breves114
Brèves (Volume 114)/ Instantanés.
Collectif.

Note : 4 /5.
L'instant où tout bascule.
« Instantanés », brefs moments où une de vos décisions, ou celle d'un autre, va faire basculer votre vie et peut-être celle d'autres personnes.
Des nouvelles pour la plupart inédites. Liste des auteurs :
Sophie Allainguillaume ; Nathalie Barsacq ; Nicole Buresi ;Viviane Camponar ; Laurence Chauvy ;Marlène Deschamps ; Alain Imoléon ; Jean-Pierre Longre ; Anna-Livia Marchionni ; Antoine Mocquet ; Elisabeth Pacchiano ; Carole Paplorey ; Suzanne Prat ; Bernard Ruault ; Laura Schmiz et Valnet.c .
L'invitée est Colette Le Gallou, gravures et taille-douce.
Relire Albert Vidal par Éric Dussert et sa nouvelle « Tableautins ».
L'actualité de la nouvelle sont que les excellentes rubriques de cette revue sont uniquement consacrées aux nouvelles littéraires paraissant tous les six mois. 
« Le dernier arbre » semble dire : s'il n'en reste qu'un je serai celui-là. Il se souvient qu’il n'y a pas longtemps, entouré des siens, la forêt s'étendait, dense et touffue. Et maintenant il est seul, et soudain les hommes s'arrêtent… un très beau texte.
« Disparition ». L'angoisse d'une mère, lorsque sa petite fille a disparu. Non elle n'a pas pris le train, elle est juste partie, avec son épuisette pêcher les étoiles.
« Les deux fins ». Une fin heureuse, une fin malheureuse. Parfois ce qui semble une fin malheureuse peut se transformer en fin heureuse.
« La laverie infernale ». Une nouvelle jubilatoire, le travail nuit très souvent au bonheur ! Ce texte vous le prouve.
« Ligne de fuite ». On dit que les voyages forment la jeunesse alors voyageons, avant que l'on ne laisse notre jeunesse derrière nous.
« Ombres dorées ». Texte à multiples facettes, nommé par l'auteur « Polaroïds littéraires » Paris. Quelques lignes pour des scénettes de tous les jours, à Paris ou ailleurs, dans le 93 ou en Pologne. Puis au Cambodge ou ailleurs. Série de courts textes pleins de poésie que j'ai beaucoup aimé.
« Tableautins » d'Albert Vidal. De courts textes traitant de sujets aussi divers, que le lézard, les arbres de novembre, la vache ou la convertie, un très beau texte sur les problèmes de religion.
Une amitié entre deux migrants, un continent et de nombreuses années les séparent . Une femme qui en remplace une autre, est-ce bien normal ? Un vieil homme qui ne demande rien à personne, et alors , c'est sa vie ! Un poète qui cherche l'inspiration, mais parfois il faut quitter la campagne pour monter à Paris. Où il réussira ?
Comme à l'accoutumée dans ce genre de recueils, de bons et de moins bons textes, mais une lecture agréable.
Extraits :
- Imaginez ce qui se passe derrière une fenêtre seule éclairée dans la nuit ». C'était un sujet de rédaction, en quatrième.
- « Aujourd'hui, on est bien. Ce n'est pas tous les jours, on peut être bien ; pas à ce point. »
- Sur le visage nu, elle pose la première couleur. Le rose pâle épouse la pommette, y dépose sa tendresse de pétale déchue.
- C'était trop beau. Ça ne pouvait pas durer, mon paradis parfumé.
- Pour se rendre d'un point à un autre de la pièce, il fallait d'être mince, s'insinuer avec agilité et lenteur. Cela ne le dérangeait pas, il se déplaçait peu.
- Le laveur de vitres est un poète. Le poète est partout où il tue l'habitude et nous fait prendre conscience de la beauté de ce qui nous entoure.
- Chaque ride est une œuvre d'art.
- À vélo, on roule sur ses routes tantôt lisses, brillantes encore de leur nouveauté, tantôt sablonneuses rappelant cette Pologne d'antan.
- Cette nébuleuse hyperactive s'agite sur les pavés brûlants du quai de Marseille. Une houle qui entraîne avec elle des sandales en plastique, des shorts multicolores et des cônes glacés. Dans cet océan humain, navigue un vendeur de chouchous.
- Ne soupçonnant même pas que son nom est une insulte, à ses moments perdus, comme une bourgeoise prend son tricot, elle se met à ruminer.
Éditions : Brèves/ Atelier du Gué. (2019).
Autres numéros chroniqués sur ce blog :
Brèves 111.
Brèves 112. 
Brèves 113.