Couverture Dominig Per

On ne bâtit jamais rien sur du sable.
Dominig PER.

Note : 5 / 5.

Des châteaux en Bretagne.
Quatrième ouvrage de Dominig Per chroniqué sur ce blog.
L’enfance, période de notre vie qui nous marque et qui reste dans nos mémoires avec le risque de travestir, consciemment ou inconsciemment la vérité. Dans ce recueil de récits, l’auteur, avec plein d’émotions et parfois de mélancolie, nous raconte son enfance en Bretagne.
Des années de jeunesse en plusieurs récits dont voici les titres, chacun étant accompagné d’une illustration photo :
L'enfant que j'étais. Mes petits chaussons rouges. Le savon de Marseille. La bouteille de SIC à l'orange. De la main gauche. Chez Tante Jeanne. Le dessin de mon père. Le plus beau jour de ma vie. La mort. La belle en moi dormant. La mélancolie. Le Père Noël. L'aventure. Les départs et L'enfant que je n'ai pas eu.
Les sentiments que l’on connaît durant son enfance sont divers, ensuite aussi d’ailleurs, mais cette période de la vie est primordiale pour beaucoup d’entre nous.
L’auteur se présente dans « L’enfant que j’étais » accompagné d’un portrait, un visage avec quelques tâches de rousseur aux yeux rieurs !
Parfois hélas, on connaît la honte, provoquée
par les autres enfants ou par un adulte un peu cruel. Arriver à l’école en chaussons rouges et provoquer l’hilarité des autres, ou alors casser sa bouteille de soda à la piscine et subir une punition absolument disproportionnée !
Il y a aussi des moments de grand bonheur, inattendus comme dans « Le plus beau jour de ma vie », des moments de désillusion, comme apprendre à brûle pourpoint que le père Noël n’existe pas !
« L’aventure », c’est la première promenade en solitaire dans le centre-ville, découverte en cascade, la mer, les horizons lointains, les bateaux, l’Angleterre au loin. Immense bonheur des enfants du bord de mer… l’imagination...plus loin… encore plus loin !
Hélas, la vie reprend ses droits dans « Les départs ». La famille après un retour au pays natal retourne vers Paris et le travail. Tristesse !
La mort aussi, chose qu’un enfant découvre toujours trop tôt, le décès d’une grand- mère ou ici d’un grand-père… une partie de notre héritage culturel disparaît avec nos ancêtres.
Un dernier texte plein de mélancolie « L’enfant que je n’ai pas eu » clôt
cette série de très beaux récits.
J’allais, faute impardonnable, oublier l’amour et ce très beau chapitre « La belle en moi dormant ».

Dans ce genre de littérature, les personnages sont nombreux et très souvent centrés sur la famille, le père et la mère, les grands-parents, les oncles et les tantes, Jeanne en particulier, ou alors les autres « Les parisiens ». Ce qualificatif c’est pour les membres de la famille, les autres ont droit à l’appellation beaucoup plus péjorative de « Parigots » même s’ils sont Bretons !
Une très belle écriture, pleine de pudeur. Je pense que nous, la diaspora bretonne ou pas, avons beaucoup de souvenirs en commun, les grands-parent de l’auteur par exemple habitaient dans la cour de « Ty Coz », venelle au Beurre, ma grand-mère habitait au fond de la cour de « Ty Coz » , rue de Kernoa à Paimpol.
Extraits :
- Les souvenirs sont les étais qui soutiennent nos existences, les jalonnent.

- Mon enfance rôde en moi comme une ombre, comme pour me rappeler sans cesse à ton souvenir, toi le petit garçon que je fus.
- Se venger ? C'est se mettre au même niveau que son bourreau. Lui pardonner, c'est se situer bien au-dessus.
- Pour moi, c'était comme un voyage à travers le temps, vers une époque lointaine, un passé aux couleurs pastels, comme sur les cartes postales colorisées des années 1900.
- Et c’est dans ce décor, qui me convient si bien, que je persiste à exister. Je n'y vieillis pas, je m'y éternise !
- Il n'est jamais trop tôt pour goûter et savourer la liberté, ni pour la défendre.
- À la même époque, je regimbais contre les histoires qu’on voulait, avec une certaine duplicité, nous faire avaler au catéchisme et qui nous enfumait l'esprit. Et si tout cela était faux ?
- Chaque année au mois d'août, le train de Paris nous apportait oncles, tantes et cousins.
- À l'ordre du jour, j'ai toujours préféré le désordre de la nuit.
- C'est ainsi. On ne renverse pas le sablier du temps.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Être ou ne plus être.
Autres choses.
Un arc en ciel sur la joue.