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Sombres dérives.

Caroline Le RHUN.

Note : 4, 5 / 5.
Recherches maritimes.
Romancière dont c’est le premier livre, qui réside à Penmarc'h, (ville que j'ai beaucoup fréquenté pour le festival du roman policier), découverte par Jean Failler et les éditions du Palémon.
Richard Brennan est Irlandais, il navigue sur le « Glo na Mara » à la recherche de sa fille Mary. Eric, le compagnon de celle-ci, a été retrouvé mort sur leur bateau, mais Mary a disparu. Les seuls renseignements qu'il possède sont le nom du navire « Lady Liberty », que c'est un voilier à deux mats, et que l'équipage est néerlandais. La mer est grande et il est seul.
Ronan et sa compagne Julia Azevedo sont des Robins des Bois maritimes. Ils simulent une panne de moteur, volent les bateaux venus à leurs secours, mais laissent aux victimes de quoi regagner la côte dans de bonnes conditions. Ils traversent l'Atlantique et revendent leurs prises. Et recommencent jusqu'au jour où ils sont pris à leurs propres traquenards, et piégés par Richard, qui leur demande de l'aide pour retrouver un bateau à voiles, ayant deux mâts.
Rapidement les deux hommes s'apprécient et la traque peut commencer.
Ronan contacte les bateaux de pêche du Guilvinec et des autres ports bretons. Une course de vitesse entre les deux bateaux débute, à Brest où hélas ils arrivent trop tard. Puis ils redescendent vers le sud, longent la côte espagnole, semblent avoir trouver leur proie, mais non. Alors il faut reprendre la mer, encore et toujours... et enfin trouver ce qu'ils cherchaient, le voilier qui a changé de nom, devenu le Kraken, battant pavillon suédois, et reprendre la filature. Entrer en Méditerranée, deux rencontres féminines, une femme très riche donnant des fêtes fastueuses, l'autre une vieille femme qui lit dans le sable, dont les paroles vont déstabiliser Richard et raviver des souvenirs chez Ronan. Ils connaîtront une garde à vue en Turquie pour ne pas avoir respecter une coutume locale, et perdront de vue le Kraken, le retrouveront pour s’apercevoir, qu’à la ligne de flottaison il est beaucoup plus lourd qu'avant !
Pourquoi ?
Deux hommes, deux marins, Richard Brennan et Ronan Kerloch, l’un est
Irlandais, l’autre Bigouden. Deux forts caractères qui décident d’unir leurs efforts pour retrouver la fille de l’un d’eux.
Chacun porte en lui un secret qu'ils tentent de cacher au plus profond d'eux mêmes. Deux hommes rudes mais sympathiques.
Un texte qui sent bon l’iode et les embruns et qui nous fait naviguer à la recherche d’un bateau dont l’équipage est responsable de la mort d’un homme et de la disparition d’une femme.
Une écriture agréable et un bon suspense.
Un premier roman très réussi.
Il est très sympatique de retrouver des lieux connus comme le bar « Chez Cathy » et les rochers de Saint Guénolé, Penmarc'h ou le phare d'Eckmühl.
Extraits :
- Sitôt la conversation terminée, Marc transmit l'information à sa liste de contacts. Une petite centaine de navires de pêche, emmanchée en Atlantique, allait recevoir le signalement.
- Quitter ce monde solide et renouer avec cet univers particulier où les terriens ne sont que tolérés, sous réserve d'y pénétrer avec humilité et d'en respecter les règles et les lois.
- Craindre la puissance de l'océan et rester humble. C'était la leçon qu'il en avait tiré.
- En regardant les photos, Ronan envia le public qui avait assisté au concert de Denez Prigent avec l'Orchestre symphonique de Bretagne.
- Leur look était assorti à leur bateau, une sorte d'uniforme, comme ceux des équipages des voiliers classiques qui régataient à Saint-Tropez ou dans le Solent de Portsmouth, pensa Richard. Mais ils ne régataient certainement pas.
- Elle avait l'impression d'être une artiste, voilà ce qui lui plaisait dans son métier.
- Pas un bateau de pêche, uniquement des engins de loisirs. Les métiers traditionnels des habitants d'origine avaient été balayés par l'industrie du tourisme.
Glor na Mara… ça sonne bien. Chez moi on appelle ça Kan ar Mor. Le chant de la mer qu'on entend au loin, sans la voir.
Éditions : Palémon Éditions (2020).