CRU
CRU.
LUVAN.
Note : 3,5 / 5.
Cris dans la glace !
Autrice que je découvre avec ce recueil de nouvelles fantastiques. Femme ayant sa vie durant bourlingué, née à Melun et résidant à Bruxelles, enfance en Allemagne et en Afrique, puis jeunesse dans le Pacifique, en Chine, en Norvège et en Suède, avant de s'installer en Belgique.
Cela se retrouve dans ses nouvelles qui en plus de leurs côtés
étranges nous dépaysent géographiquement.
Titres des nouvelles :

Brise-glace. La femme verte. Le tunnel. Kiruna. Le pacte. Mange moi. Moroï. La courbe. Carmina. Reprise. Le rapt. Ce livre se termine par une postface signée par Léo Henry.
Certains textes ont
fait l’objet d’une publication antérieure.
Dans
 «  Brise-glace » comme le titre l’indique, nous sommes sur un bateau au nord de la Suède. Une femme entend des cris…
« Kiruna ». Un voyage en train, la Suède encore, une femme, Tove, vient de quitter l’Afrique et elle a rencontré Maria, une autre Suédoise… coïncidence ?
«  Mange moi ». Nous sommes de nouveau dans la neige, une infirmière se souvient, elle a dix ans, elle est surnommée d’une manière péjorative « La Lapone », elle refuse ce terme, c’est une « Sami ».
« Moroï ». Bienvenue chez les vampires, sur les bords de la rivière Olt, en Roumanie. Une équipe de chercheurs de différentes nationalités grimpe vers un château. Une rencontre, une vieille femme, « La Baba »...
« Le rapt » est la dernière et la plus longue, environ quatre-vingt pages de cet ouvrage.
Nous, simples
lecteurs, naviguons entre la Suède et la France, entre
Göteborg
 et Paris.
Beaucoup de personnages. Dans cette dernière histoire, Selma et sa sœur « La Princesse », Beth, belle femme rencontrée
dans un avion, une Japonaise Yurko, sorte de prostituée, un Tahitien dans les souterrains du métro, et la Seine comme arrière plan, la Seine magnifiquement décrite.
Une nouvelle très étrange, encore plus étrange que le reste du recueil !

Une autre femme dans l’enfer vert de la jungle, elle est souffrante mais de quoi ? Les traversées dans le tunnel sous la Manche peuvent être dangereuses ! Tilo dans la neige, au loin les loups, la marche est difficile, mais pourquoi cette sorte de fuite ? Et si les loups n’étaient pas le plus grand danger ?
Un soldat essayant d’écrire une pièce de théâtre « Carmina ». Une femme mordue par un chien dans un monde apocalyptique ou même la musique n’adoucit plus les mœurs.
Un des recueils des plus étranges que j’ai lu.
Chacun de ces textes représentaient pour moi une énigme, et je dois hélas reconnaître que je n’ai pas su toutes les résoudre.
J’ai donc un avis mitigé, peut-être pas lu au bon moment, dans des conditions qui n’étaient pas optimales.
Ce recueil se termine par une postface de Léo Henry
J’aime beaucoup la très belle couverture, déclinaison de gris bleu et de noir.
Extraits :
- L'homme au whisky se lève tandis qu'elle regarde avec effroi la mousse très mince qui fuit déjà de sa Guinness mal tirée.
- Je suis la cerise confite d'un grand dieu.
- Mais je n'ai jamais rien su lire dans leur traits.
- Je dors. Le ciel pend au-dessus comme un grand personnage gonflable. C'est la nuit, franche et pas sereine du tout. On m'a donné un barda qui ne m'appartient pas. Je n'aime pas ça.
- Après dix ans de guerre, on prend d'étranges habitudes. On se camoufle. Après dix ans de guerre, on se dissout dans son ombre.
- J'ai lu un article sur une Suédoise qui vient de mourir. Pas la Princesse, l'autre. Ils disent qu'elle vivait ici. Vous la connaissez sûrement.
Éditions : Dystopia Wokshop (2013).