Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

« On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer ». Xavier Grall.

30 juillet 2009

NIELSEN John-Erich / L'étrange sourire de Pamela Dove.

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L'étrange sourire de Pamela Dove.
John-Erich NIELSEN.
N
ote : 3,5 /5.
Souriez, on vous assassine!
D'abord je dois m'excuser auprès de l'auteur, j'avais acheté l'été dernier ce livre pendant le festival interceltique de Lorient, et complètement oublié de le lire! J'essaye de me rattraper, maintenant c'est chose faite.
Cet auteur a fait paraître son sixième roman cette année. Le héros récurrent de cette série est Archie Sweeney de la police criminelle d'Edimbourg.
Pamela Dove et son fiancé se sont suicidés il y a un an! Mais cette double mort est-elle aussi simple qu'il y parait? Archie Sweeney est tout retourné, le sourire de Pamela Dove le hante, comment peut-on mourir d'une balle dans la tête en souriant? Même si d'après l'enquête, c'est son fiancé qui l'a tué avant de se suicider? Enfin, c'est ce qu'a conclu, un peu vite sûrement, la police locale. Mais sa mère Betty, voisine de Midge, la tante d'Archie, n'en est pas convaincue . Après une tasse de thé avec ces deux charmantes écossaises et un regard appuyé à la photo de Pamela, notre vaillant inspecteur promet de jeter un oeil sur le dossier de police et ce qu'il découvre l'incite à aller regarder cela de plus près. Des détails le chiffonnent (lui, pas sa tenue vestimentaire qui l'est déjà). L'argent et tous les moyens de paiement ont disparu. Les clés de la voiture également! Alors Archie, tel un fin limier, s'élance sur les traces de Pamela, la morte au sourire envoûtant.
Mais que cache ce sourire, et pourquoi ces deux morts, au pied d'un phare illuminant la côte, près d'un hôtel isolé? Petit à petit, certains éléments paraissant troublants, ces disparitions ont permis des promotions rapides dans l'agence publicitaire où travaillaient les deux victimes. Crime d'intérêt ou d'ambitions personnelles? Et puis pourquoi ne pas avoir dit à Archie que Pamela avait été mariée, et que son mari s'était lui aussi suicidé au même endroit, après qu'elle lui ait avoué avoir une relation amoureuse avec Olivier! Des remords tardifs ont-ils poussé Pamela à cette extrémité? Car, bizarrement, c'est avec son propre revolver qu'ils ont été tués. Bref les lumières de l'inspecteur et celle du phare ne seront pas de trop pour éclairer cette ténébreuse affaire.....
L'inspecteur Sweeney est dans le roman policier actuel une sorte d'anachronisme!
Il n'est pas grand, fort, beau et baraqué! Il n'est pas alcoolique, ne se drogue pas, il est gentil avec sa vieille tante, son compagnon se nomme Berthie, son fidèle teckel! Pour faire plus « British », l'auteur l'a affublé d'une énorme barbe rousse. Mais ce jeune homme est un fin limier.
Tata Midge est une charmante vieille écossaise, style carte postale, son amie Betty est son digne pendant, cachant certaines vérités par peur du scandale et du quand dira-t-on! Pamela et son fiancé Olivier avaient-ils des ennemis au point de vouloir leur mort! Ils semblaient pourtant nager dans le bonheur. La possible nouvelle promotion d'Olivier est-elle un motif suffisant ?
Ajoutez un vieil écossais bougon, propriétaire d'un hôtel, d'un setter, se consolant de la mort de son épouse avec son accorte servante, des collègues de travail qui ont eu un peu de chagrin, mais une promotion. Plane l'ombre d'un mari qui s'est suicidé en se jetant d'un avion sans parachute, et vous aurez une idée des personnages de ce roman. On croise aussi une jeune fille originaire des Balkans, portants des mini-jupes remarquables et bien sûr remarquées!
Une ambiance très « Old England » berce ce roman très reposant. Entre une tasse de thé et quelques biscuits au gingembre, nous menons l'enquête avec Sweeney sur les bords de la mer d'Irlande, à Edimbourg, Glasgow et même Sarajevo. Un bon livre qui sans être génial me donne malgré tout envie de continuer à suivre les aventures d'Archie Sweeney, de sa barbe rousse et de son porte bonheur, un club de golf! Un excentrique, ce jeune homme, qui en plus se sert d'un dictaphone pour que rien ne lui échappe pendant les interrogatoires.
À noter une certaine originalité dans l'écriture, les pensées d'Archie et de quelques autres personnages sont écrites en italique, je trouve que c'est une très bonne idée.
Extraits :
- Si, ne soyez pas modeste. Vous être notre nouveau Sherlock Holmes, le flatta Mrs Dove.
.... l'inspecteur Thurso s'affichait en parfait fossoyeur de l'esprit contestataire de sa génération.
- Le vent soufflait en rafales depuis l'ouest chargé des embruns d'un Kintyre irlandais soudain plus proche.
- Une idée saugrenue lui traversa l'esprit : Et si.... Et si, tout simplement... Et si c'était le sourire de Pamela Dove ?
- À travers son regard, l'homme semblait lui transmettre l'âpreté de son pays.
- Ce jour là, c'était comme si l'océan hurlait de douleur...
- Eh bien voilà!...Deux interrogatoires perdus. Wilkinson avait raison : les militaires, ça ne sert à rien.
- Serre les dents, mon vieux Archie ! Un Écossais ne se rend pas devant l'Anglais !
Éditions : Head over Hills (2006)

