11 février 2009

DAENINCKX Didier / Lumière noire.

Lumière noire.
Didier DAENINCKX.
Note : 3,5 / 5.
La guerre des initiales *.
Roman de 1987 lu dans le cadre d'une rencontre avec des élèves du lycée Colbert de Lorient. Il fait partie d'une sélection de trois romans de cet auteur. Les autres sont « Cannibale» et « Meurtres pour mémoire ».
La mort de Gérard Blanc dans un aéroport, abattu par la police dans cette période troublée par des attentats terroristes en France, est mystérieuses. Que s'est-il réellement passé ce soir-là? Yves Guyot qui était dans la voiture avec son ami, n'est pas d'accord du tout avec la reconstitution qu'en fait la justice. Pour lui les forces de l'ordre ont tiré beaucoup trop rapidement! Mais que faisait Yves et son ami Gérard dans cette zone où ils n'avaient rien à y faire, et avec une voiture qui n'était pas répertoriée dans les véhicules autorisés à pénétrer sur ce terrain? Et cette voiture était-elle réellement tous feux éteints ?
Yves Guyot est interrogé à de nombreuses reprises. Puis il est victime d'un chantage de la police, celle-ci lui reprochant d'avoir dans son CV omis le fait d'avoir fait de la prison. Il signe donc une déclaration en sachant qu'elle est en partie fausse. Le témoignage de deux Français résidant à l'étranger apporte de l'eau au moulin de la police. Yves Guyot se rend vite compte que le récit que donne ces gens est plein d'inexactitudes. Pour retrouver un témoin, il part au Mali, mais son témoin mourra peu après dans un accident de voiture. Coïncidence troublante?Dès son retour en France, ce qu'il apprend sur Gérard le laisse perplexe ; celui-ci était-il aussi blanc que son nom le laissait entendre? Ou alors est-ce encore une manoeuvre de la police pour justifier qu'il fut abattu? Le fait de travailler dans un aéroport ouvre certaines perspectives de trafics en tout genre.
Le commissaire Londrin, de son côté, suit avec attention cette affaire. Il y découvre des ramifications qui expliquent que les autorités aimeraient étouffer l'affaire. Pour beaucoup de personnages représentant la loi et l'ordre, le silence est d'or !
Le commissaire Londrin est proche de la retraite, quand le juge Berthier lui confie officiellement l'enquête. Le juge n'a pas l'air de vouloir des résultats à tout prix, ce qui est surprenant ! Londrin poursuit son travail, et le résultat est stupéfiant. Cette affaire a en effet de nombreuses ramifications qui ont intérêt à ne pas être connues du grand public. Quelle est la réelle valeur de cet article de journal où un dénommé Mathieu dit se cacher par crainte de la police?
Yves Guyot était un ami de Gérard Blanc. Ils avaient sympathisé au travail, puis il l'avait hébergé quelque temps. Mais Gérard était parti, et Yves, lui, était resté. Ghislaine qui vivait avec Gérard, était restée aussi. Ce qui devait arriver arriva. Pour la mémoire de Gérard, il mènera sa propre enquête.
Gérard Blanc est la victime, mais qui était-il réellement? Un brave homme un peu coureur, ou un être faible qui avait accepté de participer à une combine louche contre de l'argent?
L'auteur fait intervenir deux narrateurs pour nous raconter cette histoire : Guyot et le commissaire Londrin. Un bon roman, mais qui date un peu. Quoique les méthodes policières n'ont pas réellement changé depuis? Enfin on peut toujours l'espérer!
Un peu d'humour malgré tout, une phrase de Charles Pasqua sert d'introduction à cet ouvrage !
Extraits :
- Vous êtes un flic vous aussi... L' esprit de corps, ça existe! Pourquoi chargeriez-vous votre
collègue?
- L'homme qui lui faisait face était redoutable, il le pressentait. Plus intelligent que les inspecteurs de la police de l'air et des frontières, plus fin, plus pervers que le juge Berthier.
- Il ne leur avait fallu qu'une semaine pour admettre qu'il est plus facile de refaire un lit, le matin, au lieu de deux.
- Mathieu vit en condamné certain que la police le liquidera à la première occasion : « ils ont une expression pour ça : mesriniser... »
- Malgré mes efforts de réflexion, je ne comprenais pas où de telles suppositions pouvaient me conduire.
- C'est le seul endroit du monde où chaque architecte peut déposer sa merde à côté de celle du voisin, sans qu'on lui montre le caniveau...
- Vous pouvez toujours rêver que vous luttez à armes égales... les rêves ne coûtent que lorsqu'ils s'écroulent.
- Je suis certain que sans cette enquête, le souvenir du commissaire Londrin se serait effacé dans l'oubli... un policier ordinaire qui aurait passé sa vie à traiter des affaires ordinaires...
Éditions : Série noire. Gallimard. (1987) Folio Policier.
*PAF ; IG S ;DST ; DGSE ; RG ; GIGN, etc. etc.!
Voir également « La bibliothèque du Dolmen ».
Autre chronique de cet auteur :
Meurtres pour mémoire

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09 février 2009

DAENINCKX Didier / Meurtres pour mémoire.

