Liste noire

Liste noire.
Timothy DOWNEY.

Note : 4 / 5.
Au suivant ! 
Auteur que je découvre avec ce roman relativement ancien ; en effet la traduction remonte déjà à l’année 1987 ! 
Plongeons dans la diaspora irlandaise de New-York dans les pas du journaliste Pete Killharney.
Il est dans son bistrot irlandais favori, se remet péniblement de sa dernière cuite, quand un coup de téléphone lui annonce l’assassinat dans des circonstances très pénibles de Lorenzo Lopicollo ! Le plus ancien membre de la fameuse « Liste Noire », chronique annuelle des personnes les plus corrompues de la ville, œuvre de Pete ! Chronique qu’il décline dans le journal « L’Apple »sous le titre de « Le bar de Killharney »dont les personnages sont fortement inspirés de ses stations prolongées dans ce dit-bar irlandais où il noie sa peine. Son épouse demande le divorce et sa fille passe parfois le voir. 
Il ne sait pas encore que sa liste noire va se transformer en une sorte d’avis de décès, avec des morts de plus en plus atroces.
En plus l’avocat d’un des noms de la liste lui réclame 5 millions de dollars car il met sa vie en danger. Une des victimes est découverte sodomisée… avec une bouteille de Jameson, célèbre marque de whiskey irlandais, comble de mauvais goût !
Pete commence à penser qu’il pourrait être une des prochaines victimes du tueur, qui semble être très au courant de beaucoup de choses le concernant, en particulier certaines citations bibliques !
Pete va voir McCann, un des patrons des clubs irlandais, une vieille affaire de famille fait qu’ils sont brouillés depuis des dizaines d’années. McCann lui annonce qu’ils l’ont « débarrassé » d’un possible tueur ayant un contrat sur sa tête ? Réalité ou esbroufe ?
Un des parrains de la mafia italienne lui dit qu’elle n’est pour rien dans les menaces qui pèsent sur sa tête ! Alors qui ?
Et la liste des faire-part s’allonge, s’allonge…
Pete Killharney est un journaliste un peu buveur mais efficace, très lu et apprécié… sa tête est mise à prix… mais par qui ? C’est vrai que, au fur et à mesure des décès, la liste des coupables potentiels diminue ! Mais la menace est toujours présente. Un anti-héros en avance sur son temps, alcool, divorce, beaucoup d’amour pour ses proches mais le montrant très mal !
Sheila McGrath est une de ses collègues un peu plus au cours de l’enquête. 
Un flic intègre Dombowski, un autre, moins sympathique que lui avec un nom qui fleure bon la littérature française Flaubert.
Melissa Sanchez, présentatrice à la télévision prête à tous les sacrifices, (en particulier de son corps, ce qui vaut au lecteur quelques lignes particulièrement croustillantes) pour obtenir des informations.
Ethel Rosenbloom dite Ethel le rouge, vieille militante trotskyste, Seamus O’Brien, le barman irlandais au grand cœur, sorte de confident de Pete passent dans ces nombreuses pages.
À cette déjà longue liste de personnages nous pouvons en ajouter certains même s’ils ne resteront qu’un court moment en notre compagnie, par exemple :
Nom Cause Arme Symbolisme.
Lopiccolo Étranglé Corde à piano Castré.
Murry Tué par balle 44 Sodomisé.
Bengelsdorf Étouffé Dollars Bourré d’argent.
Sendenson Pendu Nœud coulant Aux ordures.
Et ils ne seront pas les seuls !
Un bon roman parlant d’une corruption quasi généralisée de la ville de New-York, Pete fait office de chevalier blanc, « Monsieur Propre » journalistique qui fait bouger les choses au péril de sa vie.
Dommage que parfois ce livre devienne un peu touffu et se perde dans des fausses pistes qui, à mon goût, ne servent pas l’intérêt de l’histoire proprement dite.
Un final soufflant et une fin époustouflante redonne de la vigueur avec un final original.
Malgré ces petits défauts, une découverte, avec beaucoup de travail pour les pompes funèbre de la ville !
Je pense que ce roman pourrait faire un très bon film.
Extraits :
- Déconnez pas. Je ne veux pas que les gens s'imaginent que le crime est un moyen de couper au paiement du loyer. Si une mode comme ça est lancée, on ajoutera tous dans un bain de sang.
- C'était la Saint-Patrick à New York, une journée glaciale, trempée et monstrueusement minable. Le défilé était le fiasco exubérant habituel. Dix milles irlandais trop bêtes pour se mettre à l'abri de la pluie et un million d'autres qui les regardaient.
- Ma parole, tu es un joli rayon de soleil d'Irlande qui vient illuminer la journée d'un vieil homme.
- New York était en proie à une froidure de fin mars qui faisait douter du printemps officiel.
- Au moins, de douteuse, sa liste noire était devenue fameuse. Il ne savait pas si c'était une amélioration. Probablement pas.
- L'ivresse commençait à dériver vers la gueule de bois, transformant son insomnie en purgatoire ambulant.
- La bande de l'Arsenal était une des dernières d'une longue lignée sans gloire des gangs de jeunes Irlandais de la Cuisine de l'Enfer.
- Le mec est un sale con mais il n'était pas célèbre.
- Mais il savait que cela ne faisait que commencer. Des hommes étaient morts à cause de ces mots creux. Le châtiment suivait. Le reste de sa vie, il le savait, se passerait à porter un fardeau de sang dont le poids, à peine assumé, lui paraissait intolérable.
Éditions : Gallimard/ Série Noire (1988).
Titre original : A Splendid Executioner. (1987).
Traduit de l’américain par M. Watkins.