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15 juin 2009

COOVER Robert / Noir

Noir.
R
obert COOVER.
Note : 3 / 5.
Le noir lui allait si bien!
Je ne connais pas cet auteur qui m' été recommandé au club de lecture de la médiathèque de Lorient. Un auteur somme toute prolifique, avec une vingtaine d'oeuvres éditées.
Quand le privé s'appelle Phil Noir, sa secrétaire Blanche, le commissaire Blue on peut espérer en voir de toutes les couleurs, ou alors n'en voir qu'une seule : le rouge!
Un privé bien dans la tradition américaine, fauché, pas brillant, un peu stupide, buvant et fumant plus que de raison. Il sert souvent de punching-ball pour quiconque veut se passer les nerfs. Bref tous les clichés et stéréotypes sont là!
Les rues sont glauques, les personnages très paumés, la veuve en noire, en jambes et appétissante (bon d'accord elle passera vite du statue de veuve à celui de défunte, puis de cadavre elle deviendra feue la disparue!). Ladite veuve aimerait qu'il enquête sur la mort de son mari, la version officielle parle de suicide, mais elle n'y croit pas. Elle l'embauche pour savoir la vérité, mais quand elle lui donne un papier avec le nom de l'assassin présumé, il a un instant d'hésitation! « Mr Big » c'est du gros, pas du menu fretin.
Pauvre Mr Noir, à la suite de la mort de son employeuse, il broie du noir, mais il continue son job, bien que dorénavant il travaille au noir. Comme en plus le mystère s'épaissit l'avenir est plutôt sombre. Les éclaircies dans sa vie et son enquête, lui sont prodiguées par Blanche, sa secrétaire.
Les visites du commissaire Blue lui donnent des coups de blues, et les coups qu'il reçoit lui laissent des bleus au corps!
Phil M.Noir est un privé sans illusions, ni sur lui même, ni sur les autres. Ses rêves ont été remplacé par la triste réalité d'un boulot minable. Donc parfois Monsieur broie du noir, et s'apitoie sur son triste sort!
Sa secrétaire, qui se nomme Madame Blanche, est une personne dévouée, enfin peut-être pas corps et âme. On apprend au hasard des retours de son employeur qu'elle porte des culottes de soie, mais oui. Mais n'allez pas croire certaine choses, dans la vie rien n'est absolument tout noir ou tout blanc. Même pour les Blacks &White, garçon un whisky please! Est-elle aussi en plus de ses nombreuse qualités une oie blanche?
Commissaire Blue est un policier incorruptible, enfin jusqu'à un certain point, mais l'argent qu'il trouve dans les poches des gens qu'il interroge est pour les bonnes oeuvre de la police, voyons!
Le veuve en noir, visage dissimulé sous une voilette, enfin la veuve dont le corps a disparu! Mais qui réapparait parfois, au moment où l'on si attend le moins.
Mr Big, lui est un poids lourd du crime, amateur de soldats de plomb, il était l'associé du défunt mari de la veuve en noir aux longues jambes qui est morte et dont le cadavre a disparu........
Les personnages dit secondaires ne sont pas tristes non plus, en particulier une veille prostituée qui a servi de carte postale entre deux yakuzas, chacun renchérissant sur le tatouage de l'autre! Flame au tempérament de braise, des alcooliques, des indicateurs, une jeune bourgeoise qui s'encanaille peuplent les nuits de New-London et de ce roman.
L'auteur adopte un style de narration qui peut dérouter, en effet il parle à Noir en le tutoyant et en décrivant ses actions:
-Tu es à la morgue. Où la lumière est étrange.
Un bouquin dont le début est relativement intéressant, mais je me demande qui a pris le plus de plaisir, l'auteur à l'écrire ou le lecteur à le lire? L'intrigue est des plus minces, et ne parait pas être l'objectif de Coover. Il semble qu'il écrit un pastiche, réunissant tout les ingrédients du genre, on secoue bien et c'est parti. Le départ est réussi, mais l'arrivée laborieuse!
Extraits :
- Le petit groupe habituel des badauds, d'ivrognes, de flic, de clodos, leurs visages dans l'ombre des casquettes et des chapeaux. Une assemblée perverse et sinistre. Également des charognards.
- Tu t'es rendu compte qu'une des choses que tu avais oubliées de demander à la dame était son nom et le nom de son mari décédé.
-Le trou était dans la temple droite du ballot. L'arme dans sa main gauche.
-L'avenir de tout le monde. Skipper parle rarement, il fait savoir. Il montre son bandeau noir du doigt. Il te montre du doigt. Il montre son perroquet. Il laisse la parole à son perroquet.
- Les jambes sont des jambes Mr. Noir. Elles sont plus nombreuses que les gens.
- Et une balle dans la tête est une balle dans la tête. Comme son mari pourrait vous le dire s'il n'était pas trop tard.
- En bref, selon Joé, la vie n'était que maladie, solitude, corruption, cruauté, paranoïa, trahison, meurtre, cynisme, impuissance et peur, et puis il y avait aussi le mauvais côté des choses.
- Enfant rebelle de la décadence et friquée, tu connais le genre, tu t'es déjà fait brûler.
-L'endroit lui-même est sale, enfumé, lugubre, fétide. C'est toi.
- Mais tu as beau te dépêcher, courir contre la montre, on dirait que ça prend un temps infini. Tout s'étire.
- Et vous, Mr Noir ? Vous bavez aussi après moi?
Éditions : Fiction & Cie. Seuil (2008).
Les éditions du Seuil à qui je posais la question du titre original m'ont gentiment répondu ceci :
Noir est le titre original : ce livre n’a pas été encore publié aux États-Unis, la traduction et publication française étaient une avant-première !

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06 juin 2009

FONTAINE Laurence / Noir dessein en verte Erinn

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Noir dessein en verte Erinn.
Laurence FONTAINE.
Note : 4 / 5.
Musique funèbre.
Second roman de cet auteur native de Lille, mais c'est pour moi une découverte. Très attirée par les cultures anglo-saxonnes, elle a écrit un précédent roman « Bleu Eldorado » en 2002 qui évoquait les Etats-Unis et la musique. Ici, changement de cap, nous sommes dans les environs de Cork, et la musique, quand il y en a, n'est pas forcément très douce. Bizarrement, en ce moment, j'ai l'impression de lire des romans noirs se déroulant en Irlande, mais écrits par des non-irlandais.
New-York, 1979 , Mike, un jeune boxeur, gagne un match, tue une jeune femme et rentre en Europe. Tout au long du récit, nous suivrons sa vie d'enfant battu, puis sa longue dérive sanglante, dans plusieurs villes du monde, laissant des corps sans vie derrière lui, en général des femmes qu'il séduit, mais pas au hasard!
Kilroy, comté de Cork, été 2001. Agnès Hamilton vient en Irlande pour aider Ted à faire l'inventaire d'une bibliothèque. Ce dernier, suite à un héritage, est revenu au pays où il s'est installé avec Moha, son épouse jamaïcaine. Les affaires ne marchant pas fort, il a accepté ce travail. Mais ce qui n'était au départ pour Agnès n'était qu'un agréable moyen de passer des vacances à moindres frais tout en gagnant de l'argent, se transforme en une plongée très sombre dans un passé qui influe sur la vie de beaucoup des personnages de ce roman.
La bibliothèque a subi un grave incendie, son propriétaire Nathanaël Spark a failli périr dans les flammes. Une mort que personne n'aurait regretté tant son comportement durant la guerre d'indépendance a marqué les esprits. Il est maintenant mort, à plus de cent ans, mais n'en finit pas de perturber les consciences. En effet une seconde bibliothèque est découverte, et là il n'est pas question de littérature classique!
Ryan et Seamus Ripley aident à divers travaux manuels. Si Seamus est dorénavant un vieil ivrogne, Ryan est un être plus complexe, séducteur impénitent, il est rentré d'exil depuis quelques mois et participe également à des combats de boxe semi-clandestins. Ayant passé son enfance au manoir, il en connaît tous les coins et aussi beaucoup de secrets.
Petit à petit, tel un puzzle, les éléments du passé prennent leur place.
Agnès, à la fin de son année scolaire et en attente d'un poste, accepte un travail en Irlande : dresser la liste des livres contenus dans ce que l'on pourrait appeler une des plus grande bibliothèques privée d'Irlande. Elle pense un peu naïvement joindre l'utile à l'agréable!
Ryan et Seamus Riley sont des « tinkers* » sédentarisés ; leur pauvreté les a poussé à accepter de travailler pour Spark. Ils furent ses esclaves. Ryan a beaucoup de zones d'ombres dans sa vie, qui est-il vraiment ? Ce charmeur cynique, ce sauvage qu'il devient dès qu'il monte sur un ring, cet homme à l'intelligence limitée, un musicien exceptionnel ou un tueur froid et déterminé? Il fut en grande partie élevé par Nathanaël Spark et disparut la nuit où la maison de celui-ci brûlât. Où était-il pendant tout ce temps?
Ted est plus impliqué dans cette affaire, chose qu'Agnès ignorait. En effet de nombreuses années auparavant, sa soeur est décédée dans ce qui est apparu comme un simple accident de vélo et ce ne fut pas la seule mort étrange dans la région.
Nathanaël Spark lui a toujours choisi son camp, hors de toute idéologie, celui qui rapporte le plus. Son comportement pro-britannique pendant la guerre d'indépendance ne lui a pas valu que des amis. Un personnage trouble, est-il aussi dépravé que la population locale le pense? Où alors ses voisins sont-ils en dessous de la vérité! Est-il le mal incarné, quel traitement dut subir Ryan, quand orphelin, il était à sa merci?
De nombreux retours en arrière sans trop de soucis de l'ordre chronologique perturbent un peu la compréhension du début du roman, mais l' intrigue monte en puissance au fil de la lecture. Le proverbe qui dit que « la musique adoucit les moeurs » n'est pas toujours de mise dans ce livre, mais quand le même étui sert à transporter une flûte et un pistolet, comment peut-il en être autrement?
De l'Irlande profonde aux horreurs du nazisme, la soif du mal pousse parfois certaines personnes très loin.
Un bon roman, et ce, malgré quelques clichés ( séducteur irrésistible) . L'histoire est très originale et tient en haleine. Une découverte et une romancière amoureuse de l'Irlande, qui en parle donc très bien.
A noter également que Laurence Fontaine prend un malin plaisir à nous embrouiller dans les variantes de certains prénoms.
Extraits :
- Un bleu profond ombré de vert sombre ; « saphir et émeraude » avait murmuré la fille rousse dans ses bras.
- En fait, ils ont surtout dénoncé de nombreux nationalistes, et cela explique le vieux Spark n' était pas en odeur de sainteté dans le comté.
- Il ferme les yeux et laisse la pluie pénétrer dans son coeur. Il sait que ses parents ne reviendront jamais.
- Et qu'y a-t-il au-delà du Bien et du Mal ?
Il y a l'homme libre, murmure Mike.
- Les livres posent des questions, la musique fournit des réponses.
- Qu'est-ce qu'un corps sans esprit ? murmura-t-il. Un costume de soie pour un cadavre ?
- Tu as une énigme sur les bras ou dans les bras ?
- Est-ce que tu crois qu'une guerre s'arrête aux armistices ?
Éditions : Yoran embanner (2009)
*Nomades irlandais. Beaucoup d'entre eux sont issus des hommes et femmes jetés sur les routes pendant les grandes famines.
Blog de l'auteur, ici.