Meurtres pour mémoire.
Didier DAENINCKX.
Note : 3,5 / 5.
Vingt ans après......
Premier roman de cet auteur que je lise, et cela dans le cadre d'un programme de lecture avec le lycée Colbert de Lorient. Après « L'enfant de Noé » de Eric-Emmanuel Schmitt, le sujet est l'auteur Didier Daeninckx. Si j'ai le temps, je tacherais de lire un des deux autres titres sélectionnés.
Paris, 17 octobre 1961. Une manifestation de travailleurs algériens est réprimée dans le sang et la discrétion. Combien de morts? Nul ne le saura jamais avec précision, mais parmi les corps retrouvés, un semble particulièrement déplacé. En effet, le corps de Roger Thiraud, professeur dans un établissement scolaire voisin, est découvert, un bouquet de fleurs à la main et un gâteau, ce qui ajoute à la confusion. Une balle dans la tête fait plus penser à une exécution qu'à une bavure policière. Au grand soulagement du pouvoir politique, ces faits restent cachés, cette nuit est enfouie au fond du secret d'état!
Vingt ans plus tard, Bernard Thiraud, né après la mort de son père, est abattu à Toulouse. Etudiant en histoire, il sortait de faire des recherches dans les archives de la Préfecture. L'inspecteur Cadin, chargé de l'enquête, prend contact avec Claudine Chenet, sa fiancée qui l'accompagnait, et qui lui parle de recherches historiques? Celles-ci ont-elles un lien avec la mort de son père? Cadin pousse son enquête plus avant et part à Paris avec la fiancée de la victime, se renseigne sur leurs études d'histoire. Quelle période de l'histoire étudiait Bernard, y avait-il un lien entre ses recherches et le fait d'être né à Drancy, lieu de départ de milliers de déportés?
Un ami, ancien condisciple scolaire, lui conseille de ne pas réellement chercher ce qui s'est passé à Paris 2o ans plus tôt, mais après avoir questionné quelques personnes, il lui donne deux éléments, le nom d'un photographe, Rosner, qui a perdu son travail peu après et il lui signale qu'une équipe de la télévision belge était sur place, car Jacques Brel était en concert à l'Olympia tout proche.
Rosner confirme que la police a frappé très fort ce soir là, mais à part Thiraud, toutes les victime reconnues ont été matraquées, donc cette mort a un autre motif!
L'inspecteur contacte la télévision belge et rencontre un des deux techniciens présents ce soir là. Il lui explique que ce reportage a été interdit, mais que la télévision belge a refusé de vendre la cassette à la France. Il la visionne et découvre l'exécution du professeur, qui est tué à bout portant, avec un grand sang-froid. Les images confirment que ce crime est un contrat. Travail de professionnel? Pour quel motif?
Ce reportage sera le grain de sable qui relancera l'enquête, car les archives quand on sait s'en servir et que l'on a certains arguments pour y avoir accès permettent de démasquer l'assassin de 1961! Celui-ci admet sans problème le crime, agissant sous les ordres de fonctionnaires plus haut placés que lui! Pour le fils, il ne sait rien. Pourquoi et qui se sent si menacé pour tuer encore?
Inspecteur Cadin, qui est également le narrateur de cette histoire, est le flic intègre, un peu marginal, revenant d'une mutation de 6 mois en Lozère. Il doit se débrouiller avec quelques affaires locales, la grève des éboueurs, des convocations pour le moins étranges qui semblent émaner du commissariat, d'un hold-up dans une bijouterie, etc...
Ici, l'affaire est plus sérieuse, un témoin affirme avoir vu sur les lieux du crime une luxueuse voiture, une Renault TX30, immatriculée à Paris?
Les Thiraud, père et fils, seront les victimes de la raison d'état, mêlée d'intérêts personnels de la part de certains hauts fonctionnaires.
Le tueur du père, toutes ces années après, et malgré une amnistie, découvre son véritable rôle et se remet en cause.
La raison d'état est-elle compatible avec une vraie démocratie, on peut en douter? Un roman instructif, il m'a permis d'apprendre ce que voulait dire la phrase suivante :
« Libérez Henri Martin* » que je voyais en lettres blanches sur les murs gris d'une rue de Montreuil, quand j'étais enfant.
Par contre je trouve dommage l'idylle entre l'inspecteur et une jeune femme, partie prenante de l'histoire, car elle n'apporte rien à l'intrigue, bien au contraire!
A part ce léger reproche, une lecture agréable sur un fait de l'histoire qui n'est pas à l'honneur des autorités en place, ni aux responsables algériens qui ont déclenché, pour des raisons de propagande cette manifestation qui a débouché sur ce massacre. Vu la situation du moment, c'était hélas, inéluctable.
Extraits:
- Je ne m'y ferai jamais! J'ai l'impression de m'adresser à un fantôme.
- Non, je m'occupe d'histoires dangereuses ; une mystérieuse organisation s'agite dans l'ombre. Laisse moi te protéger par ignorance.
- Ce n'est pas un professionnel, mais un amateur éclairé. Les plus coriaces.
- Au début des troubles, la coordination de tout le service policier, une sorte de cellule de crise installée à la Préfecture, parlait d'une dizaine de flics descendus par le FLN à la Madeleine et aux Champs-Elysées.
- Ils étaient comme dingues en entendant la radio....de véritables bêtes féroces. Sur place rien.
- Toute la garde de la Cité a été dirigée contre les prisonniers. Résultat, 48 à 0. Un beau score. A côté de chiffres pareils, les bavures d'aujourd'hui paraissent bien mesquines.
Éditions :Folio policier.
*Militant communiste emprisonné pour avoir refusé d'envoyer des obus sur les quartiers pauvres d'Haïphong au début des années 1950.
Vous retrouverez cette chronique ainsi que celles pour « Lumière noire » et Cannibale » sur le blog de Joëlle « La bibliothèque du dolmen »

