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À mes amis envolés*
Louis BERHOLOM.

Note : 4,5 / 5.
Pensées posthumes !
Nous nous croisions régulièrement avec Louis Bertholom au festival Interceltique de Lorient, lorsque je vivais dans cette ville.
Notre intérêt commun pour la Beat-Generation, Jack Kerouac en particulier, nous avait rapprochés et nous en parlions très souvent.
J’ai deux souvenirs, la fois où je lui ai parlé de « Ringolevio » d’Emmet Grogan, qui m’a valu le surnom d’Yvon Ringolevio pour les dédicaces. Et un autre jour au salon du livre de Concarneau où il me dit qu’au stand de la littérature canadienne il y avait un ouvrage inédit de Jack Kerouac, écrit en français. Il en restait un exemplaire… je l’ai pris.

Revenons à ce livre, hommage aux amis disparus ; il est déjà dur d’écrire, mais en plus pour des funérailles, sachant que l’on va devoir lire devant une foule endeuillée ce texte.
Je ne connaissais pas grand monde des destinataires de ces textes, certains noms ne m’étaient pas inconnus, mais ils étaient tous des défenseurs de la culture bretonne, chacun à sa manière. Poètes, écrivains ou musiciens, ils ont partagé à un moment ou à un autre la vie de Louis Bertholom.
Je parlerai plus longuement ici d’Annaig Baillard-Gwernig que j’ai eu la chance de croiser et d’animer avec elle un après-midi à la médiathèque de Ploemeur près de Lorient, pour la sortie d’un livre consacré à la correspondance entre son père Youenn Gwernig et Jack Kerouac. Ouvrage illustré du photographe breton René Tanguy, 
« Sad Paradise ». Annaig a passé une partie de son enfance à New-York et son père, écrivain et poète breton connaissait bien Jack Kerouac. Ce fut un bel après-midi et l’annonce de son décès m’a fait beaucoup de peine.
La seconde partie de l’ouvrage « Poèmes d’adieu » est une suite de très beaux poèmes pleins de nostalgie traitant du départ d’êtres chers.
Pour clore ce livre, « À mes autres amis envolés » est un texte parlant des défunts mais pas que ! Il cite entre autres, le
marin-pêcheur écrivain et poète de Ploemeur, Alain Jegou.
Il n’oublie pas les précurseurs, ceux qui nous ont ouvert la voie, Xavier Grall, Glenmor et bien entendu Jack Kerouac qui est toujours présent dans le monde littéraire de Bretagne et aussi d’ailleurs.
Cet ouvrage qui commence par une préface de Nicole Le Garrec, qui pourrait être triste pour ne pas dire austère, ne l’est pas.
Les enterrements sont un hommage aux défunts. L’occasion de boire un dernier verre pour eux,  avec eux!
Une très belle écriture et de très beaux poèmes.
Extraits :
- Léon, on va se boire un bon whisky à ton souvenir et je t'entends déjà soupirer et rire de mon texte de circonstance.
- Guy, tu as su habiter ce monde avec tes passions pour incarner les jours emplis d'ordinaire.
- Tu savais cracher de belles paroles sur les planches incertaines dans lequel transsude encore la salive des ancêtres.
- Vous voilà réunis à présent tous trois, amis trop tôt disparus.
- Comme dit l'adage : quand un doyen s'en va, c'est une bibliothèque qui disparaît.
- L'heure fatale s'était-elle trompée d'adresse en dirigeant son messager l'Ankou vers une autre porte où il put tout de même se rassasier ce jour-là ?
- Nous faisions souvent route ensemble sur les chemins de Bretagne pour rejoindre les salons du livre dans lequel nous étions invités à exposer nos ouvrages.
- Dans le Tir na nÓg, avec le Grand Youenn, vous allez chambouler les lois, engueuler les dieux et relancer une Grande Tribu artistique qui va résonner et charmer à jamais les âmes endormies.
- Je viens de là où l'on sait lire le ciel et décrypter le vent. La où rien n'est fatalité, ou l'imprévisible s'accepte.
- … Nous nous souvenions de Xavier Grall, de Glenmor, d'Armand Robin, de Corbière, de Perros, de Guillevic, de Kerouac et de bien d'autres encore auxquels nous rendions des hommages fervents.
Éditions : Vivre tout simplement (2020).
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Amerika Blues.
Le rivage du cidre.
Titres de Youenn Gwernig :
La grand tribu.
Appelez-moi Ange.
* Oraisons funèbres et poèmes d’adieu.