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04 juin 2009

SÍMONARSON Ólafur Haukur/Le cadavre dans la voiture rouge

islande

Le cadavre dans la voiture rouge.                                                                              
lafur Haukur SÍMONARSON.
Note : 3,5/ 5.
Entre amis, dans un si joli petit village.......
Premier roman de cet auteur que je lis, ceci dans le cadre du club de lecture de la médiathèque, cette année étant consacrée à la littérature islandaise. Cet auteur est surtout connu comme dramaturge.
Jonas Halldorson est plutôt sur la mauvaise pente, renvoyé du journal où son cousin l'avait embauché, il se retrouve comme enseignant dans un village que l'auteur décrit en ces termes « enclave perdue dans les ténèbres du monde ». Il découvre que ténèbres pour ténèbres beaucoup des habitants ne sont pas des lumières! Quant aux élèves, pourquoi étudier pour finir à la conserverie de poissons ou pêcheurs dans des mers guère hospitalières ? Puisque l'on parle d'hospitalité, l'accueil réservé à Jonas n'est pas des plus jovials ! En supplément, l'appartement de fonction promis n'est pas disponible, Hannes, le directeur, lui offre l'hospitalité, chose que Jonas refuse. Il va donc habiter chez Maria, une autre professeur, qui vit avec son père alcoolique notoire, mais patriarche d'une famille très riche. Il fera ainsi connaissance de Bjorg, le frère, qui semble régner sur ce village. Quelles sont les raisons qui ont poussées Haldor son prédécesseur à disparaître subitement? Ici, tout se sait, mais il règne une certaine loi du silence, Jonas entend parler de différents incidents, de mystérieux incendies. Il constate la main-mise de quelques uns sur les finances publiques. Quel est réellement le rôle de Maria dans certains bruits qui courent, est-elle saine d'esprit? Certains en doutent. Bref un vrai panier à crabe dans les eaux islandaises.
Des personnages plutôt classiques dans un endroit très reculé, Jonas semble être au départ un être plutôt minable, buvant plus que de raison, il a échoué dans ses études en Allemagne, et est revenu au pays. Sa femme l'a quitté et il ne voit plus sa fille. Il a accepté ce travail faute de mieux.
Maria et sa famille : Bjorg, son frère, Alex, son père, Thorsteinn, amoureux transi de Maria, Oli, directeur de la supérette, président du Lions' Club, loueur de cassettes vidéos porno, tout ce beau monde cache ses secrets et raconte sa version de la vie du village. La vérité de l'un n'est pas, loin s'en faut, la vérité des autres! Hannes, le directeur de l'école, alcoolique, mène son monde à la baguette. Viggo, sa petite taille est un handicap, mais c'est un mécanicien hors pair, pourquoi vouloir sa mort? En savait-il trop? Halldor a mystérieusement disparu. Il habitait lui aussi chez Maria et son père, il semblerait qu'en posant des questions de droite et de gauche, il avait découvert certaines malversations. Donc il gênait pas mal de monde chez les notables du village.
En lisant ce livre, j'ai eu l'impression de découvrir la version islandaise de « Cul-de-sac » de Douglas Kennedy, ou de « Cinq matins de trop », de Kenneth Cook. Un étranger pratiquement bloqué dans un village où la majorité de la population lui est hostile. Un endroit où les plus forts font la loi, et où tout le monde soigne ses angoisses par l'absorption massive d'alcool. L'ambiance et la mentalité des autochtones sont fort bien décrites, et on comprend très bien la main malicieuse qui, sous le panneau « Bienvenue à Litla-Sand », a ajouté « Sauve-qui-peut ! ».
Une Islande loin des cartes postales dans ce roman qui commence doucement, mais qui trouve un rythme plus soutenu dans sa seconde partie.
Un livre agréable, mais qui ne révolutionnera pas le genre, à lire pour le dépaysement qu'il procure.
Extraits :
- C'est une belle journée d'été, mon garçon. Ce n'est que quand il faut faire marcher deux hommes devant la voiture qu'on peut parler de brouillard.
- Tu dois être Jonas. Notre nouvel espoir dans notre combat contre l'ignorance.
- Ne faudrait-il pas employer des gaz lacrymogènes contre cette racaille ? Pour maintenir un apartheid style Afrique du Sud.
- Tout allait à hue et à dia. « Demain me dis-je à moi-même. Demain est un autre jour ».
- Y a-t-il encore des Hamlet à courir ces campagnes ?
- Dans une telle société, je finirai par devenir fou.
- Dans ce pays, c'est la morue et non l'orthographe qui nous fait vivre, dit Petur.
- Tu viens d'une grande ville. Je doute que tu comprennes bien la vie d'un endroit comme celui-ci, dit-elle en se versant un verre d'eau.
- Ceux qui veulent diriger dirigent, et la plupart n'y trouve rien à redire.
- Il était venu en retard, comme cela sied à un président, un roi, ou un pape.
- Les prêtres ont engendré la moitié de tous les lardons et se sont vantés d'avoir engendré les autres. Si bien que les plus grands romans de notre littérature ce sont les registres des églises islandaises.
- Tricher était pratiquement un sport national et des comptabilités truquées qui étaient à ranger parmi les broutilles de chaque jour.
- Pense donc : Tout se passe ici comme si on débarquait dans un asile de fous en plein Moyen Âge.
Titre original : Líkið í rauða bílnum. (1986)
Éditions : Presse universitaire de Caen (1997).