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29 janvier 2009

RUSSEL James / Peindre au noir

James RUSSELL.
Peindre au noir.
Note : 4,5 / 5.
Âmes soeurs et heures sombres.
Cette oeuvre est la première traduction française de cet auteur. Il est très connu en Grande-Bretagne, où il a déjà édité 11 de ses romans.
Un couple se promène dans un sous-bois et découvre un homme de petite taille dépeçant un cadavre à coups de hache. Dans la campagne anglaise, un homme et une femme boivent le thé, l'homme meurt, mais de mort naturelle. Cet homme, Murdo, aidait la femme, Sidonie Keene, qui était une amie de longue date, à vendre des tableaux peints par la soeur de celle-ci. Sidonie nous raconte sa vie, celle de Murdo, et également celle de Naomi, sa soeur. Nous sommes en 1997, les élections anglaises approchent. Pendant l'enterrement de Murdo, un homme, Ticky cambriole la villa de Sidonie. Il agit pour le compte de Gottfleisch, son patron.
Commence alors un double récit, l'ancien qui commence dans les années 30 avec Sidonie pour narratrice. Nous faisons la connaissance de sa famille, sa mère qu'elle déteste, son père qui l'adore, l'insouciance de ses années, mais la guerre approche.
Un peu sur un coup de tête, Sidonie épouse un Américain et part vivre avec lui ; rapidement, elle divorce, mais reste en Amérique. Sa soeur reprend contact avec elle, car du fait du testament de sa mère, elle a hérité de la grande majorité des biens. Naomi voudrait vendre la propriété familiale car il semble qu'elle ne soit pas la bienvenue en Grande-Bretagne! Que s'est-il passé pour elle, au cours de ces années de guerre et pourquoi vit-elle dorénavant en Suisse? Le temps passant, son oeuvre picturale a pris beaucoup de valeur, ce qui intéresse fortement Gottfleisch, un marchand d'art peu scrupuleux, qui est le commanditaire de Ticky. Cette entrée par effraction dans la villa de Sidonie va réveiller des souvenirs que tout le monde aurait voulu oublier. En effet, quelques années après la guerre, le rôle assez trouble de quelques britanniques semble sortir de l'oubli et Naomi et Sidonie étaient de celles-là. Nous les suivons en Allemagne, leurs vacances, leurs rencontres avec certains dignitaires du régime nazi Gobbels, Goering, ou Himmler. Sidonie évoquera également Unity Mitford, les Jeux Olympiques de Berlin en 1936 et la tristement célèbre « Nuit des longs manteaux ».
À la suite de ce cambriolage, Sidonie est aussi victime d'un chantage d'une personne proche de son entourage. Elle est en plus très sollicitée par Hugo Gootfleisch, qui semble d'un seul coup s'inquiéter de sa sécurité. Son véritable motif est surtout de savoir si elle possède encore des toiles de sa soeur!
Le personnage principal de ce livre est Sidonie Keene, elle est le lien entre deux époques, témoin privilégiée des bouleversements de la société britannique. Après une jeunesse passée près d'une mère qui la déteste, elle découvre le monde dans les années 30. Une période brillante où beaucoup d'artistes commencent à se réfugier en Grande-Bretagne. Elle fréquentera quelques peintres célèbres, aura quelques amants dont Murdo, militaire dont elle dit avoir fait le siège. Elle mettra un an avant de l'attirer dans son lit. Ils resteront très bons amis tout le restant de leur existence. Femme de conviction, elle s'engagera politiquement dans la « British Union of Fascists », parti ouvertement pro-nazi et sera emprisonnée pour cela. Mais elle ne reniera jamais ses idées, même des dizaines d'années plus tard.
Naomi, sa soeur, est morte oubliée et dans la misère. Elle est décédée dans un accident de voiture quelques jours après son retour en Angleterre. La presse a un moment soupçonné Sidonie d'avoir un peu aidé cette mort! En effet sa mère l'avait déshérité au profit de Naomi.
Hugo Gottfleisch, marchant d'art, arnaqueur et receleur, est un être obséquieux, prêt à tout pour arriver à ses fins, en usant de la manière forte, il obtient la fameuse enveloppe qui permettait de faire chanter Sidonie.
Ticky est un de ses hommes de main . Celui-ci, suite à un accident, est défiguré et handicapé, il aime les jeunes garçons, fugueurs de préférence, et il semble en avoir trouvé un, Cy. Commence alors un voyage dans le Londres des squats et des paumés. Mais Cy, sous ses airs de gentil garçon, prendra vite l'ascendant sur Ticky.
Murdo Fyffe, ami et agent de Sidonie, était-il si honnête que le pensait cette dernière ? En tout cas ce n'est pas ce que pense, Angus, son fils, personnage falot, ne réussissant rien par lui-même, perpétuellement à la recherche d'argent, qu'il perd dans des combines pour le moins ratées.
Et nous retrouvons notre couple, dans un sous-bois, et un homme de petite taille dépeçant...........
Un excellent roman, très bien écrit et je pense très bien documenté également. La chronologie n'étant pas toujours respectée, ce livre requiert une attention soutenue. Il nous raconte l'histoire de ces soeurs qui, ayant vécu malgré tout des existences en marge des normes, finissent toutes les deux dans une sorte d'opprobre national. En effet ce livre en plus d'être un roman sur le monde de l'art, est aussi un rappel historique sur une période assez sombre de l'Angleterre. La montée des mouvements pro-nazi, dont Sidonie fera partie, son admiration pour Oswald Mosley, mais nous apprenons également, que suivant le modèle des États-Unis, beaucoup d'étrangers furent arbitrairement emprisonnés, ainsi que certains Britanniques connus pour leur opinion pro-nazi ou pacifiste. Nous suivrons donc l'ascension rapide de ce groupe fasciste, mais sa chute sera principalement due à l'emprisonnement de beaucoup de ses membres dirigeants.
Ce côté historique est vraiment un plus pour ce roman, et une découverte de cet aspect relativement caché de la guerre en Grande-Bretagne. Un livre parfois gênant, les opinions de Sidonie choquent maintenant, mais fort intéressant. Un peu long (460 pages) et l'auteur s'attarde parfois en route, surtout pour l'intrigue policière.
Extraits :
- « Les soeurs de la tentation », voilà le surnom qu'il nous donnait.
- Avec le temps, Naomi aussi peindrait dans le noir.
- Avant-guerre, la Grande-Bretagne était confiante.
- Même quand j'étais petite, Naomi ne pouvait rien faire de travers -Sa peinture était encensée, ma musique ignorée. Elle était talentueuse, moi terne. Elle ravissante, moi si ordinaire.
- Oh ne vous occupez pas de moi : je ne fais que radoter. Je sais qu'il est impossible de dire à quoi ressemblent les choses il y a combien... 60 ans.
- Un ami de l'Allemagne ? Oui, il l'était, mais au même titre que notre gouvernement d'alors, la famille royale et la grande masse du peuple britannique.
- Il préférait les rassurantes platitudes d'hommes en costume. Il croyait qu'en ne faisant rien, ils assureraient la paix.
- Nos amis d'avant-guerre s'étaient largement dispensés de venir. Les amitiés d'après-guerre, quant à elles, n'était pas encore nées.
- Derrière ce masque, elle conservait les vestiges d'une grande beauté et le mystère intemporel des femmes.
Éditions : Fayard Noir (2009).
Titre original : Painting in the Dark.

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25 décembre 2008

WINGFIELD R.D./ Joyeux Noël, Frost!

Joyeux Noël, Frost!
R.D.WINGFIELD.
Note : 4 / 5.
Frost, ce n'est pas un cadeau!
Je ne sais si certains d'entre vous ont eu l'occasion de regarder les nombreux épisodes de cette série télévisée britannique, mais je n'avais pas encore lu des romans ayant servi de scénarios. Les traductions françaises de cet auteur né en 1928 et décédé en 2007 sont relativement rares, alors que la série télévisée comporte de nombreux épisodes.
Suite à un coup de téléphone, deux policiers arrivent au domicile d'un vieil homme, celui-ci hébété parle de légitime défense pour se justifier. Par terre un homme baigne dans son sang, cet homme, c'est l'inspecteur Jack Frost. Que s'est-il réellement passé? Pour cela il faut remonter quatre jours en arrière, le dimanche précédent, un peu avant les fêtes de Noël.
Ce soir là, Clive Barnard arrive à Denton, ville nouvelle située à une centaine de kilomètres de Londres. La voiture qui l'amène au commissariat fait un détour pour prendre le témoignage d'une femme dont la fille Tracey Uphill âgée de huit ans a disparu en rentrant du catéchisme. La mère, Joan, jeune et très belle prostituée, était au travail, et son client étant en retard, elle n'a pu se rendre à la sortie du presbytère!Il est aidé dans son enquête par Clive, jeune policier sortant de l'école et qui plus est n'est autre que le neveu du chef de la police du comté! L'apprentissage pour ce jeune homme ne sera pas de tout repos. Ni l'enquête non plus d'ailleurs. La première piste est le mystérieux client du dimanche, l'homme arrivé en retard. Il est venu en train, donc il est peut-être possible de retrouver sa trace, mais par contre personne ne l'a vu repartir, et la gare ferme à 18 heures! Qu'a t-il fait à Denton entre 16h30 et au mieux 18h30, départ d'un autre train? Avec son billet, on remonte la piste de la gare de départ. Il reconnaît être le client de Madame Uphill, et dit également avoir vu la fillette dans la rue. Elle suivait une mystérieuse femme en manteau de fourrure blanche! Mais il ment pour d'autres détails. Quelques temps auparavant, une autre fillette avait signalé le comportement suspect d'un homme, le même? Parmi les délinquants fichés, un seul n'a pas d'alibi pour le moment de la disparition. Audrey, la copine émancipée qui dit l'avoir vu ce soir là, mais avoir tout fait pour la semer, car elle était avec un copain! Et cet homme au dessus de tous soupçons, photographe amateur, mais parfois mateur! Des nus de Madame Uphill et d'Audrey font partie de sa collection privée. Une voyante un peu sorcière, permet de trouver une main enfouie dans la terre, puis le corps qui va avec cette main, mais le cadavre date des années 195o et sa mort n'est pas naturelle! Barnard sera mis à rude épreuve par un Frost toujours sur la brèche, et imprévisible. Les pistes se multiplient, la neige tombe rendant les recherches de plus en plus difficiles, l'espoir de retrouver la fillette vivante s'estompe.
Pour les personnages, à tout seigneur tout honneur, Jack Frost, mais je laisse ses collègues de travail parler de lui :
- Encore cet espèce d'enfoiré ; rien que des emmerdes depuis le début.
- Un inspecteur principal? Cette épave?
- Il est vrai que le chef de la police avait de la sympathie pour Frost, mais cela ne signifiait pas qu'il devait travailler avec lui, qu'il devait tolérer ses écarts de conduite, l'impardonnable désordre qui régnait dans son bureau, les haillons qu'il portait sur lui, son mépris pour le travail administratif et sa négligence....
- Oh, non pas le clodo avec son imperméable tout dégueu!
- Et où était passé ce crétin incompétent de Frost?
J'ajouterais sa mauvaise foi à toute épreuve, une avarice légendaire, et un appétit féroce pour tout ce qu'il y a de plus ignoble dans l'absence de gastronomie anglaise! Et en prime, un refus de toute hiérarchie qui n'aide pas son avancement! Pour arranger le tout, il a certains démêlés avec un syndicat qui a porté plainte contre lui et quelques soucis avec un jeune agent endetté!
Le commissaire principal Mullett, comme Clive Barnard, sont des hommes de pouvoirs et d'ambitions, leur but ultime est leur carrière respective. Le contraste entre ces personnages est saisissant et malgré tous ses défauts, on fini pas avoir de l'affection pour Frost, qui envers et contre tout, est profondément humain.
L'intrigue semble somme toute relativement banale : la disparition d'une petite fille avec une demande de rançon. Nous savons rapidement que Tracey est morte. L' 'intérêt de ce livre est l'opposition entre un homme et un système. Le système est représenté par Mullett, arriviste et carriériste à tous crins, il déteste Frost et ce qu'il représente, un flic à l'ancienne, un homme de terrain, intègre dont l'intuition est la meilleure méthode.L'auteur attache aussi une grande importance à nous décrire la vie d'un commissariat dans une ville en pleine mutation sociale, avec la perte des valeurs traditionnelles anglaises. Un bon roman policier à l'ancienne, plein de fausses pistes, avec un humour noir, très noir. Un détail, ce livre dépasse les 350 pages!                  Extraits :
- Il y avait quelque chez lui qui la mettait vaguement mal à l'aise...qui lui faisait peur.
- Denton avait été choisie pour devenir une « ville nouvelle ». On l'avait agrandie, modernisée, redessinée et finalement détruite.
- Le superintendant Mullett est connard coincé, pompeux et ignorant, répondit Simms.
- Elle était tout simplement superbe- l'incarnation parfaite de l'innocence dans ses plus beaux rêves érotiques.
- L'argent de son salon a été gagné dans son lit.
- L'ambitieux Barnard serra la main de l'ambitieux Mullett, chacun appréciant visiblement cette rencontre.
- Regarde ces photos. Dis-moi quelle partie de son corps la désigne comme mineure.
- Elle avait basculé dans la partie ingrate de ses trente ans.
- Frost n'aimait pas les gars de la médecine légale.
- Personnellement je pense que le chien a abattu son maître avant de se suicider, mais je suis prêt à envisager d'autres hypothèses.
Éditions : Éditions de l'Aube.
Titre original: Frost at Christmas (1984)

