21 mai 2012

KANDRASHOV Serge / Mes vacances de Printemps.

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Mes vacances de Printemps.
Serge KANDRASHOV .

Note : 4 / 5.
Sex in USSR*.
Comment vivait la jeunesse soviétique dans les années 1980 au fin fond de la Sibérie Orientale?
Je pense, et l'auteur nous le fait remarquer dans sa préface, que nous avons beaucoup d'idées toutes faites sur le manque de liberté et sur la sexualité des adolescents de l'époque, en particulier dans les milieux homosexuels !
Nous sommes en 1987 à Ulkan dans la région d'Irkoutsk, Serge a 15 ans, il y réside depuis un an seulement. Garçon agréable, bon vivant, aimant rire, chanter, il est populaire. Il est homosexuel, mais peu de gens le savent, il a eu une aventure avant. Il a pour ami Zahar (Zaharov de son nom de famille), mais se garde bien de toute tentative d'approche sexuelle . Une nuit il reste dormir chez un autre ami Sasha Starkov et tente durant la nuit une série d'attouchements.....qui se terminent par une fin de non recevoir. Au matin Sasha lui explique qu'il ne parlera de rien à personne, mais qu'il fasse très attention, si son homosexualité était découverte, la vie deviendrait vite un enfer pour lui. La ville est trop petite et tout se sait très vite. Alors à nous Irkoutsk, où ils décident de partir pour quelques jours! Zahar est très surpris de cette décision, mais fait contre mauvaise fortune bon cœur.
A leur arrivée à Hancin, banlieue d'Irkoutsk, Serge fait la connaissance de Gosha, personnage un peu trouble dont il deviendra l'amant....mais l'euphorie sera de courte durée! La vie commence, alors profitons de la liberté, de l'anonymat et des rencontres que permet Irkoutsk......Un jeune Tadjik sourd et muet, Safar, sera l'une d'entre elles, peut-être l'une des plus marquantes.....le tourbillon continue.....mais les meilleures choses ont hélas une fin, pas très glorieuse en l’occurrence !
De retour chez lui, les circonstances de la vie vont prolonger les vacances.....ses parents lui laissent la maison familiale......l'apprentissage de la vie et de l'amour peut continuer....qui dit vie, dit aussi mort : un des moments les plus touchants de ce livre est la mort de la chatte de la maison et la cérémonie qu'organise Serge.....décès également quelques années plus tard d'André Zaharov...le frère!
Les amis, les amants, les amours.....Les hommes surtout, et quelques femmes aussi peuplent ses souvenirs de jeunesse.
André Zaharov l'ami le plus proche, l'intouchable ; Sasha Starkov lui aime les cafés, l'alcool et les filles faciles, prostituées comprises ; il est très populaire et semble connaître énormément de monde....Fidèle à sa promesse, il gardera le secret qui le lie à Serge et l'attendra à l'aéroport malgré le fait que lui aussi loupera son avion. Gosha, Robin des Bois soviétique, ne vole pas les particuliers...il dévalise les magasins d'état, ce qui fait que son niveau de vie est plus élevé que les honnêtes gens.
Les copines et complices Anuta, une des plus proches, Lena dont le père lui causera quelques soucis.....bien imaginaires !
J'aime bien ce livre, car il nous fait découvrir que la différence entre notre mode de vie et celui de Serge et de ses amis n'est pas si grande que l'on pouvait le supposer. C'est vrai que ces jeunes sont malgré tout des marginaux, mais les préoccupations sont les mêmes. Alcool, sexe et belle vie, profiter du temps qui passe inéxorablement, mais les drogues dures sont quasiment absentes! On trouve aussi les banlieues grises et tristes des grandes villes, les bandes de voyous et les querelles de clochers, ainsi que la défense du territoire... Ne marche pas sur mes plates bandes.
Homos ou hétéros, la jeunesse, c'est fait pour être amoureux....tout en sachant pertinemment qu'il y aura beaucoup de déceptions mais aussi, et ce récit nous le prouve, parfois un peu de bonheur au bout de la route.
Extraits :
- Depuis que je vis en France, j’ai constaté que les Occidentaux savaient très peu de choses sur mon ancienne patrie, surtout dans ses dernières années d’existence.
- Parce que, devant sa copine, Zahar devenait un autre, différent : trop droit, trop correct et ennuyeux.
- Ils étaient presque tous grands, beaux et bien bâtis, mûrs sexuellement.
Et ceci sans oublier sa phrase culte « une fois, ça ne compte pas, t’es pas pédé pour autant ! » qu’il avait sans cesse sur les lèvres.
- Et aussi, visite Irkoutsk, ce trou d’entre les trous, endroit oublié de Dieu… Peut-être qu’après ça, l’envie te passera d’aller là-bas, et tu réfléchiras sérieusement à l’intérêt d’une ville normale et civilisée.
- Tout simplement du fait qu’un homosexuel de nature comme moi soit considéré d’égal à égal par des hommes hétéros comme eux.
- Malgré mes nombreuses incartades, au fond de moi, je n’étais pas un marginal.
- C’est précisément le sexe, les relations sexuelles, qui rendent impossible une telle attitude entre un homme hétéro et un homosexuel. C’est pour cette raison que l’homme hétéro ne perçoit pas un homosexuel d’égal à égal.
- J’ai alors compris qu’en réalité, il était très seul. À ses yeux, ma relation avec Starkov représentait en quelque sorte l’idéal de l’amitié et, en principe, tout homme rêve d’une telle amitié, surtout un homosexuel solitaire.
- Lorsque je suis arrivé, j’avais déjà au-dessus de ma tête l’auréole de gloire d’un expert en vadrouille.
- Selon moi, d’ailleurs, c’était davantage la faute de son amie régulière. Elle était trop bien élevée, trop bien mise, idéale mais pathétique. Zaharov la considérait déjà comme sa femme mais c’était avec d’autres qu’il allait chercher son expérience sexuelle.
- Mais quel sacrifice n’est-on pas prêt à consentir pour vivre une véritable amitié masculine !
- À la différence de moi, ils ne jouaient pas aux voyous, ils en étaient réellement, depuis l’enfance.
Éditions : Kandrashov (2011).
* Sur l'air de "Back in USSR" des Beatles.

 

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22 mars 2012

BROWN Larry / Dur comme l'amour.

Dur comme
Dur comme l'amour.
Larry BROWN.