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28 avril 2009

MINA Denise / La mauvaise heure.

La mauvaise heure.
Denise MINA.
Note : 4 / 5.
L'heure du trépas.
Roman qui figure dans la sélection finale du Prix du roman policier SNCF . Je ne connais pas encore cet auteur née à Glasgow en 1966. C'est son troisième roman traduit en français.
Glasgow, 1984, un soir d'hiver Paddy Meehan, journaliste, suit les fréquences de la police, en quête du scoop qui lui permettrait de devenir reporter criminel au « Scottish Daily News ». Aujourd'hui, c'est ce qui semble être une banale affaire de violences conjugales dans un quartier chic de la ville. Paddy remarque une femme le visage en sang, mais un homme bien de sa personne, arrogant et sûr de son charme , lui glisse 50 £ dans la main. Pour la police, l'affaire est classée et Meehan garde le billet ensanglanté. Pour elle cela représente une grosse somme d'argent qui sera la bienvenue. Mais le prix du silence pèse sur sa conscience, surtout que le lendemain le cadavre de cette femme, Vhari Burnett, est découvert atrocement mutilé! Ses dents ont été arrachées une à une!
Alors commence pour Paddy, qui est la seule et la dernière à avoir vu cette femme vivante, une enquête que l'auteur nous présente en forme de puzzle. L'homme qui a donné de l'argent à Paddy a disparu, et semble inconnu des services de police. Il semblerait que les policiers ont également accepté de l'argent, et sont partis sans chercher plus loin. En plus de Paddy, nous suivrons également Kate qui semble cacher beaucoup de choses. Ce qui lui vaut d'avoir une équipe de tueurs aux trousses. Les morts s'accumulent, noyés ou tués à coups de talon aiguille dans l'oeil, c'est ce que l'on appelle voir venir sa mort!
Paddy, entre flics corrompus, tueurs à ses trousses et son travail de journaliste a une vie mouvementée, pour notre plus grand plaisir.
Une histoire bien menée, car plus on avance dans le récit, plus on découvre des personnages qui ont pour une raison ou une autre un fort sentiment de culpabilité, comme Bernie, garagiste et ami d'enfance de Vhari et de Kate.
Paddy Meehan, journaliste (et catholique) est très humaine et attachante. Mais elle n'est pas spécialement gâté par la vie : un travail dur, de nuit, traquant les faits divers, côtoyant la mort très souvent. Toujours prise entre la police qui la tolère et son journal avide de sensationnel. Sa famille ne l'aide pas beaucoup, une soeur, femme battue, une autre à la limite du mysticisme, et des frères accros à la télé et aux jeux vidéo. En plus, elle a quelques soucis avec son poids, mais comme elle est un peu boulimique, cela n'arrange rien. Une passade d'un soir va encore envenimer sa situation, qui était déjà compliquée.
Kate, dont nous suivrons les déplacements et la déchéance, droguée, sa beauté, son arme principale, s'effiloche. Au cours de sa fuite, avec une forte quantité de cocaïne, elle tuera un homme. Elle se sent un peu responsable de la mort de Vhari, et pense qu'elle aurait pu être à sa place!
Vhari Burnett, la victime, quelle cause peut justifier ce massacre? La piste professionnelle, elle était avocate? La piste passionnelle, elle semblait avoir beaucoup de succès auprès des hommes? Ou autre chose? Son appartenance à Amnesty International? Ses relations avec Mark, amour de jeunesse, qui était lui aussi adhérent de cette organisation?
Mark pense être, d'une manière ou d'une autre, responsable de sa mort. Promis à un brillant avenir, sa vie et son mariage sont autant d' échecs. Lâche, un soir il trouve un certain courage!
Beaucoup de personnage secondaires, des membres de la police aux journalistes qui vivent eux aussi des moments difficiles au nom de la rentabilité. Et Paddy a une famille, non exempte de problèmes, en plus d' un ex-petit ami irresponsable. La Clyde n'est pas un long fleuve tranquille, surtout qu'elle n'a que l'appellation rivière! A ce sujet, j'ai appris que la société de bienfaisance de Glasgow a des employés qui patrouillent tous les matins pour retirer les noyés de cette rivière! Glasgow, ville d'eau!
J'ai aimé le côté social de ce livre, la politique de Margaret Thatcher commence par démanteler une grande partie de l'économie, la classe ouvrière est sacrifiée, la précarité s'installe, les restructurations commencent. Des quartiers entiers sombrent dans la misère ; la drogue et la prostitution apparaissent en pleine lumière. Un portrait saisissant du sous-prolétariat de Glasgow.
En Écosse aussi, à cette époque, le problème irlandais est présent dans les quartiers catholiques, la violence est moins visible, mais le communautarisme et la religion sont malgré tout très présents!
Un bon livre dépassant le simple cadre du roman policier classique, avec une Paddy Meehan très attachante.
Extraits :
- C'était la première fois qu'on m'achetait. Cinquante livres. De quoi régler un certain nombre de problèmes urgents.
- Thatcher a l'air d'être un agent du diable, ce n'est pas une preuve. Les choses plausibles ne sont pas forcément vraies.
- Le bleu du logo était assorti à son tailleur Chanel en laine, ses boucles d'oreilles, à sa montre.
- Une femme couverte de sang et trois témoins qui vidaient tranquillement les lieux.
- En général, quand un Écossais faisait allusion à l'origine irlandaise de son patronyme, c'était pour lui signifier qu'elle et ses semblables n'avaient qu'à retourner dans leur île.....
- Autour, les gamins avaient recouvert les pignons des maisons et des garages de graffitis sauvages en faveur des factions dissidentes de l'IRA.
- Comment sais-tu que c'est un connard ?
Parce qu'il vient de Londres.
- New the World était au Scottish Daily News ce que l'ordure est à l'or : un torchon, un tabloïd de la presse à scandale n'ayant que mépris pour l'information objective.
- Les arrestations arbitraires, les suspects torturés dans les geôles d'Irlande du Nord conféraient à tous les catholiques d'Écosse une aura de minorité opprimée.
- Tu t'es tapée un flic ! Et dans sa voiture en plus ! Faut vraiment être conne.
- ... et l'odeur qui imprégnait l'étage du bus n'arrangeait pas les choses : ça puait l'amygdale recuite dans la nicotine.
Éditions : Les éditions du Masque (2009)
Titre original : The Dead Hour (2009)

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16 avril 2009

PRILLEUX Fédéric / Dans le panneau!