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27 octobre 2008

WILLIAMSON Eric Miles / Noir béton.

Noir béton
Eric Miles WILLIAMSON
Note : 5 / 5 .
Quand le bâtiment va......
Je ne connais pas du tout cet auteur américain, ancien ouvrier du bâtiment. Son premier roman « Gris-Okland » fut finaliste du Prix Pen/ Heminway. Né en Californie en 1961, il sera ouvrier en bâtiment avant de reprendre ses études.
Nous sommes à San Francisco, les hippies comme leurs fleurs ont fané, le business a repris le dessus. Le monde de la construction est en plein essor, les buildings poussent comme des champignons pas du tout hallucinogènes!
Broadstreet et les autres travaillent la gunite, sorte de béton qui est envoyée par un tuyau sous très forte pression. Le fin du fin c'est le « Two-up » où la pression est à son maximum, la cadence est très rapide et pour l'homme qui dirige le tuyau, le risque est grand. Certains en font un style de vie, presque l'équivalent d'une religion .Le contremaître étant renvoyé, Broadstreeet est nommé sur le champ à sa place. Les accidents sont de toutes sortes et de diverses gravités, d'un doigt coupé à un pied écrasé, une chute d'échafaudage causée par la pression du tuyau en « Two Up » provoque une blessure souvent sérieuse ou la mort, quand un déséquilibre survient du huitième étage!Les querelles de personnes sont fréquentes, la place de contremaître étant très convoitée, certaines rancoeurs personnelles n'aident pas non plus à la bonne ambiance de l'équipe. Bref, le chantier avance vaille que vaille, jusqu'au jour où une nouvelle équipe arrive pour prendre leur place. Broadstreet redevient simple ouvrier, Root un nouveau venu le remplace et ils partent sur un chantier en dehors de la ville. Pour Keebler, le fils de Root, commence un voyage d'initiation, la vie, l'alcool et les femmes sont une découverte pour lui. Mais la tragédie n'est pas loin, Rex revient sur son passé, Broadstreet est à l'agonie, même Root ne croit plus en rien.
Tous ces personnages sont des hommes usés, solitaires, leurs femmes étant parties, mélanges hétéroclites de mexicains sans papiers ou de petits blancs sans instruction. Ils ont un semblant de vie après le travail, leurs principales activités sont les bars et les prostituées. Même ceux sont qui sont encore mariés passent souvent leurs nuits à boire.
Broadstreet semble le plus détaché, une promotion ne semble pas l'intéresser. Il préfère son simple travail de finisseur, la boisson est la seule chose qui lui donne le courage de travailler et de vivre, enfin de survivre.
Rex semble le plus gravement atteint par l'alcool et les « fumettes » diverses, il n'est pas très apprécié de ses collègues de chantier, mais il a un certain don pour éviter tout licenciement. Ou alors, autre chose lui donne t-il cette impunité? Root est un disciple du « Two-up », il ne vit que pour son travail, il forme son fils Keebler dans cette voie. Mais celui-ci veut découvrir autre chose et les hommes, en particulier Rex, l'aideront. Fisch est un colosse noir repris de justice, il doit supporter pas mal de brimades, étant un des rares à ne pas être de culture hispanisante parmi les ouvriers.
Une écriture très épurée, phrases courtes et pleines de rythme, certains puristes risquent de ne pas apprécier. Ce livre n'est pas d'une lecture aisée, mais c'est du concentré de noirceur, le soleil a oublié de briller sur la Californie pendant la durée de l'histoire . Un univers très particulier, des ouvriers toujours sur le point de rupture, tenant le coup à grand renfort d'alcool, et autres substances prohibées. Il faut dire que l'auteur ne fait pas dans la dentelle, il y a en particulier deux pages et demie écrites en italique que j'ai dû lire plusieurs fois. J'avais bien lu et bien compris la première fois. Un livre coup de poing sur les métiers du bâtiment avec tout ce que cela comporte, des syndicats souvent dépassés, le travail au noir quasi obligatoire, avec paiement en espèces, précarité des travailleurs, licenciement sur le champ qui souvent correspond à une mise à l'index par le patronat. Les accidents de travail à répétition parfois dus à l'état d'ivresse avancée des ouvriers. Le chantage est un mode de pression très utilisé, les syndicalistes brimés ou blessés par erreur. Le monde des travaux publics à l'américaine dans toute son horreur. Un très grand livre. A lire tant pour la découverte d'un travail qui m'était inconnu et pour son suspense qui se fait attendre.
Extraits :
- Perte d'un doigt, cinq cent. Si on perd une main ou un pied, on touche mille. Le mec l'a joué malin, s'il perd ses doigts un à un il se fera cinq mille dollars. Mais s'il perd les deux mains à la fois, il ne fera que deux mille.
- Un manchot descend le trottoir en fauteuil électrique, il conduit avec les dents.
- Les voitures font des embardées. Le fauteuil se renverse. L'amputé tombe.
- On sous-estime beaucoup les bienfaits du whisky tôt le matin, il dit.
- Il a vu deux porte-lance se faire éjecter des échafaudages, emportés par leurs tuyaux.....
Broadstreet n'a pas envie de tenir la lance.
- Vaut mieux boire trop pense Broadstreet, que pas boire du tout.
- « Two-up » n'est pas qu'un signe de la main à un opérateur pour lui demander plus de mélange. « Two-up » est une philosophie. C'est un mode de vie.
- Un homme qui ne hait pas son patron ne vaut rien. Et un patron que ses hommes ne haïssent pas ne vaut rien.
- Les gringos n'ont pas de fils. Les gringos font des bébés, pas des fils. En grandissant ils deviennent de plus grands bébés.
- J'aime vraiment la gunite, mon garçon, il dit. Vraiment j'aime ça.
- Si tu laisses plus de huit heures de repos à un guniteur, il testera sa virilité avec des spiritueux, des drogues et des femmes.
Éditions : Fayard Noir.
Titre original: Two-Up