Note : 3 / 5.
Dix de der !
Trois parties dans ce livre d'un auteur inconnu..  jusqu'à ce que Jacques Josse, dans son ouvrage « Les buveurs de bière », en dise le plus grand bien ; comme je suis toujours intéressé par la découverte de nouvelles plumes, j'ai décidé de lire ce recueil de nouvelles.  Décédé de bonne heure d'une crise cardiaque,  il a peu écrit mais ses romans noirs ont été traduits en français.
« Le désamour » vient après l'amour....des pneus crevés sur un route déserte,  un couple qui se querelle.. Quelques bières et un joint plus tard, tout ce qui était chaotique devient merveille....parfois la police veille...pour une fois !
Pour nous, simples lecteurs,  un livre est très souvent un grand bonheur ;  mais pour Lennie,  dans la nouvelle « L'apprentie »,  l'écriture est la cause de tous ses malheurs ! Écrire et ne pas être publiée,  pour madame  c'est une grande frustration, …..par contre d'être enfin éditée ne change pas grand chose en définitif. Mentir ou ne pas mentir, That is the question ! Car entre le sexe et la raison...chacun choisit en son âme et conscience.
Dans « La bombe »,  sexuelle bien sur,  un homme apprend à ses dépends qu'il ne faut pas  suivre les belles femmes rencontrées dans les bars...surtout quand on n'est pas le seul sur leurs traces...
La nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage est très certainement unes des meilleures,  style mise en bière de la vie....
« Vieux soldats » et blessés de guerre qui égrènent leurs souvenirs en buvant  Et en maugréant contre tous,  la conquête de l'espace, l'état qui dépense l'argent du contribuable n'importe comment...C'était mieux avant.  Avant l'Europe ou la Corée...
« Discipline » est un texte très étrange où un homme Lawrence est interrogé dans un tribunal. Il prétend avoir été torturé et avoir eu, sous la contrainte et les yeux bandés des relations sexuelles avec deux femmes obèses ! Quel est le rôle exact d'Howard Varrick ? Un texte ou l'on parle de Flannery O'Connor, de Cormack McCarthy et de Raymond Carver! C'est tout ce que j'ai compris.
Dans « 92 jours» c'est encore un autre L.B.   Il est divorcé,  peint, pas en artiste, en bâtiments, des maisons, parfois juste pour vivre. Il écrit des nouvelles la nuit , pas souvent mais n'arrive pas à être édité. Boit de la bière tout le temps et de plus en plus. Pour le sexe par contre,  c'est la grande abstinence et cela le travaille ce brave homme. Alors il compte les jours, mais plus les bières ! Ni les morts....Terrifiante déchéance.
Un homme, toujours un peu le même, buveur, mal marié, toujours en quête de nouvelles aventures, pas trop regardant vis à vis de la loi et pas trop courageux non plus. Larry Brown pousse la similitude à leur donner à tous les mêmes initiales L.B. ! Quand la bagatelle dépend d'une opinion favorable ou non du dernier écrit de madame, évidement parfois et même assez souvent un mari dit oui. Mais en lui-même,  il reconnaît qu'il n'est pas très honnête. Un autre L.B qui découvre son chien mort, pense l'enterrer, mais va boire une bière, pense à son épouse, boit une autre bière, pense à ses problèmes avec son épouse, et une bière encore, essaye de draguer pour se rassurer sexuellement...Plusieurs heures après, il rentre enfin chez lui...le cadavre de son chien est toujours dans la cour....Un homme toujours dans un lieu nommé « À la pépite d'or » devient la poule aux œufs d'or pour deux poules assoiffées...qui bien sûr aimeraient boire jusqu'à plus soif ! Une femme qui croise un exhibitionniste, en parle à son son mari qui part à sa recherche.
Le Mississippi n'est pas un long fleuve tranquille. Dans ce livre ses riverains sont particulièrement gratinés, fortement agités mais pas très futés. Pas un pour racheter l'autre, l'Amérique profonde des blancs du sud. Les histoires narrées ici sont sombres, (pas sobres!) mais me laissent un sentiment très mitigé dû je pense au fait que ces textes sont de qualité très inégale.
Et je ne suis surement pas assez buveur de bière pour vraiment être capable de déguster ces nouvelles bien glacées !
Extraits :
- On n'est pas obligé de se tuer par amour si on peut faire autrement, mais parfois il est difficile de s'en abstenir.
- Elle disait « c'est revenu », comme si elle parlait d'un test pour un cancer de l'utérus revenu positif. Je savais que si je lui disais que j'avais aimé , on allait baiser comme des bêtes.
- Une fille comme elle, on ne peut que la remarquer. C'est même pour cela qu'on est là.
- Ma femme et moi ne nous parlions pratiquement jamais, sauf quand nous nous disputions.
- Dieu la bénisse, elle avait du mal à me garder à la maison ; côté cul, elle n'était pas si bonne que ça. Il fallait donc que je parte de temps à autre vers des lieux inconnus.
- En revanche, je savais ce que j'étais et j'essayais de vivre avec. Je me disais que si seulement j'arrivais à passer la nuit, tout redeviendrait à peu près bien quand le soleil se lèverait.
- Il avait de la bière. J'étais content de le voir. J'étais surtout content de voir sa bière.
- Je ne connaissais pas un grand nombre de femmes et j'avais du mal à communiquer avec elles.
- Si j'ai assassiné quelqu'un ce soir-là j'en avais aucune conscience le lendemain matin.
- Chaque fois qu'un homme divorce dans le Mississippi, on le fait raquer à mort.
- Je buvais de plus en plus et j'écrivais de moins en moins.
Éditions : Gallimard/ La noire. (2001).
Titre original : Big Bad Love (1990)

 

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03 mars 2012

BANKS Russel / L'ange sur le toit.

 

L'ange
L'ange sur le toit.
Russel BANKS .

Note : 3 , 5 / 5.
Toit en pente abrupte !
Recueil de dix nouvelles de cet auteur que je n'ai encore jamais lu malgré qu'il soit très connu et apprécié. Comme à mon habitude, pour découvrir un auteur, quand cela est possible, je vais commencer par des nouvelles. C'est souvent une excellente introduction, mais pas sûr dans le cas présent.
« Djinn » c'est l'histoire d'un cadre américain dirigeant une unité de montage de sandales en Afrique, il s’adapte à la différence de vie, mais rencontre un soir au restaurant « Djinn » simple d'esprit qui l’hypnotise...Il rentre aux U.S.A et revient plus d'un an après, il retrouve le même homme au même restaurant....les forces de l'ordre ont de drôles de méthodes dans ce pays-là....
« Moments privilégiés » entre un père et sa fille, la mère divorcée vit ailleurs...la cohabitation n'est pas des plus simples, le père tatillon, la fille un peu désordre...le passé et les interrogations viennent rompre le charme précaire qui régnait entre eux....
« Les plaines d'Abraham» est un des plus beaux textes de cet ouvrage, le scénario classique, un homme divorcé, mais toujours amoureux de sa seconde épouse, la troisième ne compte pas....le destin va tragiquement les remettre l'un en présence de l'autre...les deux seront perdants à des degrés moindres, mais pour Vann quelle est belle cette photo offerte par Irène ; elle représente une montagne par quel mystère ce nom !
« Le maure » dans un bar une rencontre va raviver le passé...lui était un jeune homme, elle une femme mariée, plus vieille, mais mal mariée .....une aventure va les unir et ce soir ils parlent....les années se sont écoulées, les souvenirs affluent.....
« La soiré homards » c'est dans ce village une institution, une tradition culinaire que Noonan le patron du restaurant a amené au niveau d'un rituel.. le monde se presse, les homards, eux, ne sont pas réellement pressés, mais personne ne leur demande leur avis. Stacy travaille au restaurant, jeune femme ex-sportive de haut niveau, deux évènements ont marqué sa vie, être frappée par la foudre et une blessure qui arrêta sa carrière aux portes de l'équipe olympique américaine de ski. Dès la fin de la première page de cette nouvelle, on sait qu'elle a tué son patron.....d'un coup de fusil....mais pour quelles raisons ?...
Des personnages atypiques, souvent affabulateurs, se mettant en scène avec des personnages connus qu'ils prétendent connaître en particulier dans « En guise d'introduction ». Des divorcés, multi-divorcés pour la plupart, portés sur la bouteille plus qu'il n'est nécessaire et qui de ce fait perdent souvent travail et famille !
Une mère et son fils font le bilan de la déconfiture de la famille, le père ivre qui a un accident, une femme est avec lui, le retrait du permis de conduire et la dégringolade qui s'en suit....Un homme, une femme et une vache baladeuse qui aime l'herbe du cimetière, cette sortie non prévue de l'herbivore va provoquer des drames inattendus. Un homme qui se penche sur le passé de son père en visitant les lieux de son enfance et du désaccord entre ses parents....
Un livre que j'ai failli abandonner à la fin de la seconde nouvelle, mais j'ai continué et je ne le regrette pas, la qualité des récits allant du moins à mon goût en s'améliorant.Mais je ne le considère pas malgré tout comme un grand recueil de nouvelles, juste un bon, ce qui n'est déjà pas si évident que cela. !
Extraits :
- Elle veut que ses récits, même s'ils sont faux et ne concernent qu'elle, paraissent vrais et concernent ceux qui l'écoutent.
- Mon but était de remplacer l'inefficacité, la corruption et l'indolence par la compétence, l'honnêteté et le sens du service.
- Il savait à quoi les gosses étaient confrontés, dehors. Il était de tout coeur avec eux.
- Il la dominait de toute sa hauteur semblable à un énorme nounours avec son manteau en poils de chameau et son écharpe de soie.
- N'épouse jamais un mec du bâtiment, Ma jolie. Ce ne sont que des chiens en rut avec des casques de chantier.
- Si j'étais une vache et qu'on avait laissé mon portail ouvert, c'est ici que je serai, moi aussi.
- Nous songeons à nos femmes, à nos ex-femmes et à nos enfants déjà grands, tous partis. Il est tard, nous sommes dehors et nous n'éprouvons aucune culpabilité.
- C'est un sourire superbe, plein de gratitude et de fierté, et il me semble remonter jusqu'au jour où nous nous sommes rencontrés.
- Dès lors, même si nous étions pareils, tout le reste est devenu différent. Pas mieux ; différent, c'est tout.
- Pourtant, elle se sentait très attirée par lui. Et plus que sexuellement. Ce qui explique qu'elle ait été prise au dépourvu.
- C'est comme si tu étais un ancien du Vietnam et que tu ne connaissais personne d'autres qui ait été au Vietnam.
Éditions : Actes Sud (2001).
Titre original : The Angel on the Roof (2000)