Dix ans, cela se fête!
Donc vive "La noiraude & La fureur du Noir".
Cela se passe, ici!

Dans le panneau!
Frédéric PRILLEUX (Coordinateur).
Note : 4 / 5.
Ne pas tomber dedans!
Reprenons le même principe que tous les ans, dix écrivains, cinq professionnels et cinq amateurs sous la direction de Frédéric Prilleux nous donnent ce rendez-vous, qui est le 8ème. Pour eux et pour moi!
Les auteurs sont pour cette édition : Gérard ALLE, Patrick BARD, Philippe GOURNAY, Philippe HUET, Sébastien KLOTZ, Max OBIONE, Céline PENVERNE, Maryse POLY, Claudio RUBILIANI, et Dominique SYLVAIN . Les panneaux, en général sont là pour interdire quelque chose, alors bravons les interdits!
« Moi non plus, je n'aime pas avoir froid ou soif. Le café vous est offert, servez-vous et bienvenue »
Le panneau, qui est également le titre de la nouvelle est alléchant et étrange! Surtout qu'il est signé « L'ermite » et qu'il se trouve dans un village abandonné. Une histoire pathétique d'un des nombreux laissé-pour compte de nos sociétés modernes. Mais un randonneur veille...
« Il est interdit de se doucher dans le cimetière », est une des plus intéressantes nouvelles de ce recueil, la plus réussie à mon goût. Nous sommes à la Réunion, nous cheminons au propre comme au figuré avec le narrateur. Il marche pour oublier ou pour se souvenir, pour ne plus voir ce père, alcoolique, ancien fossoyeur, cet homme détestable et détesté, craint et isolé. Il est à l'agonie et le fils revoit sa vie, sa mère. Une dernière offrande et l'eau purificatrice.....
« Attention à la marche » est une de mes nouvelles préférées, un éditeur loupe une marche, se blesse grièvement, trouve un interlocuteur pour lui raconter sa vie. Il pense tenir enfin le chef d'œuvre qui va changer sa vie, le sortir de l'anonymat, il a rendez-vous aujourd'hui avec l'auteur...Ne pensez pas que le fait que le titre du livre « Lady Bigouden » et le nom de plume de l'auteur soit Dominik Kerity aient eu une quelconque influence! Ou alors vous me connaissez bien mal!
« Défense de déposer des ordures » nous raconte la rencontre d'un homme qui urine sur le bord d'une autoroute et d'un escarpin rouge. Cet homme s'imagine l'histoire de ce soulier abandonné là, une dispute, le rendez-vous d'un couple illégitime? Enfin, il a fini, referme sa braguette et laisse la chaussure à sa place..... Sur le pont au-dessus un cycliste l'observe.
« Baignade interdite » clôt ce recueil, et prouve que ce n'est pas très agréable de nager en eaux troubles où flottent un cadavre. Surtout si vous commencez à mentir à la charmante représentante de la gendarmerie. Le mort étant un homme riche, pas comme le cantonnier qui meurt peu après....
Quelques personnages ordinaires, parfois, un couple de retraités de l'enseignement cherche une noble cause à défendre. Ils veulent changer de vie, chasser l'ennui, bref tout quitter, et dans ces cas là ils trouvent la cause! À eux le Maroc, le sable, le soleil et peut-être aussi un mirage......
Un journaliste qui doit faire un papier sur un double suicide, à Etretat! La femme a fait un vol plané avec sa voiture, l'homme s'est lui pendu! Quelle motif avait cette femme de se suicider? Apparemment aucun, elle écrivait des poèmes et allait être publiée, récompense pour elle alors pourquoi mourir et de cette manière bien peu sentimentale! On est loin de l'envolée des amants éperdus, mains dans la mains! Méfiez vous de la chute....de la falaise! Et la poésie n'est pas toujours neutre!
Une prostituée se rappelle des circonstances qui ont décidées de sa vie. Un jeune allemand pendant la guerre, qui lui fait découvrir l'amour, la naissance d'un fils, la honte et la tonte, et maintenant ces deux hommes qui sont les clients qu'elle ne voulait pas......
Une femme battue, qui écrit pour faire pénitence, une petite fille surprise de l'intrusion d'un couple dans une maison qu'elle s'était appropriée et qu'elle observe jours après jours.
Un recueil plus exotique que les autres, Maroc, Ile de la Réunion, mais vu le contexte ce n'est pas réellement le paradis!
La recette étant la même, ma chronique également, des écritures très différentes, du très bon et du moins bon. Mais le moins bon est malgré tout de bonne qualité, un bon cru. A l'année prochaine donc!
Extraits :
- Gisèle se mit à éplucher le guide du Routard plus souvent que les poireaux.
- Vous verrez qu'un jour, on appellera les cons « Personnes à compréhension différée ».
- Mon père ne croyait en rien, pas même à sa propre bêtise et aux propos insensés qu'il tenait.
- Le tas de ferraille fut une Clio bleu marine, et ressemble maintenant à une œuvre d'un César qui n'aurait pas fini le boulot.
- Tu as raison Mathilde, je suis une erreur de trottoir.
-Je vois le grand-père Tramvouez qui marche sur le quai de Loguivy, me tenant par la main et racontant ses pêches d'Islande.
- Les autres bébés ils rient des fois, pourquoi tu ne ris jamais toi ?
- Il disait souvent que leur vie aurait été différente si elle ne lui avait rien caché.
- Il lui faudrait encore tuer demain.
- C'est dingue le nombre cachottiers que comptent ce patelin, tu ne trouves pas Clément ?
Éditions : Terre de Brume. /Granit noir(2008).
Voir mes autres chroniques ici
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13 avril 2009

TURSTEN Helene / Un torse dans les rochers.