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09 octobre 2008

LEWIS Ted / Le retour de Jack

Le retour de Jack.
Ted LEWIS.
Note : 4 / 5.
Fiche le camp Jack....*
Il y a plusieurs années j'avais vu un film dont le nom était « La loi du milieu » avec Michael Cain.
J'ignorai à l'époque que ce roman avait servi de scénario. Je ne savais pas d'ailleurs qu'un écrivain britannique du nom de Ted Lewis existait. Je me suis un peu rattrapé depuis.
Prenons un décor idyllique, enfin pour ce genre de roman! Une ville du Nord de l'Angleterre entourée d'aciéries et, où, comme l'indique la première phrase du livre : la pluie pleuvait. En ce jeudi, Jack Carter, après une absence de huit ans, revient au bercail. Pour l'enterrement de son frère, trouvé mort dans sa voiture au pied d'une falaise, un accident? Jack retrouve sa nièce qui est devenue une jeune fille, il parle avec des amis de son frère, mais beaucoup de choses ne sont pas logiques dans cette mort. Il se renseigne également auprès des gros bonnets de la pègre locale, certains se souviennent de lui, mais pour tout le monde la vie continue tranquille et sereine. Enfin, semble continuer de cette manière, car certaines personnes aimeraient le voir prendre le train du retour assez vite, le soir même serait l'idéal. Mais Jack n'est pas spécialement intimidable, un barman travaillant avec son frère et sa logeuse en feront les frais. Le panier à crabe de la maffia locale se sent menacé, et sa réaction sera féroce, mais pourquoi tant de haine! Quelles sont les vraies raisons de la mort de Frank! Les anglais on inventé ce que l'on nomme en français, « la semaine anglaise » et son complément « le week-end ». Pendant ces deux jours, Jack ne chômera pas, loin s'en faut. Les truands locaux auront des sueurs froides, et certains seront même refroidis à vie (enfin l'inverse!) Les seuls gagnants, les pompes funèbres des environs.
Pour les personnages prenez des gens pour le moins peu fréquentables, si vous les fréquentez c'est à vos risques et périls. Pour Jack aussi, cela sera à ses risques et périls!
Jack Carter est l'employé modèle des frères Gerald et Les Fletchers, membres éminents de la pègre londonienne. Il est également mais en dehors de ses heures de travail aux petits soins pour Audrey, l'épouse légitime de Gerald. Il veut savoir la vérité, même si ses relations avec son frère n'étaient pas des meilleures. Mais pour cela il faudra piétiner quelques plates bandes et tordre quelques bras, ou plus si manque d'affinités et de collaboration.Frank, son frère, a vu son épouse le quitter dans des circonstances peu agréables, mais malgré cela elle s'est vengée par courrier interposé. Toute sa vie il aura tout subi sans l'ombre d'un signe de révolte, enfant et adolescent, il s'est arrangé pour passer inaperçu. Que s'est-il passé pour que quelqu'un décide de le tuer? Doreen, sa nièce âgée de quinze ans, sa mère dans une lettre envoyée à Frank, lui dit que son vrai père c'est Jack! Et le pire est que c'est possible! Mais elle l'ignore.
Margaret, la maîtresse de son frère, elle est mariée et un peu (doux euphémisme) prostituée, mais Frank ne l'ignorait pas, mais comme durant toute sa vie, il fermait les yeux.
Les livres de Ted Lewis sont très noirs, un noir distillé à toutes les lignes, ou de plein fouet ou en filigrane. Même l'humour quand il est présent est noir. Si vous pensez qu'il y a encore un soupçon de bonté dans la race humaine, il n'est pas sûr que vous le croyez encore à la fin de ce livre. Tout y passe, le décathlon du crime organisé, prostitution, tournage de film pornographique, un brin de racisme et de défense du territoire par les chefs de la pègre, quelques flics corrompus. Un monde de misère et d'alcool où les meurtres et passages à tabac sont monnaies courantes, mais personne n'est là pour rendre la monnaie de la pièce.
Une plongée dans les bas-fonds d'une ville industrielle anglaise, et encore c'était avant le déclin des aciéries.
Une chose me surprend toujours dans les romans noirs de années 1970, celui-ci date de 1971, il n'est jamais question de trafic de drogue! Heureuse époque!
Pour changer, un petit florilège de petites phrases...assassines!
- Ils n'avaient pas pris la peine de faire attention; ils n'avaient même pas pris la peine d'être intelligents.
- Tout était comme il y a huit ans la dernière fois que j'étais venu. Un endroit que l'on quitte avec plaisir.
- Elle n'était pas vilaine. Le seul problème c'est qu'elle avait exactement l'air de ce qu'elle était : une beauté de cabaret.
- Ses cheveux noirs étaient relevés en chignon ridicule et si elle avait la quarantaine c'était de justesse.
- Le mélange cidre et Guinness avait transformé son estomac en ballon de D.C.A.
- Valse jusqu'à dix heures. Bagarre jusqu'à une heure.
- Malheureusement, elle était grosse et la belle robe et le beau manteau n'avaient guère d'importance.
- ...il possédait cette beauté sans charme des types qui font de la publicité pour les après-rasage.
- Peter avait l'air aussi sinistre que Brixton à minuit.
- Elle sentait le nylon et la transpiration sucrée.
Éditions : Rivages/Noir.
Titre original : Jack's Return Home. (1970)
Ce roman a été réédité sous le nom de « Get Carter » suite à un remake du film de 1971, avec encore Michael Caine!
Mais pas dans le même rôle!
Autres chroniques de cet auteur :
Jack Carter et la loi. (qui marque les débuts de Jack Carter)
Plender.
*Vieille chanson!