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11 février 2012

FONDATION Larry / Sur les nerfs.

Fondation
Sur les nerfs.

Larry FONDATION .
Note : 4 / 5.
Noir sur L.A.
Court récit, est-ce un roman ? J'opterai plutôt pour une suite de tranches d’existence. Premier écrit de cet auteur qui, si j'en crois la quatrième de couverture, est médiateur de quartier à Los Angeles depuis plus de vingt ans. Son expérience de terrain a sûrement dû lui servir ici. Car, et tout le monde le sait, la réalité dépasse la fiction !
Des titres d'épisodes dont certains ne font que quelques lignes:
-Des enfants en train de jouer ; Après Billy ; Sur les marches de l'océan bleu ; De sacrées couilles ou Jeunes ; quartier chaud.
Une histoire d'amour et de mort dans « Après Billy » ; la résignation de l'homme qui sait …. la résignation de la femme qui lui fait un dernier cadeau.....
J'ai beaucoup aimé « Le long silence bien rempli d'un cœur vidé » qui pourrait être sous-titré « Vie et mort de Sharon ». Raccourci d'une existence sans espoir, habituée à la mort et à la violence et contrairement aux anges, elle ne vole pas !
« Parents de sang » un frère, sa sœur et l'amant de celle-ci...un long périple pour faire regarder les lignes de la main du second par le premier. La femme est rassurée, retour à la case départ pour l'acte sexuel !
« Épilogues en cinq parties » clôt ce recueil de la manière dont il avait commencé . D'une façon crépusculaire......accidents de la vie, meurtre gratuit pour une peccadille, un bar, une soirée et une femme...cela pourrait suffire avant la nuit, pourquoi rajouter un meurtre ! On comprend que les nerfs de certaines protagonistes de ces histoires lâchent !
Les personnages sont nombreux, marginaux, femmes et hommes laissés pour compte de la société de consommation et bien pensante américaine. Silhouettes éphémères, certains passent de vie à trépas pour des choses qui nous paraissent futiles ! Monde crépusculaire peuplé d'êtres hallucinés !
Bobby vend des cachets...bizarrement que cela, pas de produits plus durs, paradoxe du personnage ... est-ce pour cela que Theresa lui ouvrira son lit et plus …. Son jeune frère Punkrat s'est fait tirer dessus...il n'avait pas treize ans....elle est belle la ville !
Jeff est « barré » shooté jusqu'aux yeux et bien sûr capable des actes les plus étranges qu'ils soient...comme de s'automutiler dans un accès de paranoïa. On peut être amis, même les meilleurs du monde et se trahir sans trop d'états d'âmes, comme Army et Poz, un autre est capable de tuer un ancien compagnon de cellule par amour !
Les filles n'ont évidement pas le bon rôle dans toutes ces histoires ! Battues, violées, se rabaissant dans l'espoir d'être la copine du mec qu'elle aime.
L'écriture est « speed », les morts sont rapides et violentes, c'est la survie, loin du strass et des paillettes de L.A. Les tenants d'un classicisme littéraire absolu peuvent passer leurs chemins, que les autres qui cherchent la découverte tentent l'aventure, ils ne seront pas déçus !
On trouve des inventaires pour le moins bizarres avec, par exemple dans la catégorie animaux de compagnie, une batte de base-ball....C'est cru, osé et le sexe est très présent, sorte de plaisir ultime car personne ne sait de quoi demain sera fait.
A noter une très belle présentation, bien dans le style noir du livre et une très belle photo ! En noir et blanc évidement.  
Ce livre avait tout pour me plaire, chose que je confirme  à la fin de cette lecture.
Extraits :
- Vaut mieux plaquer une meuf au bout d'un mois ou deux. Je veux dire : après, ça devient vraiment chiant, elle se met a faire chier pour un oui, pour un non.
- Jeff continuait à faire des trucs bizarres, même après avoir arrêté la came.
- C'était notre chez nous- un lieu où se défoncer, où parler et grandir. Et baiser.
- C'était avant Johnny Mac, avant qu' aucun d'entre nous ait un flingue.
- Elle était pas mal, physiquement, à part sa bouche qui tombait de côté comme celle d'un mérou, et elle était tellement maigre qu'elle n'avait pas de nichons.
- Une assistante sociale : « quoi est-ce que tu t'es laissée mettre en cloque si jeune? »  (Emphase : « laissée ».)
- Sharon hurle. Elle n'a plus de chemisier. Elle se faisait tripoter quand les flics sont arrivés.
- T'es un junkie, lui, c'est un junkie, et elle, c'est une junkie, qu'il dit. Alors, c'est quoi toutes ces conneries sur les rapports sexuels sans risque ?
- Les généraux ne se battent jamais pour de vrai. On ne les trouve jamais en première ligne. Alors, sont-ils courageux ?
- Pour certains, Los Angeles, c'est des bougainvilliers et des plantes tropicales luxuriantes dans le désert, tout ça soigneusement entretenu par des jardiniers. Un coin romantique.
- Elle se pique dans l'intimité de la chambre avant de partir.
- Je passe un bon moment. Je la regarde et regarde le film. Le film s'arrête tout seul. Je lui donne de l'argent pour une pipe.
- J'ai braqué le magasin, il lui a dit. Tu veux bien baiser avec moi, maintenant ?
Éditions : Fayard (2012)
Titre original : Angry Night (1994).