Un torse dans les rochers.
Helene TURSTEN.
Note : 4,5 / 5.
Sévices compris.
Ce roman d'une auteur suédoise figurant dans le tiercé des finalistes du prix de polar SNCF, catégorie romans européens, pourquoi ne pas essayer. A première vue, ce n'est pas une débutante, ayant déjà sept romans à son palmarès. Autre chose a remarquer, l'héroïne est l'inspecteur principale Irène Huss. Je ne suis pas assez féru en littérature policière scandinave pour dire si c'est une exception ou pas?
Un torse est découvert par un chien dans un sac plastique sur une plage. L'état de décomposition et les mutilations infligées font que même l'identification du sexe de la victime est impossible sans un examen très poussé! Seule piste possible, un tatouage, mais lui aussi est très détérioré. La médecin légiste confirme que c'est un homme, alors que statistiquement ce genre de mutilation est plutôt commise sur des femmes. Un autre sac est découvert contenant d'autres fragments de corps. Tout est hors-normes dans cette affaire qui apparaît comme n'ayant pas de précédents. Dans les rares meurtres ayant quelques points communs avec celui-ci, les victimes sont en général des prostitués, hommes ou femmes! Le tatouage ne semble pas avoir été fait en Suède, peut-être au Danemark, et il représenterait une lettre japonaise! Il s'avère qu'il représente l'enseigne d'un sex-shop gay de Copenhague! Et deux ans auparavant, il y avait eu un crime semblable, la victime étant une prostituée toxicomane. Donc pour Irène, un voyage dans la capitale danoise s'impose, et comme disait un célèbre dramaturge britannique « Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark! » Tom Tanaka, le propriétaire japonais du sex-shop, lui donne le nom de la victime, un certain Markus Tosscander, un éphèbe décorateur du genre « homme à homme », il semblerait qu'il faille chercher dans la longue liste de ses amants! Au cours de ses conversations, deux personnages reviennent souvent, un policier au Danemark et un médecin en Suède.
Elle mène en même temps sa vie de femme et de mère au foyer. Une de ses jumelles a eu un accident de voiture, une de ses anciennes amies lui téléphone pour demander de l'aide, Isabell sa fille de dix-sept ans a disparu à Copenhague. La routine du commissariat est faite de meurtres, un dealer a été trouvé mort, son assassin potentiel, un proxénète notoire a un alibi plus que douteux, un violeur sévit depuis quelque temps, etc...
En guise d'avertissement, du moins Irène le ressent comme cela, on découvre également le cadavre d'Emile, être trouble qui passait souvent chez Tom Tanaka. Son appartement servait point de chute à de nombreux suédois aux moeurs pour le moins étranges Sur certaines photos très osées de Markus, un autre personnage apparaît, silhouette imposante en contre jour, les témoins ne se rappellent que de son surnom « Basta ». Les meurtres et les allers et retours continuent pour Irène......
Irène Huss est une femme très occupée, mais reste très humaine, conciliant malgré tout sa vie de femme au foyer avec ses petites contrariétés et sa profession faite souvent d'horreurs au quotidien. Malgré cela elle éprouve encore des sentiments profonds.
Un sumotori retraité qui tient un sex shop à Copenhague, Tom Tanaka, ses manières raffinées et son homosexualité discrète, le rende sympathique à Irène et il connaît beaucoup de choses sur les milieux gays. Un photographe bisexuel, marié, mais encore amoureux de Markus, « Basta » personnage inquiétant, homme aux multiples casquettes, Emile dont la mort ne fut pas des plus douces sont des êtres de l'extrême, prêts à tout!
Les personnages des policiers sont souvent un peu troubles, alcoolique pour l'un, play-boy semblant rentrer de vacances pour l'autre, fréquentant les maison closes pour le troisième, une commissaire danoise au passé mystérieux. Très peu sont tout blancs, mais profondément vrais.
Ce roman est dur et parfois déroutant à cause du milieu dans lequel il se déroule. Des hommes pour qui le sexe doit être vécu juqu'au bout, un monde de détraqués sadiques, avec des scènes poussés à leurs paroxysmes. Certains lecteurs peuvent être surpris par ce déchaînement de cruauté. Mais cela donne un très bon roman, une intrigue de haut niveau, avec en prime une enquête se déroulant sur deux pays nordiques, voisins, mais semble t-il, très différents.
Extraits :
- Ils ne connaissaient pas le sexe de la victime. Ils n'avaient ni la tête, ni le bas du corps, ni les bras ni les jambes. Et aucune cause de décès.
- C'est une histoire de puissance. La puissance d'effacer le sexe. La toute-puissance d'annihiler le caractère humain de la victime.
- S'il les tuait, elles ne pourraient pas raconter les horreurs qu'il leur a fait subir.
- Combattre avec un lutteur de sumo équivalait à se jeter contre une locomotive lancée à toute vitesse.
- Il y a un lien, finit-il par dire.
Lequel ?
Vous.
- Certes, personne ne l'accuserait de la mort d'Isabell, sauf elle-même.
- Si c'est donc ainsi qu'il voyait la mort de son fils. Un déshonneur pour lui.
- L'assassin avait déjà pris sa décision. Avant.
- La vengeance.
- Irène voulait se venger.
- Irène allait se venger.
Éditions : Michel Lafon (2008)
Titre original :Tatuerad Torso (2008)
Chroniques de Cathulu, ici, celle de Tamara, .

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07 avril 2009

MIZIO Francis / La santé par les plantes.