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01 octobre 2008

STEFÁNSSON Jón Hallur / Brouillages.

Brouillages.
Jón Hallur STEFÁNSSON.
Note : 3 / 5 .
Plaisirs mortels!
Dans le polar islandais, Arnaldur Indridasson est le plus connu, mais pas le seul. Découvrons donc Jón Hallur Stefánsson, écrivain né en 1959, avec ce premier roman.
Bjorn, architecte à la mode, homme soi disant bien sous tout rapport, reçoit un coup de téléphone en pleine nuit. En ligne, Sunneva, fille de son ancien associé, travaillant pendant les vacances dans son cabinet, et même en dehors de ses heures de travail. Il part la rejoindre. Au matin, son fils, Marteinn, part à sa recherche dans leur chalet de campagne. Il le découvrira dans un chemin, le crâne fracassé. Dans la maison il découvre Sunneva, nue et morte. Marteinn décide de cacher le cadavre de la jeune fille.
Commence alors une enquête sur plusieurs petites affaires qui paraissent sans lien les unes avec les autres, effraction dans un appartement, destruction d'un téléphone portable, ce genre de petits méfaits qui occupent la police.
Faut-il voir dans la grave blessure de Bjorg un meurtre professionnel ? Architecte, il travaille sur un gros contrat, la construction d'un complexe sportif, contrat qui attise les appétits, en particulier d'hommes d'affaires japonais? Ou un meurtre passionnel? A-t-il tué Sunneva, si oui pour quelle raison? Et ce japonais, très discret qui, à son corps défendant, fait la une des journaux, que fait-il en Islande? Chantage et sexe, promesses professionnelles non tenues ?
Beaucoup trop de personnages à mon goût, ce qui à un moment transforme le brouillage en brouillard catégorie purée de pois! En plus, tout ce petit monde se connaît et même parfois très bien, maintenant ou avant!
Valdimar, le flic, pas mal à la dérive lui aussi, sa dernière petite amie l'a quitté, le laissant au bord du désespoir, avec beaucoup de souvenirs dans la tête, et pas toujours très bons hélas. Un tueur japonais « Le garçon de Porcelaine » ressemble plutôt à un éléphant dans un magasin de porcelaine! Il a tout pour ne pas passer inaperçu, ce qui pour un tueur est quand même une gageure! Mais il se qualifie lui même d'artiste, alors que la mort soit une oeuvre d'art! Sunneva, trop belle fille, maîtresse d'un ami de son père, chez qui elle est en stage, cela fait désordre et lui procure de ce fait quelques ennemis potentiels, dont son ex-petit ami Ingi Geir et l'épouse de son amant! Celui –ci, Bjorn, n'a pas non plus que des amis, à commencer par son ex-associé Gunnar que la consommation d'alcool amène au bord du gouffre. Et puis ce vaste projet d'un grand stade avec toutes les infrastructures aiguise les appétits, des sommes colossales étant en jeu au niveau international. Marteinn, lui, se compromettra beaucoup pour son père en dissimulant le cadavre pendant quelques jours. Avec l'aide de son ami d'enfance Hallgrímur, ils le déposeront dans un bois.
Beaucoup de choses dissimulées, de secrets d'alcôve en passions cachées brouillent les pistes.
Dès la première page, l'assassin nous écrit , il se manifestera tout au long du roman, mais pas d'inquiétude, il restera anonyme. La fin est à mon goût inattendue et surprenante.
Pas un mauvais livre, mais pas un chef d’œuvre, non plus! Une lecture pas désagréable, mais qui sera très vite oubliée, bref, rien de bien nouveau sous le ciel de Reykjavik. Mais si je trouve un autre titre de cet auteur, j'essaierais de nouveau.
Extraits :
- Est-ce que réellement, il essayait de me séduire? Il ne regardait pas sa femme de la même manière.
- De toute façon, il aurait été étonnant que quiconque en Islande porte le prénom d'Elvis.
- Il savait qu'il aurait dû cuisiner un peu plus cette demoiselle, tout autant que l'homo du boulevard Háaleitisbraut.
- Elle lui dissimulait des choses, ce qui n'avait aucun lieu d'être dans une banale affaire d'effraction.
- Ce genre d'incident exigeait la même procédure que les décès : on devait procéder à une enquête, ce qui était la raison d'être de la police criminelle.
- Il affectionnait grandement la noyade, ayant un jour entendu dire que les victimes en tiraient un relatif plaisir une fois qu'elles avaient passé outre le gros de leur terreur.
- Cela n'avait aucune incidence, cette femme n'était pas journaliste.
- Cela lui faisait toutefois une drôle d'impression de revenir sur les lieux de son enfance, lesquels lui semblaient n'être plus que la dépouille empaillée du temps passé.
- La gaufre était sans doute délicieuse, mais Valdimar lui trouvait un goût de merde de chien. L'atmosphère de la tablée était plus qu'oppressante.
- A mes yeux, notre amour, notre passion impliquait que l'on ouvre tous les horizons, qu'on laisse arriver ce qui devait arriver.
Éditions : Gaïa. Polar.
Titre original: Krosstré. (2005)

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15 septembre 2008

GOODIS David / Rue barbare.

