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Génération X *.

Douglas COUPLAND.
Note : 4,5 / 5.
Trois personnages en quête d’eux-mêmes.
Je ne connais pas cet auteur canadien, qui n’en est pourtant pas à son coup d’essai.
Roman en trois parties s’étendant sur près de 300 pages. Le final, assez délirant, se nomme : « Chiffre ». Il groupe une série de chiffres (comme son nom l’indique) dont certains sont très instructifs, d’autres très anecdotiques, par exemple :
- Nombres de lacs morts au Canada : 14 000
Southern News Services, 7 octobre1989.
Nous sommes à Palm Springs, Californie, en compagnie d’Andy, notre guide et narrateur, avec ses amis Claire et Dag. Nous ne sommes pas dans la Californie de carte postale, mais pas non plus avec des marginaux au bout du rouleau. Ils veulent vivre autrement mais ne savent pas bien pourquoi ni comment !
Chacun à son tour va raconter sa vie et expliquer pourquoi il s’est un jour retrouvé à Palm Springs.
Andy vient du Canada qu’il a quitté pour voir une éclipse solaire et il a poursuivi sa route pour atterrir en Californie quinze ans plus tard.
Dag explique qu’il a quitté son boulot avec fracas, et quelques pertes aussi sûrement.
Claire, elle, a quitté sa nombreuse famille, son père et ses nombreux divorces pour s’installer en tout bien tout honneur avec Andy.
Chacun des membres du trio doit inventer et raconter des histoires aux autres, histoires qui peuvent être absolument délirantes.
On voyagera ainsi dans l’espace sur un astéroïde nommé Texlahoma pour suivre une histoire d’amour entre trois sœurs et un astronaute.
Un roman plein d’humour sur une Amérique d’enfants de la Middle-Class américaine, semblant rejeter leurs parents mais ne rechignant pas, pour certains sur l’argent de ceux-ci.
Les trois principaux personnages ont pour noms :
Andrew Palmer (Andy) le narrateur,
Claire Baxter, la voisine et Dagmar (Dag) Bellinghausen.
On croise aussi un dénommé Edward livré à
sa solitude, Tobias, une jeune femme prénommée Elvissa, en réalité Catherine, personnages lunaires et anti-conformistes, plus ou moins diplômés vivant pour la plupart de petits boulots ! Cerise sur le gâteau, Tyler, le jeune frère d’Andy sinvite avec ses copains… Une des héroïnes des histoires inventées, Linda a vécu à Saint-Malo !
C’est inventif, plein d’étrangetés, à la fin de la première partie nous sommes le 31 décembre 1999 et à la fin de la troisième partie, pratiquement 200 pages plus loin, nous sommes le 1er janvier 2000 !
Une des autres originalités de ce roman, en plus de petites illustrations en noir et blanc est une foison de notes de bas de page, sortes de petits adages populaires, un peu déjantés, comme cet ouvrage.
Des
 exemples :
- brésilisation 
: creusement du fossé entre riches et pauvres et disparition concomitante des classes moyennes.
aspirant yuppies 
: sous-groupe de la génération X persuadé que le mythe du mode de vie yuppie est à la fois satisfaisant et viable. Souvent très endettés, ses membres font une consommation excessive d'une substance quelconque et ont une forte tendance à parler de l'Armageddon après trois verres.
syndrome de Dorian Gray 
: refus de laisser dignement son corps montrer les signes du vieillissement.
Un bon roman, plein de mélancolie mais aussi d’humour, qui part un peu dans tous les sens. Une découverte.
Extraits :
- Ce qui m'en a donné l'idée, c'est sa tête, grosse, disproportionnée, une tête à
présenter les prix sur le plateau d'un jeu télévisé. Cette tête est surmontée d'une chevelure noire elvisoïdale de poupée Mattel qui encadre son crâne à la manière de deux apostrophes inversées.
- Tels que nous les voyons, Irène et Phil n'ont jamais quitté les années cinquante. Il croit encore en un futur de carte postale.
- Tous mes amis sont soit mariés, donc ennuyeux et dépressifs, soit célibataires, donc ennuyeux et dépressifs, ou sinon ils ont quitté la ville pour fuir l'ennui et la dépression.
- Quand on appartient à la classe moyenne, on doit vivre avec la conscience que l'histoire nous méprisera.
- Le seul truc qu'elle mange ici c'est du millet assaisonné et de l'eau de pluie qu'ils font venir du Vermont dans un bidon en zinc.
Éditions : Au Diable Vauvert (2020)
Titre original : Generation X. Tales for an accelerate Culture. (1991).
Traduit de l’anglais par Charles Recoursé (nouvelle traduction).
* Histoire d’une culture en avance rapide.