La santé par les plantes.
Francis MIZIO.
Note : 4 / 5.
Allo, maman pot-pot*!
J'ai lu de cet auteur une nouvelle dans le recueil annuel de « La noiraude & La fureur du noir » sobrement intitulé « 5 ». Exceptionnellement cette année là, le jury n'ayant pas tout son bon sens n'a pas daigné jouer au jeu des familles, c'est à dire mettre ensemble l'auteur et la nouvelle!
Gatsby Legrand, l'homme d'affaires le plus riche du monde, qui est à la tête d'un des plus grands laboratoires pharmaceutiques du monde, est consterné! Le verdict est tombé, il a perdu 4,8 années de sa vie sur un siège! D'accord, il est luxueux le siège, fait sur mesure, profilé par les meilleurs designers du moment, mais rien n'y fait! Comme si des années auparavant, une sorcière (c'est vrai qu'elle s'appelait Samantha) lui avait jeté un sort!
Wjatscheslaw-Zénodore Douglas (je ne suis pas très familier avec ce monsieur, mais je l'appellerai Douglas) travaille pour le laboratoire « OPO» qui cherche un produit miracle pour guérir ce terrible mal qui empêche son patron, Gatsby, d'être un homme enfin heureux. Comme c'est un spécialiste des coups tordus, des remèdes miracles, mais bidons, il se dit, c'est la chance de ma vie! Après avoir oeuvré dans le contraceptif (avec beaucoup de bonheur, d'ailleurs, du point de vue personnel, pas du point de vue résultat!), il s'attaque au laxatif!
Car Gatsby part du principe, on n'est jamais si bien servi que par soi- même. Il donne trois mois à son état-major pour trouver une nouvelle molécule, sinon, cela va chi... L'état-major fait dans son froc et se met au boulot. Wagram, stimulé par la salle (du même nom), est le seul à se lancer dans la bataille (du même nom également), mais pour lui c'est la Bérésina! Ainsi va le monde des affaires et des marchés de dupes! Douglas prétend qu'un arbre a un pouvoir quasiment magique pour déconstiper les gens constipés, l'état-major de l « OPO »lui donne le feu vert et les moyens financiers pour récupérer l'arbre mâle et l'arbre femelle! Car ces deux spécimens (rares) se trouvent en Australie!
Mais la concurrence veille au grain, Franz-Albert Zahn, propriétaire des laboratoires « La vie saine », est informé du projet de son concurrent! Mais en ce moment, il pratique l'amour salace, sale dans la fange et la boue. Enfin, il se fait dessaler par une dénommée Samantha!!! Sa sorcière bien aimée, qui, d'ailleurs, ressemble plus à la fée Carabosse avec ses cheveux gras et tout le reste!
La chasse à l'Allocasuarina Portuensis peut commencer! Et en Australie l'affaire n'est pas dans la poche, car les prix montent, et tous les coups sont permis.
Gatsby Legrand, faute d'être magnifique, a un problème depuis qu'il a seize ans, et comme aujourd'hui, il en a quarante cinq, cela fait trop longtemps que cela dure! Tout cela parce que une dénommée Samantha l'a rembarré en le traitant de « coincé du cul »! Ce qui n'était au départ qu'une image, est depuis devenu un état permanent!
Douglas est un autre personnage clé de cette histoire. Scientifique, un peu escroc, ou carrément escroc se faisant passer pour un scientifique, il collectionne les inventions et les remèdes soi disant miracles, parfois cela marche!
Narcisse et Flore sont les membres fondateurs du FLC (Front de Libération Chlorophyllien). Lui est en prison et elle, la fille d'un jardinier qui avait la main verte et d'une indienne de la tribu des Pieds verts, certains disent même qu'elle est un peu dérangée du bulbe! C'est vert (jusqu'aux poils du pubis) et peu regardant vis à vis de la légalité! Ils serviront d'hommes de main à Douglas. Quelques autres personnages passent, un policier anglais en retraite spécialiste de botanique, un milliardaire australien et son épouse et l'amant de Madame, car Monsieur a découvert le pot aux roses, en réalité le pot d'Allocasuarina Portuensis, ce qui, vous en conviendrez, est nettement moins poétique! On trouve également une femme à barbe et son conjoint, bref monsieur et madame tout le monde! Il y a également un majordome qui veut se recycler dans la médecine chinoise par les pieds  ; pour lui c'est « La santé par la plante des pieds »!
J'aime bien ces romans un peu farfelus, mais sans devenir l'almanach Vermot! A ce point de vue ce livre est réussi, car il y a un côté scientifique très évident, nous apprenons tous les secrets de la vie du Perroquet vert à deux crêtes et touffes rouges sous les ailes et de son fidèle compagnon le doryphore-bousier lubrique et cela grâce au célèbre professeur Castani!
Gatsby Legrand pour le même prix nous donne quelques leçons de management pour le moins surprenantes! 
Dans ce livre qui date de 1999, il est déjà fortement question de « La crise »!
Un très bon moment de lecture, constipés s'abstenir.
Extraits :
- ...c'est la croissance, on construit, alors on a besoin de brouettes. C'est la crise, alors les millions de chômeurs bricolent chez eux et ont besoin, eux aussi, de brouettes. Dans tous les cas de figures, on a besoin de brouettes.
- L'histoire du cordonnier mal chaussé appliquée au transit.
- La déontologie et la réalité !
- Gatsby Legrand n'ignorait aucun des avantages liés à l'incompétence de ses cadres. Mieux : il leur en savait même gré. Cela l'aidait même à les supporter.
- Finalement, la malveillance, ça fonctionne comme une entreprise bien huilée.
- C'était un peu comme si on avait fait cuire une taupe pourrie avec du gingembre et des choux de Bruxelles. Très étrange. Heureusement, ce n'était pas très tenace.
- Il ne supportait guère le parfum de cette Française. Comment pouvait-on autant aimer la sueur à la violette?
Éditions: Gallimard (1999)
*Paroles et musique de Gatsby Legrand.
PS. On peu lire ,ici, la réponse de l'auteur sur son site.

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11 février 2009

DAENINCKX Didier / Lumière noire.

Lumière noire.
Didier DAENINCKX.
Note : 3,5 / 5.
La guerre des initiales *.
Roman de 1987 lu dans le cadre d'une rencontre avec des élèves du lycée Colbert de Lorient. Il fait partie d'une sélection de trois romans de cet auteur. Les autres sont « Cannibale» et « Meurtres pour mémoire ».
La mort de Gérard Blanc dans un aéroport, abattu par la police dans cette période troublée par des attentats terroristes en France, est mystérieuses. Que s'est-il réellement passé ce soir-là? Yves Guyot qui était dans la voiture avec son ami, n'est pas d'accord du tout avec la reconstitution qu'en fait la justice. Pour lui les forces de l'ordre ont tiré beaucoup trop rapidement! Mais que faisait Yves et son ami Gérard dans cette zone où ils n'avaient rien à y faire, et avec une voiture qui n'était pas répertoriée dans les véhicules autorisés à pénétrer sur ce terrain? Et cette voiture était-elle réellement tous feux éteints ?
Yves Guyot est interrogé à de nombreuses reprises. Puis il est victime d'un chantage de la police, celle-ci lui reprochant d'avoir dans son CV omis le fait d'avoir fait de la prison. Il signe donc une déclaration en sachant qu'elle est en partie fausse. Le témoignage de deux Français résidant à l'étranger apporte de l'eau au moulin de la police. Yves Guyot se rend vite compte que le récit que donne ces gens est plein d'inexactitudes. Pour retrouver un témoin, il part au Mali, mais son témoin mourra peu après dans un accident de voiture. Coïncidence troublante?Dès son retour en France, ce qu'il apprend sur Gérard le laisse perplexe ; celui-ci était-il aussi blanc que son nom le laissait entendre? Ou alors est-ce encore une manoeuvre de la police pour justifier qu'il fut abattu? Le fait de travailler dans un aéroport ouvre certaines perspectives de trafics en tout genre.
Le commissaire Londrin, de son côté, suit avec attention cette affaire. Il y découvre des ramifications qui expliquent que les autorités aimeraient étouffer l'affaire. Pour beaucoup de personnages représentant la loi et l'ordre, le silence est d'or !
Le commissaire Londrin est proche de la retraite, quand le juge Berthier lui confie officiellement l'enquête. Le juge n'a pas l'air de vouloir des résultats à tout prix, ce qui est surprenant ! Londrin poursuit son travail, et le résultat est stupéfiant. Cette affaire a en effet de nombreuses ramifications qui ont intérêt à ne pas être connues du grand public. Quelle est la réelle valeur de cet article de journal où un dénommé Mathieu dit se cacher par crainte de la police?
Yves Guyot était un ami de Gérard Blanc. Ils avaient sympathisé au travail, puis il l'avait hébergé quelque temps. Mais Gérard était parti, et Yves, lui, était resté. Ghislaine qui vivait avec Gérard, était restée aussi. Ce qui devait arriver arriva. Pour la mémoire de Gérard, il mènera sa propre enquête.
Gérard Blanc est la victime, mais qui était-il réellement? Un brave homme un peu coureur, ou un être faible qui avait accepté de participer à une combine louche contre de l'argent?
L'auteur fait intervenir deux narrateurs pour nous raconter cette histoire : Guyot et le commissaire Londrin. Un bon roman, mais qui date un peu. Quoique les méthodes policières n'ont pas réellement changé depuis? Enfin on peut toujours l'espérer!
Un peu d'humour malgré tout, une phrase de Charles Pasqua sert d'introduction à cet ouvrage !
Extraits :
- Vous êtes un flic vous aussi... L' esprit de corps, ça existe! Pourquoi chargeriez-vous votre
collègue?
- L'homme qui lui faisait face était redoutable, il le pressentait. Plus intelligent que les inspecteurs de la police de l'air et des frontières, plus fin, plus pervers que le juge Berthier.
- Il ne leur avait fallu qu'une semaine pour admettre qu'il est plus facile de refaire un lit, le matin, au lieu de deux.
- Mathieu vit en condamné certain que la police le liquidera à la première occasion : « ils ont une expression pour ça : mesriniser... »
- Malgré mes efforts de réflexion, je ne comprenais pas où de telles suppositions pouvaient me conduire.
- C'est le seul endroit du monde où chaque architecte peut déposer sa merde à côté de celle du voisin, sans qu'on lui montre le caniveau...
- Vous pouvez toujours rêver que vous luttez à armes égales... les rêves ne coûtent que lorsqu'ils s'écroulent.
- Je suis certain que sans cette enquête, le souvenir du commissaire Londrin se serait effacé dans l'oubli... un policier ordinaire qui aurait passé sa vie à traiter des affaires ordinaires...
Éditions : Série noire. Gallimard. (1987) Folio Policier.
*PAF ; IG S ;DST ; DGSE ; RG ; GIGN, etc. etc.!
Voir également « La bibliothèque du Dolmen ».
Autre chronique de cet auteur :
Meurtres pour mémoire

