Tout sur le paletot
Tout sur le paletot !
Carter BROWN.

Note : 4 / 5.
Sortez couvert !
Après une période de lecture que j'appellerais « sérieuse », j'aime bien m'accorder quelques récréations littéraires. Suivant l'humeur et les disponibilités en magasin, enfin dans ma bibliothèque, je choisis un San-Antonio, ou encore pire un Carter Brown. Et hélas pour vous, et aussi pour moi, j'ai choisi le second, alors il ne me reste plus qu'à assumer mon choix. Un coup de chance c'est un bon Carter Brown !
Je n'ai pas souvenance d'avoir précédemment lu une aventure de Danny Boyd ? Mais je peux me tromper ! 
Quand au petit matin, après une nuit de fête chez vous où l'alcool a coulé à flot et qu'un catcheur vous a dérangé durant un tête à tête sulfureux avec son épouse, vous vous réveillez avec :
1°) Un gueule de bois pharamineuse, c'est normal.
2°) Un appartement dévasté, c'est moins normal.
3°) Une paire de jambes féminines (heureusement avec le corps qui suit) coincée entre le mur et le canapé, c'est plus rare.
4°) Cette charmante (car elle est charmante, sinon elle ne serait pas dans un roman de Carter Brown) jeune fille vous dit qu'elle s'est trompée d'étage et que vous l'avez saoulée ! Ce n'est pas à votre honneur, mais c'est possible.
5°) Vous l'accompagnez, un peu vaseux chez son oncle à l'étage du dessus et là... vous le découvrez égorgé dans sa baignoire. Là vous pouvez (et c'est même conseillé) dessaouler vite fait ! 
Mais c'est après que les ennuis commencent !
Car cette ravissante (pour ne pas toujours employer le mot charmante) jouvencelle n'a pas des parents très fréquentables, c'est le moins que l'on puisse dire. Car son père expulsé des USA se meure en Italie, mais il pourrait parler avant, ce qui serait fort préjudiciable pour certains... et non des moindres.
Donc résumons, Danny Boyd n'a guère le choix, car contre espèces sonnantes et trébuchantes, il doit s'enfuir avec la belle, la cacher, la protéger, bref qu'elle reste en vie le temps que papa passe l'arme à gauche, car c'est bien connu les morts sont muets comme des tombes.
Alors, en route pour l'aventure, non pas avec une, Lucia dont nous avons fait la connaissance en début d'ouvrage, mais deux ( Roberta) compagnes de voyage !
On se doute que la suite de ce voyage ne sera pas de tout repos pour notre pauvre héros.
Danny Boyd est un des détectives privés, héros malheureux et récurrents de Carter Brown. 
Tous les romans du-dit Carter Brown, et il y en a plus de 200 se ressemblent, un héros que est en réalité un punching-ball sur pattes parfois. Toujours une multitudes de belles filles court vêtues et se déshabillant plus vite que leur ombres. 
C'est toujours pareil mais c'est plein d'humour et cela me fait rire.
Carter Brown est l’archétype d'une littérature légère et facile, symbole d'une époque. Celle lointaine où j'étais jeune !
Mais point trop n'en faut car avec le recul, c'est malgré tout très facile.
Extraits :
- Instinctivement, je tourne un peu la tête pour lui présenter mon profil gauche, qui est un soupçon plus réussi que le droit.
- J'en arrive à la triste conclusion qu'il me reste quand même un moyen de m'en sortir : je peux toujours me suicider.
- Doté de cet accoutrement, je me sens vraiment dans la peau du joyeux petit vacancier ; je me comporte donc en joyeux petit vacancier et je mets le cap sur les shakers à martinis.
- Le tenant en question est vêtue d'un bikini blanc dont la partie supérieure ne dissimule qu'un tiers environ du somptueux jaillissement d'une poitrine épanouie.
-Au-dessous de la taille, elle est élégamment vêtue d'une jupe de lin bleu, de bas nylon et des chaussures du bon faiseur. Au-dessus, elle ne porte qu'un soutien-gorge blanc qui a bien du mal à contenir les capiteuses rondeurs de sa poitrine.
Éditions : Gallimard (1967).
Titre original : The Black Lace Hangover (1966)
Traduit de l'anglais par Noël Chassériau.