Cupide M
Cupide.
Marc ELSBERG.

Note : 4 / 5.
Au nom du fric.
Auteur autrichien que je découvre à la lecture de ce roman qui concerne le monde de la finance internationale.
La terre va à vau-l'eau, partout éclatent des révoltes, les slogans les plus courus sont les suivants « Non à la cupidité » ou « Plus de justice ». Les plans d'austérité succèdent les uns aux autres, le taux de chômage mondial atteint des records et la famine menace. Mais la fortune des plus riches s'accroît inévitablement et inexorablement.
Un sommet mondial a lieu à Berlin, un homme Herbert Thompson, ancien prix Nobel, doit y faire un discours qui croit-il, devrait changer l'avenir du monde . Il n'arrivera jamais à destination, un accident de voiture bien malencontreux lui ôte la vie ainsi que celle des autres occupants du véhicule. Accident ou crime ?
Ce fait divers a un témoin, Jan Wutte, qui a recueilli les derniers mots de Will Cantor d'une des victimes. Il lui semble entendre par bribes :
- Fritzroi pel… a… gold… bar… Chantal E
Pour Jan va s'engager une lutte à mort pour continuer à vivre. Car il s'agit d'un accident provoqué par un système sophistiqué qui n’est pas à la portée du premier venu.
Jan commence son enquête et se rend au Golden Bar. Un homme est au centre d’un jeu d’argent, c’est un Anglais du nom de Fitzroy Peel. Les perdants de ce jeu le prennent mal, Jan et l’Anglais qui avaient fait connaissance doivent se sauver. Mais pour aller où ?
Surtout qu’il y a pas mal de gens voués à leur faire un mauvais sort à leurs trousses ! Et des tueurs professionnels entre autres car la police aussi voudrait bien avoir une petite conversation avec Jan.
Après avoir visité la chambre de Will Cantor, d’être obligé de fuir encore, les deux fugitifs trouvent refuge dans un squat d’anti-capitalisme.
La situation du monde est catastrophique et les politiciens et hommes d’affaires cherchent des solutions mais que ces remèdes soient à leurs avantages. Que les moyens pour y parvenir soient légaux ou pas ! Le meurtre en fait partie !
Le bien être des peuples peut attendre… alors entre eux, les hommes de pouvoir discutent dans le luxe d’un hôtel de la ville.
Les peuples attendront… encore et toujours.
Mais les slogans hostiles fleurissent dans les manifestations :
- Ils se permettent tout parce qu'on leur permet tout !
- Nous ne sommes pas contre le système ! C'est lui qui est contre nous !
Jan Wutte a eu le tort d’être au mauvais endroit au mauvais moment, résultat il est impliqué dans une affaire qui le dépasse, avec Fitzroy Peel, son compagnon d’infortune, c’est une fuite, à la vie à la mort. Infortune pour eux, grosses fortunes pour d’autres. Mais que fait la police ? Ce qu’elle peut !
Un bon roman à l’ancienne (sans rien de péjoratif) mais très contemporain sur le fond, le fric roi !
Les chapitres dans ce roman portent le titre de « Décision », « Première décision » etc. etc.
La lecture de quelques pages consacrées à l’économie pure et dure sont assez ardues à lire, malgré qu’elles soient accompagnées de graphiques dessinés.
Extraits :
- La concurrence. Survival of the fittest, la survie du plus apte, comme fondement de toutes les réussites, de la croissance, de la richesse.
- Les manifs ont toujours été des fêtes !
- On pouvait cependant se demander si tous ces gens représentaient bien le peuple. 
- Sois bien attentive, cette nuit, des fortunes vont se faire et se défaire.
- Une adolescente, vautrée sur le canapé, s’ennuyait sur son portable.
- Priez, dit Ted. Pour faire de bonnes affaires.
- C'est le genre de poste où l'on doit se faire du fric. Assistante d'un multimilliardaire, faut voir ! se dit Jan.
- Une chambre coûtait vraisemblablement quelques mois de salaire de Jan.
- Comment se pouvait-il que leurs heures de travail aient tellement plus de valeur que les siennes ?
- À côté de lui, une petite brune, menue. Ses cheveux : une explosion de bouclettes. Ses yeux : des lumières.
- Certains parleraient de rémunération pour services rendus. Pour d'autres, ce serait de la corruption, des pots-de-vin, du blanchissement.
Éditions : Fayard Noir (2021).
Titre original: Gier ( 2019).
Traduit de l’allemand par Pierre Malherbet.