour sans faille. Pour tous les deux, la vie ressemble au paradis sur terre, mais ce paradis prendra fin, un jour d'anniversaire dans une voiture pulvérisée par une bombe.
Un roman navigant entre polar noir et fantastique, qui m'a laissé sur ma fin. Je dois reconnaître que les "apparitions" d'Elenya m'ont au bout d'un moment lassé. Surtout que le côté policier est petit à petit abandonné, pour, de la part de Kléber des retours sur son enfance et ses années de bonheur avec son épouse. On est bien loin ici du roman de Robin Cook qui m'a laissé un si bon souvenir "Comment vivent les morts"qui lui était un livre glauque et noir.
Extraits :
- Son erreur c'était d'avoir un corps de femme à quatorze ans.
- Il ne voyait aucune raison de se taire et de ravaler les questions qui lui brûlaient les lèvres.
- Travailler avec la mort c'est comme travailler avec la folie; cela demande du courage et de l'expérience.
- Le policier Kléber n'était pas issu de la petite bourgeoisie; c'était un homme de la rue.
- Contrairement à Sherlock Holmes, il n'avait jamais élucidé un meurtre du fond de son fauteuil.
- Il ne pouvait oublier que c'est tragique et dérisoire un cadavre d'homme.
- Oui, la mort d'Elenya déchirait Kléber comme on déchire en deux un vieux papier. Et pourtant il rêvait à la bonté des hommes qui peut être infinie.
- Il y aura toujours des gens pour veiller sur une fille comme toi, affirma Kléber. Pas beaucoup, dit Sophie.
Éditions : Rivages/ Noir. (1988)
Titre original: Nightmare in the street.
Autre chronique de cet auteur :
Comment vivent les morts.
CORFDIR Michèle / Vent contraire à Loguivy de la mer
Vent contraire à Loguivy de la mer.
Michèle CORFDIR.
Note : 4 / 5.
Coques Connections.
Second roman de cette auteur d'origine suisse que je lis. Après Bréhat, Loguivy de la Mer.
Retour aux sources pour moi, évidemment l'exotisme n'est pas au rendez-vous, mais j'adore.
Ewan, marin au long court, regagne Loguivy de la mer. Il part avec son épouse Justine dans l'île de Madec pour un week-end en amoureux. Là, où cela devrait être un havre de paix, ils sont agressés, lui est blessé, Justine est tuée, mais le cadavre disparaît en mer.
Ewan, un instant soupçonné, reprend son métier de marin pêcheur. Mais il découvre des courriers de son épouse à des organismes de protection de la nature, chose qu'il ignorait. Il apprend également qu'elle travaillait sur du braconnage de produits de la mer à grande échelle auquel se livrait la société qui l'employait. Ewan s'en rend compte avec stupéfaction, mais ses absences prolongées expliquent cela et peut-être aussi la mort de Justine. Lui aussi entreprend de remonter la filière, il se renseigne sur ces différents trafics, de l'ormeau à la coquille Saint-Jacques, qui crée un marché parallèle, exploité par des industriels peu regardants sur la provenance des produits qu'ils achètent. Et dans ses filets, c'est un beau panier de crabes qu'il remonte, c'est la pêche miraculeuse. L'entreprise où son épouse travaillait a fermé ses portes, stoppant une partie de l'action de la justice. Mais ses actionnaires principaux, la famille Travalera, préparent un coup gigantesque, l'installation dans l'embouchure du Trieux d'un élevage de saumons industriel qui polluera les environs. Ewan pense qu'il tient là, la raison de l'agression contre son épouse et lui même. Commence alors un bras de fer, entre un marin têtu, une population petit à petit acquise à sa cause, des organisations écologiques, et une bande de malfrats, sans scrupules, soutenue par des banquiers ne voyant que le côté des profits générés par l'affaire.
Ewan Riwoal, inconsolable, mais impulsif et entêté, défend un certain mode de vie, la pêche côtière, avec son lot de durs combats contre la mer. Mais il n'est pas réellement armé pour combattre des voyous de haut vol, ni pour discuter avec des organisations structurées. Il ne doute pas de la sincérité de Justine, mais il a parfois l'impression de ne pas la connaître, et les photos qu'il reçoit n'arrangent pas son côté fonceur, mettant en péril sa famille, sa soeur aînée étant menacée de kidnapping. Ses casiers à homards sont sabotés, la résignation s'empare parfois de lui, mais il repart aux combats.
