Fante-J
La route de Los Angeles.
John FANTE.
Note : 4 / 5.
La jeunesse d’un écrivain.
Premier roman de John Fante commencé en 1933 et terminé après l’avoir passablement raccourci en 1936.
John Fante nous conte son adolescence mouvementée. Sorte de petit prétentieux, élevé dans un foyer féminin entre une mère et une sœur Mona, toutes deux catholiques pratiquantes. Par esprit de contradiction, il se dit athée, lit Nietzsche et d’autres philosophes. Le seul personnage masculin qu’il côtoie est l’oncle Frank, frère de sa mère. Il ne l’aime pas beaucoup, car c’est celui-ci qui lui trouve du travail, et à son goût que des postes dégradants, pour ce jeune homme qui sera bientôt le plus grand écrivain que l’Amérique n’a jamais produit. Le génial Arthuro Gabriel Bandini !
Donc c’est la ronde des petits boulots, plus déprimants les uns que les autres.
Il travaille comme plongeur dans un restaurant italien, mais se fait licencier pour avoir piqué 10 dollars !
Les livres sont son seul et vrai bonheur. La vue de Miss Hopkins aussi lui plaît. Ses lectures favorites sont les traités de philosophie. Il a son jardin secret, des revues érotiques qu’il feuillette dans son bureau sous un escalier.
Il a aussi ses moments de folie furieuse, se battant contre des crabes.
Son nouveau travail est particulièrement désagréable, c’est sur le port de Los Angeles, dans une conserverie de poissons. L’odeur lui paraît insoutenable, il vomit plusieurs fois sous les rires des employés, femmes et hommes. Se proclamer écrivain ne lui attire aucune sympathie, bien au contraire.
Chez lui l’ambiance est de pire en pire, il devient colérique, ingérable…
Alors, la seule solution qui lui reste est le départ vers l’inconnu !
Arthuro Gabriel Bandini est le personnage récurrent de l’œuvre de John Fante. Ici il fait figure de sale gosse, tueur de crabes entre autres, haïssant les femmes, sauf Miss Hopkins, la bibliothécaire, pas trop courageux au travail ; imbu de lui-même, raciste se vantant d’être américain pour se moquer des travailleurs philippins ou mexicains.
Il est trop marginal pour sa famille, trop fier pour ses collègues de travail, la lecture des philosophes ne résout pas tous les problèmes de la vie d’un adolescent.
Le livre d’un écorché vif, en rébellion contre tout, y compris lui-même. On est bien loin de l’ambiance loufoque de « Mon chien stupide ». Je pense malgré tout lire d’autres titres de John Fante.
Extraits :
- « Je me moque que tu me croies. Quiconque croit en la Vierge Marie et en la Résurrection est un jobard dont toutes les croyances sont sujettes à
caution. »
- Je ne tirais aucune satisfaction de mon statut d'écrivain.
- C'était les richards. Ils vivaient dans les quartiers des gens du cinéma fréquentaient les milieux financiers de Los Angeles.
- Et quelles femmes !
- Le lendemain du jour où j'ai détruit mes femmes, j'ai regretté mon massacre.
- Je me suis regardé dans le miroir. J’aimais mon visage. Je me trouvais très beau.
- Le balancement de ses hanches évoquait un panier de serpents.
- J'ai eu la certitude de ne plus jamais les revoir. Et j'en étais heureux.
Éditions : Christian Bourgois éditions (1987).
Titre original : The Road to Los Angeles ( 1985).
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Brice Mathieussent.
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Mon chien stupide.