Turbulence 3

Turbulences.
Éva DELAMBRE.

Note : 4 / 5.
Ronde des plaisirs.
Premier ouvrage que je lis de cette romancière spécialiste du genre qui n'en est pas à son coup d'essai littéraire. Plusieurs de ces ouvrages sont parus aux éditions « Tabou ».
Après une préface d'un mystérieux Maître TESAMO , qui nous apprend (entre autres) que la BDSM (Initiales de Bondage et Discipline, Domination et Soumission, Sadisme et Masochisme ) a ses règles, nous entrons directement dans le vif du sujet. Et le vif est vraiment vif !
Nous faisons l'une après l'autre la connaissance des principales protagonistes féminines de ces récits. Lucy, Anaïs, Esther et Zoé.
La première femme qui participera à cette ronde de personnages est Lucy. Et le moins que l'on puisse dire c'est que les préliminaires sont plutôt corsés. Mais elle a accepté les termes du contrat. Dans son intégralité.
Lucy est soumise, mais à son corps consentant. Elle a eu le temps de donner son accord et de remplir un questionnaire très détaillé de ce qu'elle accepte de subir ou ne pas subir. On lui demande aussi combien d'hommes elle accepte...
Anaïs, elle, est prête à bien des sévices ou soumissions, à l’aide d’une Webcam pour satisfaire le maître, mais ses efforts restent sans réponse et ses satisfactions personnelles sont proche du néant. Elle semble avoir une vision un peu édulcorée de la vraie soumission. Alors, il est urgent de commencer son éducation par certains travaux pratiques pour lui faire perdre ses inhibitions.
Esther, elle, souffre le martyr, elle est belle, prête à beaucoup de sacrifices pour le Maître. Pour lui plaire, à sept heures du matin, elle va faire du jogging parc du Luxembourg. Elle a été élevée dans le luxe et la richesse, elle a eu son heure de gloire à travailler dans la mode, mais la beauté s'étiole, et coucher ne suffit plus.
Zoé aime la littérature, son livre du moment lui a été conseillé par Anaïs. Elle n'aime pas ce livre mais il la trouble, alors elle entreprend des recherches sur Internet et découvre une réalité qui la dépasse. Alors pourquoi ne pas essayer ? Pour sortir de la monotonie de sa vie habituelle. Mais c'est elle qui dominerait.
Raphaël est le Seigneur et Maître, qui mène ces jeux de soumission.
Les femmes, elles, aimeraient être la seule ou au moins la soumise attitrée ; alors elles usent de leurs charmes et de tous les moyens dont elles disposent, avec beaucoup d'applications et aussi d'imaginations.
D'autres hommes passent, dominateurs ou dominés, les maris aussi. Ils sont en général des personnages secondaires.
L'écriture est très belle, le vocabulaire riche, jamais plus vulgaire que nécessaire, n'hésitant pas à appeler une chatte une chatte et une bite une bite.
Certaines descriptions mettent mal à l'aise, mais nous sommes entre adultes consentants, donc ne nous voilons pas la face et acceptons que certaines personnes aient une sexualité différente de la nôtre .
Extraits :
- Elle y était. Pour de vrai. Nue et enchaînée par des inconnus dans un lieu sans doute reculé.
- Si elle voulait jouer dans la cour des grands, alors il  jouerait avec elle, mais avec ses règles. À des jeux de grandes, avait-il dit.
- Alors elle prendrait un comprimé, comme presque toutes les nuits. Lorsqu'elle n'était pas avec lui. Elle n'avait pas d'autres solutions pour parvenir à s'abandonner au sommeil.
- Des actes crus, des scènes violentes, des accessoires improbables. Des images défilaient devant ses yeux. Des hommes, des femmes, des transsexuels, des bis, des gays, des gros, des beaux. Il y en avait pour tous les goûts.
- Le maître la voulait docile et servile, profondément soumise au fond des tripes, et pas juste pour jouer. Il savait que ce n'était pas une bonne idée de tout mélanger. Il aurait dû rester dans une relation « vanille » avec Esther et continuer à vivre le reste sans qu'elle sache.
- Son corps offert qu'on malmenait et qu'on baisait à outrance, les gifles et les crachats, les insultes, les gestes humiliants, les positions dégradantes. Pourtant, elle avait tout aimé, elle était prête à signer tout de suite pour une autre nuit comme cela.
- Elle était pleinement soumise, capable de tout supporter, bonne à baiser, très obéissante. Elle savait contenter ses hôtes, offrant ses orifices et son abnégation sans limite.
- Face au mur, agenouillé et les mains sur la tête, il était puni, humilié et mis au coin. Pourrait-il simplement débander rapidement ?
- Parce que son mari méritait autre chose que de voir et de savoir sa femme jouir sous les ordres et coups de reins d'autres que lui. Parce que la vraie vie était ailleurs, chez elle. Auprès de ses enfants.
Éditions : Tabou (2019).