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08 février 2012

LETELIER Hernán Rivera / Le soulier rouge de Rosita Quintana.

le soulier rouge
Le soulier rouge de Rosita Quintana.

Hernán Rivera LETELIER .
Note : 3,5 / 5.
Mon enfance passa.....*
Écrivain chilien que je découvre grâce à ce livre. Né en 1950, mineur et autodidacte il a commencé ses études à vingt ans. Son premier roman au titre très poétique « La reine Isabel chantait des chansons d'amour », avait en son temps et comme celui-ci obtenu le prix national des lettres chiliennes.
Un vieil homme frappe discrètement à une porte...puis un peu plus fort....encore plus fort...de plus en plus rageusement....puis il se prosterne et s'écroule en larmes devant cette porte qui ne s'ouvre pas...
Nous retrouvons un jeune garçon de treize ans Hidelbrando del Carmen dans sa vie de tous les jours, ses joies et ses peines dans le village Antofagadsta dans le désert Atacama.  Après un réveil à l'aube, il part pour son travail matinal livrer des journaux, sa mère étant décédée, son père mineur, son frère boxeur et sa soeur ont quitté la maison, elle avec un poète de passage !. Il est un peu livré à lui-même tout en étant proche de la communauté évangéliste. La journée commence au pas de course, sa rivalité professionnelle avec Pince la Lune, grand benêt qu'il dupe facilement. Sa cliente préférée, prostituée au déshabillé vaporeux, spectacle qui le laisse transpirant de la tête aux pieds...
Protestant dans un monde catholique, il est souvent en but aux moqueries des enfants de son âge, il adore le cinéma, surtout les films mexicains et par-dessus tout Rosita Quintana dont les longues jambes sur l'écran sont un spectacle inoubliable !
La vie suit son cours un peu monotone, il se promène le nez au vent, observe le monde du haut de ses treize ans, entre les Évangélistes et la rue avec ses multiples tentations surtout féminines, le cinéma, où le noir le rend téméraire et entreprenant !
Mais un jour le destin fait qu'il trouve un soulier rouge dans la rue ! Un escarpin avec un talon fin et haut, objet de tous les fantasmes et de toutes les suppositions......où est la femme à qui appartient cette chaussure et qui est-elle ?????
Hidelbrando del Carmen, le parpaillot, élevé dans la crainte du péché par une mère ultra pratiquante. Mais, une sorte de revanche il aime tout ce qui lui était défendu, le cinéma en particulier ! Son avenir il veut être artiste.....et bien évidement reconnu. Mais pour cela il faut que l'enfance se termine.
Quelques amis, Allumette par exemple, mais surtout un univers peuplé de femmes et de jeunes filles, plus belles et désirables les unes que les autres !
Mireya la blonde grande adepte du rock & roll, il fera son portrait, elle le récompensera d'un baiser fougueux, mais devra se battre avec son petit ami ! C'est dur la séduction ! Sœur Olimpia Palacio, superbe jeune femme qu'il a aperçu un jour en petite tenue, la belle, blonde et entreprenante Maria Mariola, la non moins entreprenante, mais brune, Genèse, plus grande et plus forte que lui, il avait toujours le dessous !
Des personnages forts mais pas toujours recommandables, l'homosexuel, le crasseux, la femme du cinéma qui transformera HdC de chasseur en proie, chose que le laissera pantois et pour le moins surpris!
Un livre sympathique sur l'éducation sexuelle (entre autre) d'un jeune chilien entre l'église évangéliste et la rue avec toutes ses tentations, entre ses rêves, une chaussure rouge  et la réalité moins brillante hélas. Un ouvrage qui se déroule dans un cadre dépaysant et régi par ses propres lois. Quelques lignes sont consacrées au travail dans les mines de salpêtre, avec l'exemple de Noiraud, garçon chétif, gabarit idéal pour déposer la poudre aux fonds des trous. Pendu par les pieds, à trois ou quatre mètres de profondeur, il creuse d'abord une petit excavation pour que le résultat soit meilleur ! Un  travail inhumain !  
Extraits :
- La maison, la rue, le monde entier paraît se noyer dans une sieste millénaire d'archéologie. Pas même le noir d'un vautour pour ternir l’effrayante luminosité du ciel.
- Ensuite il se peignait en arrière, dessina sa raie comme avec une équerre et, d'une petite touche légère, experte, cinématographique, il donna  forme à l'aérienne banane à la Elvis.
- Le ciné était l'une des choses de la ville qui lui faisait perdre la tête.
- Elle avait peu de poitrine. Mais c'était ses longues jambes dorées, visible d'ouverture généreuse de la chemise de nuit, qui faisait délirer Hidelbrando del Carmen.
- Parfois le regard de la femme lui semblait inquiétant et mystérieux ; parfois, dur et moqueur comme le regard des blondes fatales dans les films  …
- Maria del Mar et Mireya la blonde, aussi rouées et aussi adorables l'une que l'autre, en femme sachant parfaitement ce qu'elles vont montrer, prirent tout leur temps pour se déshabiller.
- Puis, minaudant, lui souriant comme seuls doivent sourire les anges, elle exigea qu'il veuille bien lui montrer tout de suite.
- Leur deuil était le fait d'un vieux chagrin que l'usure du temps avait transformé en une douce aura de sérénité. Elles avaient perdu quelqu'un de très cher depuis bien longtemps et avaient oublié d'enlever ses emblèmes fanés de la douleur.
- Riant tout seul de plaisir il se rappela que sa mère disait que les taches de rousseur sur le visage des fillettes étaient des baisers d'anges.
- « Les films, mon petit, lui disait sa mère, ce ne sont que les rêves de Satan, le Diable, mis en boîte ».
- Il se rappelle toujours que cette fois-là, la soeur Olimpia Palacios, avec sa petite bouche foncée et son petit cul retroussé comme les anges, avait laissé le policier de service complètement abasourdi.
- Il s'était senti plus humilié qu'un ange souffrant de pépie.
- Le royaume des cieux appartenait aux audacieux.
- Alors, plongé dans l'obscurité de son antre misérable, entouré de silence, il découvrit soudain, comme s'il comprenait pour la première fois combien il était seul au monde. Il eut peur.
Éditions : Métallié (1999)
Titre original : Himno del angel parado en una pata (1996)
* Chanson de Jacques Brel.

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25 janvier 2012

DAPIEVE Arthur / Black Music.