Rue Barbare
David GOODIS.
Note : 5 / 5.
Cloaque...cloaque...cloaque!
Pendant quelques temps, j'ai lu beaucoup de romans noirs américains, en particulier David Goodis et Chester Himes, ainsi qu'un dénommé Carter Brown, qui avait un côté plus humour au ras des pâquerettes. Ce temps là est loin, mais pourquoi pas revisiter certains classiques comme ce roman. J'ai également de vagues souvenirs du film de Gilles Behat avec Bernard Giraudeau et Bernard-Pierre Donnadieu.
Un lieu, une rue sordide où rien de pousse, sauf la misère et la loi des plus forts. Un quartier sinistré avec une population apeurée, brisée moralement et physiquement. Hagen et son gang sont les maîtres des lieux.
Un soir, Chet, qui tente d'avoir une vie normale, aide une jeune chinoise qui vient d'être agressée à se relever. Il vient de tirer un trait sur sa tranquillité en se mettant Hagen à dos. Et comme ils furent amis naguère, celui-ci veut lui donner une leçon, et faire comprendre que Chet fait maintenant partie de « L'organisation ». Hagen donne rendez-vous à Chet dans un bar qui lui sert de quartier général, la soirée se termine mal, une bagarre éclate et Chet est sérieusement tabassé. Hagen montre sa puissance et son pouvoir, et pense avoir maté Chet. Celui-ci pense quitter cette rue, partir loin avec son épouse, oublier, laisser cette jeune chinoise entre les mains d'Hagen, son tortionnaire. Sam, qui tient une gargote dans la rue, n'accepte plus cette situation, que cette jeune fille soit séquestrée au bon vouloir d'une brute épaisse ; il tente de convaincre Chet de l'aider....
Chet Lawrence se veut neutre, presque transparent. Il a vu et participé à trop de violences. Il a regardé des hommes mourir, des femmes se faire violer, il a bu et participé à la sauvagerie ambiante. Il connaît ses réactions passées, les moments où il devenait incontrôlable. Sa vie de famille est pitoyable. Edna, son épouse qu'il a connu jeune, est une créature sans grâce. Sa famille habite avec le couple, le genre, fine fleur de l'humanité, on comprend mieux la phrase «famille je vous hais ». Imaginez, trois poivrots, le père soixante-treize ans essayant de coucher avec sa belle fille de trente ans. Il y arrive parfois quand celle-ci est assez saoule pour se laisser faire et que le fils encore plus ivre est tombé du lit!
Matt Hagen, ancien boxeur est une brute épaisse (au moral comme au physique). Contrairement à Chet, il ne cherche pas à s'amender, bien au contraire il est devenu le caïd du quartier, position dont il abuse. Il a pour bras droit Pancho, un lanceur de couteau froid comme l'acier de ses lames.
Sam, le restaurateur noir, incitera Chet à se ressaisir, il teindra tête à Hagen, même au péril de sa vie.
D'autres personnages hantent Ruxton Street. Bertha : Chet et elle se connaissent depuis l'enfance, est-elle amie ou ennemie si longtemps après ? Tillie, la prostituée obèse, et toute une faune de laissés pour compte, loin des richesses de la ville qui semble à la fois proche et très lointaine de ce quartier abandonné.
Une écriture sobre, mais de qualité, certains passages mériteraient la citation intégrale, comme la partie de dés qui opposent le père , le fils (désolé, le saint esprit n'était pas libre ce soir là) et la belle fille! Une rue vraiment pavée de mauvaises intentions, l'antichambre de l'enfer.
Le parcours de quelques hommes pour retrouver l'estime d'eux-mêmes en retrouvant leur dignité. Une belle leçon de courage dans un monde cauchemardesque. Un livre très dur qui amène très loin la perversion humaine et qui interroge sur un genre d'existence que peut avoir une population vivant dans une misère absolue. Une réussite avec un constat social et moral d'une société à la dérive.
Extraits:
- Elle faisait de son mieux avec ce qu'elle avait. Parfois même il l'aimait.
- Tous les trois, père, frère, belle-sœur, tous à mettre dans le même sac.
- Un type intelligent ferait ça, et tu n'es pas un type intelligent.
- Au fond, tu es resté un membre de la bande, tu n'as jamais été rien d'autre : rien qu'un voyou de Ruxton Street.
- Si tu n'es pas sur maintenant, tu ne le seras jamais.
- C'était déjà dur à l'époque, mais aujourd'hui c'est mille fois pire.
- Durant son adolescence, couverte d'acné, elle avait utilisé une lame de rasoir pour supprimer ses pustules. Depuis ce traitement, son visage ressemblait à une passoire. D'innombrables algarades dans Ruxton Street lui avaient laissé un oeil exorbité, un nez brisé et un menton sans contour bien défini.
- Il faut faire quelque chose pourtant. Garder la tête haute, un peu au dessus des autres.
- Tu appelles ça une vie? Moi j'appelle ça une mort lente.
- Tu es un veinard, tu n'as ni sensations, ni sentiments.
- Tu es l'homme d'inaction parfait.
- Il vaut mieux être enterré mort que vivant.
Éditions : Rivages/ Noir.
Titre original : Street of the Lost. (1952).
Ce livre est sorti pour la première fois en France aux Éditions Clancier-Guénaud en 1980 sous le titre très à propos d' «Épaves ».

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04 septembre 2008

PRILLEUX Frederic / A saisir!

A saisir!
PRILLEUX Frédéric (Coordinateur)
Note : 3,5 / 5.
Home, sweet home.
Ce recueil est le septième, résultat du concours de 2006. D'habitude il y a dix écrivains pour dix nouvelles, ici, il y en a onze. Voilà la liste des heureux élus : Maïté Bernard, Alain Demouzon, Magali Duru, Denis Flageul, Joël Hamm, Hervé Leclerc & Cathy Lecruble, Florent Liau, Gille Parmentier, Annelise Roux et Romain Slocombe. Le thème, une maison : c'est vaste mais tout est possible dans un lieu habité ou inhabité!
Suivons les guides pour faire le tour du propriétaire, ou du locataire ou du squatter!
« Les oeufs en cocotte à la crème » n'est pas une nouvelle sur la cuisine, ni sur la nouvelle cuisine d'ailleurs, malgré que l'un des personnages mijote des petits plats que l'on aimerait bien goûter. Et puis certains instruments de cuisine peuvent être très dangereux pour la santé!
« Un été à tuer ». Deux jeunes garçons, pour s'occuper pendant leurs vacances scolaires, ont un jeu qui paraît bien innocent, prendre leur vélo, rouler au hasard pendant quatre heures. Se reposer pendant deux heures et rentrer. Mais voila, un jour ils découvrent une maison qui semble abandonnée, ils décident de la visiter, trouvent une entrée et ils ne suivent pas le guide, car il n’y en a pas! Le doux ronronnement d'un frigo leur indique que la maison n'est pas si vide que cela!
« Eux » est une de mes nouvelles préférées, une voix off se mêle au récit. Une famille qui semble ordinaire s'installe dans une maison, le père dynamique, la mère un peu fragile nerveusement, la fille enfant calme et un peu solitaire, et Maxime, l'hyper-actif, la plaie pour sa mère, qui est usée par ce garçon qui a su déceler son point faible. Pour elle, la vie est un enfer. La solution : un complot entre la voix et la mère, quelques petits gestes innocents et tout va bien. A lire!
« Une histoire de pain de mie » On peut commencer par manger son pain blanc dans la vie, puis quand on perd son boulot dans l'usine de pain de mie, on commence à manger son pain noir. En rêvant un peu, on peut penser que l'époque du pain béni est enfin arrivée, mais en réalité survient l'époque du pain sec! Et de l'eau pas très claire.
Quelques personnages très ordinaires peuvent voir leurs vies contrariées ou changées par un quelconque concours de circonstances. Une femme retrouve son premier amant, elle s'est mariée à un homme beaucoup plus vieux qu'elle, poussée par des convenances familiales. L'amour est-il plus fort que la raison?
Une petite fille curieuse et très tenace trouve un message dans une maison que l'enlisement menace. Que ce simple bout de papier peut-il bien cacher? Alors, elle cherche, mais c'était il y a longtemps.....Peu de gens se rappellent.Un agent immobilier sûr de son charme, une jeune femme bien de sa personne qui cherche une maison reculée pour tourner un film. Après une journée ensemble, l'homme est sûr de son affaire, mais dans tous les films, il y a toujours des seconds rôles féminins et masculins. « Coupez » dirait le metteur en scène. Jusqu'à quel point un homme peut-il aller pour venger la mort de son jeune frère dix ans plutôt? Très loin, pense Nicolas, et même plus encore! Une nouvelle qui fait froid dans le dos. Quelques amis se retrouvent pour regarder un feuilleton, reporters ou journalistes, ils ont vécu et vu des choses horribles dans des pays lointains. Mais ces choses peuvent arriver aussi chez vous! La frontière est étroite entre la vie et la mort. Une femme « profiler », enquête sur un crime apparemment commis par un ancien policier. Pourquoi a-t-il tué cette femme, il ne se rappelle de rien. Il lui parle d'un rêve d'une maison sur la côte. Il lui décrit la maison avec minutie. Elle retrouve cette maison, et trouve...
Pour cette fois j'ai trouvé que toutes les nouvelles ne sont pas de qualité égale, certaines m'ont laissé dans le couloir, en attente d'une invitation à entrer dans la salle à manger! Mais ce n'est pas une raison pour rester dans le boudoir ou dans l'antichambre ni pour laisser ce livre dans la bibliothèque.
Extraits:
- Les mots ne me font pas défaut. Seulement ils ne s'additionnent pas.
- Il y avait là une histoire vraie, qu'il n'était plus nécessaire d'inventer.
- Cela a duré un siècle ou deux. Ou peut être une minute.
- Maintenant, à nous deux, le beauf!
- T'as vu leurs noms? Bryan, Dylan, Brandon, et l'autre là, ta soeur, Heather! Merde on est en France!
- Il lui renvoie sa peur permanente. Peur des gens, peur des choses.
- Plus de boulot, plus de fric. Plus de fric, plus de gonzesse. Plus de gonzesse, plus le moral.
- Le temps était passé, mais la peine restait là, au milieu de son ventre. Entre coeur brisé et entrailles révoltées.
- Mais ce n'est pas ça qui me déplaît vraiment en elle, remarquez. Ni le fait qu'elle est assez moche, avec le nez cassé, un cul étroit, des épaules de mecs.
Éditions : Terre de Brume.
Autres chroniques de cette série :
5
A saisir
Billets brûlés
Le onzième commandement
Le rose et le noir
Mes chers voisins

