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Remugles.
Benjamin DESMARES.

Note : 4,5 / 5.
En eaux troubles...
Auteur que je découvre avec ce roman se déroulant dans une bourgade bretonne située en Ille et Vilaine.
En préambule une offre d’emploi, Poucié recrute immédiatement un agent de police municipale.
Ce roman commence un jeudi .
Un homme Antoine Van Zandt se réveille en pyjama dans l’herbe mouillée d’une nuit de novembre ! En passant devant la station d’épuration, il voit le cadavre d’une femme aux longs cheveux roux . Paniqué, il rentre chez lui.
Le poste d’agent de police municipale a été pourvu, c’est un dénommé Nicolas Beaucel qui œuvre désormais dans le bourg. Il a un sérieux handicap, sa petite taille qui lui vaut pas mal de quolibets. En particulier de la part de deux jeunes, Victor Noblet et Léo Jaouen désœuvrés, comme tout adolescent.
Le samedi Nicolas, qui s’ennuie ferme dans ce morne village, est dérangé par un coup de téléphone d’Hervé, un employé municipal. Il y a un problème dans un des bassins de la station d’épuration. Nicolas remonte du fin fond de l’eau une masse informe… pas le cadavre d’une femme, mais celui d’un chien !
Antoine a le bourdon. Sa femme l’a quitté ! Ses crises de somnambulisme s’aggravent et il se réveille, son T-shirt imprégné de sang.
Victor lui est amoureux de Chloé, la sœur de Léo, son meilleur copain. Il culpabilise un peu, mais il a rencard avec elle… préservatifs en poche. Mais ce premier rendez-vous a tourné à la catastrophe ! Samedi maudit !
Les jours suivants ne seront guère mieux… la quiétude du village va en prendre un coup. En effet Léo disparaît, son corps sans vie sera découvert un peu plus tard.
Nicolas qui est amoureux d’une belle brune qui dépose son enfant à l’école, ne trouve rien de mieux que de la verbaliser pour faire sa connaissance, pas des plus romantiques. Après Léo, c’est Hervé qui disparaît à son tour… une épidémie ? Lui réapparaît, pas bien vaillant, blessé car agressé , mais vivant.
J’aime beaucoup le personnage central de ce roman, ce petit policier municipal, risée du village, amoureux transi, mais très attachant.
Un très bon roman, un suspense qui tient la route, des retours en arrière pour expliquer certains comportements des principaux protagonistes, vivant dans l’apparente sérénité ce petit bourg breton, qui cache bien des secrets derrière les fenêtres fermées !
Extraits :
- C'est alors qu'il vit la tête émerger de la surface de l'eau. De longs cheveux roux collés à la surface d'un crâne, et qui cachaient toute trace de peau.
- Il se sentait ridicule. Et petit. Tellement petit. Un gosse rentrant au collège en bermuda.
- Victor était déjà passé par là pas mal de fois auparavant. Parce que Poucié était à peine plus grand qu'un plateau de Monopoly.
- Et soudain, il sut enfin comment la décrire : elle ressemblait à un mélange de Sainte Vierge et de Betty Page. Il n'avait jamais rien vu de pareil.
- Beaucel sortit du cimetière et fit deux pas en direction du père de Léo, les bras ouverts, conciliant comme un Christ face à ses détracteurs.
- Les boutiques étaient fermées, la place déserte et un peu sinistre. En été, cet endroit était paradisiaque, les touristes qui passaient par là enviaient les habitants de la ruelle.
- La femme sourit de ses dents impeccables. Ses vêtements, à dominance beige, la boudinaient et pourtant elle paraissait sèche. Comme un sachet de soupe.
- Cette garce de Cabresse avait raison. Il était passé de l'autre côté sans s'en apercevoir.
Éditions : Tri Nox (2019)