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Black music

Arthur DAPIEVE .
Note : 4 / 5
La musique n'adoucit pas forcément les mœurs *!
Une introduction signée Tony Bellotto guitariste, musicien et auteur nous donne quelques clés pour mieux appréhender et comprendre ce livre. On apprend au fil des pages certaine expressions qui sous des dehors très classiques pour nous européens ont un sens d'une rare violence là-bas ! Avec cet exemple :
-Mais si tu joues au con tu es bon pour le micro-ondes.
Une bande de redoutables terroristes (enfin on le suppose) kidnappe, le visage dissimulé sous des masque de Ben Laden,  dans un embouteillage monstre et  dans la quasi indifférence générale un jeune américain Malcom (Maïcom en version locale).
Le père de celui-ci ayant une très bonne situation, cadre supérieur dans une compagnie pétrolière américaine (cela ajoute un côté anti-gringo qui devrait leur apporter une certaine sympathie populaire) ! Mais Malcom est noir ! De ce fait pas très éloigné d'eux qui sont pour la plupart aussi de descendance africaine. Ce qui n’arrange pas la situation surtout que c'est uniquement le côté financier qui intéresse le gang des Buffalo, dont le chef Musclor lui est blanc, en pleine guerre ouverte avec les Mato Fechado ! La transaction n'est pas des plus faciles....le père tergiverse, les esprits s'échauffent, et notre jeune américain du haut de ses treize ans regarde avec une certaine concupiscence Jo, la laideur de son visage est amplement compensée par une paire de fesses à damner tous les saints du calendrier brésilien ! C'est dire ! 
Le second chapitre est très original car c'est une chanson d'un rap érotique et sordide, racontant l'histoire de l'unique point de vue de Musclor avec un intermède sexuel et très misogyne bien dans la tradition des chanson raps (enfin ce que l'on en dit....je n'y connais rien). Au milieu de cette longue chanson le refrain change, de purement musical il devient vraiment fataliste parlant du peu d'espérance de vie des jeunes du quartier.
Et à partir de ce moment là ce livre qui était raisonnable devient très explicite et porté sur la chose ! Ce n'est plus la samba, cela devient beaucoup plus torride que cela !
Jo est la narratrice de la troisième partie et raconte à un interlocuteur anonyme sa vie. Un récit où elle évoque non sans un certain détachement son statue de troisième « légitime » de Musclor ! Elle avoue avoir parfois envie d'un autre garçon, alors elle se contente comme elle peut ! Son seul viatique n'est pas son intelligence mais une paire de fesses.... Elle se compare à sa soeur, qui après un début difficile a « réussi » dans la vie, fille mère à treize ans elle travaille dans un institue de beauté...aucun diplôme n'est exigé...mignonne et pas trop regardante sur la morale sont ses meilleurs atouts !  Quant à Jo, la présence de ce géant noir fait plus que l'émoustiller......la musique se fait plus sensuelle....
Une brochette de personnages pour le moins hétéroclites et pas très malins ! Michael est bien  jeune et pas réellement pressé de mourir, il ne comprend pas ce qui lui arrive mais découvre la peur ! Et aussi que le vie en général tient à pas grand chose dans certains quartiers de Rio.
Les membres du gang par exemple répondent aux doux surnoms de : Astre Blême, Trapu et Costaud, Crève la Faim,  Musclor naïf mais cruel, Jo laide et soumise, mais encore un peu fleur bleue....
Une narration originale pour une histoire qui oscille entre gravité et loufoquerie, la vie dans les favelas à travers l'histoire de Pieds Nickelés locaux, les garçons stupides et Jo pathétique ! La playlist habituelle pour terminer en musique bien sûr avec beaucoup de jazz!
Une postface à l'édition françaisetire un état des lieux qui est tout sauf réjouissant ! C'est violent et très osé.....la preuve hélas que l'on peut faire l'amour et la guerre !
Terminons par cette blague de mauvais goût à la philosophie réaliste) dixit l'auteur :
- Le Brésil est le seul pays au monde où les trafiquants sniffent et où les putes prennent leurs pieds !
Extraits :

- Ils portent tous des masques de Ben Laden. Le terroriste à la voix rauque et au blouson vert me braque avec son Uzi.

-Jamais George W. Bush ne va accepter ça, D'autant qu'il s'agit d'un Américain noir dont le père vote démocrate. Je suis mal barré.

- Je suis fier de ma taille. Un mètre quatre-vingt douze. . Une fois ma croissance  terminée, d'ici six ou sept ans, je dépasserai allègrement les deux mètres.

- Parfois, maman disait qu'une personne pouvait être laide comme la misère. En observant le visage de Jo je comprends mieux la signification de cette expression en portugais.

- Le corps de Jo s'améliore à partir du cou. Sa poitrine ferme est faite de deux petits ballons frémissant sous le chemisier noir.

- Le fessier, monstrueux, jaillit des hanches larges comme un immeuble érigé illégalement derrière une palissade.

- Je ne suis pas Emimen, je ne suis pas Beastie Boy,
je ne suis pas une vedette, appelle-moi Musclor.

- Moi j'aime que les garçons. J'aime beaucoup les garçons. Je dois me contrôler, parce que je suis la femme de Musclor.

- Mais je ne me plains pas. Limite je me touche en cachette en pensant à un autre. Donner ma chatte en vrai à un autre serai pareil que balancer aux flics comme les X-9.

- Quand il m'a vu dans la chapelle, il est venu me donner l'accolade. Tellement il m'a serré que j'ai senti sa bite durcir contre mon ventre. Le désir ne respecte rien, eh oui hein, pas même le cimetière.

- Un homme pour de vrai, c'est un mec qui fait pas que te baiser. C'est aussi un mec qui paie l'addition.

- Déjà seize ans et pas encore enceinte !? Cela sert à quoi une meuf si elle donne pas de gosses à son mec ?

- Le plancher rouge, lui aussi. Couvert de rouge. On se croirait en enfer. Sainte-croix.

Éditions : Asphalte (2012)
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Titre original : Black Music (2008)
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* Le sexe non plus d’ailleurs !
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07 décembre 2011

ÁVALOS BLACHA Leandro / Berazachussetts.

Berezina
Berazachussetts.
Leandro ÁVALOS BLACHA .