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10 août 2008

THOMPSON Jim / Nuit de fureur.

Nuit de fureur.
Jim THOMPSON.
Note : 3,5 / 5.
Nuit noire!
Jim Thompson est un écrivain que je retrouve parfois au gré de mes lectures. Ce roman est une première lecture, du moins ne semble-t'il. Auteur prolifique, mais sa production est très inégale, certains de ses romans furent adaptés au cinéma et certains par des réalisateurs français.
Carl Bigelow arrive à Peardale, charmante petite ville à plus de cent cinquante kilomètres de New-York. La raison officielle de sa présence : il s'est inscrit à l'université de la ville. La vraie raison a pour nom Jake C. Winroy, propriétaire d'une petite pension de famille chez qui il résidera. Celui-ci sort de prison et doit bientôt témoigner dans un vaste procès de paris truqués. Ce qui, il faut le reconnaître, n'arrange pas tout le monde et peut éventuellement être dangereux pour la santé! Donc pour trente mille dollars, Carl doit s'arranger pour qu'il ait un « accident », il faut sauver les apparences et surtout que le procès n'ait pas lieu. Il ne résiste pas trop au charme de sa logeuse dont il veut faire sa complice. Il a du temps devant lui, cherche la meilleure méthode, se fait passer pour un étudiant et va à l'université, travaille à mi-temps. Il se fait inviter par le shérif et son épouse le dimanche après la messe. Il s'intègre dans le village, se montre charmant et attend son heure. Mais bien évidemment rien ne va se passer comme prévu, une tentative d'assassinat va jeter un froid dans un scénario qui semblait bien établi. De soupçons en suspicions, il ne reste plus grand chose d'un plan qui semblait sans faille!
Le grand personnage de ce livre, c'est Carl Bigelow, 1m50 avec talonnettes, 35 ans en paraissant 17,myope comme une fratrie de taupes et crachant ses poumons. Mais cet homme est complexé par sa taille, vicieux et dangereux. Et qui était-il avant? Quelques années plus tôt? « Le patron » le sait bien et lui même se sait coincé.
La mante religieuse de service, beauté fatale qui tente de détourner les hommes du droit chemin, est Mme Winroy, il faut reconnaître à la décharge de cette dame que son mari n'est plus que l'ombre de lui-même. Et ce n'est pas évident quand on a eu l'argent facile de vivre dans un état de quasi-misère. Et le commerce de ses charmes, elle en a déjà usé et abusé, alors, s'il est nécessaire de se remettre à l'ouvrage pourquoi pas?Jake lui est un homme qui se sait déjà mort, alors en attendant celle-ci, il boit et essaye de trouver une solution quant à son avenir. Malheureusement celle qu'il envisage ne satisfait personne, sauf lui!Une kyrielle de seconds personnages plus pathétiques les uns que les autres servent d'arrière plan, d'un vieil homme vivant à la pension, à une handicapée servant de femme de ménage.Ce vieil homme, Kendall, est-il si innocent et si désintéressé qu'il veut le paraître? Ruth et sa béquille, étudiante pauvre et travailleuse exploitée par Faye Winroy cherche le réconfort de Carl et plus si affinité. Est-ce son seul but?Sur une trame relativement classique, supprimer un témoin gênant, Jim Thompson nous dresse une galerie de portraits au vitriol, d'une méchanceté rarement atteinte.
Même les descriptions de la ville donnent le cafard :
- La ville toute entière semblait délabrée, prête à crouler sur place.
- Quant à celle-ci, elle était d'un vert chassieux, rehaussée de décoration couleur de dégueulis.
-... et à cette maison couleur de merde et de vomi, avec sa cour pelée , ses marches branlantes....
Les dialogues sont de grande classe, tout y passe, la séduction, la rouerie, le mensonge et la méchanceté, cela rappelle que Jim Thompson fut dialoguiste à Hollywoood et qu'il travailla avec Stanley Kubrick.
Un roman de Thompson est toujours une descente dans ce que le genre humain a de plus sombre, de plus glauque et où l'espoir et la bonté sont toujours absents. Quand à la rédemption.....
Dommage que la fin trop abracadabrante gâche ce roman, qui n'est pas un des meilleurs de Jim Thompson, à mon goût du moins.
Extraits:
- S'il y a bien une chose dont j'ai horreur, c'est que l'on m'appelle fiston. S'il a a vraiment une chose que je ne supporte pas c'est que l'on m'appelle fiston.
- Ce pauvre type me ressemblait assez, finalement.
- La Gnôle avait besoin de fric comme un hareng d'eau salée.
- ....elle sortait tout droit d'un bordel où elle devait faire des étincelles au plumard.
- Elle portait un vieux manteau caca d'oie- il avait tellement l'air d'avoir été acheté par correspondance qu'on aurait dû la payer pour le porter- et une sorte de jupe en laine écrue.
- ....on aurait dit que ses yeux étaient des noix posées sur une assiette de crème à la vanille.
- Ses cheveux noirs étaient épais et brillants, mais la façon dont ils étaient coiffés était un véritable massacre.
- Parce qu'il était déjà mort pratiquement ; et je pense qu'il le savait.
- On a beau être fin prêt pour ce genre d'épreuve, on n'en sort jamais intact.
- Le seul problème, quand il s'agit de tuer, c'est que c'est tellement facile. Vous finissez par le faire presque sans réfléchir. Vous tuez au lieu de réfléchir.
- Oui, l'enfer existe, mon garçon, et il n'est guère besoin de creuser pour le trouver...
Éditions : Rivages/ Noir
Titre original: Savage Night (1953)
Autres chroniques de cet auteur, ici et là.

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