Un petit mot sur Jos Keraudren, vieux pêcheur, plein de sagesse, pur produit et prototype de ces hommes qui hantent les quais des petits ports bretons de mon enfance.
On sent chez l'auteur une très grande connaissance des moeurs des marins de environs qui se retrouve dans beaucoup de ses réflexions. Mais aussi on sent un très grand respect pour ses hommes taciturnes, bourrus dont la pudeur passe souvent pour de la sauvagerie.
Une intrigue originale avec de nombreux rebondissements, certains sont prévisibles. Mais comme le ciel breton, l'espoir et le désespoir va d'un camp à l'autre au grè des vents et des courants marins.
Extraits :
- Une maison vide vous fait mesurer le poids de votre isolement....Un bateau jamais.
- Etait-il possible que le drame ait été annoncé, précédé de signes avant-coureurs que nul n'avait su interpréter?
- Je suis allée aux Marquises à cause...à cause de Jacques Brel.
- Mais, chez nous, un marin ne se noie pas, il se pend.
- Quand un ancien vient faire un tour en mer, on lui confie toujours la barre, c'est une politesse.
- Jos scrutait l'eau en aboyant à Ronan des ordres brefs, moitié en breton, moitié en français.
- "Les bruits courent vite, surtout dans un patelin comme Loguivy".
- Là, elle venait de marquer un mauvais point. Le terme de patelin augmenta encore ma rogne!
- Labourer la mer, n'importe quel imbécile peut faire ça! Il suffit d'avoir un moteur assez puissant pour tirer la drague.
- Non! Il n'y a que des gens comme nous pour aimer un endroit pareil.
Éditions : Alain Bargain.
Autre chronique de cet auteur :
Chasse à corps à Bréhat.
MEAZEY Peter / La Jégado.

La Jégado
Peter MEAZEY
Note : 4
Arsenic & domestique!
L'auteur, Peter Meazey, est gallois et installé à Dinan (ce qui est une preuve d'un goût évident!). En plus de sa profession de guide-interprète, il écrit sur l'histoire de sa ville d'adoption. Cet ouvrage est son deuxième livre.
L'histoire d'Hélène Jégado (1803/1852) dont je n'avais jamais entendue parler, sérial empoisonneuse (pas empoisonnante, non empoisonneuse).
Un retour sur la vie de cette femme née à Kerhordevin en Plouhinec (à coté de Lorient) et exécutée à Rennes le 26 février 1852.
Ce jour là, ce n'est pas une voleuse que l'on guillotine, mais une meurtrière! Seulement trois meurtres peuvent lui être attribués, les autres sont trop anciens. Quel est son palmarès véritable? De Saint-Malo à Brest en passant par son Morbihan natal, avec l'auteur, nous suivons son parcours. On apprend ainsi que la rareté de son prénom pour l'époque a permis de la retrouver, si elle s'était prénommée Marie-Jeanne ou Jeanne-Marie, les recherches auraient été quasiment impossibles!
On apprend également avec effarement que quand "La Jégado" arrive au presbytère de Guern, quatre personnes y habitent ; quatre mois plus tard, elle est la seule rescapée et fait figure d'héroïne! Les autorités soupçonnent une épidémie de choléra!
Son dernier employeur chez qui seront dénombrées ses dernières victimes fut Mr Théophile Bidard de la Noë qui sera un jour député maire de Rennes.
L'époque est trouble en France, l'étude de la criminalité balbutiante et une certaine résignation devant la mort des "petites gens" qui ne donnait pas lieu à des enquêtes approfondies. Ces jeunes filles de la campagne profonde rentrent dans le meilleur des cas dans les presbytères des alentours, aidées par la famille, et cela dès l'âge de sept ans, donc une de morte, c'est la fatalité.
Surtout que souvent le motif pour la Jégado n'est pas clairement définie, sauf la jalousie et la certitude d'un renvoi sur la fin de ses agissements, une certaine inertie des pouvoirs publics et la peur du "qu'en dira-t-on" permettront à cette femme de continuer son oeuvre funeste.
On ne peut pas dire que le personnage d'Hélène Jégado soit attachant, mais je suis stupéfait des conditions qui lui furent pratiquement favorables, jamais soupçonnée ; dans une maison, quatre personnes meurent, elle est la seule survivante, et cela n'inquiète personne !