Note : 4/5.
Berezina argentina !
Je poursuis ma découverte de la littérature argentine contemporaine, grâce encore une fois à un livre des éditions Asphalte. Encore bien évidemment à un auteur qui m'est absolument inconnu ! La quatrième de couverture semble indiquer que nous sommes loin d'une littérature très classique, et pour moi c'est tant mieux.
Quatre amies Dora, Milka, Beatriz et Susana découvrent une femme à moitié nue sur le bord de la route. Celle-ci, une zombie obèse aux nichons gros comme des ballons de baskets, se nomme Trash, laquelle a connu son heure de gloire quelque temps auparavant en interprétant des reprises d'abats (non Abba, pas abats, quoique ) en version gothique ! Bref elles amènent cette vision cauchemardesque chez l'une d'elles ! Et à partir de ce moment, l'apocalypse entre dans leurs vies !
Susana part faire des courses, mais revient avec un cadavre sur les bras.... pour le plus grand bonheur de Trash, qui prend un en-cas et prépare quelques morceaux pour le congélateur....Direction le restaurant où notre zombie préférée a une altercation avec Saavedra, notable du coin, Dora « en mâle » de câlins lui prodigue des soins personnalisés....sur les bords de mer, Trash empêche un viol, mais ne peut empêcher la mort de Susana...des voyous, fils de bonne famille rôdent filmant certains méfaits qu'ils encouragent.
Au matin le monde est le même pour certains mais a changé pour d'autres. L’amitié entre les trois femmes n'aura pas survécu aux obsèques de Susana, comme si la présence de Trash avait bouleversé les relations entre elles !
En route pour des aventures pour le moins improbables, Trash part avec Beatriz en stop, Dora aménage la villa de son protecteur richissime et influent, pendant que Milka dévaste son appartement mais lui lègue une statue qui vaut son pesant d'or....
Un road movie infernal et déjanté commence alors...avec une galerie de portraits assez hallucinants et hallucinés !
Trash, la goulue de service est sûrement le personnage la plus sympathique de ce livre, d'ailleurs Beatriz ne s'y trompe pas quand elle dit que le geste le plus courtois qu'elle ait vu depuis longtemps est Trash donnant à boire à un chat errant. La condition de zombie n'est pas forcément agréable et il faut bien faire attention qui on mange....une maladie est si vite attrapée !
Susana par exemple, et c'est dommage est née sous une mauvaise étoile : elle arrive enfin à se débarrasser du fantôme de son défunt mari dans des circonstances rocambolesques, en tuant un homme qui avait soi-disant pris possession de l'âme de son mari, mais qui en réalité ne cherchaient qu'à prendre possession de son propre corps à elle ! Le bonheur, enfin me direz-vous, eh bien non, le soir même sur sa route elle rencontre un violeur novice et contraint et un violeur récidiviste qui lui n'est pas contrit du tout. Elle sera violée et tuée !
Autre personnage pour qui on aimerait avoir un peu de sympathie est Periquita, chef de gang en fauteuil roulant....mais elle de son côté est plutôt du genre, c'est moi le chef ! Elle a sa statue sur la place car il semble que beaucoup de gens la craigne ! Et en plus elle est jalouse comme un tigre !
Dora, elle, n'a pas de scrupules, un homme riche suffit à son bonheur physique autant que matériel,un politicien local Saavedra, très couleur locale d'ailleurs, richissime et corrompu, avec un passé pas très net fera très bien l'affaire. Craignant pour sa vie, il remplit son étang de crocodiles et son jardin de tigres du Bengale. Ce qui ne l'empêche pas de batifoler avec Dora, tigresse d'alcôve dont on ne sait pas si elle porte des slips léopard. Nourrie aux journaux people, genre paparazzi, elle traîne toujours avec elle son appareil photo, et elle est également toujours prête à sacrifier son corps !
Donc tout va bien pour eux dans le meilleur des mondes, mais dans l'ombre, une revenante Samy et son amant vont-ils troubler la vie de nos tourtereaux ?.... Les fils de familles bourgeoises se conduisant comme des enfants trop gâtés, leurs distractions sont humiliantes pour leurs victimes, surs de l’immunité que la situation de leurs géniteurs leur confère ! Une mémé à chats qui les déteste et ils le lui rendent bien, ces charmantes bestioles !
On devine vite que l'auteur nous fait une critique sévère de la société argentine ! Le vampirisme de Trash n'est que le reflet d'une caste s'enrichissant de plus en plus au détriment du reste de la population. Caste corrompue sans foi ni loi ne connaissant que le profit et le pouvoir de l'argent roi.
Plein d'humour et de dérision malgré tout dans ce livre. Je ne résiste pas à vous donner quelques noms de lieux savants, mélange de plusieurs pays et langues : Quitiliechtenstein, Pehuahollywood, Tchernobyllinghurst et bien sûr Berazachussetts. Un livre décalé et désenchanté qui dépeint une Argentine loin des clichés habituels!
Et j'ai appris avec stupéfaction que même au ciel il y a des boutiques de luxe....pauvres riches !
Extraits :
- ….elle ne pouvait plus manger un petit doigt sans prendre dix kilos. Pendant un temps, elle avait fait comme si de rien n'était parce qu'elle était punk et zombie, et qu'avoir la silhouette imposée par la société était le cadet de ses soucis.
- De fait, elles avaient attendu le veuvage avec impatience, comme le moment où naîtrait le bonheur authentique.
- Au moins, il palperait les seins d'une femme, au lieu de s'ennuyer au coin de la rue. Susana, bien que vieille, n'était pas laide.
- Trash se demandait si elle résisterait à la tentation de lui arracher la langue d'un coup de dents lorsqu'elle l'aurait dans la bouche.
- « Ah, non, monsieur ! cria-t-il à son adversaire. Cette femme-là, c'est moi qui la viole. »
- En sens inverse venait une autre manifestation, des écologistes qui protestaient contre l'installation de vitrines réfrigérées pour les pingouins.
- Dora tenta de se représenter le cadavre de son amie à l'intérieur... c'était trop bien pour Susana.... elle choisit un caisson en pin, le deuxième moins cher sur la liste, et commanda un service standard pour le reste.
- Elle approcha ses lèvres de l'oreille de son amant, assez pour la tacher de rouge
, et murmura : « je suis allergique aux fleurs.... achète-moi plutôt des diamants... ».
- C'était étrange.... elle n'était pas retournée dans un cimetière depuis la nuit où elle était devenue zombie.
- C'était un bon truc : le passé contre de l'argent.
Éditions : Asphalte (2011).
Titre original : Berazachussetts (2007).
Autres chroniques d'Argentine chez le même éditeur :
Eaux-fortes de Buenos Aires/
Roberto ARLT .
Les Taupes /
Felix BRUZZONE .

Golgotha / Fernando OYOLA .

 

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19 novembre 2011

OYOLA Leonardo / Golgotha.

Golgotha
Golgotha.
Leonardo OYOLA .

