La mer toujours

La mer toujours *.
Collectif.

Note : 4, 5 / 5.
Ce très beau livre est composé d’écrits et d’œuvres diverses des membres du Collège des Lettres de l'Académie des Arts & Sciences de la mer.
Il commence par une très belle citation d'Aristote :
- Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts et ceux qui vont sur la mer.
Puis quelques vers du « Cimetière marin de Cette** 1920 ».
Une présentation de l’association puis le mot du président et une introduction du Président Luc Corlouër.
Les écrivains, par ordre alphabétique :
Luc Corlouër ; Alain Foulonneau ; Guy Le Moing ;Pierre Livory ; Dimitri Michalopoulos ; Yolande Oria et Jean-François Zapata.
« Terre et mer » commence par ces mots :
- On rêve tous de la mer », mais le paradoxe est que sur les derniers vaisseaux de croisière construits, les concepteurs semblent tout faire pour que les passagers oublient qu'ils sont en mer ! 
« Les graviers de l'île aux chiens » est un texte extrait du roman « Le bosco de Kerpalud »de Luc Coulouër, Prix Écume de Mer 2016. 
J'ai le souvenir de ces lignes :
"Voulez vous savoir jusqu’où peut descendre l’exploitation de la pauvre bête humaine ? Tachez de venir ici quand un jour débarqueront les graviers de Saint-Pierre".
Charles le Goffic. 
De nombreux croquis illustrent le texte « Débris d'un monde d'antan » qui nous parle de l'histoire de la marine, histoire très ancienne.
« La Robinson de l'île des Démons ». Nous sommes en 1542. Une femme Marguerite de Laroque tombe amoureux d'un beau jeune homme, et voilà tout ce beau monde parti vers le Canada. Amoureux caché, car son tuteur, le sieur de Roberval, n approuverait vraiment pas cette idée. Après la découverte de cette liaison, les amants sont abandonnés sur une île, la bien nommée « des Démons » dans l'estuaire du Saint-Laurent. Marguerite y restera des années. De très beaux poèmes de Yolande Oria dont « Mes voyages à quai » certains illustrés par l'auteur elle-même...
D'autres poèmes, de Jean-François Zapata, en particulier « Mes deux amis » que j'apprécie.
De nombreuses photos, des reproductions de tableaux, ou d'outils (pour les paludiers) des croquis et plans de bateaux anciens, bref beaucoup d'illustrations. J'ai beaucoup aimé deux tableaux, l'un plein de couleurs :
La montagne magicienne tendre de Caroline Degroiselle, ou en plus sombre, Marée basse de Gaby Bourlier.

Vers la fin de l'ouvrage, l'Académie rend un hommage à la SNSM, avec un paragraphe intitulé « la tradition se perpétue… les drames aussi ! »
Cet ouvrage se termine par un beau poème de Luc Corlouër écrit en hommage à Marc Guillemot, pour son sauvetage de Yann Eliès le 18 décembre 2008 durant le Vendée Globe.

Extraits :
- Qui a commencé le premier ? Est-ce la terre qui s'est immiscée dans la mer ? Ou le contraire la mer qui a pénétré la terre ?

- La pluie suintant dans les lourds vêtements de toile s'infiltre partout et les graviers souffrent de multiples plaies et blessures aux articulations.
- Voilà des questions-clés qui relèvent de l'histoire véridique de l'homme.
- Pour chasser cette idée stupide, je me persuade que ce serait plutôt une sirène.
- Arrière petit-fils de paludier, petit-fils de paludier, fils de paludier, paludier lui-même, aussi loin qu'ils aient la connaissance des hommes de sa famille ils ont toujours exercé ce métier !
Éditions : Éditions du Cormoran (2019).
* Par le collège des lettres de l’Académie des Arts & Sciences de la Mer.
**Cette orthographe est celle figurant sur ce livre.
Si le cœur vous en dit :
L'île aux Chiens de Françoise Enguehard .