Confeions-d-un-rebelle-irlandais Gallimard

Confessions d’un rebelle irlandais.
Brendan BEHAN.

Note : 4,5 / 5.
Virées alcoolisées !
Relecture de cet ouvrage, Brendan Behan étant un des premiers auteurs irlandais que j’ai lus il y a de nombreuses années.
Dans une assez longue et très intéressante préface, Rae Jeffs nous raconte sa rencontre avec Brendan Behan, et comment elle a été amené à travailler avec lui. Ce livre a été enregistré par Brendan Behan en Amérique, et après son décès Rae Jeffs entreprit de terminer le manuscrit. Travail colossal.
Ce n’est un secret pour personne, Brendan le reconnaissait lui-même, il avait un gros problème avec l’alcool, deux de ses citations les plus célèbres sont :
Je ne suis pas un écrivain qui a un problème d’alcool, mais un alcoolique qui a un problème d’écriture.
Et
- Je suis un alcoolique inscrit aux Ecrivains Anonymes.
Nous suivrons donc au fil de ces pages, ce célèbre rebelle Irlandais devenu un des plus grands auteurs de sa génération, à qui l’on doit certaines pièces de théâtre ayant eu beaucoup de succès et quelques romans très souvent autobiographiques.
Je ne vais pas, ici, vous énumérer toutes les péripéties rencontrées par Brendan dans ce livre de plus de trois cent pages, ses divers séjours en prison en Angleterre, déjà racontés dans un de ses précédents ouvrages « Un peuple partisan », puis en Irlande, et à nouveau en Angleterre où il était interdit de séjour.
Il est bien évidemment question de l’IRA, dont il fut un des plus jeunes membres, issu d’une famille très républicaine.
Il est aussi beaucoup question de ses séjours en France de l’amour qu’il avait pour notre pays :
« Je voulais retourner en France pour la simple raison qu’il y a tout ce qu’il faut pour plaire à un Irlandais en France. »
Mais partout, il y avait de l’alcool, beaucoup trop d’alcool, et des chansons toujours et encore. Brendan Behan adorait chanter, en anglais ou en gaélique, d’une voix éraillée.
Il est également question de littérature, d’auteurs irlandais, mais également de quelques Français dont Albert Camus qu’il dit avoir rencontré, accompagné d’un de ses amis.
Il y a bien entendu énormément de personnages dans ce livre, beaucoup d’anonymes, d’Irlande ou de France.
Un bon livre pour faire plus ample connaissance de cet auteur, hâbleur, fanfaron et grande gueule, mais qui confesse plusieurs fois n’être en réalité qu’un peureux !
Extraits :
Les extraits en italique sont tirés de la préface.
- Chaque fois qu’il devait paraît
re en public, il se forgeait une personnalité entièrement différente… la sueur commençait à perler sur son front, il se montrait alors cruel, grossier, arrogant.
- Finalement, on me demanda de me rendre à Dublin et d’
y jouer le rôle de « sage-femme littéraire », comme le disait Brendan de lui-même.
- Mais je savais aussi que derrière le mur d’enceinte de la cour des exercices, il y avait les tombes des hommes qui avaient été exécutés pendant la semaine Sainte en 1916 : Thomas J. Clarke, Padraig H. Pearce, Thomas MacDonagh, et les autres. Je savais leurs noms, et tout ce qui se rapportait à eux, aussi bien que je savais mon propre nom.
- Les atrocités qu’ils firent subir aux Irlandais, ils les perpétuèrent en des temps plus récents que ne l’avait fait Oliver Cromwell.
- Le tout premier article pour lequel je fus payé parut dans le numéro de juin 1942 du journal The Bell, qui était à l’époque édité par Sean O’Faolain.
- Oscar Wilde mourut dans un hôtel au bout de notre rue, la rue d’Alsace, et la tradition rapporte que ce fut un prêtre de la paroisse de Saint-Germain-des-Prés qui l’assista sur son lit de mort. Plus tard je lui dédiai un poème.
- Mais je ne boirai pas à sa santé en tant que Reine d’Angleterre, ni à celle du Duc d’Édimbourg sur le sol irlandais. Je veux bien boire à leur santé en tant que personnes privées- Dieu les garde! - mais la reine d’Angleterre n’est pas la reine d’Irlande.
Éditions : Gallimard (1986).
Titre original : Confessions of an Irish Rebel.Beatrice Behan & Rae Jeffs. (1965).
Traduit de L’anglais (Irlande) par Mélusine de Haulleville.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Un peuple partisan.
Encore un verre avant de partir.