Note : 4 / 5.
Chacun porte sa croix.
Grâce aux éditions Asphaltes, je poursuis ma découverte de la littérature argentine. Des chroniques du Buenos Aires des années 1930 de Roberto Arlt à un roman se déroulant dans un faubourg de la capitale argentine de nos jours. A noter une préface de Carlo Salem, qui était présent cette année au salon du roman policier de Penmarc'h.
Trois parties aux noms pour le moins évocateurs, « Allégresse », « Douleurs » et « Gloire ».
Les titres de chapitres fleurent bon la liturgie catholique, avec par exemple et en toute gaieté, « La flagellation » , « La couronne d'épines » ou « Le calvaire ». Avec dans le texte « L’annonce » cette phrase et plusieurs variantes possibles :
-« Au commencement, ça été le père. Maintenant, c'est son fils »
La vie dans ce bar au nom plus qu'improbable, « Le tiens-moi le gamin » Lucio, le père mort pour un but de football non marqué, Gabriel, le fils qui est là derrière le comptoir...et l’énigmatique Lagarto....devant la glace.....nous le retrouverons plus tard....
Un flic Roman Calavera, dit Skeletor, le destin tragique d'une jeune fille et un monde où règne le silence....un autre flic plus âgé, narrateur et sorte de mentor de Calavera, et aussi son ange gardien. Plus lucide et blasé, les morts on ne les oublie pas, mais bon il faut vivre avec...sauf que lorsque le remords et le sentiment de faute sont trop lourds...
Pour certains parmi les forces de l'ordre, la coupe est pleine. Nos deux flics, l'un, ancien un peu ravagé, et un jeune un peu idéaliste, le silence n'est plus tenable ; l'église officielle est comme toujours du côté des riches. Alors que faire, suivre la fougue du jeune qui ne veut pas oublier et agir, l'ancien plus pragmatique semble freiner son jeune collègue. Mais pour celui-ci, c'est presque une affaire de famille, il a été amoureux de la fille trouvée morte.....
Alors quand la vengeance est consommée, la guerre est déclarée entre les gangs et la police.....une démonstration de force de la police amène au compromis, donnant...donnant !
Les marginaux de l'Argentine, un quartier à la dérive, à part le sacro-saint football, que reste-t-il pour non pas rêver, mais juste vivre au moins un peu ?
Des mortes, la fille vidée de son sang, la mère suicidée par pendaison....la vie continue....pas exactement comme avant malgré tout.
Kuryaki, chaud lapin de service ....il est père d'environ 8 enfants....pour le moins...il passera de vie à trépas dans les toilettes d'une de ses maîtresses, vengeance divine, ou humaine ? Le gang de « Gamins » règne sans partage sur le quartier. Là-bas comme ici, la valeur n'attend pas le nombre des années !
Un prêtre pas très catholique, mais un autre plus humain, Un obstétricien surnommé « Bigote » !
Pas une écriture très simple, une succession de nouvelles avec parfois un personnage récurrent ou même plusieurs. Une sorte de puzzle littéraire qui se met lentement en place ; la violence, la loi du silence, un jour, ne sont plus acceptables. La spirale infernale est en place, la loi du talion dans toute son horreur va mettre le feu au quartier, avec ses morts et tout cela pour un petit voyou que sa mort a élevé au rang de martyre.
Un final terrifiant, violent comme la vie dans ces quartiers déshérités.
Ne pas oublier pour les mélomanes, une playlist musicale pour clore ce livre.
Extraits :
- À quel moment mon grog s'est transformé en vin et le vin en sang du Christ, un sang amer ?
- Ce que je m'apprête à raconter, c'est ma chute.
- L'expérience nous enseigne que lorsque les gens se taisent, c'est parce que quelque chose vient d'arriver.
- Àh ! Je ne suis pas non plus un âne. Pire que ça. Je suis flic. Et je suis habitué à me taire, à regarder ailleurs, à faire celui qui n'entend pas.
- « M'man.... j'ai fait l'amour avec Kuryaki parce qu'il ressemble au Christ. »
- Les ruelles sont un peu comme les veines de notre corps. Elles charrient et transportent le sang. Elles charrient et transportent tout ce qu'on veut. Et si elles repèrent un corps étranger, elles l'expulsent.
- « Qu'est-ce qu'elle t'a demandé ?
Ne jamais les oublier et ne pas laisser les choses en l'état. »
- Nous autres..... on pourrait très bien faire justice nous-mêmes. Voilà ce qu'il faudrait.
- Je ne le savais pas encore, mais ce détail allait être le premier d'une longue liste d'éléments que nous aurions à maquiller cet hiver-là.
- Comment une telle situation avait-elle pu entraîner un pareil foutoir ? Comment avions-nous pu en arriver là ?
- C'était une déclaration de guerre et, dans chaque guerre, il y a des pertes.
- Le gamin avait écouté très attentivement avant de déclarer : « ce n'est pas ça qui te rendra plus heureux, au contraire. »
Il avait raison. Mais j'allais quand même le faire. Je devais le faire.
Éditions : Asphalte (2011).
Titre original :Gólgota. (2008).
Chroniques d'Argentine , chez le même éditeur :
Eaux-fortes de Buenos Aires/ Roberto ARLT .
Les Taupes / Felix BRUZZONE .

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21 octobre 2011

Collectif / Mexico Noir (présenté par Paco Ignacio TAIBO II

Mexico
Mexico noir.
Collectif (Présenté par Paco Ignacio TAIBO II )

Note : 3,5 / 5.
Mexicoke City Black.
Je continue mon tour du monde des villes, version noire, grâce aux éditions « Asphalte» et à cette nouvelle collection de recueils de nouvelles.
Après une introduction  « coup de poing » de Paco Ignacio Taibo II , le lecteur est tout de suite mis dans l'ambiance, ici on est prié de se méfier pratiquement plus de la police que des gangsters pourtant nombreux.
On ne change pas une formule qui gagne, « même si on change les écrivains », trois parties donc pour ce livre, avec des titres très prometteurs : « Au-dessus des lois »,« Des morts qui marchent » et « la ville de l'asphyxie ». Douze écrivains (chacun a le droit à une courte biographie) ont trempé leurs plumes dans l'encre noire, leurs noms par ordre alphabétique : Eugenio Aguirre, Óscar de la Borbolla, Rolo Diez, Bernardo Fernández, F.G.Haghenbeck, Victor Luis Gonzáles, Huan Hernández Luna, Myriam Laurini, Eduardo Monteverde, Julia Rodríguez, Eduardo Antonio Parra, et Paco Ignacio Taibo II. Certains ont été traduits en français et les femmes ne sont guère représentées....
Pollution et corruption semblent être les images de marque de cette ville géante et tentaculaire qui parait réunir tous les défauts des sociétés modernes entre ses murs.....Prostitutions, drogue, rackets, viols et chantages, tout y passe pour se faire du fric.....même les représentants de l'ordre....surtout eux d'ailleurs ! Des gens très riches côtoient des très pauvres dans « Collections particulières ». Lizzy fait partie de la première catégorie. Malgré tout et cela doit être dans la nature humaine, l'argent appelle l'argent. Une nouvelle qui commence très bien, mais m'a laissé sur ma faim ! Un coin de rue sis à l'angle de la calle Doctor Erasmo et de la calle Doctore Monteverde, et malgré ce parrainage c'est un des endroits les plus malsains de la ville ! Une endémie de morts violentes est à désespérer du corps médical ! Quant aux autorités policières, la vaccination n'est pas encore au point.... Une histoire étrange.... roman ou réalité ? « Le comique qui ne souriait jamais » un peu d'humour dans un monde de brutes....cet acteur grande vedette locale a un problème, on le fait chanter .. « Le maître chanteur de Mexico » grimpe au hit-parade, mais pour combien de temps ?....Une écriture à la Carter Brown, toutes les femmes sont superbes, le héros prend des roustes monumentales et a le calembour parfois facile mais souvent efficace ! « Bang », une nouvelle qui fait du bruit, originale dans le sens où les narrateurs se succèdent, classique par le trio habituel, femme, mari, amant avec comme complément d'objet direct un révolver....« Le brasier des judas » une fête qui s'embrase...paix à leurs cendres... certains parodiant Landru diront « La femme au foyer ». Au Mexique, la vengeance est-elle un plat qui se mange chaud ? « Violetta  n'est plus » qui a assassiné cette femme ? Nul ne le sait et bientôt plus personne ne se souviendra d'elle....l'oubli éternel. « Derrière la porte » pose une question : que s'est-il passé derrière cette porte blindée et là-bas aussi on constate « Mais que fait la police » ? Une nouvelle qui fait froid dans le dos ! Le temps efface tout....« Dieu est un fanatique, ma fille » ….si vous le dites mon père, vous êtes mieux placé que moi pour le savoir. Les voix du Seigneur sont impénétrables. L'église catholique à la mode mexicaine, surprenant !
Viking, pour un homme qui ne se rappelle plus de son nom, pourquoi pas ! Clodo, alcoolo que lui est-il arrivé la nuit dernière ? Il poussait son caddie avec ce qui reste de ses biens...un homme qui fuit....il le repousse et est taché de sang....et ensuite....ensuite...la police veille.....hélas ! Une femme d'affaire dure en affaires......qui emploie des arguments frappants....Un policier et un romancier associés pour la bonne cause, un comique pas marrant, un détective qui sort des clichés de la profession, des femmes souvent belles, bref une belle brochette de personnages pas tous très honnêtes....mais il semble relativement difficile de faire autrement, en effet l'exemple vient de haut et les autorités ne sont pas exemptes de tous reproches. Un écureuil saoule d'amour pour l'Unique, dommage c'est un  amour sans retour . Des gens et des chats, des glandeurs qui ne rêvent pas de grandeurs, bref la roue tourne encore plus mal là-bas qu'ici.
Les luttes pour le moins féroces pour toutes les manières de se faire de l'argent rapidement, les trafiquants de drogues en particulier qui très peu partageurs disent le Mexique aux Mexicains...
Pas la meilleure cuvée, de la série, la Téquila n'était pas assez frappée (par contre certaines victimes oui....) et la Despérados un peu tiède à mon goût.....de bonnes histoires mais d'autres semblent avoir été finies dans l'urgence, ou ont des chutes que je n'ai pas réellement compris ! Une playliste musicale complète l'ouvrage avec « oh surprise » Petula Clark !
Je laisse le mot de la fin de cette chronique à F.G.Haghenbeck :
- Mais je sais que les choses ne se sont pas passées ainsi, car au Mexique, il n'y a que les films qui finissent bien.
Extraits :
- Une secrétaire était apparue à la porte, elle était mieux sculptée que les pyramides de Teotihuacan.
- En l'entendant prononcer ces paroles, j'ai bien cru que j'allais la demander en mariage.
- Peut-on considérer une tombe comme un trou obscur ?
Un vagin est-il un trou obscur ?
- Les blondes ne sont pas de bonnes compagnes d'aventure.
Les pistolets sont bien mieux, pour ça.
Les brunes non plus ne valent rien pour l'aventure.
- (C'est dans la solitude que meurent les personnes âgées, de mort naturelle ou assassinée. Ce genre de chose arrive si souvent à Mexico que, peu à peu, on finit par ne plus s'en étonner......)
- Mes sources sont sacrées, plus encore que la vierge de Guadalupe.
- Les caïds survivent, c'est la loi du quartier.
- Une femelle inquiète et flattée est une fenêtre ouverte pour qui sait regarder de travers.
- C'était bien, la castration : pas de femelles et pas de guerre de territoire.
Éditions : Asphalte (2011).
Titre original : Mexico City Noir (2010).
Autres chroniques de la collection :
Los Angeles Noir.
Londres Noir.
Brooklyn Noir.
Rome Noir.
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18 octobre 2011