Une écriture limpide pour un livre qui se lit comme un roman policier que j'ai beaucoup aimé. Cet ouvrage me donne envie de plonger un peu plus dans les annales du crime en Bretagne.
L'auteur rend et, c'est justice, un hommage au défenseur d'Hélène Jégado, Maître Magloire Dorange dont la plaidoirie se trouve à la fin du livre.
Un grand personnage qui fera une belle carrière.
Un détail amusant (un des rares de ce livre), j'ai appris que dans les presbytères, il était interdit aux prêtres de vivre seul avec une femme de moins de 40 ans, allez savoir pourquoi?
Extraits :
- Un peu de linge, quelques mouchoirs, une cuillère en argent : le butin paraît dérisoire. La peine est pourtant capitale : la bourgeoisie du milieu du dix-neuvième siècle a des notions bien développées de légitime défense.
- Dans le grand catalogue des bêtises faites au nom du "Qu'en dira-t-on", la décision de ne pas renvoyer Hélène Jégado, doit occuper une place de choix. Les conséquences en seront catastrophiques.
- Ma conclusion, Beaudoin, c'est qu'il nous reste, à tous les deux, à libérer notre conscience.
- Ce n'est pas le fait de boire qu'on lui reproche, ça c'est normal, mais de le faire "immodérément". Tout le monde en Bretagne boit du cidre ou du vin tous les jours, il n'a pas le choix, l'eau est très suspecte, même franchement dangereuse.
- Hélène ne profite pas de ses crimes, au contraire, elle perd non seulement sa tante, mais sa place.
- "Je porte malheur. Les maîtres meurent partout où je vais".
- Les acteurs dans ce drame sont les avocats, les médecins, les témoins.
L'accusée est censée jouer un rôle de figuration.
Éditions :Éditions de la Plomée.
Le CORRE Hervé/ Les effarés

Les effarés.
Hervé Le CORRE
Note : 3,5
Ces effarés sont effarants!
Je cherchais un autre titre de cet auteur, mais celui-là uniquement était disponible, alors, allons-y!
Nous sommes en plein été à Bordeaux, il fait très chaud, un groupe de bandits dévalise les camions sur le bord des autoroutes, leur but : le matériel stéréo pour la revente régionale et surtout internationale.
Mais un jour le "Video-Gang" en pleine action tue un chauffeur routier. Alors la police prend le mors au dent! Plusieurs personnes se trouvent impliquées dans l'affaire, parfois à leur corps défendant, parfois de leur plein gré.
Les gangsters sont trois affreux jojos, style Dalton, mais mieux armés ; spécialistes de vol de cargaisons de camions remplis de matériels Hi-fi. L'un d'eux, Richard, est un tueur psychopathe. Leur route va croiser celle de Mila, cette charmante jeune fille au charme ravageur, qui a un beau père, vieil ivrogne, dragueur et incestueux ; elle le tuera un soir où les mains étaient trop baladeuses. Mais ce soir là, le "Vidéo-Gang" voulait parler (et plus si manque d'affinité)à René, le beauf! Trouvant seulement un cadavre, il kidnappe la troublante belle-fille. Ce qui causera bien du chagrin aux deux amoureux transis de Mila. La dulcinée de ces deux jeunes gens n'avait rien contre, ni tout contre d'ailleurs pour des moments d'intimité, mais moyennant finances, faut pas tuer le petit commerce!
Comme la police ne reste pas les bras croisé, on s'achemine vers un remake de Fort Alamo, dans une tour d'HLM désaffectée.
Tous les ingrédients sont réunis pour faire un bon roman actuel. Une étude de la vie dans les grands ensembles de banlieue, la drogue et les problèmes qui lui sont liés. Le mal être de la jeunesse désoeuvrée, les trafics et combines en tous genres, de l'artisanat au grand banditisme.
Une écriture très rythmée, même si elle prend des libertés avec ce que l'on peut appeler le style "Classique". Quelques traits d'humour donnent un peu d'air au texte.
A lire, une découverte somme toute agréable.
Extraits :
- Figurez-vous que la flicaille est une corporation très majoritairement couillue. Et volontiers moustachue pour ce qui concernent les tuniques bleues.
- Les sachets de poudre blanche planqués dans la chasse d'eau? On croyait que c'était une farine spéciale pour les crêpes bretonnes.