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09 février 2009

DAENINCKX Didier / Meurtres pour mémoire.

Meurtres pour mémoire.
Didier DAENINCKX.
Note : 3,5 / 5.
Vingt ans après......
Premier roman de cet auteur que je lise, et cela dans le cadre d'un programme de lecture avec le lycée Colbert de Lorient. Après « L'enfant de Noé » de Eric-Emmanuel Schmitt, le sujet est l'auteur Didier Daeninckx. Si j'ai le temps, je tacherais de lire un des deux autres titres sélectionnés.
Paris, 17 octobre 1961. Une manifestation de travailleurs algériens est réprimée dans le sang et la discrétion. Combien de morts? Nul ne le saura jamais avec précision, mais parmi les corps retrouvés, un semble particulièrement déplacé. En effet, le corps de Roger Thiraud, professeur dans un établissement scolaire voisin, est découvert, un bouquet de fleurs à la main et un gâteau, ce qui ajoute à la confusion. Une balle dans la tête fait plus penser à une exécution qu'à une bavure policière. Au grand soulagement du pouvoir politique, ces faits restent cachés, cette nuit est enfouie au fond du secret d'état!
Vingt ans plus tard, Bernard Thiraud, né après la mort de son père, est abattu à Toulouse. Etudiant en histoire, il sortait de faire des recherches dans les archives de la Préfecture. L'inspecteur Cadin, chargé de l'enquête, prend contact avec Claudine Chenet, sa fiancée qui l'accompagnait, et qui lui parle de recherches historiques? Celles-ci ont-elles un lien avec la mort de son père? Cadin pousse son enquête plus avant et part à Paris avec la fiancée de la victime, se renseigne sur leurs études d'histoire. Quelle période de l'histoire étudiait Bernard, y avait-il un lien entre ses recherches et le fait d'être né à Drancy, lieu de départ de milliers de déportés?
Un ami, ancien condisciple scolaire, lui conseille de ne pas réellement chercher ce qui s'est passé à Paris 2o ans plus tôt, mais après avoir questionné quelques personnes, il lui donne deux éléments, le nom d'un photographe, Rosner, qui a perdu son travail peu après et il lui signale qu'une équipe de la télévision belge était sur place, car Jacques Brel était en concert à l'Olympia tout proche.
Rosner confirme que la police a frappé très fort ce soir là, mais à part Thiraud, toutes les victime reconnues ont été matraquées, donc cette mort a un autre motif!
L'inspecteur contacte la télévision belge et rencontre un des deux techniciens présents ce soir là. Il lui explique que ce reportage a été interdit, mais que la télévision belge a refusé de vendre la cassette à la France. Il la visionne et découvre l'exécution du professeur, qui est tué à bout portant, avec un grand sang-froid. Les images confirment que ce crime est un contrat. Travail de professionnel? Pour quel motif?
Ce reportage sera le grain de sable qui relancera l'enquête, car les archives quand on sait s'en servir et que l'on a certains arguments pour y avoir accès permettent de démasquer l'assassin de 1961! Celui-ci admet sans problème le crime, agissant sous les ordres de fonctionnaires plus haut placés que lui! Pour le fils, il ne sait rien. Pourquoi et qui se sent si menacé pour tuer encore?
Inspecteur Cadin, qui est également le narrateur de cette histoire, est le flic intègre, un peu marginal, revenant d'une mutation de 6 mois en Lozère. Il doit se débrouiller avec quelques affaires locales, la grève des éboueurs, des convocations pour le moins étranges qui semblent émaner du commissariat, d'un hold-up dans une bijouterie, etc...
Ici, l'affaire est plus sérieuse, un témoin affirme avoir vu sur les lieux du crime une luxueuse voiture, une Renault TX30, immatriculée à Paris?
Les Thiraud, père et fils, seront les victimes de la raison d'état, mêlée d'intérêts personnels de la part de certains hauts fonctionnaires.
Le tueur du père, toutes ces années après, et malgré une amnistie, découvre son véritable rôle et se remet en cause.
La raison d'état est-elle compatible avec une vraie démocratie, on peut en douter? Un roman instructif, il m'a permis d'apprendre ce que voulait dire la phrase suivante :
« Libérez Henri Martin* » que je voyais en lettres blanches sur les murs gris d'une rue de Montreuil, quand j'étais enfant.
Par contre je trouve dommage l'idylle entre l'inspecteur et une jeune femme, partie prenante de l'histoire, car elle n'apporte rien à l'intrigue, bien au contraire!
A part ce léger reproche, une lecture agréable sur un fait de l'histoire qui n'est pas à l'honneur des autorités en place, ni aux responsables algériens qui ont déclenché, pour des raisons de propagande cette manifestation qui a débouché sur ce massacre. Vu la situation du moment, c'était hélas, inéluctable.
Extraits:
- Je ne m'y ferai jamais! J'ai l'impression de m'adresser à un fantôme.
- Non, je m'occupe d'histoires dangereuses ; une mystérieuse organisation s'agite dans l'ombre. Laisse moi te protéger par ignorance.
- Ce n'est pas un professionnel, mais un amateur éclairé. Les plus coriaces.
- Au début des troubles, la coordination de tout le service policier, une sorte de cellule de crise installée à la Préfecture, parlait d'une dizaine de flics descendus par le FLN à la Madeleine et aux Champs-Elysées.
- Ils étaient comme dingues en entendant la radio....de véritables bêtes féroces. Sur place rien.
- Toute la garde de la Cité a été dirigée contre les prisonniers. Résultat, 48 à 0. Un beau score. A côté de chiffres pareils, les bavures d'aujourd'hui paraissent bien mesquines.
Éditions :Folio policier.
*Militant communiste emprisonné pour avoir refusé d'envoyer des obus sur les quartiers pauvres d'Haïphong au début des années 1950.
Vous retrouverez cette chronique ainsi que celles pour « Lumière noire » et Cannibale » sur le blog de Joëlle « La bibliothèque du dolmen »

Posté par eireann yvon à 13:59 - Littérature policière - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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