COOK Kenneth / Le koala tueur *.

Le koala
Le koala tueur *
Kenneth COOK.

Note : 3,5 / 5.
Bestiaire Austral !
J'ai beaucoup aimé les trois romans précédemment lus de cet auteur australien trop peu traduit. Le moins que l'on puisse dire c'est que sa version de l'Australie vaut le détour ! Laissez tomber la côte, les massifs de coraux, les plages et les surfeurs, entrez dans le bush ! Bienvenue en enfer et n'oubliez pas votre bière car il fait très chaud, et en route pour « La vie des animaux » version australe et alcoolisée.
Quinze nouvelles où il s'attaque à la faune de son pays, pas la faune humaine, il l'a fait dans ses romans, non, la faune animale. Et il y va de bon coeur! Il est exact de dire que l'on donnerait le Bon Dieu sans concession à certaines de ces petites bêtes, enfin avant.....
S'endormir ivre mort au milieu d'un vivarium n 'est pas forcément très malin, ni d'ailleurs de photographier un crocodile contant fleurette à une femelle pas réellement consentante ! En réalité, conter fleurette pour un crocodile se rapproche plus du viol que d'autre chose! Une nouvelle porte le doux titre de « Cent Canettes » et c'est une des rares qui ne parle pas d'animaux, mais de pari stupide ! On fait la connaissance de « Cedric le chat » monstre à qui il ne reste plus qu'une oreille et de son maître l'irascible Henry Gibbs. Duo d'enfer !
Il semblerait que certains aborigènes soient plus malins que les alchimistes du Moyen Âge. En effet certains d'entre eux arrivent à changer le plomb en or! La chasse aux cochons sauvages n'est pas non plus de tout repos, pas plus qu'une ballade en chameau d'ailleurs. Bref des histoires plus invraisemblables les unes que les autres, mais l'auteur nous jure ses grands dieux que tout est vrai, enfin peut-être un peu arrangé quand même.
Quelques personnages,  humains peut-être pas, mais du genre humain cela oui!  Un personnage récurrent, l'auteur,  qui au cours de ses voyages rencontre tout un tas de gens et d'animaux. Et des animaux du cru ainsi que quelques-uns comme le chameau qui sont plutôt des espèces importées. Un de ces chameaux, plutôt du genre vache obéit au doigt et à l'oeil à son maître. Il faut dire qu'il bosse pour lui! Je sais, cette plaisanterie est un peu facile mais c'était celle ci ou  celle du slip avec le kangourou! Ou celle de la poche avec le même animal. Et je ne me suis pas trompé, on trouve également une éléphante ayant quelques problèmes digestifs ! Le remède, un lavement !
L'auteur est malgré tout très lucide quand il reconnaît que les copains de bistrot, ce n'est pas toujours une réussite! Et c'est un doux euphémisme. Entre un mineur fou et un professeur de plongée un peu givré cela fait de la compagnie.
Il est mais c'est une constante dans la littérature (et la vie?) australienne de bistrot et d'alcool! Voler l'épouse d'un homme est moins vexant que de refuser de boire avec lui! Ce livre est dans la lignée de certains autres romans se déroulant eux aussi dans le bush ou en Australie, je pense par exemple à « Cul de sac » de Douglas Kennedy, « Les noces sauvages » de Nikki Gemmell ou « Secrets barbares » de Rodney Hall, décrivant un monde violent et alcoolisé.
C'est jubilatoire mais parfois angoissant, car dorénavant avant de boire un coup je vérifie s'il n'y a pas de  serpents chez moi, ou( pas) de crocodile dans la baignoire !
J'ai par contre le sentiment pour cet auteur qu'après la lecture de « Cinq matins de trop » et « A coups redoublés » le reste paraît un peu fade. Comme de boire une quelconque bière blonde après une pinte de Guinness à la pression!
Extraits :
- Les enthousiastes ne sont pas des gens comme les autres. Ils ne sont ni meilleurs ni pires : simplement différents.
- La vue d'un pub actionna le frein automatique de mon véhicule.
- Le jeune, qui ne s'était pas rasé de trois jours, ressemblait d'ailleurs à un wombat à museau poilu.
- On ne sait jamais quel pourcentage croire des histoires qu'on vous raconte sur les animaux dans le Nord.
- Tout le monde boit du rhum sur la piste car il est impossible de garder la bière au frais. J'ai horreur du rhum.
- Je lui fis la réponse évidente que personne ne la croirait, comme pour tant d'autres questions absolument vraies.
- Avec ses dents jaunes qui avançaient, il était le portrait craché d'un très grand furet à poils roses, dressé sur ses pattes arrières.
- La rencontre de gars sympas au bistrot est à la source de la plupart de mes ennuis.
Éditions : Autrement (2009).
Titre original : The Killer Koala. (1986)

* et autres histoires du bush.
Autres chroniques de cet auteur :
A coups redoublés.
Cinq matins de trop.
Par dessus bord.

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