- Le département c'est le Var.
Oui. Un bien beau pays. Vu le nombre de truands au kilomètre carré, vous aurez un peu de mal, mais vous ferez le tri. Pas la peine de chercher parmi les élus, ça fera gagner du temps.
- Il se spécialise dans les transports de fonds en se servant de bazookas comme ouvre-boîte.
- Illumination. Feu d'artifice. Il a la cervelle en quatorze juillet. Rien que du bouquet final, des rideaux étincelants.
Éditions : Série Noire
CORFDIR Michèle / Chasse à corps à Bréhat
Chasse à corps à Bréhat.
Michèle CORFDIR.
Note :4 / 5.
L'île aux mystères.
Troisième roman de cette auteur suisse installée en Bretagne nord depuis vingt ans .
L'île de Bréhat, qui semble un petit paradis sur terre, peut se transformer en enfer pour peu que quelques personnes y viennent ou reviennent, avec des pensées ou arrières pensées plutôt douteuses.
Nous sommes la veille de la Pentecôte, tout est calme sur Bréhat, quelques personnes viennent en week-end sur l'île, d'autres y reviennent pour différentes raisons. Esther Mahé qui tient une pension de famille à Kersal, se réjouit de voir de nouveau du monde, pour elle qui n'est pas native de l'île, l'hiver est long. En plus son mari, après avoir abandonné la pêche, est rentré dans la marine marchande et navigue plusieurs mois d'affilée.
Parmi les visiteurs de passage, une chorale qui donne un tour de chant dans l'église et qui doit obligatoirement passer la nuit sur l'île. Parmi les autres arrivants, Yves Lebré, lui est îlien, il sort de 5 ans de prison et estime que certains des autres pêcheurs sont responsables de son séjour derrière les barreaux.Il pense entre autre que Bernard Mahé, le mari d'Esther, est un de ceux qui ont contribué à le faire condamner. Lequel François Mahé, suite à certaines lettres anonymes, rentre chez lui sans prévenir, doutant de la fidélité de son épouse. Mais la brume tombe sur l'île, les silhouettes deviennent confuses, se croisent, se frôlent. Sur une île, les solutions de fuites sont restreintes et tout le monde est au courant de tout. Le soleil reviendra, mais pour qui?La mer, elle inexorablement, remontera! Ester Mahé, seconde épouse de François, ne se doute pas des mystères et des haines qui l'entourent, pourquoi tous ses problèmes pour quelque mètres carrés cultivées? Elle tente de ne pas entendre les rumeurs sur le décès de la première épouse de son mari. Comment se fait-il qu'Yves Lebré, en veuille autant à son mari, celui-ci n'a fait que témoigner au procès? Qui a envoyé ces lettres à François lui disant que son épouse avait un amant? Ce sémillant professeur se vantant d'avoir un lit pour la nuit avec une îlienne dedans, qui depuis Guingamp voyage avec François et se vante de sa bonne fortune?Mariannig Fourrier, elle, semble attendre son tour, sera-t-elle la troisième épouse de François, elle qui fut "sa promise" et qui continue de travailler dans la pension de famille? Et si c'était le jeune Jérôme, cloué dans son fauteuil roulant et guettant à sa fenêtre, qui détenait une partie de la vérité? Les personnages sont en place, laissons le drame se dérouler. Une très belle écriture, en plus on sent que l'auteur connaît et aime la région, donc je serais indulgent si cela était nécessaire, mais même pas. Une très bonne analyse de la vie dans cette île, très près du "continent" mais si différente.
Un très bon suspense et une découverte.
Extraits:
- L'exotisme breton avait le vent en poupe.
- Très peu de gens échappaient au charme de Bréhat.
- Nous sommes des terriens et nous ne comprenons rien à cette mer qui monte et qui descend sans arrêt.
- Le fait de vivre sur une île accroît encore la difficulté de trouver du travail.
- Nous nous sommes endettés pour acheter le "Gwen a Du", c'est le nom de notre bateau.
- Elle non plus n'avait pas changé. Toujours le concret pour cacher les sentiments.
- "Tu t'habilles comme une bonne soeur. Je me demande où tu trouves des fringues aussi tartes?".....
"Sur le marché de Paimpol".
Éditions : Éditions Alain Bargain. (2004)










































