Je vous inonderais

Je vous inonderai de lettres*.
Correspondance générale.
Tome 1. 1834-1846.
Henry David THOREAU .
Note : 4 / 5.
Je vous écris….
Henry David Thoreau fut en son temps un écrivain prolifique.
En dehors de ses deux chefs d’œuvre (les plus connus) que sont Walden ou La désobéissance civile, sa bibliographie est pléthorique.
Mon exemplaire de « La désobéissance civile » date de mil neuf cent soixante huit, je l'ai relu il y a peu. Quelques années après j'ai lu  « Walden ou la vie dans les bois » que je me suis promis de relire depuis très longtemps.
Son journal par exemple a été édité en quatre volumes chez « Finitude » qui sont bien rangés dans ma bibliothèque. Trois volumes sont prévus à « La Part Commune » pour sa correspondance ; ici, il s’agit du premier tome qui couvre les années de 1834 à 1846.
Il est à noter que d'après l'état civil il se nomme David Henry Thoreau !
Cet ouvrage comprend, en plus de 146 lettres écrites ou reçues, une préface (très instructive) et une note sur l’édition en début d’ouvrage. Il se clôture par de nombreuses pages (plus de 100) de notes absolument indispensables, un index de noms et une chronologies des lettres.
Si certaines lettres sont d'une haute tenue littéraire, certaines par contre ont un côté très matériel :
-Monsieur.
Les occupants du numéro trente-deux à Hollis Hall aimeraient que cette chambre soit peinte et chaulée, et si possible aussi qu'on y installe une nouvelle cheminée. Respectueusement vôtre. Thoreau &
Richardson.
Pour moi il est très difficile de parler d'un livre concernant des correspondances, car ce n'est en général pas une lecture très facile.
Les personnages de ce livre sont les multiples correspondants de Thoreau, sa famille, sa mère Cynthia Dunbar, son père John Thoreau Sr, son frère John Thoreau Jr (mort très jeune), ses sœurs Sophia et Helen. On trouve également une très importante correspondance avec Ralph Waldo Emerson, chef de file du mouvement transcendantaliste américain au début du XIXe siècle, avec qui il entretenait des relations très étroites. On trouve aussi des correspondances avec des anonymes. On trouve un dénommé John White Webster, diplômé de Harvard, professeur qui fut pendu pour le meurtre d'un médecin à qui il devait de l'argent !
Certains des correspondants de Thoreau sont des anonymes qui n'ont pas tous laissé une trace dans l'histoire des États-Unis, ni dans le monde littéraire.
Une lecture passionnante mais très ardue, car elle nécessite des
incessants aller et retour entre la lecture du courrier et des notes qui permettent de mieux situer les destinataires des dits-courriers.
Extraits :
Henry David Thoreau à Ralph Waldo Emerson.
-Cher Ami,
Je suis allé voir Henry James et je l'ai beaucoup apprécié. Ce fut un immense plaisir de le rencontrer. On a l'impression que l'humanité est plus droite et plus respectable. Je n'ai jamais été plus gentiment et plus loyalement catéchisé cela m'a incité à me respecter et à me juger digne de ces sages questionnements.
Henry David Thoreau à Ralph Waldo Emerson.
- Cher Ami,
Je crains de n'avoir peu de choses à vous dire qui soient à la hauteur des circonstances. De New York je sais encore peu de choses, bien qu'à n'en pas douter, il y en ait plusieurs dans cette multitude qui mériterait que je prenne le temps de m'y intéresser.
Henry David Thoreau à Lidian Jackson Emerson.
-Ma Chère Amie.
Je vous ai promis quelques pensées il y a bien longtemps mais difficile de dire si celles-ci en sont bien. Je suppose que les grandes questions du Destin, de la Volonté Libre, de la Prescience absolue, dont on débattait à Concord n'ont pas encore été tranchées.
Éditions : La part commune (2018)
Édition établie, préfacée et annotée par Thierry Gillyboeuf.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Un Yankee au Canada.
La désobéissance civile.